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La Prière
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "La Prière" et de son tournage !

Point de départ

Le projet La Prière est né de trois rencontres décisives. En tout premier lieu, Aude Walker, une jeune écrivain, qui a mis Cédric Kahn sur la piste du sujet, ayant elle-même beaucoup enquêté en vue d’un livre sur des expériences religieuses tentées avec des toxicomanes. De Fanny Burdino et Samuel Doux, un duo de scénaristes, qui ont relevé le défi de l’écriture qui par certains aspects comportait pour le réalisateur beaucoup de défis et, enfin, de Sylvie Pialat, la productrice, qui a immédiatement adhéré au projet et à l’idée de le faire sans acteurs connus, dans l’esprit des premiers films de Kahn.

Processus d'écriture

Cédric Kahn n'avait encore jamais collaboré avec Samuel Doux et Fanny Burdino. L'apport des deux scénaristes a été déterminant. "J’avais tenté une première fois d’écrire le scénario, sans succès. N’étant ni croyant, ni chrétien, ni ex-toxicomane, il fallait que je trouve ma propre porte d’entrée vers le sujet. Nous avons tout repris ensemble : la lecture des psaumes, la documentation, les rencontres avec des jeunes gens qui ont vécu ce genre d’expériences. On a parlé avec des «anciens», des types sortis d’affaires depuis longtemps qui nous ont parlé de leur rapport persistant à la foi. Samuel est allé à la rencontre de jeunes gens en pleine expérience, observé leurs rituels et leurs disciplines de vie, recueilli leurs témoignages. L’écriture a pris corps à partir de ce moment-là. Et nous avons d’emblée pris quelques décisions fortes, comme de centrer le récit sur la trajectoire d’un seul garçon dont on ne saurait rien et qui deviendrait au fil du récit le symbole de tous les autres, une figure emblématique. Que le film commencerait à son arrivée et finirait à son départ, l’avant et l’après devenant le hors-champ du récit. Et de créer ce lieu isolé, en pleine montagne, consacré à la prière, avec ses propres règles et son propre temps, hors des contingences du monde", explique le metteur en scène.

Accrocher le spectateur

La Prière s’ouvre sur l’arrivée de Thomas (Anthony Bajon), dont le regard perdu accroche le spectateur dès les premiers plans. C’est devenu un regard vers le spectateur au montage. Au départ, c’était un champ-contre- champ classique et plus narratif. Il regardait le curé qui l’avait ramassé dans la rue après une overdose et convaincu de rejoindre la communauté. "Au final, on s’est dit que ce simple visage pris dans cette situation suffirait à nous accrocher à lui. J’aimais bien cette idée de commencer le film sur un simple visage, quelqu’un dont on ne saurait rien mais dont on peut ressentir toute la détresse, un loup solitaire, presque un personnage de western", confie Cédric Kahn.

Filmer la Foi

Filmer la Foi ne va pas forcément de soi. Cédric Kahn a résolu cette question par le doute. "Rien n’est imposé au spectateur, il a toujours la possibilité de forger sa propre conviction, même dans la scène de miracle. Je tenais à ce que tout reste rationnel... Et que les images créent cette subjectivité, cette illusion. Les chants en chapelle, les marches dans la montagne, l’écho dans le brouillard : avec les moyens du cinéma, je pensais qu’on pouvait faire ressentir la présence, l’invisible", analyse le cinéaste.

Le rapport à la Foi

Le réalisateur Cédric Kahn se définit comme agnostique. "Je n’ai aucune certitude. Je respecte les gens qui sont croyants et, par certains aspects, je peux même les envier. La foi est une affaire intime qui, par beaucoup d’aspects, dépasse largement le cadre des religions. Si on y pense, tout est question de foi dans la vie, l’amour, la passion, l’engagement. Moi par exemple, je crois en la mystique du cinéma. Une séquence réussie, c’est toujours un miracle, la conjonction un peu magique des éléments", confie le metteur en scène.

Incarner Thomas

Thomas est campé par le jeune Anthony Bajon, vu notamment dans Les Ogres ou Maryline : "Je cherchais un garçon avec beaucoup de présence, d’intensité, de violence, mais aussi une forme de candeur, un lien fort à l’enfance. Et qui soit assez indéfinissable socialement. Un acteur capable d’habiter les creux du récit. Autant dire beaucoup de qualités pour un jeune comédien. Et pour moi, Anthony avait tout ça", relate Cédric Kahn. Anthony a par ailleurs reçu l'Ours d'argent du meilleur acteur à la Berlinale 2018 pour sa performance dans le film.

Le casting

Dès le début, ce qui était très clair pour Sylvie Pialat, la productrice, et Cédric Kahn, c’est qu’il ne fallait pas de visages trop connus, trop identifiés. Et Sylvie a souvent rappelé cette promesse de départ au réalisateur. "Le premier test que je faisais passer aux acteurs, c’était de leur demander de faire une prière. C’était un peu particulier comme casting ! D’ailleurs, ceux qui la réussissaient le mieux n’étaient pas forcément les plus croyants, mais les meilleurs acteurs. On a travaillé la distribution sans hiérarchiser les rôles, avec l’obsession de créer un groupe homogène, crédible, habité. On cherchait une intensité et une limpidité dans le jeu. Il fallait aussi qu’en regardant simplement les visages, on puisse se raconter pour chacun une histoire, les épreuves traversées", déclare le cinéaste.

Soeur Hanna Schygulla

Si le réalisateur a engagé des comédiens très peu connus, il a fait une exception pour le rôle de Soeur Myriam en s'octroyant les services de la légendaire actrice polonaise Hanna Schygulla : "On trouvait intéressant que ce personnage très symbolique soit incarné par une actrice mythique. Au-delà de sa notoriété, elle dégage une aura naturelle, un mélange d’autorité et de douceur qui sert complètement le personnage. Et le fait que ce soit une actrice étrangère apportait une dimension supplémentaire", analyse Cédric Kahn.

Des prières et des chants

La prière et les chants ont demandé un travail particulier pour les acteurs avec beaucoup d’apprentissage et pas mal de répétitions en amont du tournage. "Tous les chants et les moments de guitare devaient être interprétés par les acteurs du film. Pour moi, c’était inconcevable de tricher avec ça, il fallait que la ferveur vienne de l’intérieur, en assumant les imperfections, et ça a été au coeur de leur travail", confie Cédric Kahn.

La Foi et la montagne

Cédric Kahn évoque le lieu du tournage de la Prière : "Je voulais de la montagne, du paysage, un sentiment d’isolement, mais aussi d’espace, d’éternité. On a cherché dans les Pyrénées, dans les Alpes. Et on est arrivé dans le Trièves, en Isère, un plateau large entouré de montagnes à 360°. Un lieu magique, préservé, mélange de beauté et de rudesse. L’endroit idéal pour raconter cette histoire. Ce paysage est devenu un personnage du film à part entière."
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