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    Tenet
    note moyenne
    3,8
    7509 notes dont 1102 critiques
    répartition des 1102 critiques par note
    188 critiques
    260 critiques
    199 critiques
    220 critiques
    123 critiques
    112 critiques
    Votre avis sur Tenet ?

    1102 critiques spectateurs

    CinÉmotion
    CinÉmotion

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    3,5
    Publiée le 27 août 2020
    Le voilà donc, TENET, le film messie sauveur des salles et du marché cinématographique ? Là où Warner Bros a eu raison de sortir le film malgré les conditions sanitaires, c'est qu'il nécessite indéniablement un 2ème voire plusieurs autres visionnages pour bien se saisir de l'ensemble des éléments du film et de l'incroyable proposition cinématographique qui nous est présenté sous les yeux. Clairement Christopher Nolan nous livre ici un film signature comme jamais il a pu en faire jusque-là, c'est du Nolan à son paroxysme. Un film au hight concept visuellement époustouflant et impressionnant, qui fera d'ores et déjà office de référence tant l'idée du concept dans la mise en scène et dans le scénario est du jamais vu au cinéma. Et c'est déjà le premier point à relever. Quoiqu'on en dise, TENET est une expérience cinématographique à voir impérativement en salle ! Mais là où Inception avait réussi à instaurer dans son écriture une certaine capacité à faire comprendre la mécanique et le concept des rêves de façon claire et précise, je trouve ici au contraire que le concept est très mal amené et présenté, à travers des explications aux vocabulaires de physique assez pointue, expéditives et sans nous livrer les tenants et aboutissants durant près d'1h30 !! L'autre gros problème qui est directement lié à ça, vient aussi du rythme effréné de l'enchaînement des actions et des scènes clés permettant de présenter et (normalement) de comprendre rapidement le concept et les enjeux qui en découlent. Or, il est quasiment impossible de tout assimiler tant la vitesse à laquelle les informations clés sont données est rapide. À aucun moment durant les 2h30 que dure le film, il y a un moment de répit offert au spectateur, cette respiration qui aurait permis de prendre du recul sur chaque scène pour en comprendre plus facilement les rouages. Non, tout s'enchaîne, et la structure impose au spectateur de s'efforcer de rester concentrer et de s'accrocher à tout ce qu'il peut pour éviter de sortir du circuit et d'être hors course pour la suite de l'histoire. Résultat, j'ai personnellement été plus subjugué par ce que je voyais à l'écran et par ce concept totalement déroutant et nouveau qui nécessite un temps d'adaptation indéniable (qui ne nous ait pas accordé !!) que par l'histoire en elle-même. Si la dernière partie du film permet vraiment de saisir enfin le concept, toute la première partie est clairement indigeste et nous oblige à nous remémorer les différents morceaux du puzzle de la première partie en même temps que de recevoir les nouvelles informations distillés en dernière partie, permettant de lier le tout. Conséquence : je suis ressorti de la séance complètement LE-SS-IVÉ, vraiment !!, et avec la certitude qu'un second visionnage s'imposait, afin de pouvoir tout revoir avec le concept bien ingéré et compris, avoir une nouvelle lecture du film et ainsi permettre que tous les éléments de la première partie de film deviennent alors limpide ! Je pense que c'est vraiment le plus gros défaut du film, ne pas avoir intégré un rythme et des éléments scénaristiques suffisamment accessibles dans la première moitié du récit pour comprendre la suite et qu'elle puisse être plus agréable à passer ! Le pire, c'est que Nolan a conscience et sait pertinemment que le spectateur est en train d'endurer ce flot d'informations excessif car, tout comme Tarantino s'amuse à le faire dans ses films, Nolan balance ici ou là quelques répliques qui se fout clairement de la tronche du spectateur qui s'épuise cérébralement à tenter de décrypter et comprendre la mécanique qui se joue. L'autre problème, c'est que ce high concept prend TOUTE la place dans l'intrigue au détriment des personnages. On a vraiment le sentiment d'être face à un James Bond avec un high concept monumental, mais pour lequel on ne connait pratiquement rien de la backstory des personnages. Ce qui les rends du coup assez froid et plat car ils apparaissent seulement comme des espions accomplissant une mission. Il n'y a aucun enjeu émotionnel autre que celui de sauver le monde en utilisant le Précepte/TENET. La seule chose qui compense un peu ce gros défaut, c'est que le duo d'acteur (John David Washington et Robert Pattinson) restent quand même assez charismatique avec une belle prestance dans le film qui permet de s'accrocher à eux malgré tout. D'ailleurs, je trouve que Robert Pattinson vole un peu la vedette à John David Washington si on devait comparer les deux en termes de prestation d'acting. Concernant les effets visuels, on sait que Christopher Nolan n'a pas voulu avoir recours aux effets spéciaux en CGI mais a préféré utiliser des matériaux physiques et je trouve que le rendu est vraiment appréciable. Certes les explosions sont moins impressionnantes, mais quand on voit le résultat, couplé aux scènes de cascades, on se dit que ça rajoute un vrai cachet de réalisme. Par ailleurs, l'effet d'avance/de recul ou de rembobinage est quand même bien foutu, bien que l'effet en lui-même et voir toute une scène se dérouler ainsi est vraiment déroutant ! Il faut savoir que Nolan a voulu faire jouer certaines scènes à l'endroit ET à l'envers aux acteurs pour éviter d'avoir au final un effet rembobinage trop étrange visuellement, on se doute qu'ils ont dû bien s'amuser eux aussi... !! Un peu déçu par la photographie, qui reste belle, surtout dans le sous-terrain avec l'ambiance lumière bleu/rouge et les jeux de reflets et miroir avec les silhouettes des personnages, mais globalement la photographie n'a pas non plus de grandes ambitions affichées. Elle est surtout là pour créer des ambiances très marquées pour chaque lieu, plutôt que de souligner ou appuyer les traits des personnages dont la lumière reste au final assez plat sur les visages. Mais encore une fois, comme les personnages ne sont pas si développés que ça, pourquoi faudrait-il s'emmerder à leur donner du caractère avec la lumière... !! Et enfin au niveau de la musique... il est clair que Hans Zimmer a clairement manqué à mes oreilles sur ce film high concept. Ludwig Göransson a tenté de s'aligner au plus proche de ce que Hans Zimmer avait l'habitude de faire, mais sans réellement marquer et réussir le coup. La musique parait beaucoup plus agressive, et plus de l'ordre d'un sound design mélodique, avec une utilisation vraiment excessive de basses etc, qui, certes fait son effet pour l'expérience salle, mais qui aurait mériter vraiment plus de nuances et de légèreté sur certains moments. Mais finalement la musique et le son suit bien le rythme effréné du film et a sans doute jouer dans le processus de fatigue généralisée qu'entraîne le visionnage du film ! Je reste malgré tout convaincu que ce film relève du génie dans son concept même mais qu'il manque vraiment d'éclaircissements et de simplification dans sa phase d'approche et de sa présentation. A voir en second visionnage et seconde lecture si le film mérite l'honneur et l'ambition qu'il s'est lui-même donné... Une chose est sûre, le film va diviser plus que jamais les pro-Nolan et les anti-Nolan, et j'ai bien peur qu'il ne suffise pas à convaincre ou attirer de nouveaux adeptes tant le film est complexe à appréhender.
    La Truite
    La Truite

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    5,0
    Publiée le 1 septembre 2020
    EXPLICATION COMPLÈTE DU FILM qui synthétise le plus d'analyses que j’ai pu trouver : Attention 100% spoil Pour mieux comprendre le film, expliquons d’abord les enjeux de l’humanité du futur qui ne sont donnés qu’à travers les discours allusifs des personnages: Dans un futur plus ou moins lointain, la terre sera dévasté par le réchauffement climatique. Dans ce monde mourant, une guerre a lieu entre "les méchants" (appelons les comme ça) qui veulent supprimer le passé (notre présent) pour que le désastre climatique n'ait pas lieu et "les gentils" qui sont l'organisation tenet qui essaye d’empêcher les méchants de faire cela. Dans ce monde futuriste, la technologie de "l'inversion" est maîtrisé par tous — gentils comme méchants — et est utilisée pour inverser différents objets : armes, armures, lunettes etc. De la même manière qu'on retrouve dans notre présent des vestiges des guerres qui ont eu lieu dans le passé (les vestiges des guerres du moyen âge par exemple), on peut retrouver dans notre présent des vestiges inversés d'une guerre qui aura lieu dans le futur (la guerre futuriste en question dont je parle). Dans ce monde en guerre où l'inversion existe, une scientifique invente quelque chose encore plus dangereux que la simple inversion d’objet : une machine qui permettrait en l'activant d'inverser l'univers entier. Ainsi l’univers cesserait d’avancer dans le temps mais reculerait, autrement dit, il meurt (comme si on arrête un film pour le mettre dans l’autre sens, la suite du film est comme morte…). Les méchants du futur veulent se servir de cette machine redoutable pour mener à bien leur plan : annihiler le passé de l’humanité, c’est à dire notre présent. Ils sont convaincus que cela permettrait d'améliorer leur présent. L’organisation Tenet en plus d’être contre l’idée d’annihiler une génération entière, pense qu'exécuter ce plan créera un paradoxe qui annihilera le passé comme le futur. Bref que c’est se tirer une balle dans le pied. La scientifique qui a inventée le concept de la machine à inversion total ne veut pas que les méchants du futur s’emparent de ses travaux et s’en servent pour exécuter leur plan de destruction du passé. Elle décide alors de séparer le plan de sa machine ("l'algorithme") en 9 parties qui sont 9 morceaux de métal de forme géométriques variées (dans le film on voit notamment des sortes de cubes). Ces morceaux sont porteurs d’informations comme des livres : leur poids, leur taille etc peut être converti en informations qui indiquent comment créer la machine à inversion totale. La scientifique se dit que le meilleur moyen de cacher ces 9 morceaux est de les envoyer dans le passé en les inversant. Si personne ne les trouve, ils remonterons le temps jusqu'à 2020, 2000, 1900 etc jusqu'à la naissance de l'univers. Bref bon moyen pour les cacher des méchants du futur. Mais sachant cela, les méchants décident d'envoyer eux aussi quelque chose dans le passé : des boites pleines de lingots d'or et d'instructions écrites sur des feuilles plastifiés en espérant que ces boites soient trouvées dans le passé par un mec suffisamment méchant et cupide pour accepter de suivre les instructions. Maintenant expliquons les enjeux du passé qui sont montré à travers des courts flashback et des discours tout aussi allusifs : En 1980, à la chute de l’URSS, un jeune russe pauvre se porte volontaire pour retirer de ville désaffectées des restes de bombes nucléaires. Il trouve par pur hasard une des boites envoyées par les méchants du futur avec des lingots d’or dedans et des instructions à suivre. Il décide de dédier sa vie à suivre ces instructions : trouver les 9 pièces de l’algorithme qui indique comment construire la machine à inversion totale, les rassembler, les mettre dans une boite, enterrer cette boite dans un endroit stratégique et enfin envoyer un message aux méchants du futur en disant « l’algorithme est au fond de ce trou » pour qu’ils puissent le récupérer, construire la machine à inversion total et annihiler le passé tranquilles comme ils le voulaient. Quand je parle d’envoyer un message au futur, je ne parle pas de communication à travers le temps mais simplement le fait d’envoyer un sms ou laisser sur répondeur un message ou n’importe quoi d’autre qui laisse une trace sur un serveur internet qui puisse être conservée suffisamment de temps et retrouvée plus tard. C’est comme lorsque Facebook nous rappel un post qu’on a écrit il y a des années. Pour que le méchant russe (nommé Sator) réussisse à faire tout ça, il contact le futur (de la manière que je viens d’expliquer) pour leur demander diverses choses, notamment des « tourniquets à inversion », ces machines qui permettent d’inverser les objets et les gens. Le futur lui envoie ainsi tout ce qu’il veut. Le russe s’en sert tout au long de sa vie jusqu’à aujourd’hui pour faire des magouilles, voler des tableaux etc, bref avoir toujours une longueur d’avance sur les autres et avoir du pouvoir. Il agit avant tout pour ses intérêts personnelles. Tous les pays le détestent même si ils ignorent tout de ses activités de magouillage temporel. Il vit d’ailleurs dans la peur de se faire attaquer d’où le fait qu’il possède un yacht équipé de missile pour se protéger au cas où on l’attaquerait. Parmi ces activités, il fonde notamment une entreprise qui s’occupe de rechercher les restes du plutonium dans les villes désaffectés. Cette entreprise lui permet de trouver petit à petit toutes les pièces de l’algorithme. Maintenant expliquons les enjeux du film qui ont lieu de nos jours sur un laps de temps d’environ deux semaines pendant lesquels le temps va faire des allers-retours. Du début du film (l’opéra) à la moitié (l’inversion sur le port), le temps s’écoule normalement : Le film commence de nos jours, pendant une opération organiser par le méchant russe pour choper la 8ème pièces des 9 pièces de l’algorithme. Elle se trouve dans le sac d’un spectateur (dont l’identité n’importe pas) qui assiste à un opéra. Le méchant russe envoie sa bande de malfrat qui maitrise l’inversion (ils ont des balles à inversion etc) chercher cette pièce pendant que d’autres fond diversion en prétendant faire un attentat (mais en réalité tout ce qui les intéresse est la 8ème pièce). Face à cette opération, la CIA envoie des américains gentils (appelons les comme ça) qui ignorent tout du business temporel qui se joue, on leur dit juste « choper la pièce, c’est un truc dangereux que les terroristes ne doivent pas avoir ». Le héros du film aussi appelé « le protagoniste », est dans cette opération mais ne parvient pas à choper la pièce, il manque même de se faire tuer dans l’opéra avant d’être sauver par un mystérieux camarade à la ficelle rouge qui ne semble faire partie ni de la CIA ni des malfrats russes. Il finit par se faire attraper et torturer sur un chemin de fer par la bande du méchant russe. Il réussit finalement a se suicider avec une pilule de cyanure. Le héros se réveil dans un bateau et on lui dit que cette pilule était en fait une sorte de très fort somnifère et donc qu’il n’est pas mort. Mais au yeux de la société, il est prétendu mort. Un homme loyal, sans identité, sur-entrainé, voila toutes les caractéristiques d’un parfait agent secret ! On lui dit alors qu’il est recruté par l’organisation Tenet pour éviter la guerre dont je parlais au début. Lui ne pige rien de tout ça mais est curieux de se lancer dans cette aventure. Il attend une semaine caché dans une éolienne le temps que les choses se tassent puis débute son enquête en entrant en contact avec différents personnages qui lui donnent différentes informations : une scientifique qui lui explique le fonctionnement de l’inversion, la femme du méchant russe qui lui parle d’un aéroport où son mari cache quelque chose de suspect, une vielle indienne, femme d’un trafiquant d’arme qui parle de la relation étrange du méchant russe avec « la postérité », Michael Caine qui lui parle d’une mystérieuse explosion qui a eu lieu dans une ville perdu de l’ex URSS il y a quelques jours etc. Ce sont là pleins de pièces du puzzle. Une fois mis en contact avec un mystérieux Niel (Robert Patinson) dont il ne sait rien, ils s’introduisent ensemble dans un aéroport et découvrent que le méchant russe y cache un inverseur dont il se sert régulièrement (sa femme dit « il s’y rend 5 fois par ans ») pour faire des allers-retours dans le passé (pour faire son business de méchant russe, peu importe). De cette inverseur sort deux mystérieux personnages : un inversé avec lequel il se bat mais s’enfuit, l’autre non-inversé qui s’enfuit également. Après ça, le héros arrive à se rapprocher de ce méchant russe et récolte des informations en discutant avec lui pendant un repas et une partie de catamaran. Enfin, alors qu’il est menacé de se faire tuer, il propose de voler un convoi secret de plutonium. Niel et lui organise un braquage de camion qui se déroule bien jusqu’au moment où le méchant russe apparait sur l’autoroute en inversé. Finalement, il donne au méchant russe ce qu’il vient de voler, se fait embarquer dans une salle pour un interrogatoire à l’envers dont il ne comprend pas les tenants et les aboutissants. Pendant cette interrogatoire, la femme du russe s’est prise une balle inversé. Bref, ce qu’il faut retenir de cette arc narratif, c’est que le héros a contribué sans le savoir à aider le méchant russe à choper la 9ème et dernière pièce de l’algorithme qui se trouvait dans un convoie secret de plutonium. De l’inversion sur le port à la désinversion dans l’aéroport : Après s’être fait sauver par les acolytes de Niel (qu’on comprendra plus tard être des membres de l’armée Tenet), le héros décide de s’inverser pour suivre dans le temps (et l’espace) le méchant russe qui s’est lui même inversé et éventuellement récupéré la 9ème pièce qu’il vient de perdre. Il le poursuit en pilotant une voiture non-inversée en étant lui même inversé (ce qui n’est visiblement pas facile) mais finit en tonneau sur la route et le méchant russe explose sa voiture. Le héros se réveil dans un container auprès de Niel et de la femme blessé. Niel a dû le récupérer dans la carcasse de voiture et l’emmener jusqu’à là. Depuis l’inversion du port, Niel, la femme et le héros remontent tous les trois le temps. Tant qu’on ne trouve pas de tourniquet, la remontée du temps ne s’arrêtent pas. Lorsqu’on décide de remonter le temps, il faut ainsi toujours s’assurer qu’il existe bien dans le passé un tourniquet quelque part capable de nous remettre dans le bon sens sinon on reste prisonnier de l’inversion. Cette porte de sortie de nos héros est le tourniquet qu’ils ont vu une semaine avant dans l’aéroport. Ils s’y rendent donc et se débrouille pour arriver pile au moment ou l’aéroport est détruit par l’avion pour entrer dans le bâtiment facilement. A ce moment là, tout les trois se désinversent, le héros le fait en premier mais il se rencontre lui même et essaye de ne pas se faire tuer par lui même (ce qu’on croyait être une bataille est en fait juste un homme qui se défend). De la désinversion dans l’aéroport à l’invertion par l’armée Tenet : Le héros règle un truc avec la vielle indienne qu’il n’a techniquement encore jamais rencontré (il ne la rencontrera quelques jours plus tard sur le balcon du trafiquant d’arme). Puis il entre en contact avec l’armée Tenet au grand complet et recommence sa remonté du temps avec d’autres soldats grâce à un tourniquet géant jusqu’à l’époque de l’opéra (le début du film). À ce moment on arrive au moment le plus difficile à comprendre du film : Pendant que la prise d’otage a lieu à l’opéra, que le héros du passé qui pige rien est en train de faire son opération de la CIA, le héros du futur, qui lui pige tout, est un soldat dans l’armée Tenet. La mission de ses camarades soldats et lui même est de faire en sorte que le bras droit du méchant russe ne parvienne pas à mettre au fond d’un trou les 9 pièces de l’algorithme, trou qui va être recouvert par des tonnes de grava produit par une explosion du plafond d’une grotte. Si l’algorithme va dans le trou, que la bombe explose et que le trou est recouvert, les méchants du futur le trouveront car le méchant russe leurs dira en envoyant un sms ou autre « l’algorithme est au fond de ce trou ». Ce message, « l’algorithme est au fond de ce trou », s’envoie automatiquement par la montre connectée du méchant russe lorsque son coeur s’arrête. Le plan du Méchant russe est qu’une fois que l’algorithme est bien caché au fond du trou, il se suicide en cachette grâce à une pilule de cyanure sur son yacht avec sa femme en regardant le couché de soleil. Sa mort enclenche l’envoie du message aux méchants du futur et donc la construction de la machine à inversion totale et donc l’annihilation de notre monde présent. Sa mort entraine la mort du monde. Mais l’armée Tenet n’a pas dit son dernier mot et va tout mettre en oeuvre pour que l’algorithme ne se retrouve pas au fond du trou et que les méchants du futur ne le trouvent jamais. Il conte aller le chercher en organisant un stratégie temporelle nommé « étau temporel » qui consiste à faire combattre deux équipes simultanément mais pas dans le même sens : l’équipe rouge dont le héros fait partie va dans le sens normal du temps de H-10min de l’explosion à l’explosion pendant que l’équipe bleue dont Niel fait partie va dans le sens inversé du temps de l’explosion à H-10min de celle-ci. Les deux équipes se « croisent » dans le temps à 5min/-5min, moment symbolisé par la scène de la double explosion/désexplosion de l’immeuble au lance roquette. Le méchant russe à lui aussi deux armées dans des sens différents du temps à son service pour protéger l’entrée du trou. Bref cette bataille s’annonce être un gros bordel. Pendant cette scène de bataille difficile à suivre car la caméra prend tantôt le point de vue de l’équipe bleu donnant l’impression que la rouge va à l’envers tantôt celui de l’équipe rouge donnant l’impression du contraire, Niel fait un changement de sens du temps au milieu de sa mission (se remet donc dans le sens normal) pour aider le héros à sortir du trou juste avant l’explosion grâce à une corde attaché à une voiture blindé. Parallèlement à ce champs de bataille, la femme du méchant russe le tue sur son yacht. Lui croyait que c’était sa gentille femme qui l’aimait encore un peu à l’époque des vacances au Vietnam qui se tenait face à lui mais en fait c’est la femme du futur sur laquelle il a tiré. Les méchants du futur recevront donc bien le message « l’algorithme est au fond de ce trou » mais pas de bol, il y a rien au fond du trou vu que l’armée Tenet a réussi à l’enlever. À la fin du film, on comprend que cette fameuse organisation Tenet a été fondée par le héros quand il sera vieux et que le mystérieux Niel a été envoyé dans le passé pour aider le héros jeune de différentes manières, à différents moments, sur différentes timelines : le sauver d’une balle inversée à l’opéra, l’aider à entrer par effraction dans l’aéroport, l’aider à sortir du trou etc etc. Notre héros jeune n’a pas du tout terminer cette opération de subtilisation de l’algorithme au méchant russe, il n’en a fait que la première étape. Il lui reste encore à fonder Tenet, recruter tout un tas de gens, dont un Niel jeune qu’il doit former et envoyer dans le passé pour l’aider lui même et que toute la timeline colle parfaitement. À ce moment, il se rend compte que sa vie n’aura de sens qu’à faire ce qu’il doit faire, que son destin est totalement tracé et que s’il ne fait pas tout ça, l’opération cette bataille qui se termine par la subtilisation de l’algorithme ne peut ne pas réussir. Niel dit adieu au héros, il lui reste à faire un dernier inversement pour revenir 10min avant l’explosion, ouvrir la porte au fond du trou et malheureusement se faire tuer par le bras droit du méchant russe. Il sait qu’il va à sa mort mais c’est une dernière timeline qu’il doit ajouter à toutes les autres pour que l’opération fonctionne, c’est inévitable. La vieille indienne fait aussi partie de l’organisation Tenet et donc a aussi été recruté (probablement indirectement) par le héros quand il sera vieux. Elle se fait finalement tuer dans une scène qui se déroule quelque temps après l’action du film par le héros car elle veut s’en prendre à la femme du méchant russe croyant bien faire (effacer les témoins de l'opération). La femme s’en sort car elle a laissée un message sur la messagerie du portable du héros disant quelque chose comme « Aujourd’hui à 15h, il y a une voiture suspecte devant l’école de mon fils ». Le héros d’un futur postérieur à 15h ayant reçu ce message à juste à faire un petit voyage dans le temps de quelques heures et se rendre à 14h59 pour vérifier si tout va bien avant même que le potentiel meurtre ait pu être commis. C’est justement ce qu’il fait. Pour conclure, la stratégie de l’étau temporel (faire une certaine durée dans le sens du temps puis la même durée en inversion pour revenir au même point mais en connaissant deja le futur) est au coeur du film et c’est le mode opératoire favori de l’organisation tenet (symbolisé par le signe des deux mains qui se croisent et surtout symbolisé par le nom tenet lui même qui est un mot-étau). Les gentils comme les méchants maitrisant cette technique, chacun doit redoubler d’ingéniosité pour surprendre l’autre en faisant un étau plus complexe. C’est un peu comme la stratégie dans les films d’espionnages/de braquages où le gentil prévoit les actions du méchants et dans un ultime monologue lui révèle « je savais que tu savais que je savais que tu savais que j’allais faire ça ». C’est ainsi qu’on en arrive pendant le film à une mise en abime d’étaux temporels : -un étau de plusieurs décennies qui n’est pas montré dans le film où Niel fait un aller retour entre le futur et le passé pour aider le héros étant déjà informé de ce qu’il doit faire -un étau moyen d’environ deux semaines qui représente ce qu’on voit pendant le film qui a lieu entre l’opéra/bataille et la scène d’inversion du port -un étau petit de 10 min pendant la bataille entre l’équipe bleu et l’équipe rouge -un mini étau de 4 min où Niel change de sens en plein milieu des 10min de la bataille pour sortir du trou les deux gars avec une voiture blindée S’ajoute à cela les étaux du méchants russe qu’on imagine et encore d’autre étaux en parallèles, notamment le fait que Niel sauve le héros à l’opéra par exemple. Tous ces étaux sont le fruit d’années de réflexion de l’organisation tenet. À la fin du film Niel dit au héros « toute cette opération est organisée par toi », il ne parle pas que de l’étau de 10 min de la bataille, il parle de la succession d’étau mis en abime pendant toutes ces années. L’organisation Tenet et les méchants se sont tenus aux coudes à coudes stratégiquement sur des périodes de plusieurs dizaines d’années, chacun prévoyant sans cesse ce que l’autre allait faire jusqu’à trois ultimes mouvements de nos personnages se jouant à quelques minutes permettant la victoire de Tenet : la porte qui s’ouvre dans le trou, la voiture blindée qui sort les deux gars de l’explosion et la femme du méchant russe qui s’infiltre dans le passé pour tuer son mari incognito avant même qu’il puisse réagir au fait que l’algorithme a été subtilisé. Voila l’explication du film la plus probable. Il y a ensuite d’autres théories proposées par les spectateurs mais dont on ne peut pas être sûr comme le fait que l’enfant de la femme est en fait Niel ou que la scientifique que l’on rencontre au début du film est la scientifique qui inventera dans le futur la machine à inversion totale.
    benoitG80
    benoitG80

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    2,5
    Publiée le 29 août 2020
    « Tenet » que ce soit en avançant ou à reculons, ne m’aura pas permis de suivre cette fois Christopher Nolan dans sa logique si personnelle, qui le caractérise si bien... En effet il est plutôt difficile de rentrer dans cet univers où le temps et les mouvements s’inversent, même si à priori l’histoire de la balle qui fonctionne à l’envers semble simple à saisir en apparence ! Pour la suite qui se complique, c’est une autre paire de manche ! De même que de faire la relation entre la scène du début à l’opéra et ce qui nous attend ensuite, n’est pas non plus évident, loin de là... Et si on reste en dehors de ces problèmes de physique nucléaire, expliqués d’ailleurs à la va vite, c’est aussi en partie à cause de ce côté dilettante assumé que se donnent les acteurs (John David Washington et Robert Pattinson), comme s’ils étaient finalement très peu concernés par leur mission ! Tout comme ces dialogues faussement détachés, sortis de leur contexte, qui sonnent creux et donnent à tous ces « protagonistes » un air suffisant et finalement très prétentieux. Une course poursuite vaut le détour cependant, avec la réception d’un colis plus ardue et risquée que par la Poste ! Alors au bout du compte, même si Christopher est aux manettes de ce genre de jeu vidéo, et même s’il y prend du plaisir apparemment, le spectateur lui s’essouffle un peu et a du mal à tenir le coup en terme de compréhension... Et pourtant on aimerait tant s’impliquer dans ces fameuses tenailles du temps, et s’identifier à ces personnages qui se dédoublent, mais force est de constater que malgré nos efforts et notre imagination débordante (mais si !), rien n’y fait ! Mais peut-être qu’un jour, voyant un oiseau voler à l’envers et les aiguilles de ma montre reculer, et donc mes neurones augmenter (!), ces dernières seront alors plus aptes à mieux fonctionner pour me donner enfin la solution de ce mystère quantique à propos du temps qui pourrait s’écouler à double sens !
    cinesylvain
    cinesylvain

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    4,5
    Publiée le 30 août 2020
    Forcément de très nombreuses critiques déjà publiées pour ce film tant attendu en cette période si compliquée pour le cinéma... Quoi ajouter de plus: on est en face d'un grand film réalisé par un grand réalisateur avec au compteur plusieurs grands classiques, après Dunkerque qui m'avait laissé un peu sur ma faim pour un film de guerre et malgré ses qualités indéniables , notre metteur en scène revient à ses fondamentaux avec un budget très conséquent. Le résultat est bluffant, les 2H30 de film passent sans ennui, un rythme très voire trop soutenu, une interprétation sans faille et des scènes d'action d'anthologie, sans oublier la bande-son faisant intégralement partie du déroulé de l'histoire. Alors, pourquoi-pas la note maximale? Parce que malgré toute l'attention que l'on porte pendant la séance, difficile de ne pas décrocher par moment, de par la complexité du récit avec toute cette notion du temps, et du coup comme souvent annoncé ça et là, une deuxième vision s'imposerait...
    Cinéphiles 44
    Cinéphiles 44

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    3,5
    Publiée le 2 septembre 2020
    “Memento” se lisait à l’envers, “Inception” nous invitait au plus profond de notre subconscient, “Interstellar” offrait une dimension parallèle, tandis que “Dunkerque” se composait de plusieurs repères chronologiques. “Tenet” va encore plus loin. Christopher Nolan aime jouer avec le temps et son titre “Tenet” nous donne déjà de nombreuses pistes. Ce palindrome fait partie du carré magique Sator composé de quatre autres mots. Ensemble, les mots peuvent être lus de haut en bas, de bas en haut, de gauche à droite et de droite à gauche. Dans “Tenet”, une technologie du futur basée sur la radioactivité permet d’inverser le temps. A la suite d’une mission à l’Opéra (tiens encore un mot du carré Sator) de Kiev, un agent secret de la CIA sans nom, joué par John David Washington, est recruté par une organisation secrète dans le but d’empêcher la Troisième Guerre Mondiale provoquée par le méchant Sator. Il va collaborer avec Neil, joué par Robert Pattinson. Tous les deux vont découvrir le principe d’inversion, des balles inversées et des tourniquets permettant de faire ce dangereux voyage. Dès le début, une scientifique demande au protagoniste, et au spectateur par la même occasion, de ne pas chercher à comprendre, mais de ressentir. Bien entendu, nous allons faire l’inverse et le réalisateur s’amuse à distiller de nombreuses fausses pistes et de vrais indices dans l’intrigue pour nous faire réfléchir si nous sommes dans le passé, le présent ou le futur. Entre explosions, bagarres, destructions d’immeubles, courses poursuites en voiture. Christopher Nolan nous donne parfois l’impression d’être dans un film de Michael Bay. Le réalisateur aurait très bien pu nous offrir un drame avec le même principe, mais on a bien compris qu’en faire un film d’action était plus spectaculaire afin de toucher un public plus large. Aussi, ces nombreuses séquences à sensation, sont l’occasion de nous faire perdre le fil de notre réflexion, comme si la consigne du début revenait sans cesse. Nous sommes un peu sceptique face à cette intrigue illusoire présentant des personnages aux profils creux. Mais comme à chaque fois, les films de Christopher Nolan méritent plusieurs lectures et finissent par s’apprécier dans le temps. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
    Alice025
    Alice025

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    2,0
    Publiée le 30 août 2020
    Assez déçue du nouveau Nolan. Je suis restée simple spectatrice devant cette histoire qui est vraiment trop compliquée à comprendre. A force de tenter à trouver des réponses à nos questions, on finit par devenir détaché du film, et de suivre un spectacle, certes visuellement irréprochable, mais qui nous est différent, de ne pas réussir à « ressentir le film », comme il le disait. La mission globale à la James Bond reste compréhensible tout de même, mais moyennement attrayante. Il y a tout de même quelques scènes d'actions super sympas et impressionnantes comme celle sur la route. Le casting est correct mais leur jeu d'acteur ne casse pas trois pattes à un canard. En bref, une grande envie de vivre ce film, mais une déception face à un scénario à moitié incompréhensible et prétentieux qui perd le spectateur. http://cinephile-critique.over-blog.com
    Blazirio
    Blazirio

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    4,0
    Publiée le 28 août 2020
    "N'essayez pas de comprendre", la couleur est très vite annoncée ! En effet, Tenet, un James Bond à la Nolan, qui semble abordable dans les 2/3 du film, perdra quiconque essayera de relativiser et d'appréhender tout ce qui se passe à l'écran dans le dernier tiers, ceci n'étant pas aidé par une narration très rapide. Tenet est au final un bon film, un très bon film. Cependant, il aurait gagné à faire des pauses et à être un petit peu plus accessible sans forcément être dans une dimension explicative forcée. Un très bon film qui manque un peu d'équilibre en somme.
    HawkMan
    HawkMan

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    4,0
    Publiée le 29 août 2020
    Nouveau film du génie Nolan, Tenet nous entra^ne dans une traque pour récupérer une arme qui menace le monde. Cette arme est toute particulière car fondé sur la temporalité. Ainsi, le fils de Denzel Washington va découvrir un monde inversé et devra jouer de celui-ci pour lutter contre un terrible gangster. Bon, soyons honnête, ce film est l'un des moins réussi de Christopher Nolan. Certaines séquences sont cultes mais le film est lourd à comprendre, lourd à démarrer et écartera les moins patients. On est loin d'Inception mais on passe un moment sympathique. Bref : N'essayez pas de comprendre, ressentez !!
    remyll
    remyll

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    2,0
    Publiée le 28 août 2020
    Embrouillé, insipide, bruyant, et si long... Christopher Nolan a l’extrême prétention de maîtriser la physique quantique ainsi que les principes scientifiques les plus complexes. Bon... Le problème est qu’il tente de les mettre à l’écran façon Star Wars ou James Bond. C’est là que ça bloque ! Si l’intelligence suprême est de rendre intelligible au commun des mortels ce qui est complexe, il m’apparaît de fait que les frères Nolan n’ont clairement pas cette intelligence. Ainsi le spectateur lambda que je suis ( qui n’a ni étudié à Princeton ou à l’X ) et qui donc ne comprend pas grand chose à ces théories, n’a pas forcément envie de se faire bombarder pendant près de 3h de concepts qui apparaissent totalement inintelligibles et donc absurdes. Le film devient très agaçant dès les premières images, ça tire dans tous les sens et on ne sait jamais très bien, ni contre qui, ni pourquoi d’ailleurs ils tirent tous dans tous les sesns. Et vous en aurez pour exactement 2h30 façon palindrome... Or TENET ne fait pas RÊVER : il donne au contraire la sensation d’avancer au RADAR en plein brouillard, bon courage !
    Naughty Dog
    Naughty Dog

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    4,5
    Publiée le 25 août 2020
    Tenet. Difficile d'aborder l'intrigue du film sans entrer en territoires spoilerisants. Car comme tout bon film du père Nolan, le scénario est évidemment une part importante. En effet, toute la promotion du film a soigneusement évité de rentrer dans les détails, et pourtant ce sont ces mêmes détails qui parsèment l'intrigue globale. Blockbuster de plus 205 millions de dollars, tourné dans 7 pays, conçu pendant 20 ans....Tenet est de (très) loin le film le plus ambitieux de Christopher Nolan. Mais du coup ça parle de quoi ? Nous découvrons donc John David Washington (Blackkklansman) incarnant le Protagoniste, un agent de la CIA. Lors des intenses premières minutes du film, un sauvetage d'otages des mains de terroristes nous introduit le dit-protagoniste. Héroïque, professionnel, dévoué à sa tache, il sera rapidement investi d'une mission par la mystérieuse organisation "Tenet". Le but ? Empêcher une 3e guerre mondiale. Une guerre dont l'issue serait pire qu'un Holocauste nucléaire. Tout un programme donc ! On ne divulguera évidemment pas ici tous les tenants et aboutissants d'une intrigue extrêmement dense, et riche en informations. Pour littéralement sauver le monde, le Protagoniste se verra entraîner dans le monde de l'espionnage international, impliquant des personnages ni tous blancs ni tous noirs. Épaulé d'un informateur du nom de Neil (Robert Pattinson), l'aventure du Protagoniste le mènera rapidement face à un trafiquant d'armes russe et son épouse. Vous l'aurez compris, Tenet est avant tout un gros film d'espionnage, genre qu'affectionne tout particulièrement Nolan dès son enfance grâce à la saga James Bond ou La Mort aux Trousses. Mais à l'image d'Inception, le film jouit d'un high-concept qui change complètement la donne et les limites du possible. En effet, au cours de l'aventure, les personnages feront connaissance avec le phénomène d'inversion, permettant d'inverser l'entropie d'un objet ou d'une personne. Concrètement la physique et la temporalité suivent un sens contraire. Un verre brisé se reforme, une balle tirée revient vers son chargeur, une voiture va désormais à reculons... Tel un Matrix, Tenet introduit son concept et son univers pas à pas. Le Protagoniste est à l'image du spectateur, et découvre en même temps que nous l'univers du film pour en apprivoiser les préceptes. Et au fur et à mesure des 2h30, les possibilités vont se démultiplier pour notre plus grand plaisir, toujours au service de son histoire. Très vite la manipulation temporelle jouera un rôle prépondérant (après tout on est dans du Nolan pur jus), renvoyant beaucoup à deux de ses précédents films : Memento et Interstellar. N'y allons pas par 4 chemins : Tenet est sans aucun doute l’œuvre la plus complexe de son auteur depuis Memento. Non pas que l'intrigue globale soit particulièrement retorse (les enjeux sont toujours clairs), mais on tient là un film dense, au rythme effréné nécessitant une vraie implication du spectateur. Loin du didactisme d'un Inception ou Interstellar, Nolan nous prend ici rarement la main. Dans la plus pure tradition du film d'espionnage, les personnages accumulent des infos, préparent des coups, découvrent des indices liés à l'inversion, et cette dernière influe encore plus sur le déroulé de la narration. Mais heureusement, le film n'empile pas les tunnels verbeux, et distille soigneusement toute information de manière consubstantielle à l'avancée du récit et de l'action. Un plaisir de la découverte, tel un puzzle géant, au sein d'une aventure prenante menée tambour battant. En effet, Tenet s'apparente à une véritable course contre la montre, avec multiples inversions temporelles. Inutile de dire qu'aborder la physique quantique dans un blockbuster relève du génie (ou du pétage de plomb, au choix), mais c'est avant tout du côté d’œuvres complexes comme Dark ou L'Armée des 12 Singes que Tenet trouve sa fibre. Qui est qui ? Qui fait quoi ? Telles sont les questions à toujours avoir en tête, dès lors que le film commencera gentiment à avoir des personnages avançant dans le temps, tandis que d'autres seront à reculons. L'occasion d'aborder la fabrication du film. En embauchant la monteuse Jennifer Lame (Manchester by the Sea, Marriage Story, Midsommar), Christopher Nolan disait qu'il s'agissait sans doute du film le plus difficile à monter de l'Histoire. Et force est de constater qu'il avait sans doute raison. En gérant des séquences à l'endroit, à l'envers, parfois inter-croisées, mais toujours lisibles, fluides et dynamiques, Tenet représente avant tout un pur exploit cinégénique ! Que ce soit l'impressionnant travail de chorégraphies, d'utilisation de practical effects, la direction artistique ou bien la mise en scène : chaque centime a été plus que correctement utilisé. De l'Estonie à l'Italie, en passant par le Danemark, l'Inde ou Londres, chaque décor est authentique et gargantuesque. Croyant fort en la puissance du cinéma et des images véhiculées, Nolan se sert du réel comme gage d'ampleur. De la baie d'Amalfi à un impressionnant décor en ruine aux allures lunaires, les lieux du film font voyager et impriment la rétine. Adepte de la grandeur des images apportée par le format IMAX et de la sophistication de la pellicule, Nolan livre un des plus beaux films à gros budgets de mémoire récente. Sa collaboration avec le directeur de la photographie Hoyte van Hoytema (Her, Ad Astra), qui officiait déjà sur Interstellar et Dunkerque, porte une nouvelle fois ses fruits. L'image est précise et riche. Un bonheur pour les yeux. Un magnum opus de mise en scène Si la gestion hasardeuse des figurants et l'action titubante de The Dark Knight Rises offrait quelques doutes sur la capacité de Nolan à offrir un film d'action à la mesure de ses ambitions, tout doute est ici balayé à la vitesse du son. Une prise d'otage aux fusillades nerveuses à la Michael Mann, une course poursuite sur autoroute en double sens inversé quine rougirait pas face à Une Journée en Enfer, des mano-à-mano brutaux à la puissance viscérale... Christopher Nolan devient ici un grand metteur en scène d'action pure. S'étant fait les crocs sur Dunkerque et son caractère immersif, il applique tout son savoir-faire ici dans des séquences variées. On est littéralement scotché et parfois même abasourdi devant le degré d'efficience des divers morceaux de bravoure. L'action est toujours à échelle d'homme, tangible, et il suffit de voir une impressionnante séquence de crash d'avion 747 dans un hangar, ou le climax complètement fou pour se dire que oui, Nolan a atteint un degré de maîtrise scénographique exemplaire. Et comme tout film du britannique, Tenet bénéficie d'une BO faisant office de personnage à part entière. Ludwig Göransson (Black Panther, The Mandalorian, Creed) amène tout son savoir-faire et son background multi-référentiel pour créer une musique tonitruante, aux motifs polyrythmiques entraînants. Véhiculant un sentiment d'urgence à la Dunkerque, via tout un mélange riche d’utilisations de cordes, de synthé, de percussions et de basses, la bande-son alliée au sound design insuffle une énergie complètement folle à l'ensemble. Une grande réussite ! A l'image d'un Inception ou d'autres films d'espionnage à la Mission Impossible, Tenet caractérise ses personnages de manière plus ou moins fonctionnelle, en adéquation avec leur rôle au sein de l'intrigue. Finalement, seul le personnage de Katherine (une très bonne Elizabeth Debicki au charme Hitchcockien indéniable) voit des implications personnelles s'immiscer. A l'image de son rôle dans Les Veuves, Debicki incarne une femme vulnérable, en proie à son mari violent, mais néanmoins forte et déterminée pour protéger son fils. C'est elle le cœur émotionnel du film, même si à ce niveau on lorgne bien plus du côté du thriller urbain à la Memento que du pouvoir lacrymal d'Interstellar Si le reste du casting secondaire est très bon (Aaron Taylor-Johnson, Dimple Kapadia, Himesh Patel, les apparitions de Clémence Poesy et Michael Caine) c'est du côté du duo principal que ça fait des étincelles. John David Washington prouve encore une fois qu'avec son talent et son charisme naturel, il peut porter un film entier sur ses épaules. Campant un personnage principal suave, posé, autant à l'aise dans des scènes musclées pour faire ses cascades que dans du drama pur, il apporte une présence magnétique de chaque instant à l'écran. De l'autre nous avons un excellent Robert Pattinson qu'on ne présente plus, au flegme british délectable et à la cool attitude offrant des allures de buddy movie au duo. L'alchimie entre les acteurs fonctionne à merveille (notamment JDW/Debicki et JDW/Pattinson) et apportent finalement un degré d'incarnation plus que suffisant à leurs personnages pour qu'on s'en soucie. La grande classe, d'autant que tout le monde est habillé des meilleurs costumes de leurs carrière sans aucun doute ! Tenet ou la folie des grandeurs de Nolan Devant une telle générosité, quelques scories font également acte de présence. Kenneth Branagh incarne l'antagoniste principal du film : un méchant pervers narcissique et légèrement mégalomane qui ne fait pas dans la dentelle. Très Bondien dans l'âme avec son accent russe et ses pétages de câble, l'acteur est parfois sur la corde raide. Un vilain plus fin aurait pu faire l'affaire, mais force est de constater que Sator représente un opposant rusé et bien menaçant pour faire passer la pilule. Nous aurions pu également imaginer quelques minutes de plus au film, histoire de diluer un peu plus le rythme du récit et le laisser respirer par moments. En effet, si quelques notes d'humour et même d'émotion sont présentes ici et là, l'emphase se veut plus sobre que sur un The Dark Knight, et on évite pas 2-3 dialogues surlignés Nolan-style. Néanmoins, pas de quoi faire la fine bouche devant un tel film-cerveau. Une œuvre audacieuse, impressionnante visuellement (c'est simple, vous verrez des choses que vous n'avez jamais vu auparavant, et que vous ne reverrez sans doute plus jamais), complexe narrativement, et radicale thématiquement. Un pari osé à 200 Millions de dollars de la part de Christopher Nolan et la Warner, dont on conseille forcément un 2nd visionnage aux âmes n'ayant pas percé tous les secrets de Tenet. En ces temps de pénurie cinématographique, il est toujours revigorant de voir qu'un blockbuster d'auteur tout aussi intelligent qu'impressionnant puisse voir le jour. Une grande expérience de cinéma en somme. Sans nul doute un film fou, qui en laissera certains sur le carreau, Tenet mérite qu'on s'y attarde, et pas qu'une fois. Christopher Nolan livre là son films le plus maîtrisé à tous les niveaux, et son meilleur film depuis 10 ans tout simplement. Et vous, parviendrez-vous à suivre le rythme ?
    Isabella D
    Isabella D

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    0,5
    Publiée le 28 août 2020
    Très déçue. Les personnages sont très peu décrits, on ne s'attache à aucun d'eux. L'histoire est farfelue, compliquée, les évènements s'enchaînent sans que l'on puisse comprendre de quoi il s'agit. Tout est complexe. Les dialogues sont arrogants, dénués d'humanité. ''Sauver le monde" ''les méchants russes" encore des clichés à deux balles. La musique bien qu'intéressante est trop forte à nous casser les oreilles. J'ai l'impression que le réalisateur a fait une ratatouille de clichés et de théories scientifiques qu'il ne saisit pas lui même ou alors son cerveau est conçu différent des gens "normaux". Bref, très mauvais.
    Alex S.
    Alex S.

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    4,5
    Publiée le 26 août 2020
    Explosif, haletant, complexe. Tenet est un pur bébé Nolan et le résultat est jouissif. Les deux heures trente ne sont pas de trop et le cast est à la hauteur de nos espérance. Comme tout film de Nolan qui se respecte, la matière grise sera grandement sollicité et un deuxième visionage ne sera pas de trop.
    Chevtchenko2
    Chevtchenko2

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    3,5
    Publiée le 31 août 2020
    Alors certes, Tenet n'est pas exempt de tout reproche et souffre de plusieurs défauts (démarrage un tantinet longuet après une introduction spectaculaire, personnages plutôt lisses, scénario inutilement complexe) mais quel plaisir de voir un réalisateur nous sortir un scénario original. Car oui, Nolan peut être critiquer car son film est imparfait mais Nolan ose ! Car ce que l'on découvre en regardant Tenet, on ne l'a vu nulle part ailleurs. Et rien que pour ça, Tenet vaut le détour et Nolan mérite notre respect et surtout j'espère qu'il continuera à écrire des scénarios originaux et qu'il ne tombera pas dans la facilité.
    Je S
    Je S

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    4,5
    Publiée le 30 août 2020
    Ce film est bien fait ! Christopher Nolan a assuré ! Les acteurs sont bons et l'histoire est bien ficelée ! A voir et à revoir
    Olivier D
    Olivier D

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    4,0
    Publiée le 5 septembre 2020
    Ce n'est pas mon Nolan préféré. Inception, the dark knight et Interstellar restent pour moi au dessus. Cependant on voit en cette œuvre, l'envie, toujours, d'innover, de créer, de surprendre, de torturer le cerveaux des spectateurs. Et très franchement cela fait du bien de continuer à faire des œuvres de cette envergure. Le casting est pour moi très bon, Robert Pattinson me surprend vraiment, je n'aurais jamais imaginé cet acteur prendre autant d'empleur, bravo à lui (avec également the batman en cours). Petit bémol pour keneth Branagh, pas toujours très juste je trouve.
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