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Véritable météore dans le paysage cinématographique français, "Poussière d'ange" est un film injustement oublié. A le redécouvrir aujourd'hui, on est soufflé par sa modernité et sa maîtrise. Jouant de façon très libre avec les règles du polar, Niermans nous embarque dans une odyssée poétique : l'errance d'un flic au bout du rouleau, obsédé par une quête amoureuse (retrouver sa femme qui l'a quitté). Il va s'abîmer dans cette quête jusqu'à croiser le chemin d'une jeune femme non moins perdue qui sera autant sa damnation que sa rédemtion. Le ton décalé, extrêmement drôle, fait penser au meilleur de René Belletto ou de Jean Echenoz, et le réalisateur créé de fait un univers, très personnel et original, à la fois mental (ellipses poétiques, voix off, récit qui prend les chemins de traverse), mais aussi visuel. Car Niermans se révèle être un formidable metteur en scène, capable d'amener à la fois un souffle romanesque et une grande ampleur visuelle à cette (en)quête : la ville où se déroule l'action est ainsi un mélange de Paris, Lyon et Marseille ; le travail sur le cadre et la lumière n'est pas sans rappeler le grand cinéma américain des années 70 (Taxi driver, Fingers, Cruising). A l'heure où tout le monde essaie de faire des "polar à l'américaine" en faisant uniquement (et stérilement) tourner la photocopieuse, Niermans intègre ces influences pour créer son univers propre, dont la force et la cohérence impressionne. A cela s'ajoute une remarquable direction d'acteur et un hallucinant Bernard Giraudeau, sans doute dans son meilleur rôle. Véritable petit bijou (malgré quelques scories : la résolution de l'intrigue est un peu bâclée, la musique est un peu poussiéreuse), "Poussière d'ange" détonne encore et, si on devait le rapprocher à des films récents, ce serait ceux de Jacques Audiard - et il ne faut pas s'en étonner puisqu'il en a cosigné le scénario... A redécouvrir à tout prix !
Ajoutée le 13 mai 2010 à 13h48 Signaler un abus
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