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Belinda
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Belinda" et de son tournage !

Une rencontre

En 2000, Marie Dumora venait de tourner Tu n’es pas un ange dans un petit bureau de l’administration de l’Est où des personnes abandonnées à la naissance viennent chercher des informations sur leur histoire. La cinéaste y avait rencontré une jeune fille, adoptée très tard, qui lui parlait de la nostalgie de son foyer d’enfants et de ses amis qu’elle regrettait. Intriguée, Dumora est allée dans ce foyer et y a rencontré Belinda, 9 ans, inséparable de sa soeur Sabrina, 10 ans, dont on allait la séparer. Elle explique :

"Belinda était une enfant solaire, joyeuse, elle avait ce petit côté Paulette Goddard, avec cette grâce des personnages de Chaplin si fortement ancrés dans le présent. J’ai donc tourné avec les deux soeurs Avec ou sans toi qui constitue le premier volet de la trilogie des enfants, puis Emmenez-moi en 2004, le deuxième volet : un film de garçons où l’on retrouvait Anthony – l’ami de Belinda, rencontré au moment du tournage de Avec ou sans toi qui ratait son C.A.P de menuiserie avec beaucoup d’élégance d’ailleurs, ainsi que trois autres garçons. J’ai ensuite tourné en 2007 Je voudrais aimer personne, où je retrouvais cette fois Sabrina, la grande soeur de Belinda. Quinze ans, bottes blanches, Sabrina élevait Nicolas, son enfant, dans un foyer pour jeunes mères et arpentait la ville, tentant de garder son cap alors que tout vacillait autour d’elle. Elle décidait de faire baptiser son fils. Le film était construit autour de cet enjeu du baptême qui permettait d’éclairer beaucoup d’autres choses."

Univers filmique dans l'Est

Marie Dumora voit Sabrina comme une héroïne, au sens grec du terme, lorsque les héros affrontent leurs destins sous le regard des Dieux. Pendant le film, Sabrina rencontrait le beau Pesso dans les allées d’une fête foraine. La réalisatrice se rappelle :

"Il la laissait ensuite pour retourner chez les siens, les Manouches, derrière le mur, de l’autre côté des rails. Je suis alors allée, moi aussi, de l’autre côté des rails tourner La Place chez les Manouches. Quelques arpents de vignes séparaient du reste du monde ce paradis perdu au bord des rails. C’était une place forte : un Fort Apache à défendre de l’obstination des non-Manouches à faire cesser ce mode de vie. Ramuntcho, le pasteur, y chantait des cantiques, on y faisait la ferraille, briquait des mobylettes comme on soigne les chevaux dans les films de John Ford. Il y avait là un musicien de Forbach, une autre place forte. Je l’ai alors suivi là-bas, où j’ai tourné Forbach Forever en 2015. Trois rues dans les hauteurs de Forbach où l’on est musicien de père en fils que l’on soit ferrailleur ou virtuose, membre d’une des dynasties du jazz manouche (les Schmitt, les Winterstein, les Merstein) et où, même si l’on part se produire à New-York, on revient toujours vivre à Forbach dans la communauté qui nourrit cette musique. Je me suis constitué un territoire filmique dans cet univers là de l’Est de la France où, à chaque fois, le personnage d’un film m’amène vers le suivant et où je projette de continuer à filmer. C’est en suivant ce chemin que j’ai retrouvé Belinda encore une fois."

Dispositif

Dans ses tournages, Marie Dumora a pour habitude de partir à l’aventure en filmant à l’épaule avec une caméra assez volumineuse et un ingénieur du son très visible avec sa perche et ses micros. La cinéaste raconte :

"Je ne veux surtout pas me servir d’une petite caméra de poing maniable comme un sèchecheveux, l’air de ne pas y toucher, pour mettre les gens en confiance. Au contraire, je préfère assumer le côté équipe de cinéma, équipe pour le moins modeste puisque nous sommes deux, mais équipe tout de même puisqu’il s’agit de fabriquer un film, il ne s’agit surtout pas de « suivre » quelqu’un, le prendre en filature. Dans le même ordre d’idée, je filme toujours avec le même objectif, la même focale (au plus proche de ce que restitue la vision de l’oeil humain), je me rapproche dangereusement pour les gros plans ou m’éloigne pour les plans larges. Je n’ai rien inventé. Bresson filmait de la sorte mais c’est plus inhabituel avec ce qui est sensé être un documentaire. Lorsque vous faites un film dit documentaire, on vous demande toujours combien de temps vous êtes restée pour vous faire oublier. Ce n’est pas dans cette proposition là que j’inscris mon dispositif."

La réalisatrice

Marie Dumora tourne ses films dans l’Est de la France à quelques arpents de terre les uns des autres et s’est créée ainsi un territoire de cinéma. Le personnage d’un film l’amène vers le suivant comme un fil d’Ariane, si bien qu’il n’est pas rare de les retrouver quelques années plus tard d’un film à l’autre. Elle filme elle-même. D’abord la trilogie des enfants et des adolescents, puis celle des Manouches, ferrailleurs ou musiciens virtuoses – parfois les deux – et aujourd’hui « Belinda » le portrait d’une enfant devenue adulte à travers son histoire d’amour. Ses films ont été sélectionnés ou récompensés dans de nombreux festivals : la Berlinale, Cannes (Acid), la Viennale, Indie Lisboa, le Festival international de Sao Paolo, le Festival d’Amiens, le Panorama du film européen en Égypte, Filmer à tout prix, Madrid, le FID Marseille (prix du documentaire), Festival du réel (prix du patrimoine), Entrevues Belfort, etc.
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