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    Buñuel après l’âge d’or
    note moyenne
    3,7
    86 notes dont 13 critiques
    8% (1 critique)
    46% (6 critiques)
    31% (4 critiques)
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    13 critiques spectateurs

    Yves G.
    Yves G.

    Suivre son activité 350 abonnés Lire ses 371 critiques

    2,5
    Publiée le 23 juin 2019
    Après le scandale provoqué par son film "L’Âge d’or", interdit par la censure, le jeune réalisateur Luis Buñuel se retrouve ruiné et déprimé. Un coup de chance lui offre une opportunité : son ami le producteur Ramón Acín gagne à la loterie une somme qui lui permet de financer un nouveau film. Il s’agira d’un documentaire tourné dans une région reculée de l’Estrémadure. Tiré du roman graphique de Fermín Solís, "Buñuel dans le labyrinthe des tortues", le film de Salvador Simó inaugure un genre : le making-of d’un documentaire en dessin animé. Pourquoi pas ? On voit depuis quelques années l’animation, comme le montre la richesse de la programmation du festival d’Annecy qui vient de se conclure, envahir tous les genres. Le temps n’est plus où elle se cantonnait aux comptines trop sucrées pour enfants. L’animation raconte des histoires aux adultes. Elle constitue désormais un sous-genre du documentaire historique. En témoignent des œuvres telles que "Funan" sur le génocide cambodgien, "Another Day of Life" sur la guerre d’indépendance de l’Angola ou "Adama" sur les tirailleurs sénégalais enrôlés durant la Première Guerre mondiale. Buñuel après l’âge d’or évoque une page méconnue de la vie et de l’œuvre de Luis Buñuel. Le réalisateur espagnol, expatrié à Paris, n’a pas trente ans. Il fréquente André Breton et Salvador Dali. Il vient de tourner "Un chien andalou" et "L’Âge d’or", deux œuvres profondément subversives qui marqueront l’histoire du surréalisme, mais qui souffrent d’être déconnectées du réel. Le documentaire "Terre sans" pain marque une rupture dans sa carrière. Pour la première fois, Buñuel se coltine avec le réel – même si, comme le montre le film, il n’hésite pas à le re-fabriquer. Indirectement politique, son cinéma le devient directement. "Terre sans pain" est un témoignage anthropologique – qui n’est pas sans rappeler dans cette veine "Nanouk l’Esquimau" de Robert Flaherty tourné dix ans plus tôt. Le dessin animé nous en montre les séquences les plus emblématiques. On y découvre des populations misérables, arriérées. Le documentaire de Buñuel n’était pas tendre avec les animaux : on y voyait un coq étêté, une chèvre précipitée du haut d’une falaise, un âne agonisant sous la piqûre d’un essaim d’abeilles. Le dessin animé, quatre-vingt dix ans plus tard, a l’audace de braver les oukases de la SPA et du parti animaliste et de nous remontrer ces images. Seul défaut : on aurait volontiers fait l’économie des cauchemars de Buñuel qui le mettent en présence d’un père avare de tendresse dont le réalisateur quémande la reconnaissance.
    poet75
    poet75

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    4,0
    Publiée le 24 juin 2019
    Adaptation d’un roman graphique de Fermin Solis paru en 2011, ce long-métrage traite d’un sujet pour le moins inattendu dans un film d’animation puisqu’il y est question d’un épisode bien réel du parcours artistique du cinéaste Luis Buñuel. Après avoir réalisé un court-métrage (« Un chien andalou » en 1929) puis son premier long-métrage (« L’Âge d’Or » en 1930), ce dernier se retrouve non seulement ruiné mais dans l’impossibilité de poursuivre son travail de cinéaste. En effet, après le scandale provoqué par « L’Âge d’Or », film anti-bourgeois et violemment anticlérical (on peut d’ailleurs noter, me semble-t-il, la pertinence de cet anticléricalisme qui ne faisait que fustiger à bon escient ce contre quoi s’élève le pape François aujourd’hui, autrement dit précisément le cléricalisme et ses dérives ainsi que l’hypocrisie d’un nombre non négligeable de clercs), après ce film qui a déclenché les foudres du Vatican, toutes les portes se ferment pour le cinéaste. Abattu, Buñuel part rejoindre un de ses amis, le sculpteur anarchiste Rámon Acín, tout en projetant de filmer un documentaire dans les Hurdes, la région la plus misérable de l’Espagne d’alors. Mais, sans aucun moyen financier, le projet a peu de chance d’aboutir. C’est alors que survient le plus improbable des miracles. Acín achète un billet à la loterie tout en promettant au cinéaste que, s’il gagne, il fera don de la somme entière pour la réalisation du film. Or, aussi incroyable que cela puisse paraître, le billet est gagnant. Avec le concours du poète Pierre Unik et du photographe Eli Lotar qui les rejoignent sur place, Buñuel et Acín entreprennent donc de filmer la vie pitoyable des habitants des Hurdes. La réalisation n’est pas de tout repos, on s’en doute, dans un tel contexte. Buñuel semble avoir tourné la page des deux films surréalistes qui l’avaient rendu célèbre, mais ce n’est qu’en apparence et, à la moindre occasion, l’artiste provocateur reprend le dessus. C’est le cas quand il décide de tourner des scènes en habit de nonne ( !) ou lorsqu’il filme l’agonie d’un âne piqué par des milliers d’abeilles. Peut-être n’y a-t-il là, d’ailleurs, qu’une manière de se protéger, en quelque sorte, en détournant le regard, des conditions épouvantables dans lesquels vivent ou survivent les habitants des Hurdes. Pour raconter la genèse du film qui prendra pour titre français « Terre sans pain », Salvador Simò a conçu et réalisé un long-métrage qui, certes, ne brille pas spécialement par la qualité des dessins et des animations, mais qui passionne littéralement par la subtilité de son scénario. Au récit linéaire de la fabrication de « Terre sans pain », des difficultés rencontrées par l’équipe, au point qu’une brouille en vient à séparer, pour un temps, les amis avant qu’ils ne se réconcilient, le réalisateur a habilement adjoint quelques-unes des scènes réelles tourné dans les Hurdes, mais aussi quelques flashbacks ainsi que quelques rêves ou, plutôt, cauchemars. Buñuel est un homme hanté par des figures tutélaires, celle de son propre père mais aussi celle de Salvador Dali (dont il ne veut pas entendre parler) et c’est aussi un homme qui, sous une apparence rude, laisse entrevoir des fragilités (ainsi son étrange phobie des poules et des coqs) ! Nul besoin d’être un admirateur ni un grand connaisseur de l’œuvre de Buñuel pour apprécier ce film d’animation, il suffit de se laisser toucher par l’histoire d’une obstination artistique, par celle d’une amitié qui se relève de toutes les épreuves et par l’épouvantable misère qui était le triste lot des habitants des Hurdes en 1930.
    Lila-Cinéma
    Lila-Cinéma

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    4,5
    Publiée le 24 juin 2019
    Magnifique film d'animation sur mon cinéaste préféré : l'immense, l'indépassable Luis BUNUEL ! C'est émouvant de voir que je ne suis pas la seule à être fascinée par cet homme et par son cinéma. Enfin un portrait à la hauteur de son imaginaire, que peut-être seul le film d'animation peut toucher du doigt tant il est question d'un délire poétique entre une extrème sensibilité et une très grande puissance formelle. Cette histoire raconte comment il a réalisé un de ses 1er films "Terre sans pain" (en 1936) Aussi pour apprécier pleinement ce film d'animation je recommande chaudement de prendre 30 min pour regarder ce documentaire dont on parle encore beaucoup aujourd'hui : https://www.youtube.com/watch?v=QvMxAbO2f9s
    choisirunom
    choisirunom

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    1,5
    Publiée le 27 juin 2019
    Je vais être dur parce qu'il faut l'être...Jamais bunuel n'aurait supporté un tel sentimentalisme, des rêves aussi niais et la musique est médiocre, et pas médiocre parce que sentimental. Rendre hommage à un cinéaste exceptionnel devrait nous rendre heureux mais quand la mise en scène est une insulte à l'oeuvre de ce cinéaste...Et tous les jours on voit cela des documentaires sur des gens subversifs qui font un recul de 150 ans en terme de subversion, c'est le musée...
    velocio
    velocio

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    3,0
    Publiée le 25 juin 2019
    Considéré par l'église catholique, lors de sa sortie, comme "injurieux pour la patrie, la famille et la religion", objet de scandale et, finalement, censuré, "L'âge d'or", le premier long métrage de Luis Buñuel, a entrainé la ruine de ce dernier et il faut un véritable miracle pour qu'il puisse réaliser le film qu'il avait en tête : "Terre sans pain", un documentaire de 30 minutes sur la vie, en 1930, dans la région des Hurdes, à l'ouest de l'Espagne, la plus pauvre du pays. Ce miracle : un billet de loterie acheté par le sculpteur anarchiste Ramon Acin, lequel va tenir sa promesse : financer le film si le billet est gagnant. Le billet était gagnant ! Le film d'animation "Buñuel après l'âge d'or" raconte la période 1930-1933 de le vie de Luis Buñuel avec, en particulier, le séjour, pour tourner "Terre sans pain", de Buñuel, Acin plus le poète Pierre Unik et le caméraman Eli Lotar à La Alberca et dans la région voisine. On y voit le côté "documenteur" de "Terre sans pain" avec quelques scènes qu'on qualifiera d'arrangées, le côté plutôt insensible du réalisateur avec les animaux à côté d'une grande sensibilité face à la misère humaine, sa phobie des poules. Deux personnes le hantent et viennent le visiter lors de ses cauchemars : son père et Salvador Dali. A noter une idée très intelligente de Salvador Simó : certaines scènes sont initiées sous forme d'animation et se continuent par un extrait de "Terre sans pain".
    islander29
    islander29

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    4,0
    Publiée le 20 juin 2019
    Un beau moment de cinéma, l'idée de ce film est très bonne, et la mise en scène de qualité….Le film nous relate la vie de Luis Buñuel entre 1930 et 1933....En réalité il nous retrace la réalisation de son film Terre sans pain dans les Hurdes (région rurale à l'Ouest de Madrid…. ce film d'animation est très réussi, la qualité des dessins est indéniable, à la fois avec une douceur et une abondance des couleurs, et un beau réalisme des personnages, des paysages…..J'ai été captivé par l'histoire de ce documentaire, Terre sans pain, où l'on a le droit souvent à une mise en parallèle de l'animation, avec les vraies images de 1931 ( comme une explication de texte)….Comme c'est bien réalisé, le contraste entre l'animation et le noir et blanc, nous raconte aussi l'histoire du cinéma….Et puis il faut le dire il y a des scènes magiques ou cruelles ( la décapitation des coqs, les abeilles sur l'âne, les relations avec les paysans, la disparition de la petite fille) … L'émotion s'ajoute à la beauté du dessin, grâce aussi à une musique sensible et mélancolique…..Cet hommage à Buñuel, mérite vraiment d'être vu en V.o. ou pas;....En sortant je n'avais qu'une envie, filmer ce que je voyais….
    Cinéphiles 44
    Cinéphiles 44

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    4,0
    Publiée le 5 juin 2019
    « L’âge d’or » est un film surréaliste sur l’amour fou réalisé par Luis Buñuel en 1930. Bien que considéré comme un chef d’œuvre aujourd’hui, le film a été critiqué au point d’être censuré et jugé pervers. Suite à ce scandale, le réalisateur s’est senti désarmé et surtout sans le sou. Il parvient néanmoins à trouver les fonds nécessaires pour tourner son prochain film « Terre sans pain », un documentaire sur l’une des régions les plus arriérées d’Espagne. « Buñuel après L’âge d’or » est un film d’animation mettant en scène le destin de ce groupe d’amis partis en tournage sur ces terres inconnues. La fluidité de l’écriture et la simplicité du dessin rendent l’ensemble accessible à tous. Nul besoin d’être cinéphile, même si connaître la filmographie du réalisateur donnera davantage de plaisir à suivre cette aventure incroyable parsemée de plans de coupe du vrai film. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
    CineRepertoire.free.fr
    CineRepertoire.free.fr

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    3,5
    Publiée le 21 juin 2019
    Après le scandale de l'Age d'or, les portes se ferment pour Buñuel qui ne parvient plus à financer ses projets. Heureusement, un coup de chance et le soutien d'un ami cher lui permettent de prendre la direction de Las Hurdes, un des coins les plus pauvres d'Espagne, pour y tourner un documentaire. Le cinéma d'animation a rarement pour sujet le cinéma lui-même, voilà déjà une bonne raison de voir ce film. Un film "de niche" qui parlera essentiellement aux cinéphiles et aux amateurs de Buñuel, pour lesquels Terre sans pain évoque quelque chose. Un film dont on est content qu'il puisse exister, à la marge extrême des circuits commerciaux. Si la forme, l'animation elle-même, n'est pas extraordinaire, le fond est toujours intéressant, brossant un portrait sensible et paradoxal du cinéaste espagnol, plongeant le spectateur dans une Espagne de grande pauvreté, à l'aube du Franquisme, et questionnant documentaire et surréalisme, le tout avec intelligence.
    missfanfan
    missfanfan

    Suivre son activité 27 abonnés Lire ses 386 critiques

    3,5
    Publiée le 8 juillet 2019
    Voilà un bon film d'animation sans temps morts où l'on ne s' ennuis pas une seconde les images sont également bien faites et le doublage est bon pourtant je n'ai jamais été très fan de Luis Bunuel comme quoi
    Rom1 Y
    Rom1 Y

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    3,0
    Publiée le 26 juin 2019
    Il est assez rare qu’un film d’animation brosse le portrait d’un cinéaste au travail. Buñuel après L’Age d’or, de Salvador Simo, vaut surtout pour le récit, original et passionnant, du tournage de Terre sans pain, en 1932, par Luis Buñuel, documentaire de vingt-sept minutes
    war m
    war m

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    4,0
    Publiée le 27 juin 2019
    Buñuel après L’Âge d’or est ainsi, tous genres et toutes techniques confondus, l’une des jolies surprises de l’année.
    Mathieu D.
    Mathieu D.

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    4,0
    Publiée le 6 juillet 2019
    Un bon film d'animation. Je recommande sans problème Buñuel. Même si le sujet de départ est un peu faible à mon sens, la qualité de l'animation, sa touche et les dialogues nous entrainent de manière très agréable et sans temps mort dans l'intrigue tout en nous donnant quelques éléments historiques sur le réel de l'époque à travers les incrustations documentaires. Bravo à l'équipe réalisatrice.
    Lou L
    Lou L

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    5,0
    Publiée le 28 juin 2019
    Un bonheur sorti de nul part, réalisé par Salvador Simo qui s’est inspiré de la bande dessinée de Fermín Solís : Buñuel y el labirinto de las tortugas (trad: Buñuel dans le labyrinthe des tortues. Ainsi, le film Bunuel : après l’âge d’or s’articule autour du tournage de Terre sans pain, le film documentaire que Luis Buñuel a réalisé en 1932 dans la région la plus pauvre d’Espagne : Las Hurdes. Terre sans pain marque le détachement de Buñuel de « l’orthodoxie » surréaliste (mené par André Breton) et son engagement sur des thématiques plus sociales. Ce film a pu être réalisé grâce au financement “surréaliste� de son ami sculpteur Ramon Acin dont le lien d'amitié inconditionnel basé sur la foi du talent de l'autre est poétiquement mis en scène. Bunuel et Acin sont dans des parcours parallèles qui vont dans des sens opposés. Quand l'un semble échoué et regretté, l'autre se révèle à lui-même et au monde. Quand l'un disparaît, l'autre s’élève par l'atteinte de sa vérité. "Tout prend un sens nouveau", cette réplique du personnage éponyme résume le parcours émotionnel en tant que spectateur, où l’on observe avec compréhension et émotion, la progression de la vision du monde du personnage. Le film imagine les contours du “réel objectif�, i.e. le film documentaire. Le dessin animé s’éloigne donc du registre purement biographique où le documentaire est une source d’inspiration pour construire un personnage de fiction, aux facettes multiples et ambivalentes tantôt prétentieusement capricieux, tantôt sensible à la misère humaine. Terre sans pain expose une réalité poétique, car dramatise le réel miséreux en mettant en scène délibérément des plans cruels. Ses motivations pour l’horreur, Bunuel l’explique en 1953 lors d'une table ronde à l'Université de Mexico, où il décrit le surréalisme comme celui qui "aura détruit la représentation conventionnelle de la nature […] ébranlé l'optimisme bourgeois et obligé le spectateur à douter de la pérennité de l'ordre existant". Le dessin animé dépeint avec simplicité les motivations de Buñuel et les origines de ces plus grandes angoisses et jouissances. Ainsi, plusieurs niveaux de temporalités et d'univers jalonnent l’histoire sans perdre le spectateur. Le niveau le plus manifeste est Bunuel adulte en dessin animé (T=0), les prises de vue réelles du film Terre sans pain (T=0), son enfance en dessin animé (T= -X années), ses rêves/cauchemars en dessin animé (T=0). Les superpositions d’univers et des cadres spatio-temporels sont fondées et emmenées avec délicatesse. Le choix d’un film d’animation est non seulement nécessaire, mais apporte de la poésie et du surréalisme dans l'onirisme. Sans compter sur une plume fine délivrant un humour habile. En somme, Bunuel : après l’âge d’or est une claque émotionnelle avec une notion spéciale pour la bande originale du film composée par Arturo Cardelus apportant sa pièce à l’édifice d’une grande beauté grave.
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