Nouveau portrait de femmes signé Joseph L. Mankiewicz. Cette fois c'est de Maria, une actrice d'origine espagnole. Dès le début on sait qu'elle est morte, on assiste à son enterrement, et le film est raconté en flash-back, la narration est toujours fluide. Ce film nous parle de rêve brisé, de passion ou encore de déception à travers plusieurs voyages entre les milieux Hollywoodien, la jet-set Française ou encore l'aristocratie Italienne. Le scénario est très bien écrit, nous offrant divers points de vues sur la même personne à travers huit flash-back, les personnages sont bien écrit, à l'image de celui joué par Humphrey Bogart, acerbe et tendre. Les thèmes abordés le sont fait de manière intelligente (les contes de fées (cendrillon) par rapport à la vrai vie, le bonheur, la corruption à Hollywood, le cinéma et les relations entre les producteurs, les scénaristes ou les acteurs...) Coté acteur, c'est formidablement interprété. Humphrey Bogart a la classe et comme souvent il est excellent. Ava Gardner est magnifique et au sommet de sa splendeur dans le rôle de Maria. Encore une fois Joseph L. Mankiewicz nous captive et nous passionne, sa mise en scène, sa direction d'acteur ou sa manière de nous raconter son histoire est excellente.
Pas avare en longueurs et en baisses de rythme, "La comtesse au pieds nus" n'est de loin pas le chef d'oeuvre attendu.
Ce beau film a vieilli et vaut essentiellement pour la présence et le jeu d'Ava Gardner et d'Humphrey Bogart. A voir de préférence en accéléré sous peine d'ennui...
Ce film est une poésie fraîche comme les "Sensations" d'Arthur Rimbaud et d'une esthétique incomparable. Les yeux sont charmés par les plans, la beauté des images, les couleurs vives, la lumière éclatante ; le premier plan sur les pieds nus en mouvement de la danseuse est d'une grande beauté et d'une originalité très intéressante. L'élargissement lent et progressif du plan sur la danseuse en remontant provoque une émotion assez sensuelle et met en valeur la belle Ava Gardner. Le scénario se présente sous la forme d'une narration le plus souvent avec la voix grave d'Humphrey Bogart qui s'estompe pour laisser place à des flash back au fur et à mesure que son regard croise les personnes présentes à l'enterrement. 6 flash-back comme 6 personnages qui ont comptés dans la vie d'artiste de Maria vargas. Le rythme de l'action est calqué sur la lenteur de l'enterrement et la présentation des personnages suit le même rythme sans que le spectateur ne décroche. Quand aux messages du réalisateur, ils sont habilement glissés dans l'histoire : l'argent facile, la soumission à la volonté de ceux qui payent, la liberté perdue au profit des rôles imposés, l'impuissance sexuelle masculine et la non satisfaction de Maria, thème périlleux pour l'époque qui n'a pas encore connu le sujet de la femme libérée. Edmond O'Brien est magnifique en agent de pub "lourd", rôle qui lui valut l'Oscar du meilleur second rôle en 1954. Ce film eut un très grand succès à l'époque mais il est toujours d'actualité pour son côté "Star, pailette et argent". La perfection... Un chef-d'oeuvre...
D'après Mankiewicz lui-même, "La Comtesse aux pied nus" serait une "version amère de Cendrillon". Cette définition semble plutôt juste. En effet, Ava Gardner est Maria Vargas, jeune femme qui a connu la misère en Espagne et qui a l'opportunité de devenir une grande actrice à Hollywood. Mais plus que la célébrité, c'est l'amour que Maria veut rencontrer. Comme Cendrillon, il s'agit de sortir de l'obscurité, pour voir la lumière et enfin rencontrer le prince charmant. Sauf que rien ne se passe comme prévu dans ce très beau film de Mankiewicz. La réalité est toujours plus forte que le conte. Elle vient s'immiscer dans le cinéma afin de le rattraper. Les personnages sont piégés, le rêve se brise, mais paradoxalement, la magie est là. Mankiewicz réalise un film surprenant et particulièrement émouvant.
En ce qui me concerne,les œuvres de Joseph wicz font mouche à tous les coups. Il faut dire que Mankiewicz est un scénariste de très haute volée,un directeur d'acteurs hors-pair,tout cela sans jamais se départir d'un sens inné de l'élégance et de la métaphore subtile. Nouvelle preuve avec "La Comtesse aux pieds nus"(1954),très révélateur mélodrame en Technicolor,qui sublime à la fois la beauté irréelle d'Ava Gardner et le charisme intemporel d'Humphrey Bogart. En lui-même,le film raconte l'histoire d'une Cendrillon plongée dans l'impitoyable milieu hollywoodien,puis dans la jet-set de la Riviera,et enfin dans la noblesse italienne. 3 mondes décadents ne misant que sur les apparences et les futilités. Maria Vargas,en cruel manque affectif,ne peut que s'y perdre,et ce même si elle peut compter sur le soutien du metteur en scène Harry Hewes. Leur amitié est très belle,car pure et désintéressée. Gardner et Bogart illuminent l'écran lorsqu'ils apparaissent ensemble. Edmond O'Brien en agent de presse huileux et Rossano Brazzi en comte impuissant sont des rouages essentiels de cette satire tout en flash-backs à plusieurs voix et en illusions cruellement déçues.
La comtesse aux pieds nus a très mal vieilli. Certes le film bénéficie de la présence d'acteurs fabuleux d'un réalisateur talentueux mais il manque du rythme et surtout des personnages et une trame mieux écrits. La construction en flash-back et la présence omniprésente de la voix-off (même si c'est Bogart qui s'y colle) est aussi inutile que pénible à la longue. Cela ne sert qu'à joindre des bouts d'actions qui ne sont pas forcément bien choisis. Dommage car il y a d'excellentes scènes ici et là, notamment toutes celles que partagent Ava Gardner et Bogart qui ont énormément d'alchimie à l'écran. Malheureusement ils n'ont pas assez de scènes ensemble pour sauver le film surtout que la deuxième partie vire dans le mélo pathos un peu beta. Les personnages sont peu crédibles et le tout est donc très artificiel.
les dialogues, le scénario, lez vêtements, les lumières, la photographie, le montage, le jeux des acteurs, les sentiments, l'expression qu'ont ressent, la durée sans longueur etc etc... bref tout le cinema est là.
Film de Mankiewicz , sorti en 54 avec H Bogart et Ava Gardner dans les roles principaux. Evocation "fictive" de la vie tragique de l' actrice Maria Vargas, de son ascencion à Hollywood à sa mort . La narration sous forme de flashbacks racontés par ceux qui l' ont connu est assez pertinante . Forcémment,au dela de la dimension tragique de l' histoire racontée, on peut y voir une critique du "star system" hollywoodien et de l' univers "jet set" qui rode autours
réunion de talent, l'œil perfectionniste de Mankiewicz, donne encore une fois une leçon de cinéma, sans temps mort, le film déploie avec justesse et finesse, les ficelles d'une histoire cousue de fil noir, il ne pouvait en être autrement, le cynisme de la société du "grand monde", hypocrite
et sans noblesse. la jeu toujours juste de Bogart, blaser au bord du gouffre, mais toujours droit dans ses bottes, il ne se laisse pas démonter, figure forte, paternelle, et Ava Gardner, naturellement belle et attirante, mais qui ne cherche pas à s'embellir, qui cherche la retenue, la justesse, encore une fois. Puzzle de flash back qui se construit pour un conte de fées, où le destin s'invite à la danse, danse gitane bien entendu.
Film très intéressant. Intéressant pour le portrait, d'une belle valeur artistique, qu'il dresse de l'Amérique à travers le visage et le destin de cette fameuse comtesse. Ce qui frappe dans la mise en scène c'est son esthétisme très travaillé. De beaux plans, de beaux mouvements de caméra et surtout des acteurs de qualité. Le scénario est également intéressant : belle réflexion sur la célébrité mais également sur l'amour, la vie, la mort. Bref l'on est convaincu mais pas persuadé. La Comtesse aux pieds nus est certainement un grand film mais l'on aura toujours dans la tête L'aventure de Madame Muir, bien plus beau, bien plus réussi, qui mérite lui le terme de chef d'oeuvre.
La Comtesse Aux Pieds Nus est un film remarquablement traité et qui pour l'époque bénéficie d'une narration aussi judicieuse qu'idoine. Mankiewicz, vous connaissez ? Le Reptile, Le Limier, Chaines Conjugales, Eve, La Comtesse Aux Pieds Nus, The Ghost And Mrs Muir, Soudain L'Eté Dernier... j'oublie Cléopatre qu'il renia. Mankiewicz ? Le genre de réalisateur d'une intelligence rare qui se focalise non pas sur l'action mais sur le travail d'acteurs, les dialogues... Une sommité en somme à l'instar de Welles ou Lubitsh. Ce film est bijou. 5/5
Ce film, considéré par certains comme l'un des plus grands de tous les temps, se construit sous forme de retours en arrière effectués selon différents points de vue sur l'ascension irrésistible d'une star jusqu'à sa mort. Au moins Mankiewicz a-t-il le mérite de tenter des choses au niveau de la narration. Mais par ailleurs, "La comtesse aux pieds nus" est plat de chez plat, classique de chez classique, vu et revu. C'est un espèce de mélodrame poussif, où les personnages sont exubérants, lourds dans leurs sentiments, et bien souvent peu originaux, où les couleurs sont trop appuyées, presque indigestes, où les dialogues sonnent faux tant ils sont écrits, où le déroulement de l'histoire s'appuie sur des mécanismes déjà bien usés, et où les touches d'humour ne sont pas très fines mais encore une fois assez pataudes. La mise en scène sobre, mais sans génie, n'est pas là pour aider. Et que c'est long! C'est donc une œuvre qui reste tout à fait correcte, car elle demeure plutôt bien faite, mais elle a aussi beaucoup vieilli, et est relativement inintéressante dans ce qu'elle raconte.
Un film bien décevant qui a beaucoup vieilli comme Bogart. Ava Gardner ne crève pas spécialement l'écran, il faut dire que la direction d'acteurs m'a paru particulièrement lourde et le caractère des personnages sans nuance, seul le texte off apporte de la richesse au film.
Seul maître à bord (il se produit pour la première fois en dehors des studios), Mankiewicz s'adonne ici à ses penchants littéraires (voix off envahissante, dialogues réjouissants mais sur-écrits) et règle ses comptes : avec Holywood, la jet-set et l'hypocrisie en général. Sans Zanuck pour le tempérer, il cède au démonstratif, s'éloignant de la subtilité d'"Eve" ou de la fluidité narrative de "Chaînes conjugales". Mais il demeure malgré tout le grand cinéastes de l'ambivalence et sauve le personnage d'Ava Gardner en préservant jusqu'au bout son mystère, et en chargeant Bogard, son alter-ego dans le film, d'un poids incommensurable de mélancolie. Alors que le récit avait commencé de façon un peu mécanique et démonstrative, il parvient peu à peu à laisser la vie irriguer son programme et la deuxième partie, crépusculaire, se fait de plus en plus émouvante. Un bilan en demie-teinte, donc, pour un film à la fois lesté par son discours et gagné in extremis par la grâce (quand même, Ava Garner !) et l'émotion (Bogard a rarement été aussi émouvant).
Un drame très bien construit et subtilement équilibré. Il y a un thème mélodramatique central, mais aussi un aspect très autobiographique dans un scénario en mise en abîme (un réalisateur se filmant sous les traits d’un Bogart plus mur, clairvoyant et désenchanté que jamais), faisant la part de la satire sarcastique du monde du show-biz et de la jet set comme d’une mélancolie navrée. Le romanesque est lesté par un réalisme implacable, le monde du spectacle démasqué dans son cynisme et ses illusions mortelles. Qualité ultime de l’œuvre : elle montre comme très peu d’autres à quel point le spectacle est une excroissance du pouvoir de l’argent.