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    Monos
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Monos" et de son tournage !

    Le financement : un chemin de croix

    Monos a été difficile à monter car il n’appartient à aucun genre précis et l’ombre d’Apocalypse Now et de Sa Majesté des mouches était écrasante aux yeux des financiers. Le film n’appartient ni au cinéma d’auteur européen, ni aux films d’action hollywoodiens. Si plusieurs producteurs étaient séduits par le projet, ils ne voulaient pas prendre le risque de le financer non seulement parce qu’il était indéfinissable, mais aussi impossible à tourner selon eux. Leurs craintes reposaient sur le casting qui mêle acteurs professionnels et non professionnels mais aussi sur les conditions de tournage dans la jungle et l’eau.
    Le premier véritable financement est venu du Columbian Film Fund. Puis avec le producteur principal du film Fernando Epstein, ils ont contacté Le Pacte et Jean Labadie. Au final, 8 pays ont participé au financement. Le réalisateur raconte : « en même temps ça ne représentait qu’environ la moitié du budget initial. On a ainsi fini le tournage les poches totalement vides. Et c’est en montrant des premières scènes tournées, puis un premier montage brut que l’on a pu récupérer l’argent pour finaliser la post-production du film ».

    Un tournage épique

    Plusieurs mésaventures ont marqué le tournage, dont des mules qui ont renversé tout le matériel au fond d’un canyon. L’équipe a fait appel à deux familles de trafiquants d’or qui exploitaient illégalement de l’or dans la région. Elles servaient de guides car elles connaissaient des lieux secrets aux abords des rivières. « Les autorités colombiennes nous ont de leur côté fourni des kayaks et des équipes de rafting pour nous épauler », précise le réalisateur.

    Monos

    Alejandro Landes revient sur le titre de son film : « L’origine [grecque] du mot Monos signifie seul, solitaire, le chiffre 1. Je l’ai choisi parce que je pense qu’une grande part de la tension dans notre vie quotidienne provient de la confrontation de l’individu avec le collectif. Entre l’Un et le Tout ».

    Dépeindre l’adolescence

    En plus de montrer des guérilleros face à des forces gouvernementales, Monos met en scène des adolescents en lutte contre le monde des adultes. Alejandro Landes assume l’influence de Kids de Larry Clark et Gummo d’Harmony Korine dans son approche plastique de l’adolescence. Il s’est également imprégné des photos de Nan Goldin, de Bill Henson et de William Eggleston, ainsi que des photographies de guerre de Robert Capa.

    Une fable

    Monos s’ouvre sur la peinture d’une communauté qui vit en communion avec la nature, dont l’innocence et la cohésion vont être brisées par la mort d’une vache. « Le film est structuré comme une sorte de fable. Avec ce sacrifice de la vache qui va activer un sortilège, et rompre cette harmonie originelle », explique le réalisateur.
    Par ailleurs, les personnages ont des noms d’emprunt liés à la culture geek. Ils ne sont pas ancrés dans un contexte réel et n’ont ni passé ni futur. Ils apparaissent comme des êtres allégoriques.

    Brouiller les pistes

    Monos brise toutes sortes de frontières, « dont celles d’appartenance à un genre sexuel, à une idéologie politique définie, au monde adulte ou celui de l’enfance » affirme le réalisateur. Le film brouille aussi les pistes entre victimes et tortionnaires, si bien qu’on ne sait plus de quel côté se trouvent les personnages. Visuellement, le film s’affranchit aussi des étiquettes : il alterne des images hyperréalistes rappelant le documentaire et un univers plus stylisé. Au final, le spectateur « ne sait plus s’il regarde une fiction ou un documentaire. J’aime là aussi rester à la frontière du fantastique », confie Alejandro Landes.

    Casting

    800 enfants ont été auditionnés à travers la Colombie et 25 ont été retenus. Ils se sont installés dans une réplique du camp construite dans la montagne. Le matin, ils jouaient des passages du scénario et improvisaient à partir de bribes du script sans savoir exactement ce que racontait le film (à l’inverse, les acteurs professionnels, Julianne Nicholson et Moisés Arias, avaient lu le scénario). L’après-midi, ils suivaient un entraînement physique, qui différait toutefois d’un entraînement classique car il s’agissait de représenter une armée rebelle, clandestine. Cette vie en communauté leur a permis de créer des liens. 8 d’entre eux ont finalement été choisis pour jouer dans le film.

    Un ex enfant soldat

    Wilson Salazar, qui joue le commandant, a été lui-même un enfant soldat : il a fait partie des FARCS quand il avait 11 ans et a déserté à l’âge de 24 ans. Le réalisateur l’a rencontré un an et demi après sa réinsertion dans la vie civile alors que sa tête était mise à prix. À l’origine, il l’a choisi car il estimait qu’il était le mieux placé pour entraîner les acteurs. Il s’est avéré tellement bon qu’il a décidé de le placer devant la caméra. Alejandro Landes se souvient : « pendant la prise où il pointe sa caméra sur Doctora, j’ai vu qu’il était bouleversé. Je lui ai demandé ce qui le mettait dans cet état et il m’a répondu : "Tu sais, ce n’est pas la première fois que je fais ça. Je l’ai déjà fait pour de vrai"».
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