Parasite
Note moyenne
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btravis1
btravis1

127 abonnés 529 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 juin 2019
Le scénario est très bien écrit et beaucoup plus subtil qu'il n'y paraît. La réalisation est au diapason. Les plans dans la maison sont très recherchés et permettent judicieusement de suivre les actions simultanées dans un même cadre. Le rythme s'accélère au fil du film qui multiplie les genres, passant très facilement de la comédie au thriller. Et c'est toujours un plaisir de retrouver SONG KANG-HO, un peu absent des écrans français ces dernières années.
Scénario Catastrophe
Scénario Catastrophe

36 abonnés 156 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 juin 2019
film d'auteur et grand public, c'est ce que réussi à combiner le réalisateur avec brio ! On ne s'ennuie jamais, le rythme est virtuose, tout comme les plans, les choix de lieux. C'est un film exigeant et ça se voit. En général, il est plus difficile de rentrer dans un fillm en langue étrangère méconnues, non seulement parce que les mots doivent être lus et les expressions pour une même émotion peuvent varier d'un pays à l'autre. Mais dans ce film, on réussi à sentir le talent de chaque acteur. Chaque personnages sont plus charismatiques les uns que les autres. Cette proposition est truffée de scènes haletantes, mémorables : les images sont fortes et on sait que tout peut exploser au moindre moment. Dernier point intéressant du film : il utilise beaucoup de symboles, qui sont très repérable et très compréhensibles pour le spectateur. C'est un film virtuose mais qui ne nous regarde pas de haut. Palme d'or amplement mérité !
L'Info Tout Court
L'Info Tout Court

464 abonnés 1 025 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 mai 2019
Pour le plaisir de la découverte, il vaut mieux éviter de s’attarder sur le scénario de Parasite, mais pourtant on a terriblement envie d’en parler ! Cette fable-thriller-comédie aux allures de lutte des classes possède une progression fascinante et originale.
traversay1
traversay1

4 485 abonnés 5 365 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 juin 2019
Kore-eda et Bong Joon-ho sont des cinéastes très différents, mais tous les deux extrêmement talentueux et dont leurs films récemment palmés ont pas mal de points communs, à commencer par le portrait d'une famille amorale dans une société où la fracture entre pauvres et nantis est de plus en plus béante. Mais foin des comparaisons, Parasite est avant tout un film qui porte farouchement la signature de Bong qui y transcende de nombreuses thématiques développées dans ses oeuvres précédentes. Le plus admirable est sans aucun doute la maîtrise du mélange des genres et la splendeur d'une mise en scène, jamais outrageusement voyante, pourtant, et presque entièrement confinée entre les 4 murs d'une somptueuse maison qui pue littéralement la réussite financière. Et quoi de plus jubilatoire que de voir la Corée d'en bas envahir cet espace avec sa tribu incongrue mais ô combien rusée. La fluidité de Parasite est exceptionnelle, cachant dans ses recoins une complexité narrative ébouriffante qui ne l'étouffe jamais avec son tempo de thriller qui sait ménager des pauses avant de repartir de plus belle avec moult surprises à la clé et un mauvais esprit (quoique) permanent. Il y a un côté inhumain dans ce film ou plus exactement tellement humain qui est irréfragable et quasi insoutenable si ce n'était l'humour noir et l'aspect ludique qui sont permanents. Comédie sociale XXL, avec ses private jokes (les actualités de Corée du Nord), Parasite est d'une richesse insensée et confirme la puissance d'un cinéaste qui n'est pas loin d'être le meilleur au monde actuellement, si tant est qu'un qu'un classement puisse être établi en la matière.
Caine78
Caine78

7 757 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 août 2019
C'est toujours un peu le problème avec ces titres pour lesquels on a tellement crié au chef-d'œuvre que l'attente est inévitablement très grande. D'ailleurs, j'avoue que durant la première heure, mes attentes ont été comblées : que ce soit dans la mécanique brillante du scénario, son écriture, la façon de révéler le caractère des différents protagonistes, le tout en livrant une subtile lutte des classes où les nécessiteux n'ont rien de pauvres victimes désignées, sans pour autant idéaliser les nantis (ni les caricaturer), le résultat est magistral. Bong Joon-ho a dédié sa Palme d'or à Claude Chabrol et Henri-Georges Clouzot : cela se sent, le cinéaste coréen surpassant même à de nombreux égards le premier par son ton cinglant et sa science du récit. Les idées et les scènes jubilatoires s'enchaînent quasiment jusqu'au vertige, à l'image d'un humour aussi noir qu'omniprésent. Intervient alors la retour de l'ancienne gouvernante, amenant l'œuvre dans une direction totalement différente. Ce qui fait sa force et sa faiblesse : d'un côté, cela permet de renouveler totalement le scénario et de le rendre encore plus imprévisible, la violence et la folie s'emparant de l'œuvre, offrant de nouveaux moments mémorables. De l'autre, tout ce qui m'avait tant plu jusqu'alors, cette logique implacable filmée avec maestria, m'a semblé s'échapper vers une démarche plus répétitive, très exubérante au point d'en être parfois fatigante, voire légèrement soûlante. J'aurais même pu songer à revoir ma note à la baisse s'il n'y avait pas eu cette dernière ligne droite offrant un nouveau tournant cinglant et sauvage, non dénué d'une étrange poésie, amenant vers un dénouement d'abord d'une étonnante douceur poétique pour conclure de la plus cynique des manières. Ainsi, je ne vous cacherais pas que je suis sorti de la salle légèrement frustré, mais plus les jours passent, plus j'apprécie cette leçon de mise en scène, cette première heure implacable, cette opposition si singulière, ces personnages mémorables et donc ces derniers instants jubilatoires. Génial ? Je ne sais pas, peut-être. Virtuose et incontournable en cette année cinématographique désespérante? Assurément.
 Kurosawa
Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 juin 2019
À la différence des grands films tortueux de Bong Joon Ho ("Memories of murder", "The Host", "Mother"), la dernière création du cinéaste est plus rectiligne. Pour autant, la trajectoire directe de son scénario, qui n'est peut-être pas étrangère au fait que l'action se déroule presque dans un lieu unique, n'empêche pas l'entremêlement de tonalités contraires, lesquelles ne sont en aucun cas l'effet d'un dosage mais bien la résultante de situations originales. La singularité de "Parasite" se trouve d'abord dans son impulsion scénaristique – les membres d'une famille pauvre vont trouver diverses combines (qu'elles soient moralement acceptables ou non) pour se faire embaucher chez les Park, nouveaux riches obnubilés par le modèle occidental, sans que ceux-ci ne sachent que c'est une seule et même famille qui travaille pour eux. La mise en place de cette stratégie minutieuse consistant à travailler pour les Park est essentiellement comique mais elle dévoile aussi le regard cinglant du cinéaste sur le rapport entre ces deux familles appartenant à des classes sociales opposées, un écart ignoré par les Park mais dont le mépris est caractérisé par cette odeur particulière ressentie – celle de la maison des Ki, sous le sol, qui imprègne inéluctablement les vêtements. Ainsi, le film travaille constamment une drôlerie liée à des situations incongrues qui s'enchaînent après le twist arrivant à mi-parcours et une noirceur inhérente à cette question de l'inconciliabilité entre une classe dominante lisse et une autre caractérisée par sa saleté. Que ce soit sur le plan matériel ou verbal, la mise en scène et l'écriture représentent avec une précision absolue le mode de vie bourgeois : il ne faut d'ailleurs pas voir la perfection de panoramiques millimétrés comme l’affichage vain d'une virtuosité mais comme l'expression juste d'une forme qui raconte un quotidien où rien ne doit dépasser; dans la manière qu'ont les Park à communiquer, Bong montre aussi à quel point la franchise est exclue, tout devant être mensonge, dit à demi-mot ou en chuchotant, le cinéaste s'en amusant notamment quand est filmée dans un ralenti ironique une confidence erronée que délivre M. Park à l'oreille de sa femme. Au contraire, la maison des Ki est exiguë et son inondation faisant suite à une pluie diluvienne ramène ses membres à une précarité à laquelle ils ne peuvent échapper. La leçon du film est aussi transparente que la magnifique baie vitrée des Park : on reste assigné à sa classe sociale malgré une aspiration à s’élever. La seconde partie du film va encore plus loin en opérant un basculement aussi jubilatoire que pertinent dans l'horreur, elle montre que la violence émanant de la lutte des classes épargne majoritairement la bourgeoisie et que les classes prolétaires sont réduites à se battre entre elles. Bong Joon Ho ne juge pas cette lutte, il en fait seulement le constat, et ce dans une proposition de cinéma regorgeant d'idées visuelles et qui frappe par son amour du récit et de la surprise. Baroque dans sa folle circulation d'émotions contradictoires, classique dans son montage pragmatique et sa netteté du plan, "Parasite" est l'une des plus grandes Palmes d'or de la décennie.
Alain D.
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mars 2020
A juste titre récompensé à Cannes, par un César, et de multiples Oscars, ce film mérite effectivement une attention toute particulière. Un thriller efficace et palpitant coécrit et mis en image par Bong Joon Ho. La mise en scène du cinéaste Sud-coréen est sans faille et les acteurs parfaitement crédibles. L'atout maitre de ce film est sans conteste son scénario. Bien construit, subtil, il nous propose des personnages parfaitement étudiés, une histoire rhytmée et diabolique, avec une superbe progression et bien des surprises. On peut juste regretter quelques ficelles un peu grosses et la scène gore aux détails dignes d'un film d'épouvante.
dominique P.
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2019
Quand j'ai entendu parler de ce film sud-coréen en avril dernier, j'ai tout de suite été voir la bande annonce et cette bande annonce m'a énormément plu.
J'avais hâte de le voir et je suis contente qu'il soit sorti très rapidement sur les écrans après Cannes, d'autant qu'en plus il a obtenu la palme d'or (en effet, les films présentés à Cannes sortent de façon étalée tout au long de l'année et bien souvent un film qui a obtenu la palme sort souvent longtemps après).
Il faut avouer que ce film est réellement très intéressant et hautement captivant, surtout que la réalisation est soignée et impeccable.
La famille riche vit dans une grande aisance, dans l'opulence, dans un grand confort moderne, tandis que la famille pauvre doit se contenter d'un sous-sol miteux.
La comparaison donne la nausée.
Ces deux familles n'auraient jamais dû se rencontrer mais un ami du fils de la famille pauvre qui part à l'étranger va lui proposer un petit boulot bien payé qui ne se refuse pas et là l'engrenage va commencer.
J'ai trouvé cette histoire comme je l'ai dit très captivante et il n'y a aucun risque de s'ennuyer, malgré la longueur du film, avec tout ce qui va se passer.
En même temps, je déplore que vers la dernière partie du film cela devienne un peu trop le bazar.
En tout cas, ce film a un grand mérite c'est de bien montrer la différences des quotidiens des gens et c'est effrayant comme cela l'a toujours été de toutes façons et cela fait vraiment mal au coeur de voir cette confrontation précarité/opulence.
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 831 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juin 2019
Une palme d’or coréenne de 2h20, en VOST, fallait-il que les critiques soient élogieuses pour que je me décide à laisser une chance à ce long métrage ! En fait, la longueur du film et la barrière de la langue ne sont pas vraiment des problèmes pour « Parasite » (curieusement au singulier !) car le film est techniquement ultra maîtrisé et le propos, à savoir la lutte des classes entre les très riches et les très pauvres et la rancœur de plus en plus aigue qu’elle suscite, est à la fois terriblement d’actualité et universel. 2h20, c’est long et surtout sur la fin, on se dit que le réalisateur Bong Joon Ho aurait pu élaguer un peu, raccourcir certaines scènes, s’épargner certaines digressions. Mais dans l’ensemble, son film est parfaitement tenu. Pas trop bavard, laissant à l’humour (noir) une vraie place, rythmé et assorti d’une musique très à propos, « Parasite » se suit sans ennui, et étant donné le pari de départ, ce n’était pas gagné d’avance ! Le soin apporté aux décors saute aux yeux : que ce soit le décor improbable (en tous cas improbable à nos yeux d’occidentaux) de l’appartement biscornu de la famille de Ki-Woo, que ce soit la magnifique maison d’architecte de la famille du très riche Mr Park, ou encore les scènes de rue dans la ville (Séoul ?), dans le métro, dans la rue, tout est filmé sous l’angle qui convient. Les effets géométriques qui sont induits par les escaliers, les lignes à haute tension, les rues, les immeubles font leur effet : on sent que visuellement le film a été longuement pensé, réfléchis et soigné. C’est toujours difficile de se projeter dans un pays si différent du nôtre, mais grâce au sérieux de la réalisation et à l’humour un peu macabre qui parsème le film, on y arrive malgré tout assez bien. Les acteurs du film me sont bien évidemment inconnus, mais je les trouve tous excellents avec une petite mention spéciale pour Lee Jeong-eun, la gouvernante initiale de la maison. On croit son rôle secondaire, effacé mais il n’en est rien et dans la seconde moitié du film, cette actrice à la chance de pouvoir laisser libre court à son talent dans tous les registres. Le seul et court passage où elle imite la grandiloquence des informations nord-coréenne vaut le détour. Que ce soit elle où bien les autres acteurs comme Song Kang-Ho (le père pauvre), Cho Yeo-jeong (l’épouse riche) ou Park So-Dam (la sœur pauvre, dont la force de caractère et la beauté impressionne d’emblée), tous parviennent à incarner leur rôle sans jamais trop en faire (ou alors volontairement comme dans la scène où le père s’entraine à mentir), sans jamais sombrer dans la caricature ou inversement se laisser écraser par les autres acteurs. Le film est très équilibré de ce point de vue, il n’y a pas à proprement parler de rôles titres et de rôles secondaires, tant la galerie de personnage est bien mise en valeur. Comme je le disais, le propos du scénario est intemporel et universel. Les très pauvres réussissent à intégrer le monde des très riche en mettant « le pied dans la porte », c'est-à-dire en forçant le destin, puisque le destin ne fait pas son boulot ! Mais là où le film est malin, c’est qu’il multiplie les rebondissements sans qu’on ne les voit jamais vraiment arriver, et ce plus ou moins jusqu’aux scènes finales. En fait, il n’y a pas moyen de deviner où le film se dirige, et quand on voit comme le cinéma français ou américain peuvent paraitre stéréotypés ou téléphonés parfois, c’est drôlement rafraichissant. On se laisse surprendre, par des rebondissements parfois un peu gros mais qu’importe, pour une fois qu’un film nous embarque dans son délire sans qu’on ait l’impression qu’il suivre un cahier des charges, on en va pas mégotter ! Dans « Parasite », les très pauvres sont un peu fainéants, très malhonnêtes et pour finir, carrément violents (ils font penser aux personnages de « Affreux, Sales et Méchants », pour ceux qui connaissent) mais il est impossible d’éprouver à leur encontre le moindre mépris, tant le contraste avec la famille riche est choquant. De leur côté, ils ne sont pas du tout antipathiques mais ils vivent dans leur bulle, dans leur monde et n’ont aucune envie de savoir comment on peut vivre autrement : le monde tel qu’il va leur convient parfaitement. spoiler: Dans certaines scènes, la famille riche rempli son caddy sans compter alors qu’au même moment, les pauvres, victimes d’une inondation, se battent pour quelques guenilles. Les deux scènes sont montrées en alternance, reliée par un coup de téléphone de l’une à l’autre. On peut trouver que c’est démonstratif, presque caricatural mais à l’écran, cela fonctionne très bien.
Et l’on sent bien que la famille riche nourrit malgré elle la rancœur de la famille pauvre, avec cette indifférence, avec quelques remarques involontairement blessantes, quelques gestes malheureux (mettre le doigt sous son nez quand on est incommodé par l’odeur) et que tout cela va mal finir. Et de ce point de vue, on n‘est pas déçu ! spoiler: La violence qui colore la fin du film n’est pas inutile ou gratuite, elle est presque démystifiée comme si le film flirtait avec la parodie de film d’horreur, style « Get out » par exemple
. D’ailleurs, on peut dire que « Parasite » est un film en deux parties : satire sociale dans un premier temps, film de genre dans un second, pour finir sur une note presque délicate. Un grand écart aussi étonnant que réussi. En résumé, je dirais qu’il faut laisser à « Parasite » sa chance de nous plaire, ne pas s’arrêter à sa longueur ou à la barrière de la langue ou de la culture. Ce film est l’occasion de découvrir un cinéma différent mais surtout audacieux et original, justement récompensé à Cannes il ya quelques jours.
GyzmoCA
GyzmoCA

295 abonnés 2 598 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 mars 2020
Oscar du meilleur film (le premier en langue étrangère), palme d’or pour ne citer que les récompenses les plus prestigieuses, Parasite est la grande réussite de l’année 2019. Le film oscille entre le drame familial ou social et le thriller. Le scénario est écrit sur les oppositions entre les faibles et les forts, entre les pauvres et les riches, mais il sait rester subtil en donnant une vision sans préjugés, sans grosse caricature entre ces deux mondes.

Le cinéma Coréen connait depuis de nombreuses années une grosse évolution et commence sérieusement à concurrencer les films Hollywoodiens. Parasite en est le plus gros symbole.

Les acteurs sont bons, on les adore, on les déteste en fonction des situations, preuve qu’il campe leur rôle parfaitement.

Ce film fera date dans l’histoire du cinéma . Sorte de pulp fiction version coréenne dans sa mise en scène où tout peut partir en vrille en un instant .

Il y a aura un avant et un après Parasite .
Jorik V
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juillet 2019
Voilà une Palme d’or jubilatoire et fédératrice qui ne devrait pas subir beaucoup de voies contestataires tant elle sait être à la fois universelle, accessible et diablement originale. Et le fait que la récompense suprême arrive entre les mains de ce « Parasite » qui lorgne souvent vers le(s) film(s) de genre est encore plus appréciable. On peut également souligner les nombreuses similitudes et accointances sur le fond avec la Palme de l’an passé, « Une affaire de famille », du voisin japonais. En effet, sous couvert d’un thriller retors et malin, Bong Joon-ho nous parle de la violence sociale entre classes qui a cours dans son pays envahi par le capitalisme à l’américaine. En cela, la maison où se déroule la plupart de l’action du long-métrage est la représentation allégorique de la confrontation perpétuelle entre riches et pauvres et de ce système capitaliste. Les riches restent à la surface, déconnectés de la réalité vécue par les pauvres qui, eux, se terrent dans les étages inférieurs voire au sous-sol. La conclusion est implacable et nihiliste montrant d’ailleurs bien que rien ne peut changer dans cet ordre établi, de plus en plus propice aux inégalités qui enflent. Cette confrontation humaine au regard très aiguisé raconte donc en creux notre époque notamment dans notre monde occidental, tout en divertissant le spectateur grâce à une intrigue en or massif et toujours surprenante. Les rapports d’argent, d’égo et de pouvoir sous-jacents entre nantis et prolétaires sont admirablement retranscrits. En cela, cette œuvre qui fera date pourrait être vue comme le pendant contemporain et dégénéré du chef-d’œuvre « Gosford Park » de Robert Altman qui disséquait également ces rapports entre maîtres et serviteurs comme ici. Mais de réussir à ancrer un discours social et politique si intense et de manière à la fois si limpide et si fine est un tour de force impressionnant, surtout au sein d’un thriller en huis-clos flirtant avec le film de genre.



Et bien des genres! Et c’est là l’autre force de ce magistral film. On a rarement vu long-métrage sachant voguer d’un genre à l’autre, changer de ton si rapidement et habilement, allant même jusqu’à des ruptures osées mais toujours bien négociées. Un équilibre fragile que garde « Parasite » sans jamais tomber du fil ténu sur lequel il évolue. On passe de l’étude sociale et humaine au thriller en huis-clos en passant par la comédie puis le drame et en effleurant même le film d’épouvante, mais ces basculements s’opèrent toujours d’une manière fluide et naturelle qui force le respect. Le film n’est pas avare en scènes cultes et/ou mémorables et il se rapproche en cela par bien des aspects d’une œuvre de son compatriote Park Chan-wook, « Old Boy », également récompensée à Cannes et tout aussi folle. La mise en scène est ici d’une précision chirurgicale confinant à la perfection. Chaque plan est savamment travaillé de manière à faire monter la tension et surprendre le spectateur. On sent que toute cette arnaque va mal tourner, que le ver est dans la pomme, insidieux, et que le suspense va monter crescendo. Quant au scénario, sa charpente est impeccable et il réserve de nombreux rebondissements rebattant constamment les cartes. « Parasite » est donc une tragi-comédie palpitante et pleine de surprises, aussi puissante et baroque sur le fond que virtuose sur la forme. Une satire sociale jubilatoire et prenante qu’il faut absolument découvrir et qui mérite son plébiscite.


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CH1218
CH1218

280 abonnés 3 247 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 février 2020
Je me suis laissé mener par le bout de la baguette du chef d’orchestre Bong Joon-ho. Le scénario est magnifiquement écrit et manie l’humour, le suspens et les rebondissements tout en mélangeant habilement les genres. La mise en scène est juste brillante et l’interprétation n’est pas loin d’atteindre le même niveau. Difficile donc de faire la fine bouche devant tant de maîtrise. « Parasite » est incontestablement un très grand film qui n’a pas volé sa Palme d’or, ni ses Oscars.
Yves G.
Yves G.

1 848 abonnés 4 028 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 juin 2019
Appelons cela le jeu des deux familles. Il se joue à huit cartes. D’un côté, les Kim. Ils sont quatre : le père, la mère, le fils et la fille. Ils sont pauvres, vivent dans un sous-sol insalubre et mal aéré. Affreux, sales, mais pas méchants pour paraphraser Ettore Scola. De l’autre, les Park. Ils sont quatre eux aussi. Mais, à la différence des Kim, ils vivent eux dans un luxe insolent. Ils habitent une villa paradisiaque dans les hauteurs de Séoul, assistés par une abondante domesticité. Monsieur travaille, Madame, pas très maline, tue le temps en s’inquiétant pour l’éducation de ses enfants. Loin d’Ettore Scola, plus proche de Claude Chabrol.
Le jeune Kim s’y fait recruter comme répétiteur d’anglais de la fille Park. Suivent sa sœur, embauchée comme art-thérapeute du cadet, puis son père comme chauffeur et enfin sa mère comme gouvernante.
Tout irait pour le mieux dans la meilleure des arnaques si n’apparaissaient de(ux) nouveaux joueurs.

Les Palmes d’or se suivent et se ressemblent – un peu. L’an passé, le japonais Hirokazu Kore-Eda l’emportait en mettant en scène une famille sympathique de va-nu-pieds, tire-au-flanc, profiteurs débonnaires de l’assistanat social. Cette année, le coréen Bong Joon-ho met en scène une famille similaire.
Mais les ressemblances s’arrêtent là. "Un air de famille" tirait le lait de la tendresse humaine ; "Parasite" traite de la fracture sociale.

Tout est parfait dans "Parasite". À commencer par son titre (vous aurez noté le singulier) qu’il est difficile de disséquer sans révéler les rebondissements de l’intrigue.
On va répétant que "Parasite" marie intelligemment tous les genres. Et on a raison.
Il s’agit d’abord d’une aimable comédie sociale. On y voit comment les Kim réussissent lentement à berner les Park pour s’incruster chez eux. C’est intelligemment amené, un poil trop long et un chouïa prévisible. Mais ne boudons pas notre plaisir : on est dans la très bonne comédie sociale, drôle, grinçante et bien huilée.
Puis, sans qu’on s’y attende, la farce tourne au drame. Le temps s’accélère. Si la première partie du film s’étire sur plusieurs semaines (mois ?) la seconde se condensera en vingt-quatre heures. On n’est plus chez Ettore Scola mais chez Park Chan-wook, le réalisateur volontiers gore de "Old Boy" et "Lady Vengeance". "Parasite" est d’ailleurs interdit aux moins de quinze ans en Corée du Sud. Cache-cache vaudevillesque, inondation diluvienne, barbecue sanguinaire, cette seconde partie est riche en retournements de situation.

Tout est parfait disé-je. Oui.
La stratification sociale vue de Corée est autrement plus mordante que vue de France. S’il n’y était question de cave ou de grenier, on n’oserait rapprocher "Les Femmes du sixième étage" et "Parasite" tant la comparaison ridiculiserait le cinéma français.

Mais "Parasite" souffre d’un défaut rédhibitoire. Cette mécanique trop bien huilée ne m’a pas touché, ne m’a pas ému. Certes, je me suis identifié à la famille Kim. Je me suis attaché à elle – avec une rougissante préférence pour la fille, aussi jolie que déterminée. Je me suis réjouis de voir la roublardise des Kim se jouer de l’arrogance des Park avant de m’affliger de leur sort. Mais pour autant, à aucun moment je n’ai vibré.

"Parasite" a-t-il mérité sa palme d’Or ? Assurément.
Est-ce pour autant le meilleur film de l’année ? Non
Le cinéphile
Le cinéphile

791 abonnés 2 796 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 mars 2026
Quoi qu'il en soit Parasite n'a pas volé sa Palme d'Or tant le film de Bong Joon-Ho est d'une maîtrise absolue et d'une écriture extrêmement précise. C'est difficile d'en dire plus sans spoiler tant le film regorge de rebondissements jusqu'à un final touchant.
Kiwi98
Kiwi98

293 abonnés 238 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2019
(Bien sûr, il est hérétique de lire ce texte (ni aucun autre) si vous n’avez pas vu le film…

Difficile de résister à la tentation du « Parasite ». Lauréat de la Palme d’Or au Festival de Cannes, le dernier né de Bong Joon-ho semble bel et bien faire l’unanimité. Et c’est vrai, il s’agit là d’un film qui vaut le déplacement, rien que pour la structure ludique de son espace narratif, et sa jubilatoire satire sociale. Bref, il s’agit là d’un film mastodonte, qui n’est pas sans évoquer les racines du cinéma de Bong Joon-ho. Le long de sa filmographie, le cinéaste a toujours regardé d’un œil quadrillé les otages de la misère qu’il met en scène ; mais au delà, le cinéma de Bong Joon-ho est, principalement, un cinéma fondé sur l’intelligence collective. À l’exception de « Mother » (à jamais son plus beau film), les long-métrages du maitre coréen mettent quasiment toujours en exergue la collaboration, souvent là où elle n’aurait pas lieu d’être. Et à ce titre, « Parasite » est une totale allégorie des rapports de force.

En mettant en scène une arnaque qui n’en est pas vraiment une, « Parasite » s’attaque aux faux semblants au travers du jeu des parures aux symboliques particulièrement exacerbées. L’argument est celui-ci : la famille Ki-taek est au chômage, vivant dans un sous sol ne laissant même pas entré le wifi. Un jour, le fils est pistonné pour enseigner des cours d’anglais particuliers au sein de la famille Park, solidement implantée dans la haute société sud-coréenne. Débute alors un engrenage machiavélique dans lequel Bong Joon-ho semble particulièrement à l’aise. Certes, il connaît l’exercice, et cela se voit, et surtout, cela s’entend. La finesse des dialogues n’a d’égale que le plaisir pratiquement envoutant que procurent certaines séquences, se liant entre elles via la cohérence des allégories. Par exemple, le fils de la famille Park, véritable Basquiat junior (et l’explication de son don n’est autre qu’une scène démentielle) se plaisant à jouer aux amérindiens, figure de l’influence américaine sur la culture coréenne mais aussi symbole de la violence. Autre séquence symbolique, un moment où la famille Ki-teak rentre chez elle après une dure nuit chez les Park : ils ne cessent de descendre des escaliers sous la pluie, et de traverser des tunnels, jusqu’à leur sous-sol. Cette séquence s’octroie une véritable mélancolie, au travers de laquelle se cristallise la charge politique de Bong Joon-ho. Ici, les pauvres se dévorent entre eux, tandis que les riches, confortablement assis sur leur superficialité, sont tous simplement ignorants du bien triste spectacle se déroulant sous leurs yeux, jusqu’à l’implosion.

Chambre de la honte, ampoule parlante, manigance fruitée et carnets du sous-sol se donnent donc rendez-vous pour l’amour de l’arme blanche. Face à une telle légion d’acuité, autant dire qu’il est difficile de bouder son plaisir. Et pourtant, c’est à cet instant que « Parasite » trouve ses limites, puisque l’œuvre cultive tellement l’effet de surprise qu’elle finit par ne plus surprendre. À force de faire affaire avec la symbolique, Bong Joon-ho prive le film du réel, et vient la sensation que « Parasite » se complaît dans le bruit dans la simple idée. Difficile d’ailleurs de parler du film sans dévoiler nombre de rebondissements de l’intrigue, intrigue qui parfois tend à s’épanouir dans une limpidité embarrassante, notamment lorsque le film arrive dans sa zone de climax. En bref, « Parasite » a tendance à épuiser son propos, et gaspiller certaines de ses dernières munitions, même si ses balles perdues constituent toujours d’exquises friandises pour nos yeux.

Si il ne s’écarte donc pas des défauts récurrents au cinéma de Bong Joon-ho — à savoir un cachet démonstratif impropre à la suggestion —, « Parasite » laisse cependant sur une satisfaction totale. D’une intense rigueur et d’une scintillante méchanceté, cette comédie sibylline nous emmène d’un sous sol à l’autre, illustrant les dysfonctionnements des rapports humains jusqu’à l’intérieur même des cellules familiales. Pas de doutes, nous avons là un film qui fera date dans l’histoire du cinéma sud-coréen, qui n’a certainement pas finit de faire émerger les trésors cachés dans sa cave.
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