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La Belle et la Meute
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "La Belle et la Meute" et de son tournage !

Apport du cinéma documentaire

Kaouther Ben Hania a commencé par faire des films documentaires parce qu'elle considérait la fiction comme quelque chose d’extrêmement difficile. La cinéaste explique : "La réalisation de documentaires a été pour moi un véritable apprentissage, notamment dans mon travail avec les acteurs. Ainsi, dans Le challat de Tunis, il s’agissait d’acteurs amateurs et je ne voyais pas comment je pouvais diriger un acteur pour obtenir quelque chose d’aussi authentique que dans un documentaire. Non seulement le cinéma documentaire m’a appris à diriger des acteurs mais aussi à construire des personnages dans leurs ambiguïtés et leur complexité, loin des clichés."

Plonger le spectateur au coeur du film

La Belle et la Meute est composé de plusieurs plans-séquences qui plongent le spectateur dans le réel d'une manière très forte. La réalisatrice Kaouther Ben Hania a voulu procéder de la sorte pour placer le spectateur dans le même état d'esprit que le personnage de Mariam qui subit un véritable calvaire. Elle précise :

"L’usage du plan-séquence permettait de générer une tension et de plonger le spectateur dans la sensation du temps réel, même si le film est composé de neuf fragments. Le défi était de mettre en cohérence le jeu d’acteur avec cette idée de fragment du réel. Tout s’est préparé en amont dans une configuration proche du théâtre. De nombreuses répétitions furent nécessaires pour coordonner le jeu des acteurs et les mouvements de caméra."

Références au cinéma de genre

La Belle et la Meute explore les codes du cinéma de genre (le thriller et le film d’horreur) à partir du cauchemar vécu durant une nuit par le personnage principal. Kaouther Ben Hania avait en tête des références à ce type de cinéma dès l'écriture du scénario. "J’aime beaucoup la tension dans les films : l’idée était aussi de maintenir une tension qui soit à la fois réaliste (l’administration peut amener à vivre un tel cauchemar kafkaïen) tout en assumant les références au genre. Pour moi le cinéma d’horreur est très réaliste. D’ailleurs le personnage de Youssef compare sa vie à un film de zombies. Ces films peuvent en effet parler de sentiments très réels de la vie quotidienne", confie la cinéaste.

Mariam non-militante

Kaouther Ben Hania n'a pas voulu faire de Mariam un personnage militant qui croit fermement à un Etat de droit issu du nouvel ordre apparu après la fin du régime de Ben Ali en Tunisie (contrairement à Youssef qui est davantage politisé). La réalisatrice raconte : "Lorsque l’on subit une injustice, de fait on devient militant, comme un réflexe de survie. Mariam a besoin que les personnes qui l’ont violée se retrouvent en prison. Si l’on parle d’un processus de vengeance sous couvert de prise en charge de la justice civile, on n’est pas du tout dans le militantisme. Mais celui-ci commence à apparaître face à un ordre social qui dénie totalement le respect des droits élémentaires d’un citoyen."

La "banalisation du mal"

Le personnage principal de La Belle et la Meute lutte contre la "banalisation du mal" lorsque ses interlocuteurs traitent le viol avec mépris et indifférence. A cet égard, le film dresse un constat de cette "banalisation du mal" non seulement en Tunisie mais dans le monde entier. Kaouther Ben Hania développe :

"Je fais référence au documentaire The Hunting Ground (Kirby Dick, 2015) qui traite du cas des viols dans les prestigieuses universités américaines (Columbia, Harvard, etc.) où les victimes féminines ne parviennent pas à trouver justice au sein de l’administration de leur campus. En effet, les universités sont des entreprises placées dans un système hyper compétitif qui ne souhaitent pas voir leur réputation ternie. Aussi, l’administration pousse les victimes de viol à se taire, d’autant que les personnes incriminées sont des champions adulés de l’équipe de football, objet de gros enjeux financiers."

Adapté d'un fait divers

La Belle et la Meute est adapté d'un fait divers avec lequel Kaouther Ben Hania a pris beaucoup de libertés. Les personnages du film ne ressemblent ainsi pas aux personnes réelles et tous les événements qui se déroulent dans le scénario ne se sont pas produits comme tels dans la réalité. La cinéaste se rappelle : "Je souhaitais, plus qu’adapter fidèlement un fait divers, parler du courage de nombreuses femmes qui luttent pour faire respecter leurs droits, en utilisant la fiction. Derrière le courage qu’elle a eu à témoigner devant la Justice et par son livre, je souhaitais aussi parler dans mon film de toutes ces femmes dont on n’entendait pas la voix."

Une rencontre

Même si elle ne le souhaitait pas, Kaouther Ben Hania a rencontré la victime du viol qui a écrit un livre dont les producteurs du film ont acheté les droits. Le scénario n'a pas plu à cette dernière, ce que la cinéaste a bien sûr compris : "Lorsque l’on a vécu une expérience traumatique, on peut se sentir trahi de ne pas voir la re-transposition fidèle de ce vécu."

Ne rien laisser au hasard

La préparation de La Belle et la Meute a été très longue et le film a d’ailleurs été tourné quatre fois. Kaouther Ben Hania a commencé à tourner seule avec sa caméra et les acteurs. Elle avait exigé de répéter dans les décors réels pour pouvoir choisir ses angles. La réalisatrice se remémore : "J’ai commencé à tourner toute seule avec ma caméra et les acteurs. J’avais exigé de répéter dans les décors pour pouvoir choisir mes angles. À cette étape, j’ai pu obtenir une esquisse globale des mouvements et angles de la caméra pour construire le film. Ensuite, avec l’arrivée du chef opérateur, j’ai pu davantage travailler avec les acteurs, avant l’arrivée dans un troisième temps du steadycamer, de l’ingénieur du son et des autres techniciens qui doivent rester à ses côtés pour ne pas entrer dans le champ."

Du côté du théâtre mais pas seulement

Compte tenu du dispositif du film composé de plans-séquences, Kaouther Ben Hania a été attentive au choix des acteurs jouant des personnages secondaires qui ne devaient pas avoir droit à l'erreur. Elle a ainsi cherché des comédiens de théâtre puisqu'une représentation théâtrale est un long plan-séquence de 1h30 ou 2h. Le personnage principal, Mariam Al Ferjani, n'est en revanche pas joué par une actrice de théâtre a été entre autres choisie pour son visage portant à la fois la tragédie et l’innocence, qui mélange un côté enfantin et une affirmation de femme adulte.
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