Mon AlloCiné
Makala
note moyenne
4,0
268 notes dont 45 critiques
38% (17 critiques)
36% (16 critiques)
16% (7 critiques)
9% (4 critiques)
2% (1 critique)
0% (0 critique)
Votre avis sur Makala ?

45 critiques spectateurs

Geneviève B.

Suivre son activité 1 abonné Lire ses 12 critiques

5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 06/12/2017

Une histoire simple et passionnante: transporter une centaine de kilos, sans doute, en poussant un vélo sur 50 km pour vendre des sacs d charbon de bois à la capitale du Katanga Kolwezi. Un vrai thriller depuis l'arbre que le héros, au sens propre, abat jusqu'a l'arrivée à Kolwezi et…vous verrez bien. Ce n'est pas un film de pleureur sur lAfrique mais simplement un mise en image de la pauvreté et de la volonté humaine. On pourrait lui reprocher de ne pas prends parti mais c'est à chacune de faire son chemin pour saisir la réalité au delà des images, lesquelles sont fabuleuses par leur beauté. Le son et la musique sont au niveau de ce que l'on pourrait appeler la finesse de l'intrigue sur le chemin. Regard tendre, sans parti pris de dénonciation mais qui nous en apprend plus sur l'Afrique que tous les documentaires misérabilistes, et sur l'âme humaine au delà de toutes les races et les conditions sociales.

Ragnarrok

Suivre son activité Lire ses 66 critiques

5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 06/12/2017

Comme pour le fameux tableau, il faut commencer par "ceci n'est pas un documentaire" même s'il est classé dans cette catégorie. Mais inversement "Rome ville ouverte" ou "Le voleur de bicyclette", pour citer des réalisateurs auxquels des critiques l'on comparé étaient-ils des fictions ou des terribles mises en situation de la misère dans l'Italie d'après guerre ? On suit l'aventure, le road movie de Kabwita, qui abat un arbre pour en faire du charbon de bois (c'est la première fois que je voyais enfin comment on procédait) et le transporte , énorme chargement, sur une bicyclette.Pour gagner quelques sous et faire vivre sa famille au village pudiquement montré...car ce ci n'est pas un docu...! Magnifique épopée, avec un suspense constant sur le danger qui l'entoure, entre autres ces énormes camions qui le frôlent et illustrent par leur puissance mécanique le contraste terrifiant entre les deux faces de l'Afrique. La musique au violoncelle accompagne avec force et douceur a dramaturgie des images d'une manière parfaite, images au demeurant splendides. Et pour la pauvreté africaine son propos est de nous amener à réfléchir, comme pour le néo-réalisme déjà évoqué. Il ne démontre rien, il invite à comprendre. Magnifique.

Barlet O

Suivre son activité 145 abonnés Lire ses 184 critiques

2,0Pas terrible
Publiée le 12/09/2017

Makala d’Emmanuel Gras (qui reçoit le Grand prix du jury de la Semaine) suit de près Kabwita, un Congolais qui fabrique du charbon de bois (makala en swahili) puis en charge son vélo pour aller le vendre à la ville. Son vélo est tellement chargé qu’on se demande où il trouve la force de le pousser une cinquantaine de kilomètres, comme d’autres congénères, le long d’une route au trafic infernal, victime des arnaques policières ou des camions qui le renversent. On le verra ensuite dans ses négociations pour en tirer le meilleur prix mais grosso modo, l’essentiel du film tient dans ce parcours très longuement filmé. Ce regard empathique et issu d’une vraie relation invite-t-il au respect ? Sans aucun doute. Pourquoi dès lors le questionner ? D’une part parce que tout y est dur, misérable, plombant. Oui, c’est une réalité africaine, c’est le réel, mais un regard sur l’Afrique n’arrive pas comme un cheveu sur la soupe. Il est forcément marqué par l’Histoire, coloniale et néo-coloniale, par le regard que nous portons sur ceux qui furent les indigènes et les sauvages. Il est essentiel aujourd’hui plus que jamais de l’interroger alors que le grand repli se renforce face aux migrants et réfugiés qui cherchent une alternative à leur vie de misère ou pour échapper à la répression ou la mort. Quand sortira-t-on de ces visions désespérées d’une Afrique des douleurs alors qu’elle regorge de résistances porteuses d’espoir ? On me dira que cet homme qui se bat désespérément pour nourrir sa famille est un exemple de courage. C’est vrai. On comprend qu’Emmanuel Gras cherche à poursuivre avec Makala la vision poétique et cosmique qu’il avait des vaches dans Bovines. En accompagnant son personnage sur la durée, il nous fait fortement ressentir la dureté et le scandale de sa condition. En le suivant dans ses négociations au marché, il nous ouvre au rapport de forces économique. Et en le montrant prier, il nous informe du dernier espoir de son personnage de transformer sa vie. Mais Kabwita n’est pas une vache. Il a beau être montré au départ avec sa famille, il est utilisé ici pour une méditation personnelle sur le travail et la volonté. Nous sommes en tant que spectateur en situation de voyeur de la misère la plus rude, du scandale du monde, et placés à la même distance que celui qui filme celui qui souffre. Notre réponse devient humanitaire ou métaphysique plutôt que politique. Kabwita mérite d’être montré dans toute la beauté de son geste. Emmanuel Gras joue notamment des lumières surréelles de la route poussiéreuse dans la nuit, tandis que le violoncelle et la longueur des plans renforcent le poids du destin. L’esthétisation ne peut cependant cacher le vide de contextualisation. C’est encore plus frappant dans la dernière séquence, tournée dans une église où Kabwita prie Dieu de le secourir, l’assemblée se dissolvant peu à peu dans des semi-transes individuelles. Ce regard documentaire ne nous permet aucunement de penser la pertinence de ces prières pour des gens qui, en l’absence d’Etat et sans la moindre aide, n’ont d’autre recours pour retrouver l’énergie de survivre. Lorsque Dieudo Hamadi montrait les élèves se faire bénir leur stylo dans Examen d’Etat, on pouvait penser qu’ils étaient bien naïfs, mais l’étaient-ils davantage que n’importe quel élève partout dans le monde qui invoque les divinités pour réussir un examen ? Ils se saisissaient simplement des moyens à leur disposition et cela rentrait dans leur stratégie de résistance pour s’assurer un avenir, comme le montrent les travaux de Georges Ballandier sur l’importance du fait religieux en Afrique. (cf. critique n°12165 sur le site d'Africultures) Chez Dieudo Hamadi, c’est l’absence d’Etat de droit et de sa bienveillance envers les citoyens qui est mise en exergue. Chez Emmanuel Gras, cette dimension est absente, si ce n’est l’arnaque policière. Ne reste que le chaos africain et le sentiment que ça ne changera jamais. On retrouve ainsi le regard de Raymond Depardon dans Afriques, comment ça va avec la douleur ? (2002) quand il filmait en muettes exploitées des femmes portant de lourdes charges de bois. (cf. critique n°2431 sur le site d'Africultures) Car ce regard qui ramène à soi, ce regard de comparaison et de méditation ne peut indiquer pourquoi la traction animale est si rare sur le continent noir-africain. Et ne peut rendre compte de la conscience de ces femmes et de leur combat quotidien pour modifier leur condition. Ce regard désabusé sur la douleur ne fait que répéter ce que sous l’effet des médias nous savons déjà, et partant, malgré lui, ne fait que renforcer les préjugés existants d’une fatalité liée à ce que l’on est plutôt que ce que l’économie et la politique font de soi. Ce regard est visibilisé et encensé au détriment de celui des Africains eux-mêmes, ces cinéastes qui, nombreux et très actifs, mais en général avec des bouts de ficelles, documentent les témoignages sans public d’une Afrique qui bouge. (extrait du compte-rendu du festival de Cannes par Olivier Barlet sur le site d'Africultures)

Gerard L.

Suivre son activité Lire sa critique

4,5Excellent
Publiée le 06/12/2017

Mes sentiments à chaud: - sur le fond: on en prend plein la figure par rapport à nos problématiques futiles d’européens gavés: retour sur terre brutal ! - les personnages: beaux, émouvants, dignes. La pureté d’âme du gars face à la dureté de la vie nous prend aux tripes, sa volonté d’y arriver quoi qu’il arrive nous renvoie à nos pleutreries. Un bel exemple d'humanité. - sur le film: - le son: la qualité du son est exceptionnelle, les voix sont distinctes, le bruit des camions sur la route et le côté spatial du son fait qu'on est totalement dans le film. - l'image très belle et fluide, on a l'impression de ressentir la chaleur et cette satanée poussière - des scènes marquantes: - la marche du début et l’abattage de l’arbre: image douce, le son du vent fait une trame sur laquelle les coups de hache sonnent comme de la percussion - la scène de l’épine dans le pied: beauté de l’image et des voix (elle surtout), émotion avec les enfants - le trajet pour aller en ville, véritable procession: l’image est telle qu’on a mal avec lui physiquement, la chaleur, la poussière, le danger de la circulation, le racket, c’est très fort! - la nuit sur la route: des plans extraordinaires avec comme seul projecteur les phares des voitures, la poussière envahissante, les silhouettes qui apparaissent et disparaissent. - après avoir mal vendu son charbon, la nuit: une femme dans l’entrée d'une maison : bordel ? Non, église! Délire collectif, drogue de l’esprit et en même temps source de force pour continuer à vivre. - le plan de fin: et maintenant ? Cap sur l’Europe et mort en Méditerranée? Alors, film de fiction ou documentaire ? Les 2 mon colonel ? Je ne suis pas sorti indemne de la projection! A voir absolument !

poet75

Suivre son activité 134 abonnés Lire ses 551 critiques

4,0Très bien
Publiée le 06/12/2017

La critique sévère de « Makala » parue dans Les Cahiers du Cinéma accuse un peu vite le cinéaste d’avoir opté pour un parti-pris esthétisant qui néglige totalement l’aspect politique d’un récit se fondant sur ce qu’on appelle aujourd’hui la « pénibilité » du travail. Dans une interview, Emmanuel Gras, le réalisateur répond indirectement à ces reproches en expliquant que, sans aucunement ignorer la dimension politique de ce qu’il montre, il a préféré se focaliser sur l’accomplissement du travail effectué plutôt que sur les souffrances qu’il génère. Ce choix, à mon avis, n’a rien de choquant. Quant à prétendre que le cinéaste se complaît tellement dans la beauté des images que sa « posture éthique en devient intenable », c’est une accusation qui me semble injustifiée. La caméra, bien au contraire, demeure presque constamment à hauteur de son personnage et le film reste, d’un bout à l’autre, fortement marqué par son ambition quasi documentaire. Spoiler: « Makala » (qui veut dire charbon en swahili) peut se résumer facilement : il nous est montré comment Kabwita Kasongo, un homme du fin fond du Congo, choisit et abat un arbre, puis fabrique le four en terre avec lequel il produit son charbon de bois. Ce travail effectué, le plus dur reste à faire : le charbon doit être mis dans des sacs, eux-mêmes fixés sur un simple vélo, et être acheminé par ce moyen jusqu’à Kolwezi, à une cinquantaine de kilomètres de là, afin de le vendre. Tendu vers son projet de gagner l’argent qui lui permettra de procurer une vie meilleure à ses proches, le charbonnier, poussant son véhicule si surchargé qu’on se demande comment cela peut tenir, accomplit ce trajet comme un forçat. Emmanuel Gras met peut-être de côté la dimension politique du récit, mais il prend délibérément le parti de l’homme : il l’accompagne patiemment, n’ignorant rien de son obstination ni des dangers qui le menacent. Après les chemins rocailleux qu’il emprunte au début de son voyage, la route à laquelle il parvient (si l’on peut parler de route) n’est plus facile pour son vélo qu’en apparence car le risque d’être renversé par un des camions qui y roulent est énorme. Il s’y trouve même des hommes peu scrupuleux qui exigent leur rançon pour le laisser passer. Pourtant, et c’est ce que s’attache à montrer le réalisateur, la détermination de l’homme reste entière. On devine qu’il puise sa force en ne perdant jamais de vue son objectif : le travail harassant qu’il accomplit, c’est pour le bien de ses proches, c’est pour gagner l’argent qui permettra de mieux vivre. Mais on perçoit aussi nettement autre chose, une autre source où puiser l’énergie nécessaire, et cette source a pour nom la prière. L’homme prie à deux reprises au cours du film : au début, après avoir abattu l’arbre avec lequel il fera son charbon, il demande à Dieu la force dont il a besoin et lui confie sa famille ; et à la fin, arrivé à Kolwezi, il entre dans un lieu de culte et fait une prière semblable, sans se laisser gagner par l’exaltation des autres chrétiens présents, mais en préférant une manière plus recueillie d’affirmer sa confiance en Dieu. Et si la prière de la fin du film ressemble à celle du début, tout en étant plus développée, c’est sans doute parce l’homme sait que son chemin de labeur est loin d’être fini et qu’il lui faudra encore bien du courage pour le parcourir, et un courage tel qu’il n’est pas possible d’en trouver suffisamment en ne comptant que sur soi-même.

WutheringHeights

Suivre son activité 67 abonnés Lire ses 922 critiques

4,0Très bien
Publiée le 07/12/2017

Le parcours difficile d’un jeune charbonnier qui rêve d’un avenir pour sa famille. La caméra habile du cinéaste se place toujours au plus proche de la vérité.

traversay1

Suivre son activité 392 abonnés Lire ses 2 800 critiques

3,0Pas mal
Publiée le 06/12/2017

On se pose des tas de questions en regardant Makala. Déjà, sur son essence de documentaire puisque, visiblement, tout était scénarisé et a été joué ou rejoué. Mais on en accepte le principe parce que tout sonne vrai et réaliste. Kabwita abat un arbre, en fait du charbon de bois, charge un vélo d'un nombre incalculable de sacs du précieux matériaux et chemine pendant 50 kilomètres, frôlé par les camions sur une route de latérite, avant de vendre son charbon aux habitants de la ville. Le réalisateur, Emmanuel Gras, n'a pas voulu de voix off ou de commentaires. Le montage dynamise un sujet et une mise en scène plutôt austères et contemplatifs malgré la beauté de certaines images. De la pudeur, oui, sur la condition de ce Sisyphe moderne mais aussi une certaine vision de l'Afrique, comme abonnée à la pauvreté et à l'exploitation. Il y aurait beaucoup de choses à dire d'autre sur le continent noir et on aimerait que ce soient justement des réalisateurs africains qui puissent l'exprimer. C'est une autre histoire ? Peut-être, mais aussi celle-là qui vient à l'esprit en regardant Kabwita s'échiner à pousser son vélo chargé de sacs de charbon, comme un mineur de fond derrière son wagonnet.

jean-michel B.

Suivre son activité Lire sa critique

5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 07/12/2017

un nouveau Depardon, Réalisme sans faille dans une photo splendide. Il faut aller voir la vie sans fard de beaucoup de familles africaines

VALERIE L.

Suivre son activité Lire sa critique

5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 07/12/2017

Emmanuel Gras nous révèle, par le placement de sa caméra au plus près de son personnage, la vie ou plutôt la survie d'une famille en RDC mais aussi la violence d'une société dénuée de protection, dans laquelle chacun ne peut compter que sur sa propre force et celle de sa famille. De l'abattage de l'arbre à la vente du charbon de bois, qui en est issu, à la ville située à 50 km, sans autre moyen de transport qu'un vélo, le cinéaste nous emmène sur les chemins de brousse déserts et les routes parcourues à toute vitesse de camions fous jusqu'à la ville où d'autres négoces se jouent. La scène de prière évangélique vient compléter ce tableau d'une humanité qui nous parait ancestrale et est pourtant bien celle du temps actuel à 8h de vol de Paris.

Orélien P.

Suivre son activité Lire sa critique

5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 06/12/2017

Très beau film. L'état d'un travail, l'état d'un rêve pour une famille africaine du Congo. Peu de mots, une vie éprouvante, et il faut tenir. On est avec cet homme qui peine pour nourrir sa famille et agrandir la maison... caméra pleine de tendresse, on peine avec lui... Beaucoup d'amour entre l'homme et la femme... Beaucoup de difficultés, le projet n'était pas très bon, les prix mal calculés... C'est leur vie... Bravo au cinéaste et aux acteurs.

Laurence M.

Suivre son activité Lire ses 8 critiques

4,5Excellent
Publiée le 09/12/2017

Tourné au Congo, le documentaire suit le périple d'un jeune frabricant de charbon de bois de son village jusqu'à la ville la plus proche (plusieurs dizaines de kilomètres tout de même). Il est difficile d'en dire plus sur l'histoire sans dévoiler trop d'éléments qui sont extrèmement bien distillés au cours du film. On ne comprend que progressivement ce que l'on est en train de voir: ce que fait le héros du film, ce qu'il construit au milieu de la brousse, ses buts, ses envies. Tout cela donne une dimension quasi mythologique à ce film qui le tire largement au-dessus de ce que l'on est habitué à voir en documentaire. Il est également construit comme une fiction. J'ai lu d'ailleurs des critiques spectateurs qui n'avaient pas compris les propos du réalisateur: celui-ci dit qu'il avait repéré les endroits intéressants sur la route, qu'il avait la structure du film avant le tournage et qu'il intégrait des scènes au fur et à mesure de ses discussions avec son personnage. Du coup certains pensent qu'il avait tout préparé. En fait le réa explique simplement qu'un documentaire comme celui-ci se fait en collaboration avec les personnes qu'il filme et qu'il se pense en amont. La base d'un travail de documentariste à mon humble avis. En tout cas c'est un des documentaires les plus puissants et beau que j'ai vu depuis très longtemps.

Fidelou

Suivre son activité 35 abonnés Lire ses 345 critiques

3,0Pas mal
Publiée le 08/12/2017

Kabwita habite avec sa famille un village de brousse katangais, au sud de l’immense Congo (RDC). Il se rend régulièrement à Kolwezi, à une cinquantaine de kilomètres, pour vendre le charbon de bois (makala) qu’il fabrique en forêt. Il fait la route à pied, en poussant son vélo surmonté d’une charge à faire pâlir un mulet. Négociés en ville, les sacs lui permettront d’acheter des tôles pour couvrir sa maison. Alors il pousse, nuit et jour, sans broncher. La piste est piégeuse. Au passage des camions, le chargement culbute au fossé et d’autres miséreux le rackettent en chemin. Le forçat se plaint à peine. Seule l’espérance le guide. Parfois il implore le ciel. Et dans une église, il partage la transe des fidèles, pour demander à Dieu de ne pas l’abandonner. Marathonien sans espoir de médaille. Riche de l’or noir des prolétaires de la forêt. Le héros incarne toute la misère de la condition humaine. Kabwita est un Sisyphe africain. Le film d’Emmanuel Gras s’apparente à un docu-fiction. Avec ses parties distinctes qui ajoutent au réalisme sec et aride. Il est d’une beauté formelle irréprochable, malgré les moyens réduits. Les lumières sont superbes et un violoncelle ajoute à la dramaturgie. Sa signification est plus ambigüe. Si bien qu’on s’interroge sur son ambition réelle. Description clinique, épopée mythologique, cheminement onirique, quête initiatique ? Qu’importe, il faut aider Kabwita à cheminer vers l’impossible.

zephir1980

Suivre son activité Lire ses 9 critiques

2,0Pas terrible
Publiée le 20/12/2017

Makala signifie charbon en swahili, langue parlée par ailleurs au Congo, où se déroule le film. (on ne le saura qu'au bout de 1H de film grâce à une affiche qui apparaît rapidement). L'histoire qui n'est pas un documentaire, mais bien une fiction où un "vrai" charbonnier, du nom de Kabwita rejoue son quotidien face à la caméra d'Emmanuel Gras. C'est bien son rôle dans la vraie vie qu'il nous livre sous la direction évidente du réalisateur. On aurait aimé que Kabwita ait aussi le pouvoir de composer et d'échapper au regard esthétisant et claustrant du réalisateur, mais il n'en est rien. E.Gras, nous imposera tout au long de ce film, sa vision misérabiliste, faisant de Kabwita un héros du quotidien, mais un héros sans issue, sinon celle de la prière, scène par ailleurs jouée et filmée d'une telle manière que Jean Rouch doit se retourner dans sa tombe. . S'il n'y a pas de voix off dans ce film, certains le soulignent presque avec admiration !, cela n'empêche pas le regard omniscient du réalisateur qui enferme pas à pas le destin de Kabwita. Je suis consternée qu'au 21ème siècle, on aie encore ce regard misérabiliste, condescendant et plein de "compassion", empli d'une charité "chrétienne" envers l'Afrique et ses habitants. Je suis consternée, mais pas étonnée, que Cannes récompense ce genre de films, parce que nous, ici,, en Europe, en Occident, ça nous arrange bien de porter et soutenir ce regard, ces images telles que nous les renvoie Emmanuel Gras. Il suit " à distance", les souffrances et le labeur d'un jeune charbonnier qui sur 50km peine à transporter ses kilos de charbon sur un vélo, presque une ferraille, pour les vendre en ville.Emmanuel Gras a fait un choix, que son film "fasse vrai", et donc sans interroger, sans regarder, sauf à une distance dérangeante, sans contextualiser et questionner les raisons de cette misère, il filme mais surtout met en scène. Son esthétisme, l'image léchée, le temps qu'il prend à filmer la souffrance, la poussière etc.... est presque répugnante. Surtout quand l'on voit sur quelle scène il choisit d'arrêter le film. L'église, le recours à dieu. Je ne supporte plus cette bonne conscience, qui d'ailleurs n'interroge pas l'existence de la présence de l'évangélisme de sa prégnance, mais aussi de la réappropriation qu'en font ici les congolais. Cannes, le festival s'étonnait de ne pas sélectionner de film africain, mais c'est certain qu'en récompensant Makala et le regard bovin d'Emmanuel Gras, c'est son confort moral qu'elle soutient. Pourquoi n'avoir pas sélectionné, Dieudo Hammadi, il y a quelques années, films multirécompensé dans le monde ? Ou encore Félicité D'Alain Gomis ? Si vous voulez un regard puissant, fin, soutenu et beau sur le Congo, découvrez ces deux réalisateurs et fuyez Makala.

philippe R.

Suivre son activité Lire sa critique

5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 06/12/2017

le plus beau et émouvant film que j'ai vu de ma vie et je ne suis pas tout jeune dommage que jean Rouch ne puisse pas le voire

RitaHay

Suivre son activité Lire ses 3 critiques

5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 04/12/2017

Un film à la fois sincère, sensible et poétique. Les images sont d'une grande beauté, l'ambiance sonore nous plonge dans l'univers du film. L'un de mes plus beaux moments de cinéma.

Les meilleurs films de tous les temps
  • Les meilleurs films de tous les temps selon les spectateurs
  • Les meilleurs films de tous les temps selon la presse
Back to Top