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Bienvenue en Sicile
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Bienvenue en Sicile" et de son tournage !

La démocratie relance la Mafia

Bienvenue en Sicile est tiré d'un fait réel. Le 9 juillet 1943, les Alliés débarquent en Sicile dans le cadre de l’opération Husky qui avait pour ambition d’ouvrir un second front en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. Alors même que la Cosa Nostra (mafia sicilienne) avait cessé ses activités dans la région, l’opération Husky fut le premier pion sur l’échiquier des mafieux pour faire leur grand retour. En effet, les Alliés et la Mafia entrent en coalition pour assurer la réussite du débarquement en Sicile. De l’autre côté de l’Atlantique, les autorités américaines ont un indic de renom dans le milieu du crime organisé pour les guider sur les terres siciliennes.

En échange d’une liste de noms d’informateurs sur place, Lucky Luciano réussit à réintégrer la Cosa Nostra à la tête de l’île. Pour « services rendus », il sera même relâché par les Etats-Unis et extradé en Italie. Le Capitaine W.E. Scotten, le vice-consul américain à Palerme, finit par se rendre compte de l’alliance entre les services américains et la Mafia. Il écrivit un mémorandum au gouvernement expliquant le « Problème de la Mafia en Sicile » qui s’intitula par la suite le Rapport Scotten. Pierfrancesco Diliberto a décidé de raconter cette période dans son deuxième film, Bienvenue en Sicile, dans lequel le personnage de Philip Catelli a fortement été inspiré du Général W.E Scotten.

Qui est Pif ?

Pierfrancesco Diliberto (plus connu en Italie sous le surnom PIF) est né à Palerme, en Sicile, en 1972. Il est animateur de télévision, acteur, réalisateur mais aussi scénariste et écrivain. Fils du réalisateur Maurizio Diliberto il baigne dans le cinéma dès son plus jeune âge. Juste après le lycée, il quitte l’Italie pour Londres pour suivre des cours de Media Practice. Il assiste ensuite Franco Zeffirelli dans la réalisation du film Un thé avec Mussolini (1998) et l’année suivante, Marco Tullio Giordana pour le film Les Cent pas (2000). En 2000, il participe à un concours de Médiaset et devient journaliste et auteur pour la télévision. Il continue d’écrire et présenter diverses émissions pour MTV Italie, notamment Il Testimone, l’un des programmes les plus originaux et innovateurs du panorama télévisuel actuel. En 2013, Pif fait ses premiers pas en tant que réalisateur avec son premier film, La Mafia tue seulement l'été. Plaçant de nouveau la Mafia au coeur de son histoire, en 2016, il revient derrière et devant la caméra dans Bienvenue en Sicile.

Genèse du projet

Bienvenue en Sicile est à la fois très proche du du premier film de Pierfrancesco Diliberto dit Pif, La Mafia tue seulement l'été, et fidèle à la comédie italienne plus classique. "Je cherchais une histoire qui, tout en conservant l’esprit de mon premier film La Mafie tue seulement l'été, nous montrerait un petit homme face à un des grands évènements historiques, un film, qui dans le plus grand respect des traditions de la comédie italienne, nous ferait vivre parallèlement une histoire isolée et l’histoire avec un grand H. Notre ambition était de donner vie -de façon respectueuse, humble et sans disproportionsà un chef-d’oeuvre comme La Grande Pagaille de Luigi Comencini. Et nous avons tenté de le faire avec une comédie située au coeur de la Seconde Guerre mondiale à la fois romantique, drôle, mais aussi amère puisqu’elle montre comment un évènement historique, apparemment éloigné, a permis l’ascension de la Mafia et a marqué l’histoire de notre pays", confie le cinéaste.

Un sujet sensible

Pierfrancesco Diliberto revient sur le sujet sensible du film, celui de la Mafia et de son pacte avec les Alliés durant les années 40 : "J’ai écrit le scénario avec Michele Astori et Marco Martani, dans l’idée de situer l’histoire dans la période de la résistance et, en particulier, un des moments de la Libération dont on n’a jamais assez parlé : le débarquement des forces alliées en Sicile en 1943 (un an avant celui de Normandie), qui marqua de façon indélébile notre pays en raison du pacte de collaboration et d’alliance étroite entre les Alliés et la Mafia, qui allait perdurer dans le temps. Le sujet était totalement inédit même si, en phase d’écriture, nous avons pensé que nous étions peut-être en train de réagir selon la façon dont nous voyons les choses aujourd’hui, avec un sentiment anti-mafia qui n’existait pas à cette époque. Mais ces doutes se sont évaporés lorsqu’au cours de nos recherches, nous avons découvert à Londres, un document orignal récemment rendu public qui nous a ôté toute préoccupation. Celle du fameux Rapport Scotten, du nom de l’officier qui en 1943 fut chargé d’écrire un rapport sur le thème : “les problèmes de la Mafia en Sicile”."

Le rapport Scotten

Pierfrancesco Diliberto et son équipe ont effectué un important travail de recherche historique, notamment autour du Rapport Scotten : "Ce rapport nous confirmait que la question de la Mafia était à l’ordre du jour pour les américains en guerre et qu’à cette même époque, le capitaine Scotten évoquait l’opportunité de combattre la Mafia pour l’avoir sous contrôle, ou celle de s’entendre et de s’allier à Cosa Nostra. Cette éventualité aurait causé des dommages inqualifiables, qui auraient eu de lourdes conséquences dans le futur. Une autre possibilité aurait été d’abandonner l’île à la Mafia et mettre fin à l’enclave. La lucidité de cette analyse dans laquelle les américains et les anglais étaient prêts à transiger avec Cosa Nostra nous a vraiment frappés. La base historique sur laquelle nous avons travaillé durant nos recherches a été le rapport d’une commission d’enquête américaine qui explique noir sur blanc comment s’est créée l’alliance entre les soldats américains et Cosa Nostra. Les soldats américains y admettent avoir explicitement demandé son soutien à Cosa Nostra, à l’occasion du débarquement. À tel point que dans de nombreux petits et grands villages de l’île, l’élection de syndicats mafieux fut pratique commune afin de garantir le contrôle du territoire", explique le metteur en scène.

Accord Mafia-Alliés

Selon les “sources” les plus communes, en 1943, les américains auraient demandé la permission à la Mafia de débarquer sur l’île. Mais en réalité, cette décision avait été prise dans les hautes sphères par Churchill et Roosevelt, ensemble, avec Staline. On trouve également des historiens qui épousent la thèse du moindre mal et font de la Sicile la première région d’Italie et d’Europe à avoir été libérée par les alliés. Si l’on se base sur les documents secrets de l’armée américaine, il est évident que la Mafia n’avait pas été considérée comme une organisation criminelle, mais comme un interlocuteur à part entière.

"Ce que l’opinion publique ne sait pas, ou sait très peu, c’est que la Mafia de 1943, à partir de ce moment-là, revêt un rôle mondial qui lui permettra de prospérer puisqu’elle se positionne en tant que solution anticommuniste. Cosa Nostra a eu pour rôle de maintenir un équilibre et un ordre préétabli. En fait, les Alliés ont pu libérer le Nord grâce aux partisans et le Sud grâce à la Mafia. Nous montrons comment le chef mafieux Lucky Luciano a été relâché par les États-Unis et extradé en Italie “pour services rendus durant la Seconde Guerre mondiale”. Les américains ne connaissaient pas la Sicile et ils commencèrent à la connaître via la Mafia. Ces contacts représentèrent le début d’un pacte destiné à perdurer puisque la République italienne avala ce choix", analyse Pierfrancesco Diliberto.

Tournage à Cinecittà

L'équipe de Bienvenue en Sicile a posé ses caméras à Cinecittà World, un parc d’attractions à la sortie de Rome, notamment pour filmer plusieurs scènes censées se dérouler à New York. "Il a été en revanche plus compliqué de recréer les lieux et l’atmosphère sicilienne de l’époque parce que je ne voulais pas d’un endroit où d’autres films auraient été tournés auparavant. J’ai alors décidé de créer un petit village qui n’existait pas et j’ai choisi Erice, un village au-dessus de Trapani, à 700 mètres audessus de la mer. Les autres décors du film sont la Sacla dei Turchi, à Agrigento et Segesta, au nord-ouest de la Sicile, en face du Temple à propos duquel on raconte que le général Patton aurait dit : « Comment se fait-il qu’il manque le toit ? C’est nous qui l’avons bombardé ? »", déclare Pierfrancesco Diliberto.
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