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    Mon cher enfant
    note moyenne
    3,7
    106 notes dont 16 critiques
    13% (2 critiques)
    31% (5 critiques)
    44% (7 critiques)
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    16 critiques spectateurs

    Olivier Barlet
    Olivier Barlet

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    4,5
    Publiée le 7 juin 2018
    « Chacun de nous en Tunisie connaît forcément quelqu’un qui est parti ou dont les proches sont partis en Syrie », indique Mohamed Ben Attia. Comment en est-on arrivé là ? Qu’est-ce qui pousse Sami dans cette folle aventure ? L’endoctrinement ne suffit pas à éclairer cette complexité. Pour Riadh, son père, les raisons sont obscures, autant que la cause de ses continuelles migraines. Que va-t-il pouvoir lui proposer pour le ramener à la maison ? Quel avenir peut motiver les jeunes d’aujourd’hui pour s’intégrer à la société ? Voilà qu’il fait cet impossible voyage et que ce sera pour lui une initiation, une prise de conscience qui remettra en cause toute sa vie. Il fallait pour ces questions et ces échanges l’espace et le temps : les plans séquences structurent le film et lui donnent cette impression de suspension, d’imprévisibilité. Car l’imprévisible est bien l’état des choses pour Riadh autant que pour la Tunisie, voire le monde tout entier. Et si l’enjeu des films du Sud était justement de rendre compte de cette perte de repères, cet état d’entre-deux, de vacillement, de malaise et d’inquiétude, de limbes, d’acédie, pour mieux percevoir combien cette phase transitoire, étape mélancolique du désenchantement, ouvre à l’expérience fondatrice du doute, et donc à la reconstruction ? (lire l'intégralité dans le compte-rendu bilan de Cannes sur les sites Afrimages et Africultures)
    ElBlasio
    ElBlasio

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    4,5
    Publiée le 7 août 2018
    En cette époque, il est difficile d’échapper au discours dominant les médias ainsi que les politiques qui présente les soldats de l’armée de Daech comme des monstres sans visage, déshumanisés à tel point qu’il faudrait les déchoir de leur nationalité et espérer qu’ils meurent dans le désert plutôt que les voir revenir « au pays ». Dans ce contexte simplificateur, le portrait de cette famille tunisienne réalisé par Mohamed Ben Attia est miraculeux. Il échappe à ce manichéisme simpliste et questionne tout en subtilité la société qui crée ces « soldats ». Loin d’un discours sentencieux, c’est en filigrane de cette histoire qu’on décrypte une paupérisation de la classe moyenne dans un consumérisme futile et superficiel, une difficulté de communiquer malgré une société hyper connectée et l’absence d’idéaux forts chez la jeunesse. Le décalage générationnel entre Saïd et son père offre une vision stéréoscopique qui rend toute la profondeur du vide existentiel de la génération Z. Derrière l’aspect sobre et naturaliste de la réalisation se cache pourtant un travail d’orfèvre. Hormis l’acteur qui joue le père (Mohamed Dhrif, dont la virilité sensible n’est pas sans évoquer Paul Newman), tous les autres comédiens sont non-professionnels… mais tellement naturels. Un défi d’autant plus grand pour le réalisateur qui les filme dans des longs plans-séquences pour mieux nous immerger dans l’émotion de ses personnages. Les ellipses du montage permettent également de contaminer le spectateur avec la confusion qui saisit cette famille. Vous l’aurez compris, intelligent et sensible tant par son contenu que par sa forme, Weldi est probablement un des meilleurs films présentés à Cannes ce printemps.
    ARGOL
    ARGOL

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    5,0
    Publiée le 17 novembre 2018
    L’expression des sentiments n’est pas qu’une affaire individuelle. Dans certaines sociétés, les êtres sont invités à la réduire à la portion congrue, à éviter les effusions en public, les contacts physiques, la tendresse. On encourage la pudeur, en parlant de vertu, mais en faisant du mal bien sûr. Et puis les années passent. Le temps, agissant comme une locomotive qu’on n’arrêtera pas, emmène l’amour vers l’inconnu. Que deviendront la douleur, la tristesse, la frustration ? Les cœurs asséchés, oubliés, se tairont dans l’indifférence. Je préfère quant à moi les « I love you » intempestifs des américains, malgré leur part d’incongruité et de spectacle, parce qu’ils ne sont pas vides de sens et de bonheur, parce qu’ils tissent des liens plus doux, plus réconfortants que les silences et les mensonges des sociétés dures et froides. Bien sûr, critiquons ensemble et en chœur la superficialité du monde occidental et le consumérisme imbécile qui conduit des pauvres à se croire riches... Mais attention aussi aux tentations extrêmes. Je crois que la radicalité peut apporter du bonheur, dans un monastère bénédictin, dans un chalet du Vercors, à l’abri des fausses valeurs. Je n’en veux pas pour moi, mais j’imagine que la joie y est réelle. Et puis, ailleurs, la radicalité est mortifère, destructrice, et finalement vaine. Le film de Mohamed Ben Attia est à la fois majestueux sur le plan cinématographique, et bouleversant sur le plan dramatique. Il est bourré de sens et d’appels à l’aide, d’humanité, d’émotion... Du grand cinéma.
    velocio
    velocio

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    2,0
    Publiée le 12 novembre 2018
    Fin 2016 était sorti "Hedi, un vent de liberté", premier long métrage prometteur du réalisateur tunisien Mohamed Ben Attia. 2 ans plus tard, voici son deuxième long métrage, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes 2018. Comme pour le premier, on retrouve les frères Dardenne parmi les co-producteurs du film. L'histoire racontée dans "Mon cher enfant" commence à devenir assez classique au cinéma, comme elle l'est, malheureusement, dans la réalité. Le départ vers Daech du fils, Sami, un jeune homme de 19 ans, a priori tout ce qu'il y a de plus normal, d'une famille tout à fait normale. Le personnage principal du film est cette fois ci Riadh, le père, un homme de 60 ans, sur le point de prendre sa retraite de cariste du port de Tunis. Pour Sami, c'est l'année du bac, un poster de Stromae orne sa chambre, il souffre de maux de tête et de vomissements. Le stress ? En tout cas, il demande à voir un psy et il ressort en parlant de dépression, expression que le psy n'a jamais utilisé. Et le voilà qui part sans crier gare vers la Syrie, en se contentant de laisser un petit mot à ses parents qui, dans un premier temps, ont tendance à penser à une blague. Malgré le désaccord montré par son épouse, Riadh part vers la Turquie, avec l'espoir de pouvoir passer en Syrie afin d'arriver à convaincre son fils de revenir dans sa famille. Se rapprochant alors du mode thriller, le film devient truffé de maladresses, la pire étant une scène totalement ratée qui voit le père repartir avec son fils et deux autres jeunes hommes et dont on n'arrive pas à comprendre s'il s'agit d'un rêve ou de l'histoire que l'imagination du père construit et qu'il compte raconter à sa femme à son retour. En résumé, voici un deuxième film qui s'avère bien décevant par rapport au premier !
    Hortense H
    Hortense H

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    2,0
    Publiée le 21 novembre 2018
    Un film bien interprété mais pas très bien construit ni plausible, la différence d'âge entre le fils et ses parents est d'abord symptomatique d'une identification cadrée vers son public potentiel ou dit d'époque, retraité. Le fils est d'ailleurs plus vieilli qu' influencé par des passions morbides extrémistes ; son mariage paraît un nuage scénaristique endolori. L' acteur principal réussit néanmoins à reprendre le dessus, à habiter son rôle, et à sauver le film de sa monotonie sans véritable substance, puisque le film n'est ni une chronique, ni distancé face au drame historique.
    traversay1
    traversay1

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    3,5
    Publiée le 2 décembre 2018
    Venant après un premier film très réussi (Hedi, un vent de liberté), Mon cher enfant confirme le talent subtil et gracieux du tunisien Mohamed Ben Attia. Le sujet est pourtant lourd, traitant de la disparition d'un garçon de 19 ans vers la Syrie, mais jamais le film ne cherche des explications plus ou moins oiseuses à cet engagement, se concentrant sur la dévastation qui en résulte dans la cellule familiale. En particulier autour de la figure paternelle, un homme fondamentalement bon, aimant et tolérant prêt à tout pour sauver son fils. Mon cher enfant n'aborde donc le terrorisme que de façon indirecte et il fait bien, ne s'exposant à aucun cliché sur ce thème, et son film n'en a que plus de puissance. Réalisé avec une sobriété qui ressemble à une épure, le long-métrage s'attache au quotidien avec une grande douceur laissant les émotions souterraines avec une pudeur de chaque instant. Ce cinéma qui refuse l'ostentation et les discours politiques péremptoires est infiniment précieux par sa délicatesse et la complexité des sentiments qu'il abrite. L'acteur principal, Mohamed Dhrif, est remarquable dans un rôle qui requerrait de montrer des failles intérieures avec une grande finesse. Avec Hedi et Mon cher enfant, Mohamed Ben Attia dresse avec acuité et justesse le portrait d'un pays en crise morale, économique et spirituelle, sans l'ombre d'un raccourci facile.
    Yves G.
    Yves G.

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    3,0
    Publiée le 14 décembre 2018
    À Tunis de nos jours. Sami est fils unique. Il prépare son bac. Il est l'enfant chéri de Riad et de Sazli, un couple déjà âgé dont on comprend qu'il a eu Sami sur le tard. L'adolescent a de violentes céphalées qui inquiètent ses parents. Ils le font consulter sans succès : un neurologue, un psychiatre... Puis, soudain, Sami disparaît. Ses parents comprennent qu'il est parti en Syrie faire le djihad. Son père décide d'aller l'y chercher. La radicalisation est un sujet brûlant dont le cinéma n'a pas tardé à s'emparer avec un succès inégal. Dès 2011, avant les attentats de Charlie Hebdo ou du Bataclan, Philippe Faucon suivait dans "La Désintégration" avec une belle prescience la dérive d'un groupe de jeunes dés-intégrés. En 2015, Thomas Bidegain filmait dans "Les Cowboys" un père à la recherche de sa fille. Moins inspirée, en 2016, Marie-Castille Mention-Schaar racontait dans "Le ciel attendra" l'histoire de deux jeunes filles, l'une en cours de radicalisation, l'autre en voie de déradicalisation. On attendait avec intérêt ce film sur le même sujet d'un réalisateur tunisien qui, sans prétendre se faire l'ambassadeur de son pays, nous éclaire sur la radicalisation vue de l'autre côté de la Méditerranée. On en est pour son compte d'une analyse politique ou sociologique. Ce n'est pas dans ce registre là que "Mon cher enfant" s'inscrit. Au contraire, comme son titre et son affiche l'annoncent, c'est moins un processus de radicalisation qu'une relation père-fils que Mohamed Ben Attia, déjà remarqué pour "Hedi, un vent de liberté", analyse. On ne saura rien de la façon dont Sami a été recruté, ni des motifs profonds pour lesquels il quitte la Tunisie. Le sujet est entièrement filmé du point de vue du père et du regard aimant qu'il porte sur son fils. Sans doute son amour l'aveugle-t-il. Mais on aurait scrupule à lui en faire le reproche. Quand la vérité s'impose à lui, il a la seule réaction digne : tout mettre en œuvre pour ramener son fils. Le film le suit en Turquie et aurait pu prendre un virage vers le thriller. Mais Mohamed Ben Attia n'en fait rien. L'attitude du père, sa décision surprennent. On ne peut rien en dire sinon qu'elle est profondément crédible et profondément touchante. Humain, trop humain...
    Laurent C.
    Laurent C.

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    4,0
    Publiée le 25 novembre 2018
    C’est un couple de la classe moyenne tunisienne comme les autres. Il est chef de chantier, elle est universitaire et ils élèvent leur grand fils qui va passer son bac. « Mon cher enfant » plonge le spectateur dans un pays du Maghreb, dont on parle aujourd’hui beaucoup plus de l’après révolution arabe, que du risque de radicalisme religieux qui pèse sur sa jeunesse. De ce point de vue, le film est extrêmement intéressant. D’abord, parce qu’il ne choisit pas de mettre en scène une famille tourmentée et misérable. Au contraire, le réalisateur décrit une cellule familiale quasi universelle, qui peut servir de miroir à nombre d’entre nous. Il s’agit de gens instruits, au niveau économique moyen, aimants dont on est à mille lieux de s’imaginer qu’ils pourraient perdre leur fils. Mohamed Ben Attia, dont c’est la deuxième œuvre de cinéma, est un cinéaste brillant et engagé. Il prend le risque de la critique sociale dans un pays encore fragile, qui n’est pas toujours enclin à accueillir une telle vision de la société. La caméra s’invite dans cette famille dont on a peine à imaginer qu’il s’agit de véritables comédiens. Le point de vue réaliste est totalement assumé, grâce à une mise en scène sobre et délicate. « Mon cher enfant » est un film touchant et indispensable pour comprendre la perte de repères qui traverse une partie de la jeunesse du monde. C’est un long-métrage qui s’adresse à tous les spectateurs, quelle que soit leur origine, et en quelque sorte, fait un bras d’honneur esthétique contre le radicalisme et l’intolérance.
    Guiciné
    Guiciné

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    3,0
    Publiée le 17 novembre 2018
    Un beau film, plein d’humanité et qui malgré certaines faiblesses, arrive à nous émouvoir grâce à des personnages superbement interprétés. A voir sans hésitation.
    SansCrierArt
    SansCrierArt

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    3,5
    Publiée le 25 novembre 2018
    A Tunis, Riadh et Nazli sont les parents de Sami, 19 ans. Riadh s'occupe et se préoccupe beaucoup de Sami, de ses problèmes de santé - il souffre de migraines - de sa réussite dans les études et de son épanouissement d'adolescent. Jusqu'au jour où Sami disparaît. Mon cher enfant parle de l'amour d'un père pour son fils. Un amour impuissant à voir venir et à éviter le pire. L'histoire se déroule en un rythme lent, propice au dessin des personnages et à l'installation d'une palette d'émotions complexes. Dans le rôle de Riadh, Mohamed Dhrif est magistral.
    scrabble
    scrabble

    Suivre son activité 23 abonnés Lire ses 323 critiques

    3,0
    Publiée le 24 novembre 2018
    un film très bien joué tout en nuance de réflexion, de tendresse et de réalité. une chouette comédie française à voir. ça fait du bien de se détendre.
    soulman
    soulman

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    3,0
    Publiée le 8 décembre 2018
    Même s'il n'évite pas à son récit de bifurquer vers une issue et des séquences attendues, Ben Attia réussit le portrait touchant d'un vieil homme qui, ne vivant que pour fils, voit son univers s'effondrer du jour au lendemain. On peut louer la direction d'acteurs, tous très convaincants, mais regretter certaines longueurs, voire répétitions, notamment lorsque les parents se font face.
    Domnique T
    Domnique T

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    3,5
    Publiée le 20 novembre 2018
    A Tunis, mais cela pourrait se passer n'importe où, un couple s'inquiète des migraines de leur fils unique de 19 ans qui va passer le bac. Une longue présentation (une demi-heure quand même !), tendre et bienveillante d’une famille sans problème apparent. Et ce fils introverti disparait juste avant de passer son bac pour rejoindre la Syrie. Le film se concentre sur le désarroi de « ceux qui restent ». Le pourquoi du départ, le prosélytisme, le djihadisme, rien de tout cela n’est abordé. Seul, l’implosion des repères de ce papa aimant est décrit avec acuité. A travers son errance en Turquie, sa confrontation à sa propre vanité, la remise en cause de ses paradigmes on assiste avec pudeur à l’effondrement du monde de cet homme qui ne comprend plus. C’est angoissant de justesse et de pertinence grâce à la performance éblouissante de Mohamed Dhrif.
    djams
    djams

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    4,5
    Publiée le 2 décembre 2018
    Très bon film qui nous présente très bien la détresse des parents face à l'engagement de leur fils pour la Syrie. En revanche on reste sur notre faim pour en comprendre les vraies raisons. On doit se contenter du point de vue de tous les autres personnages sauf le principal intéressé. C'est dommage !
    innocom
    innocom

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    4,5
    Publiée le 15 novembre 2018
    C'est fluide, c'est riche, c'est doux! L'histoire est narrée comme de l'intérieur des personnages principaux sans psychologie complexe. L’acteur principal du vieil homme est bouleversant de vulnérabilité. Ce réalisateur envoute, son style est subtil, il fait naitre les émois sans grandiloquence. Les situations, les dialogues, les scènes semblent accessibles immédiatement, banales et évidentes; un rythme doux et une tendresse pour les personnages nous bercent; pendant cela, son talent de metteur en scène délicat fait naitre étrangeté, angoisse et tensions sourdes. Un enchantement délicieux!
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