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Pororoca, pas un jour ne passe
note moyenne
3,5
20 notes dont 4 critiques
25% (1 critique)
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4 critiques spectateurs

nadège P.

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 17/06/2018

Tout va bien pour le père, la mère et leurs deux enfants : ils sont aisés et heureux et habitent un chouette et grand appartement. Le film commence par une soirée entre amis le samedi et puis le dimanche matin le père emmène les enfants au parc. Sans doute comme tous les dimanche. La mère reste à la maison. Cependant, avant d'aller au parc, le père téléphone à ce qu'il pense être l'amant de sa femme pour lui proférer des menaces. Le plan suivant nous montre donc le parc, des enfants jouent autour des balançoires et autres toboggans, des adultes sont assis sur les bancs, autour, un ballet de poussettes, de trottinettes, de rollers et de ballons. On entend des conversations, puis la voix du père, un monologue, il est au téléphone, parle boulot avec un collègue, puis avec une autre personne qu'on devine être sa maîtresse. Et puis la caméra fixe le père sur son banc… Les deux enfants le garçon Ilie et la fille Maria reviennent régulièrement près de leur père, le premier va jouer au foot, la seconde retrouve une copine, va acheter une glace avec la mère de celle-ci. Tudor est toujours au téléphone puis il va prendre un café mais il surveille quand même attentivement ses enfants… Une dispute s’engage non loin de là entre deux vieilles dames et un homme qui promène son chien. Et puis, soudain, presque d’une seconde à l’autre, le père ne voit plus sa fille Maria, il la cherche, panique, l’appelle, demande qui l’a vue aux enfants et aux autres parents, court près du plan d’eau et des toilettes, revient. La panique est tangible, elle gagne tout le monde, le père appelle la police. Fin du plan-séquence de quinze minutes. Tout s’est passé à la fois très lentement et très vite, comme dans les pires cauchemars de tout parent. Spoiler: La suite sera un lent délitement de la cellule familiale, chagrin et remords, incompréhension, jusqu’à ce que, l’espoir s’amenuisant, la mère de famile ne supporte plus son mari et elle emmène leur fils chez ses parents à elle. Le père reste seul, il voie régulièrement le commissaire de police, il scrute les photos prises ce jour-là sur des téléphones portables d'autres personnes, il se laissant aller physiquement, maigrit, perd les pédales, s'affaiblit mais cherche sans relâche un signe, un indice, une preuve, bref un coupable. C’est l’histoire d’une disparition. Inexplicable, insupportable, qui impacte tout, fait remonter des soupçons, des inquiétudes, des fissures sous le vernis du bonheur familial. On est sans cesse avec ce père de famille (acteur primé à San Sebastian) dans sa panique et sa douleur, puis dans son obsession autodestructrice. Le film dure 2 h 30 et se fait aussi réflexion sur le temps, qui s’étire ou se contracte, qui fait des bonds ou vous englue. Le temps du film nous atteint comme l’épreuve traversée par Tudor, fait de nous des témoins impuissants, des enquêteurs de pacotille, des accompagnateurs empathiques. Thriller haletant, polar de l’âme, Pororoca est un immense film bouleversant, signé par Constantin Popescu qui nous prouve ici qu’il fait bel et bien partie de la « Nouvelle Vague roumaine », aux côtés des plus grands : Mungiu, Porumboiu, Pui. Et qu’il faudra désormais compter avec lui.

dominique P.

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4,5Excellent
Publiée le 16/06/2018

Je sais que ce film est peu distribué mais quand même, à l'heure où j'écris cette critique, je constate qu'il n'y a seulement que deux critiques. C'est franchement dommage, il faudrait que les gens aillent le voir car il est excellent. D'accord c'est un film qui parle d'un drame et qui est très long (2 h 35) mais tout de même. Donc c'est un film roumain vraiment formidable au niveau dramatique et au niveau de la réalisation et de l'interprétation. Alors oui le film est dur, éprouvant, l'ambiance est pesante. Mais le suspense est haletant, on se met bien à la place de ce papa dont la petite fille a disparu. Une enquête policière débute, les jours passent et aucune nouvelle. Pendant ce temps la mère s'en va en reprochant au père cette perte et donc ce père se retrouve tout seul, est dans l'angoisse et l'attente permanentes, perd pied etc... Voilà un film dur mais vraiment à voir.

In Ciné Veritas

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3,5Bien
Publiée le 13/06/2018

Film au long cours (2h30), drame psychologique profond, Pororoca, pas un jour ne passe est émaillé de deux longs plans-séquences radicalement différents. Ils sont autant de marqueurs d’une mise en scène réfléchie, intelligente et brillante. Ce film, réceptacle d’une excellente gestion des durées et des espaces dans un format Scope, positionne son auteur, Constantin Popescu, en bonne place dans la sphère du cinéma roumain actuel. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com

Rémy S

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1,5Mauvais
Publiée le 16/06/2018

Ah cette fameuse nouvelle vague du cinéma roumain que les critiques adorent encenser! Un cinéma qui se veut en proie avec le réel, naturaliste à l’extrême et qui sonde l’âme humaine sous tous ses états. Souvent on se trouve face à des films prometteurs par leur sujet mais, comme quasiment à chaque fois, l’œuvre s’avère surévaluée, atone et terriblement ennuyante. Qu’on aime voir des séquences de la vie de tous les jours qui n’en finissent pas mettant en scène des quidams en proie à des tourments intérieurs (« Illégitime », ou « Sierranevada »), en lutte contre l’archaïsme de la société (« 4 mois, 3 semaines et 2 jours ») ou face à un drame quel qu’il soit (« Baccalauréat »), ok. Mais un peu plus de cinéma et de vigueur en même temps que moins de manières serait tout de même appréciable. Car si certaines de ses œuvres intéressent par intermittences et frappent juste, la plupart sont répulsives. Et, encore une fois, avec ce « Prororoca, plus rien ne passe » (quel titre étrange…), on est face à tout ce qu’il y a de plus détestable sur grand écran. On y traite du kidnapping d’une enfant dans un parc. Ce qui aurait pu donner lieu à un thriller haletant et malin, mais, ô désespoir, on nous assène le pire supplice possible durant plus de deux heures et demie. On est loin, très loin, de récents exemples dans le genre tel que « Everybody knows » ou surtout l’indétrônable « Prisoners ». Rien de tout ça ici mais plutôt l’exact opposé. Le film se veut dramatique, il est sec, rêche et répétitif, donc sans émotions. Quant au suspense, oubliez, on assiste à tout ce qu’il y a de plus anti-spectaculaire au cinéma. Nous faire ressentir le mal être de ce père qui se sent coupable est méritoire mais en répétant inlassablement les mêmes séquences sans intérêt, le procédé est à côté de la plaque. Et que le temps semble long! Car oui, le cinéma roumain aime généralement prendre son temps. Non content de traiter ses sujets de manière bavarde ou de se gargariser de longueurs, il aime à étirer les scènes - et par conséquent les films dans leur ensemble - jusqu’à la nausée et les rendre complètement interminables voire insupportables. C’est encore une fois le cas ici. Si ce n’est l’acteur principal très concerné et un long plan-séquence techniquement adroit, on s’ennuie. D’un ennui sans fin qui vous donne envie de quitter la salle au bout d’une heure alors qu’il y en a encore une et demie à passer si l’on veut respecter l’œuvre et tenir jusqu’au bout. Un parcours du combattant psychologique pour le spectateur car quasiment aucune scène ne vient stimuler quelque peu notre attention. C’est lent, filmé de manière anodine, sans aucun rebondissement et ça se paye le luxe de finir de manière abrupte sur un excès de violence prévisible destiné à choquer les festivals (« Old boy » et « Irréversible » coucou !). Pitoyable, vain et prétentieux, encore un avatar de cette vague surestimée venue de Roumanie qui commence vraiment à taper sur le système. Du cinéma d’auteur intello chiant et caricatural qui essaye de faire du réalisme social à la Haneke, le talent en moins. A éviter à moins de vouloir faire une bonne sieste. Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.

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