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L'Empire de la Perfection
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2 critiques spectateurs

roger_rabbit2

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4,5Excellent
Publiée le 13/07/2018

Voici un film profondément original. Ce qui fait du bien dans cette période où tout a un air d’en déjà vu. Je connaissait mal McEnroe, c’etait un tort. La réalisation de ce docu est tellement atypique, à la fois drôle et instructive, qu’elle fait de ce film un ovni qui devrait même plaire à ceux qui n’ont pas d’interet Particulier pour le tennis. Ludique et juoissif.

Yves G.

Suivre son activité 219 abonnés Lire ses 1 365 critiques

2,0Pas terrible
Publiée le 12/07/2018

Au début des années quatre-vingts, après la retraite de Björn Borg, John McEnroe domine le tennis mondial. Mais il n'a jamais gagné à Roland Garros. Il est l'ultra-favori de l'édition 1984. Gil de Kermadec le filme pour la Fédération française de tennis dont il fut le premier directeur technique national. Le jeune réalisateur Julien Taraut a retrouvé ses rushes en 16mm dans les archives de l'Insep. Il fut un temps fort lointain où je jouais passionnément au tennis. En ce temps là, le croirez-vous fidèle lecteur, je portais même un bandeau-éponge pour chasser de mes yeux l'épaisse chevelure qui aurait risqué d'en obstruer la vue. Je regardais avec passion Roland Garros dont je rejouais fidèlement les matches les plus épiques en frappant la balle sur le mur du garage. Mes héros avaient pour noms Björn Borg, Jimmy Connors, Mats Vilander et Vitas Gerulaitis. Je me souviens bien de la finale de 1984 - même si, dans mes souvenirs, rien ne surpassa la finale dames de 1985 entre Chris Evert et Martina Navratilova - et la victoire en cinq sets de Ivan Lendl contre John McEnroe. Je n'aimais ni l'un ni l'autre. Ils incarnaient chacun à leur façon ce qu'on contre quoi toute mon éducation m'avait dressé. McEnroe : les gros mots, la contestation de l'autorité. Lendl : la froideur calculée et indestructible d'un héros soviétique. Tournées à des fins pédagogiques, les images de Gil Kermadec filmées par trois caméras disposées autour du cours ne cherchent pas à rendre compte du match, mais du seul John McEnroe, de son jeu et de son comportement. On comprend, en les voyant, que ses accès de colère périodiques, contre l'arbitre, les journalistes, le public - mais jamais contre son adversaire - loin de le déconcentrer, lui permettaient paradoxalement de se galvaniser. On (re)découvre aussi la grâce féline de son jeu qui peut sembler aujourd'hui totalement démodé quand les stars mondiales du tennis sont devenues des athlètes hyper-puissants ahanant des coups de bûcheron : pas très grand, un peu rondouillard, McEnroe danse plus qu'il ne court, reprenant à mi volée les coups sans vraiment les frapper, utilisant son toucher de balle plus que sa puissance. J'avais adoré le film "Borg/McEnroe" sorti l'an dernier avec Shia LeBeouf dans le rôle du bouillonnant New-Yorkais. Il est de bon ton de critiquer ce film qui a fait un bide. Les puristes lui préféreront ce documentaire qui refusent toute dramatisation pour rechercher, sous une forme volontiers ascétique, l'essence de la perfection tennistique. À chacun ses goûts...

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