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    Le Daim
    note moyenne
    3,0
    1456 notes dont 203 critiques
    8% (17 critiques)
    30% (61 critiques)
    25% (50 critiques)
    13% (26 critiques)
    14% (29 critiques)
    10% (20 critiques)
    Votre avis sur Le Daim ?

    203 critiques spectateurs

    Chris58640
    Chris58640

    Suivre son activité 67 abonnés Lire ses 229 critiques

    3,0
    Publiée le 23 juin 2019
    Le film de Quentin Dupieux ne dure que 1h17, ce qui est presque un record de brièveté. Cela dit, il n’a nul besoin de durer plus longtemps car, même en y mettant la meilleure volonté du monde, ce film absurde met quand même assez mal à l’aise très vite. L’absurde, le non-sens, moi je n’ai rien contre, au contraire. Ici, c’est un absurde noir, presque psychiatrique, et il faut faire un vrai effort pour accepter ce postulat pendant toute la durée du film, du coup, 1h20 c’est largement suffisant. Au-delà, pour moi, ça aurait été épuisant. Comme dans « Au Poste ! », ici, tout est hors d’âge : les décors sont hors d’âge, les costumes aussi (sans parler ce blouson, inclassable), les véhicules, les accessoires sont surannés. Si le personnage de Georges n’utilisait pas très brièvement un téléphone portable, on aurait bien du mal à situer ce film dans l’espace et dans le temps. C’est voulu, bien-sur, c’est pour donner l’écrin qu’il faut à la folie de Georges. Je dois avouer que visuellement c’est très réussi, la patte Dupieux dans ce domaine faite mouche une nouvelle fois. Dupieux filme de façon aussi décalée que son propos, il utilise le flou de façon étrange, cadre parfois bien bizarrement ses paysages et ses personnages, et ponctue son film d’une musique là encore hors d’âge. On dirait une musique (parfois à la limite du bruitage) d’un vieux polar des années 70, c’est difficile à qualifier autrement. Il utilise la musique comme une ponctuation plus que comme une illustration, moi j’aime bien ce postulat original. En bref, le style Dupieux, c’est une patte très particulière, assez inclassable, faite de vintage à tous les étages et de faux amateurisme, et dans ce genre bizarre le film a de la personnalité et du cachet. Jean Dujardin, qui est de toutes les scènes, incarne un homme en rupture de tout, à la dérive dans tous les domaines. On ne saura rien de plus sauf qu’il a été quitté par son épouse et qu’il est financièrement exsangue. Dujardin est capable de tout jouer, je l’ai dit depuis longtemps, et ici, il joue le « mystère », allié de circonstance à la « folie ». Il met très vite mal à l’aise, par ses silences inquiétants, des mini coups de colères soudains, sa violence qui affleure par moment, et surtout par le délire schizophrénique qui se saisi de lui lorsqu’il devient propriétaire du blouson. On peut essayer de le psychanalyser, envisager la possession, la maladie mentale qui survient à l’aube de la cinquantaine, révélée brutalement par une rupture affective. spoiler: Mais je crois plus en la métaphore, cet homme cherche à devenir un daim : d’abord le blouson puis les autres éléments du costume, pour finir 100% daim, se muer en cet animal insalissable et craintif, adorable et sauvage. A ses côtés un autre personnage incarné par Adèle Haenel, monteuse amateur, qui accompagne Georges dans son délire sans qu’on comprenne jamais si elle se laisse abuser ou si au contraire elle se joue de lui. Tous les deux sont très bien, dans un registre evidemment difficile. Mais Dujardin offre ici une nouvelle facette de son talent, et on sent qu’il s’est amusé à incarner cet homme qui passe de fou inoffensif à fou dangereux. Le scénario, évidemment, est difficilement analysable, puisque rien ici n’est crédible, logique, et que l’histoire racontée n’a aucun sens. C’est sur que « le Daim » est un film pour amateur d’absurde, qui n’ont pas peur de se retrouver devant un long métrage qui raconte l’irracontable, l’improbable, le n’importe quoi ! Le blouson en daim qui révèle la folie de Georges est plus une métaphore de sa nouvelle peau qu’une pièce de vêtement. C’est l’histoire d’un type qui plaque tout pour devenir un homme sans filtre, désinhibé de toute logique, de toute morale, qui ne vit que pour assouvir ses désirs emprunts de narcissisme. Il n’était rien, un homme banal dans une vie banale. Ce blouson « au style de malade », sorti d’une époque où le bon gout était aux abonnés absents (franchement, il est hideux !), c’est le symbole d’une autre vie, celle qui s’affranchit de tout pour vivre selon ses désirs immédiats, au jour le jour. Le personnage de Georges, dans son délire, peut-être nous l’avons tous au fond de nous, sauf qu’on ne laisse jamais s’exprimer. C’est peut-être ça le message du « Daim », s’il y en a un. La fin est brutale et inattendue, mais quand même super cohérente quand on y pense. Elle est empreinte d’une ironie très cruelle, spoiler: et la toute dernière scène laisse planer le doute sur le personnage de Denise (Adèle Haenel) et sur ce qu’il adviendra d’elle. J’aime bien cette fin, elle est à l’avenant de tout le film. Faut-il conseiller « Le Daim » ? Je ne sais pas en fait. Il est tellement décalé qu’il peut enthousiasmer et navrer à la fois. Mon sentiment personnel est assez ambivalent : c’est un film qui a une très forte personnalité, qui peut paraitre pertinent par certains aspects mais qui met quand même très mal à l’aise aussi. Je ne peux pas dire que je l’ai aimé ou pas, c’est plus compliqué que cela… On peut l’aimer et le détester à la fois mais ça m’étonnerait qu’il provoque une quelconque indifférence !
    dominique P.
    dominique P.

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    3,0
    Publiée le 19 juin 2019
    Ce film est très spécial et ne va pas plaire à tout le monde c'est certain. Pour ma part, je suis mitigée, d'un côté je l'ai trouvé intrigant, captivant durant toute la première moitié et d'un autre côté, il se trouve que toute la seconde moitié cela part trop en vrille, dans le gore, l'absurde et c'est franchement dérangeant. Bon en même temps, quand on connaît le réalisateur, c'est conforme à son univers et il faut aller voir ce film en connaissance de cause. Je mets quand même 3 étoiles car même si cela finit trop dans le délire, la première moitié est vraiment intéressante.
    poet75
    poet75

    Suivre son activité 181 abonnés Lire ses 147 critiques

    3,5
    Publiée le 19 juin 2019
    On peut ou non apprécier sa filmographie, mais il faut reconnaître à Quentin Dupieux les aptitudes d’un véritable auteur. De film en film, le cinéaste confirme un style qui lui est très personnel et un univers tout à fait singulier. Ses comédies loufoques qui s’apparentent toutes à des cauchemars auraient probablement enthousiasmé les surréalistes. Elles se contentent de peu de personnages, ressemblent aux séries B du cinéma de jadis et déclinent jusqu’à l’absurde le plus délirant des ingrédients de scénario minimalistes. Néanmoins, cela fonctionne toujours à merveille au point qu’en tant que spectateur on peut volontiers éprouver une sorte de plaisir presque coupable à se laisser prendre à des fables qui confinent à ce que les Britanniques désignent par le mot « nonsense ». Dans « Le Daim », il n’est question que de l’hallucinante folie d’un personnage prénommé Georges (campé par Jean Dujardin) : un homme paumé, solitaire, qui, ayant acheté un blouson en daim, se retrouve sans ressources autres qu’une alliance qu’il laisse en gage dans un hôtel isolé au milieu d’un paysage de montagne. Or la grande originalité du film, c’est d’avoir conçu le blouson comme un personnage à part entière dont l’influence pernicieuse exacerbe les pulsions maladives de Georges. Le fameux vêtement devient donc le symbole de l’omnipotence. Il s’impose comme un être ne supportant pas de concurrence, tant et si bien que Georges se sent investi d’une mission de destruction : tout porteur de blouson est en danger d’être éliminé afin qu’il ne reste plus qu’un habit de cette sorte, celui qu’il a acquis, le blouson de daim ! À cela s’ajoute la prétention de Georges qui s’affirme comme étant un cinéaste filmant ses sanglants exploits avec une petite caméra numérique. La serveuse d’un bar (Adèle Haenel) à qui l’homme se présente de cette manière n’hésite pas à sauter sur l’occasion, se targuant d’être monteuse et se faisant la complice joyeuse du soi-disant cinéaste jusqu’à se laisser dépouiller par lui. Enfin, pendant qu’il commet ses exactions, à quelques reprises, apparaît un étrange observateur en la personne d’un jeune garçon qui reste muet. Tous les ingrédients et tous les personnages sont à présent convoqués pour le déroulement d’une histoire qui pourrait presque avoir pour titre « La Métamorphose ». Certes Georges, physiquement, ne change pas d’aspect, mais en se revêtant du haut en bas de peaux de daim, il se transforme bel et bien en une créature qui tient davantage de l’animal que de l’humain. Le film ne durant qu’un peu plus d’une heure un quart, on n’a pas le temps de s’ennuyer, mais on a largement celui d’être à la fois captivé et questionné, voire dérangé.
    Cinememories
    Cinememories

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    4,0
    Publiée le 28 juin 2019
    Toujours difficile à convaincre Quentin Dupieux nous revient plus surprenant que jamais. Après un épuisant « Au Poste ! », ce dernier renoue avec l’absurde à l’état naturel, comme on l’avait remarqué dans « Steak », « Rubber », « Wrong » et « Réalité ». Rien ne peut mieux définir son style si tourmenté et pourtant si réfléchi. Cet homme aurait-il des limites dans la conception de ses œuvres, dont il multiplie les casquettes entre réalisateur, scénariste et chef opérateur, entre autres ? Pas forcément. Il vient de démontrer que le surplace, ou la stase d’un personnage, suffit amplement à divertir et à ouvrir des perspectives audacieuses pour le spectateur. Il a donc pris goût dans la direction de stars et il poursuit avec un grand Jean Dujardin, dans le corps de Georges, ce même corps qui s’associe à un blouson iconique. Nous aurons de cesse de se poser des questions, mais la rationalité, les mathématiques et l’équilibre doivent rester à la porte de la séance si l’on veut prétendre à la comédie proposer. Peut-être un peu difficile d’accès, l’œuvre trouvera tout de même preneur, car la mise en scène surprend, autant que le cadre qui limite la lecture des enjeux. Si le programme se veut simple et intimiste : filmer pour faire un film, toute l’épopée de Georges n’a rien à voir avec une carapace en Daim. Le plus évident et le plus exploité seront à exclure de toute interprétation. Tant d’arcs narratifs sont inachevés mais rebondissent sur un ressort comique inattendu. Souvent noire, elle occupe de plus en plus le cadre de façon impromptue, tandis que les effets sonores multiplient les faux suspenses. La subtilité de ce langage justifie à elle-seule, les performances sur lesquels les comédiens et le récit s’alignent. La magie opère rapidement et on finit par être séduit. De plus, il est nécessaire de porter un regard particulier sur le personnage clé d’une intrigue qui vire efficacement dans la paranoïa, puis le thriller horrifique. Le désordre, en mentionnant « Pulp Fiction », est un moteur singulier pour le projet de Georges et sa veste. On le personnifie alors peu à peu, jusqu’à ce qu’il abandonne son âme pour une nouvelle. On y croit, car le cadre réconforte dans la précision et le poids des détails. S’ensuit une croisade audacieuse et hilarante, qui les mènera vers Denise (Adèle Haenel), aspirant à réinventer le cinéma. Elle constitue le symbole de l’hommage et de l’héritage derrière la folie, qui s’apparenterait à l’aspect expérimental des précédents films. Tous ces traits de caractère sont propres au réalisateur et on devine aisément la manœuvre, presque arbitraire de sa réalisation qui s’autorise des libertés à plusieurs niveaux. Si la comédie populaire nous lasse de plus en plus, « Le Daim » tranche avec un rafraichissement de premier ordre, en rappelant toutefois qu’il faut, au préalable, avoir cotisé mentalement avec Dupieux, sous peine de perdre pied ou bien plus encore. Si on cherche des réponses dans l’immédiat, aucune fortune ne sera à l’arriver pour nous accueillir. Il faut accepter ce voyage contemplatif et paradoxale, liant un homme perdu et une veste qui pousse les désirs aux vices. Si on pourrait tout de même reconnaître un certain hommage écologique, sur la régression de l’humain à l’état primitif, jusqu’à devenir son propre gibier, il y a fort à parier que l’incertitude sera le fin mot de la descente aux enfers d’une panoplie 100% daim, matière capricieuse et controversée.
    Serge V
    Serge V

    Suivre son activité 52 abonnés Lire ses 47 critiques

    1,0
    Publiée le 19 juin 2019
    j ' avais adoré son film précédent : au poste ! absurde et très drôle , je me suis précipité pour voir le nouveau film de Quentin Dupieux ( ovationné au festival de Cannes !!! ) , quelle déception , un film sans queue ni tête , même pas drôle et se terminant façon grand guignol ! au poste était sorti dans très peu de salles , le daim a une sortie beaucoup plus abondante , incompréhensible et injuste !
    nadège P.
    nadège P.

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    4,0
    Publiée le 20 juin 2019
    C'est un film à part, spécial, pas classique, il faut le savoir. Alors quand je lis que ce film est nul et n'a pas d'histoire, je bondis car c'est tout le contraire. Ce n'est pas parce-qu'un film sort de l'ordinaire, n'est pas classique, est spécial, qu'il est automatiquement nul, non !!! Et aussi, ce film raconte une histoire, oui il y a une histoire : celle d'un quadragénaire perturbé, qui a quitté le domicile familial, pris une énorme somme d'argent sur le compte bancaire commun et qui laisse tout tomber et part en voiture acheter un blouson hors de prix qui va le rendre fou. On adhère ou on adhère pas mais on ne peut pas dire que c'est nul ou qu'il n'y a pas d'histoire. Moi j'ai aimé l'atmosphère particulière de ce film.
    Yaël R.
    Yaël R.

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    1,0
    Publiée le 21 juin 2019
    Ce film est une arnaque au spectateur. L intrigue n a aucun sens. Il faut vraiment que le cinéma français traverse un sérieux malaise pour sélectionner ce genre de film à Cannes.
    jeanclown
    jeanclown

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    1,0
    Publiée le 21 juin 2019
    Quentin Dupieux hier sur France Inter disait qu’en France il sortait trop de film ...... de qualité douteuse ... et pour ce faire il devrait exister un filtre de façon à éviter certaines sorties ... Je pense que pour ma part .... le daim ne devrait pas passer ce filtre ! Je ne dirais pas ..... lamentable , je dirais simplement à éviter Rien à tirer sauf peut être la réplique sur le film ... pulp fiction qui donne à réfléchir !
    lhomme-grenouille
    lhomme-grenouille

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    4,0
    Publiée le 1 juillet 2019
    Et bim ! Je viens de me ramasser un nouveau film de Quentin Dupieux dans la face et voilà maintenant qu’arrive ce moment fatidique où je dois m’efforcer de poser des mots dessus. C’est jamais évident ce genre d’exercice et ça peut très vite basculer dans une forme de pathétisme, la vidéo de Durendal à ce sujet en étant une très belle illustration. Parce qu’en effet, il est quand même un peu frappé l’ami Dupieux et c’est vraiment chose difficile que d’avoir à commenter son travail. Certes, avec le temps – et parce qu’il commence à enchaîner les films – on finit par voir chez lui quelques schémas se dégager. Seulement voilà; c’est aussi parce qu'il a cette capacité à rompre avec les schémas – y compris les siens – que Quentin Dupieux parvient toujours plus ou moins à me séduire. En tout cas, pour ce « Daim », il parait assez évident que l’ami Quentin est davantage revenu à l'esprit de ses épisodes « américains ». Alors que le retour en France qu’incarnait « Au poste » avait fait dévier son cinéma vers un vaudeville plus maniéré et convenu, on sent ici qu’avec le « Daim » il entend clairement revenir aux origines. On retrouve ainsi davantage cet humour de l’image sans le verbe, ce comique construit sur le décalage. On renoue aussi avec ce jeu sur les codes du cinéma de genre et même avec cette photographie laiteuse qui faisait l’identité de ses productions californiennes. Du coup, forcément, avec ce « Daim » reviennent les problématiques des « Rubber » et autres « Wrong ». Et le problème de ces films, pour moi, ça pouvait se résumer en une question : « jusqu’où le délire peut-il tenir ? » Parce qu’aussi absurde se veut-il être, un film reste avant tout un cheminement. Et même s’il y a un vrai plaisir à voir un auteur jouer avec les codes du cinéma comme le ferait un sale gosse, le risque est de très vite tourner en rond et de lasser le spectateur (ce qui était pour moi le gros problème de « Rubber » et, en partie mais en moindre mesure, de « Wrong »). Mais dans le cas de ce « Daim », on sent quand même que Dupieux continue de mûrir son art (à moins que ce ne soit moi qui en ai mûri la vision), puisqu’ici, au-delà des contre-pieds et ruptures avec lesquels il s’amuse, le réalisateur trublion arrive à poser un fil conducteur auquel le spectateur peut se raccrocher. Pour ceux qui ont vu ce « Daim », je parle ici notamment de spoiler: la « deerification » de Georges : véritable métamorphose vestimentaire qui suit en fait la métamorphose du personnage et du film. On sait qu’une fois la mutation pleinement accomplie, on sera à un paroxysme filmique. Et c’est tout bête mais pour moi c’est le genre d’artifice dont j’ai besoin pour me mettre en phase avec la dynamique d’une œuvre. Ça me fait plaisir que l’ami Quentin se permette ce genre de concession afin d’offrir au spectateur une voie d’accès. De mon point de vue ça ne retire rien à son exigence, mais ça le fait sortir d’une volonté d’obscurantisme qu’on pourrait qualifier d’égotique et d’égoïste. Et puis au-delà de ça, ce « Daim » fonctionne aussi d’autant mieux sur moi qu’à ce fil conducteur s’associe un vrai propos que j’ai trouvé très intéressant d’explorer. Alors certes, à mon sens on ne retrouve pas ici la puissance et la richesse de ce chef d’œuvre (sûrement indépassable) qu’est « Réalité », mais on va clairement au-delà de films comme « Rubber » ou « Wrong » en termes de profondeur et de construction. Car ce « Daim » se veut clairement une déclaration d’amour, voire une introspection, à la démarche auteuriste dont Dupieux se réclame. Difficile d’ailleurs de ne pas voir en ce personnage incarné par Jean Dujardin une sorte de transposition du personnage qu’incarne Dupieux en dehors des plateaux de tournage. Même barbe blanchie, même décalage vestimentaire, même verbe désabusé, décalé et souvent abrupt. Georges c’est lui et son cinéma. C’est cette œuvre qu’on construit quasiment à l’arrache, guidé par une sensation pas forcément construite ni noble, et qui nous mène parfois on ne sait où. Il y a un peu de folie là-dedans, une forme de masque et de mégalomanie, beaucoup de solitude. Mais au final tout cela peut se réduire en tout et pour tout à… spoiler: un daim. C’est-à-dire un animal pas très futé qui s’agite pas mal, avec beaucoup d’insouciance, avant de mourir bêtement, sans clairvoyance sur l’existence de la menace, mais surtout sans véritable considération de la part de celui qui l’a abattu. Alors certes, tout cela est au fond assez méta et pas mal égocentrique, ce qui n’est pas forcément mon trip à la base, mais avec Dupieux ça passe carrément. Ça passe d’abord parce que Dupieux fait l’effort de transformer son introspection en véritable objet filmique intrigant et amusant, contrairement à d’autres qui font beaucoup moins d’efforts quand il s’agit de s’autopomper la nouille (kof kof « Amour et gloire » kof kof). C’est court. C’est dense. C’est direct. Et surtout, ce film, il transpire le cinéma de partout. Cette introduction décalée, mais en même temps sèche et brute, ça m’a tout de suite fait penser à du Tarantino. Même chose pour les moments de spoiler: slasher qui m’ont rappelé la crudité et l’efficacité des récentes productions scandinaves. Et que dire de ce final, totalement absurde, mais qui vient faire référence de manière totalement décalée spoiler: au « Deer Hunter » de Michael Cimino. Or, pour le coup, ce genre de décalage, c’est clairement de l’humour Canal comme moi je l’aime ! Et au fond, c’est ça moi qui me fait aimer le cinéma de Quentien Dupieux. Au-delà de sa personne et de ses névroses qui imprègnent ses œuvres, il y a un véritable amour du cinéma qui se ressent dans chacun de ses plans, qui s’inscrit dans ses films, et qui se transmet ensuite aux spectateurs qui savent y être sensibles. Et donc moi, rien que pour ça, je ne peux qu’aimer ce mec, aimer son cinéma. Aimer « le daim »… Oui, je l’ai dit : je t’aime Quentin Dupieux. Mais bon après, tout ça ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
    Kaselo
    Kaselo

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    3,0
    Publiée le 20 juin 2019
    Après avoir vu la bande-annonce et le casting du film, je trépignais d'impatience de le voir enfin sur grand écran. En sortant du ciné, ressenti perplexe ! Comme avec "Rubber", Quentin Dupieux fait d'un objet (ici un blouson en daim) l'élément central de son film. Rencontre glaçante entre folie et destinée. Si j'ai beaucoup apprécié le scénario plutôt farfelu, expérimental, deux caractéristiques assumées par le réalisateur, je reste personnellement sur ma faim. Je ne trouve pas Jean Dujardin assez tranchant dans l'interprétation de son personnage Georges, il parait même bridé (ce qu'il dit à demi mot en interview). Les répliques sont un peu light et peinent à sublimer la connexion de ce duo (avec Adèle Haenel) dans la relation qu'ils entretient l'un l'autre. Aussi, chaque moment absurde, drôle, tendu, se solde dans la foulée par une perte d'intensité. C'est bien dommage car la première partie tenait ses promesses en termes de trame, d'ambiance pesante, de décors austères. Finalement, une impression que la réalisation ne soit pas pleinement aboutie. Toutefois, on peut saluer Quentin Dupieux d'avoir su installer ce "voyage schizophrénique" immersif en réalisant une sorte de film documentaire.
    Le cinéphile
    Le cinéphile

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    3,0
    Publiée le 19 juin 2019
    Le dernier trip de Quentin Dupieux a beau être dans la veine de son cinéma, il demeure très anecdotique, ne parvenant pas à renouveler son propre style qui s’essouffle dans Le Daim. https://www.facebook.com/la7emecritique/
    Stéphane G.
    Stéphane G.

    Suivre son activité 4 abonnés Lire ses 3 critiques

    1,0
    Publiée le 20 juin 2019
    Film vide. Comment ne rien dire sur rien. Dupontel avait déjà exploré cette veine, et aujourd’hui le filon est tari. Ce type de film, sous couvert de renverser les codes de la comédie classique, est paresseux.
    Charles G
    Charles G

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    1,0
    Publiée le 21 juin 2019
    Un court-métrage aurait suffit à un scénario aussi faible. Très décevant et si peu amusant pour une comédie, « Au poste ! » était infiniment plus réussi.
    olivier1964
    olivier1964

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    0,5
    Publiée le 19 juin 2019
    Lent, image moche, scénario inexistant. Seul qualité : il ne dure pas longtemps. Cela faisait des années que je ne m’étais autant ennuyé au ciné ...
    Emmanuel P.
    Emmanuel P.

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    5,0
    Publiée le 20 juin 2019
    Bon je ne suis pas forcément objectif quand à cette critique étant un inconditionnel du cinéma de Dupieux, n'empêche le daim est pour moi son deuxième meilleur film ( après l'extraordinaire Réalité ) plus réaliste et sombre que ses précédent films, nous avons ici une fable sur la solitude par moment assez poignante. Hommage aux films de slasher Le Daim risque évidement de déconcerter le public qui ne connait pas l'univers surréaliste et kafkaïen du réalisateur , on est ici très loin du cinéma francophone habituel partagé entre réalisme morne, comédie lourdaude et nombrilisme psychologique. Jean Dujardin trouve ici un de ses meilleurs rôles. La folie est ici plus présente que l’absurde ce qui rend le film moins humoristique que prévu, à voir rien pour découvrir le cinéma hors-norme de Quentin Dupieux
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