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Champ de Batailles
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Champ de Batailles" et de son tournage !

Une découverte

Edie Laconi a longtemps vécu dans une petite maison d’un quartier excentré de Bobigny, en banlieue parisienne, à quelques dizaines de mètres d’un hôtel d’urgence. Tous les jours, devant chez lui, il voyait passer des familles dans le plus grand dénuement. Le metteur en scène se rappelle : "Un jour, mon fils est né. Nous étions maintenant trois à la maison. Je découvrais la paternité. Quelque temps plus tard, l’hôtel social est devenu un centre maternel. Désormais devant nos fenêtres ne passaient plus que des femmes toujours seules avec des poussettes. En voisin du centre, je suis allé à la journée portes ouvertes de l’établissement. Ce jour-là, j’ai découvert qu’il existait des endroits où des femmes apprenaient à être mères de leur enfant."

Trouver l'établissement

Edie Laconi n'a pas pu tourner son film dans ce centre maternel. Il en a alors cherché un autre. Le réalisateur confie : "Il en existe un par département. En 2012, j’ai reçu l’aval de la direction d’un établissement à Hérouville-Saint-Clair, près de Caen. Ce n’était pas Pas un centre maternel mais un centre parental accueillant des parents isolés - les hommes seuls restent l’exception - et des couples et leur enfant."

Processus

Champs de Bataille se construit de fragments de la vie de quelques personnages hébergés dans ce centre parental, deux jeunes femmes dans le début de la vingtaine, ainsi qu'un homme et sa compagne, plus vieux de quelques années. Les deux jeunes femmes ont été placées là avec leurs enfants respectifs à la suite d’une décision judiciaire. L’homme et son amie sont entrés dans le centre dès la naissance de leur enfant, à leur propre demande.

"Tous se côtoient dans le centre parental durant quelques semaines avant que ne soit décidé le placement dans une famille d’accueil de l’enfant du couple. L’homme et sa compagne quittent alors le centre parental pour un petit appartement. Tandis que les deux jeunes femmes se battent contre l’institution qui les somme de changer et contre elles-mêmes, pour éviter le placement de leur enfant, l’homme et sa compagne reçoivent la visite de leur enfant une fois par semaine pendant une heure en présence d’un travailleur social", note Edie Laconi.

Les 2 mères

Lydilie Maillard et Miléna Lallinec, les deux jeunes mères qui apparaissent dès les premières images de Champs de Bataille, se sont imposées très rapidement comme des personnages principaux du film. "Elles sont pugnaces, rétives, revêches. Leur courage et leur force les distinguent. Les espoirs que recèle leur jeunesse, leurs fréquents regains d’adolescence, leur naïveté, leur colère les constituent à mes yeux comme des personnages de cinéma, des héroïnes picaresques. Je les ai rencontrées dès de début de leur séjour dans le centre parental et il était une évidence que le film chemine à leurs côtés", précise Edie Laconi.

Angle

Dans ce film où l’on ne parle que de norme parentale, Edie Laconi n'a pas voulu filmer les dysfonctionnements au sein des familles que pointent les professionnels de l’institution. Il explique : "Le film n’est pas l’auxiliaire du centre parental, aussi ne documente-t-il pas ce que les éducatrices reprochent aux parents. La sympathie que m’inspirent ces deux jeunes femmes dont j’admire les qualités n’atténue pas l’ambivalence de mes sentiments face à ce qu’elles et leurs enfants vivent. Certes, le placement judiciaire des familles au centre parental est une mesure liberticide. Mais, ou plus justement « ET » la société a la mission de protéger ses enfants. C’est là toute la complexité de ces questions."

Une réalisation qui évolue

Pour restituer cette complexité, Edie Laconi a opté pour une caméra évoluant au fil des longs entretiens récurrents entre les jeunes filles et les éducatrices qui viennent mesurer l’évolution de la relation parent-enfant. "Lors des premiers entretiens, la caméra est placée face à la jeune fille. Scénographie d’un combat déséquilibré. Elle fait front à l’institution représentée par un groupe d’éducatrices tenu hors champ, réduit à un chœur de voix. Nous voyons affleurer les sentiments de la jeune fille, éprouvons avec elle ce qu’elle vit. Les mois passant (le film a été tourné sur une année) la caméra s’affranchit de sa posture première et se déplace sur le côté. Elle n’est plus frontale mais latérale. La jeune fille est désormais filmée de profil. Les professionnels apparaissent également à l’image. La caméra va de l’une aux autres. Plus tard encore, l’image s’est élargie et contient en un seul plan la jeune fille et les éducatrices. Notre regard est ainsi soumis à la possibilité d’être tantôt aimanté par un pôle puis par l’autre. Il ne s’agit pas de choisir entre les deux l’un ou l’autre de ces pôles, parents ou institution, mais d’éprouver ce sentiment d’ambivalence qui naît devant la difficulté de ces questions. A la fin du film, sans s’être jamais départie de sa solidarité pour le parent, la caméra retrouve sa place frontale originelle, face à la jeune fille", précise-t-il.
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