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Patjob
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4,0
Publiée le 3 janvier 2026
Cette unique (je crois) « comédie romantique » du maître Suédois ne se limite pas à ce genre, pour savoureuses que soient quelques situations vaudevillesques, en introduisant régulièrement des éléments dramatiques et des réflexions sur l’amour et sur la vie. Le désir est d’emblée le moteur des personnages et Bergman en parle de façon naturelle, sur un ton qui devait être bien novateur dans le milieu des années 50. Il s’agit en grande partie d’une guerre des sexes, où les hommes se caractérisent par leur égoïsme et leur volonté de domination, et les femmes par leur légèreté et leur malice. Plus symboliquement les premiers sont associés à l’image de la mort, les secondes à celles de la vie. L’entrelac des personnages, la qualité littéraire des dialogues et la précision de la mise en scène font du film un plaisir constant, qui baigne dans un climat de sensualité, presque poétique, et devient une forme d’ode au plaisir et à l’amour. A la richesse de l’observation s’ajoute une dimension morale, quand, loin des intrigues et des calculs amoureux des « puissants », ce sont les gens purs ou simples qui trouvent le chemin de la vérité.
La bourgeoisie se dévergonde. Bien que l'on y retrouve cette "obsession" de tout ce que peut signifier le lien conjugal, s'il n'y avait pas quelques têtes familières et ce savoir-faire unique pour mettre les femmes en valeur, on ne croirait pas voir un film de Bergman. Vaudevillesque et trépidant, "Sourires d'une nuit d'été" n'a absolument rien du ton habituellement solennel (pour ne pas dire professoral) des films du Maître suédois. Les dialogues y sont haut en couleur. Plein de cynisme et souvent à la fois étrangement et délicieusement suggestifs. Si ces messieurs y sont en grande forme, ce sont bien ces dames qui raflent la mise. Toutes, et j'insiste bien là-dessus, se lancent à coeur joie dans des numéros provocateurs et gouailleurs absolument irrésistibles. Bien que moralement discutables, elles en sortent toutes indemnes. Voilà le film que même les plus féroces détracteurs de Bergman sauront apprécier.
Un vaudeville en milieu bourgeois tout ce qui a de plus banal. Histoires de tromperie, de faux-semblants mais aussi d’amour véritable. Bergman s’amuse des mœurs de ses personnages sans être caustique ni suffisamment mordant.
Un virevoltant marivaudage dans lequel Bergman se plaît comme souvent à jouer de la mise en abyme pour redoubler le sens et les possibilités de sa thématique centrale, ici l'amour, ses affres et ses beautés. Enjoué, dynamique, amusant, le film - porté par des comédiens excellents - alterne entre comiques de vaudevilles et lucidités grinçantes sans se départir d'un fatalisme apaisé ni d'un souriant espoir, nous faisant rêver aux trois sourires des nuits d'été...
Bergman nous livre une comédie bien huilée qui ressemble à deux doigt à une pièce de théàtre. On s'ennuie pas et les rêveur, comme souvent dans les films de Bergman, finissent heureux.
Malgré ses apparences, Sourires d’une nuit d’été n’est pas l’adaptation d’un roman ou d’une pièce de théâtre. L’auteur du scénario, Ingmar Bergman lui-même, était avant tout un homme de théâtre. Tôt dans le film, une réplique fait mention que nous ne sommes plus au théâtre, celle-ci ne doit pas être prise au pied de la lettre. Tout dans Sourires d’une nuit d’été renvoie au théâtre : l’abondance des plans frontaux et des scènes tournées en intérieur, la comédie du remariage narrée teintée de mélodrame et de marivaudage, le découpage en trois actes. Bergman pousse même l’expérience jusqu’à mettre en abyme une pièce de théâtre dans son film. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
L’intrigue de ce vaudeville, inspiré de Shakespeare, de Beaumarchais et de Marivaux, est passablement complexe. Il se déroule dans les années 1900 en Suède. Frederik, un avocat veuf, d’âge mûr, est remarié avec Anne, une très jeune femme. Henrik, le fils qu’il a eu de sa première épouse, en est amoureux. Lui-même a une maîtresse, Désirée (la bien-nommée), une actrice de théâtre, laquelle est entretenue par un aristocrate, le comte Malcom, que l’épouse essaie vainement de reconquérir. L’ensemble de ces personnages se retrouvent la nuit de la Saint-Jean dans le château de la mère de Désirée.
Sélectionné au Festival de Cannes de 1956, Sourires d’une nuit d’été est le film qui a révélé Ingmar Bergman à la presse et au public international. Mais ce n’est pas un film représentatif de l’œuvre de l’austère réalisateur suédois qui, sans aller jusqu’à le renier, en a toujours minoré l’importance.
Sourires d’une nuit d’été n’est pas sans rappeler "La règle du jeu de Renoir" – Bergman admirait le cinéma français de Carmé, Duvivier, Renoir. Il en a la finesse, la légèreté, l’humour. Les personnages masculins sont interprétés avec un formalisme empesé par la fine fleur de l’Académie royale de Suède. Les rôles féminins sont jouées par des actrices hors pair, Eva Dahlbeck « le porte-étendard de la féminité triomphante » selon l’expression de Bergman.
Après ce succès, Bergman tournait "Le Septième sceau" puis "Les Fraises sauvages". Son cinéma prenait un tour radical. Pour le meilleur et pour le pire.
Sourires d'une nuit d'été est vraiment exceptionnel et parfait dans sa réalisation et sa théâtralité. C'est une transposition réussie du genre de la comédie au cinéma. Les acteurs sont géniaux, l'amour traité avec légèreté et parfois un soupçon de gravité. Les farces sont bien senties et maîtrisées. Un film à la fois divertissant et cultivant.
Boarf, Sourires d'une nuit d'été fait partie des Bergman qui m'ennuient gentiment. En fait je dirais que tout ça est bien trop long pour ce que ça veut dire et que ce marivaudage à huit est assez réjouissant, mais s'embourbe mine de rien assez vite sans créer réellement de situations qui seraient cocasses.
Alors oui j'ai souri à plusieurs reprises, mais je pense qu'on ne m'ôtera pas de la tête l'idée que le film aurait dû commencer au moment où tous les huit sont inventés chez Désirée, grand actrice qui se tape un peu tout le monde, ça aurait permis au film d'être plus dense et de moins traîner en longueur, surtout que finalement il n'y a que très peu de moments, voire aucun, où je ressens quelque chose pour ces personnages. Tout ça est très mécanique, très écrit et finalement on n'a pas de moments, même à la toute fin, où on voit les personnages s'aimer et où juste en les regardant on comprend qu'ils s'aiment.
Là j'ai plus l'impression de voir une pièce de théâtre où on a voulu trop en faire, mettre plein de personnages, plein de situations, mais que finalement on en a oublié l'alchimie qui lie le tout et qui fait qu'on a envie que les amoureux finissent ensemble et que cette "équation se résolve".
J'ai lu le commentaire joint avec le DVD d'Aurélien Ferenczi où il parle d'une scène qu'il trouve hilarante (un type se pend et tombe sur un mécanisme qui ouvre une porte), il faut m'expliquer ce qu'il y a là d'hilarant... J'ai plutôt l'impression qu'on essaye de créer de l'emphase sur rien du tout.
"Sourires d'une nuit d'été" m'évoque une comédie classique à la Molière, avec des personnages tous plus excentriques et caricaturaux les uns que les autres : la servante dévergondée, la comédienne séductrice, le militaire orgueilleux, etc. Le scénario évoque l'hypocrisie des relations humaines, tromperies et coups bas peuplant le quotidien de chacun. Comédie oblige, chacun trouvera finalement son compte lors du dénouement, après moult péripéties et un vin aphrodisiaque distribué par une grand-mère lubrique... L’interprétation est excellente, en particulier grâce aux actrices Ulla Jacobsson, Harriet Andersson et Eva Dahlbeck.
Superbes acteurs, superbe histoire, superbe film. Film cabot, sensible, franc, divers, drôle, triste, crédible.
Il y a bien quelques détails qui m ont gêné (la scène de nuit du lit de la chambre du fils, la comtesse qui trouve l avocat au petit pavillon, le serviteur de la mère de l actrice, les explications sur le tire du film), mais cela importe peu par rapport au plaisir de voir ces personnages se débattre à la recherche de leur bonheur.
Comédie à la fois dramatique et délicieusement romantique, "Sourires d’une nuit d’été" est en tous les cas une œuvre vraiment passionnante à visionner. Les succulents dialogues et son brillant casting y sont évidemment pour quelque chose, mais il ne faudrait surtout pas occulter la très belle mise en scène d’un Ingmar Bergman qui offre beaucoup de poésie et de raffinement à ce vaudeville bien attachant. On notera aussi la présence de très beaux décors et d’une photographie d’une réelle beauté. En clair, Ingmar Bergman nous aura offert une œuvre bien délicate à visionner.
Après le somptueux "Les Fraises sauvages", voici mon 2è Bergman. Souhaitant rester dans la légèreté j'ai choisi ces "Sourires d'une nuit d'été". Marivaudage où l'on n'attend pas vraiment un cinéaste comme Bergman. On ne peut que constater qu'il se frotte au genre avec talent. Un avocat : Me Egelman, sa toute jeune 2de épouse Anne (18 ans et encore vierge malgré un mariage il y a déjà 2 ans), son fils Henrik futur pasteur déchiré entre ses sentiments pour sa "belle-mère", une actrice Desiree Armfelt ancienne amante de Me Egelman, un militaire le compte Malcolm nouvel amant de l'actrice en question et sa femme Charlotte, la bonne Petra, tout ce petit monde se tourne autour et succombe aux jeux de l'amour et de la séduction. Une réflexion sur le couple plutôt malicieuse où l'homme malgré sa posture de sexe fort se montre bien plus faible que toutes ces femmes qu'elles soient naïve et tendre (Anne), séductrice et manipulatrice (Desiree et Charlotte) ou légère et mutine (Petra). Une bonne comédie de mœurs qui inspira Woody Allen pour "Comédie érotique d'une nuit d'été".