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An Elephant Sitting Still
note moyenne
3,9
56 notes dont 5 critiques
33% (2 critiques)
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5 critiques spectateurs

Cinéphiles 44

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5,0
Publiée le 06/12/2018
Après s’être imposé le documentaire « Les Âmes Mortes » et ses huit heures et quinze minutes il y a quelques mois, commencer l’année 2019 avec un drame chinois de près de quatre heures ne nous faisait pas peur. « An Elephant sitting still » dresse le portrait d’une société moderne mais anéantie par son égoïsme et son manque d’empathie. Une relation infidèle qui mène au suicide, un harcèlement scolaire qui se conclut par un accident, une amitié détruite à cause d’un mensonge, un cuisinier mort par le feu à cause de mauvaises conditions de travail et la fuite de ses clients, un grand-père envoyé dans une morbide maison de retraite car il n’est plus utile à sa famille, une relation illégitime rendue publique sur les réseaux sociaux…Tout ça sur une journée. Hu Bo signe une œuvre de douleurs et d’amertumes. Un cri de colère avant de quitter définitivement cette société sans passion ? Hu Bo adapte à l’écran son propre roman. « An Elephant sitting still » est maîtrisé sur tous les points. La caméra est fluide, les protagonistes respirent la sincérité, la mise en scène est captivante au plus près de l’intimité des personnages et finalement ces quatre heures sont envoutantes. Malheureusement, ce premier long-métrage est le dernier, car Hu Bo s’est suicidé le 12 octobre 2017, juste après le tournage, il n’avait que 29 ans. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Malo G

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5,0
Publiée le 09/01/2019
Un chant du cygne éblouissant. Les frissons surgissent déjà et surgiront longtemps après, aux souvenirs des fulgurances si précieuses et lumineuses malgré la noirceur du récit, qui jaillissent de cette fresques de quatre heures - pleinement justifiées - en forme de dernier cri brut et sans concessions du réalisateur Hu Bo avant de se suicider à 29 ans. Un quatuor d’acteurs bouleversants et aussi seuls que dans un tableau de Hopper, sublimés par des plans-séquences d’une fluidité rare, des riffs de guitare électrisants et un mythique éléphant qui trône quelque part au loin dans la brume épaisse, solide et droit comme un moaï, encrage poétique à une forme de résistance ou peut-être de délivrance face à la violence du monde.
AZZZO

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2,5
Publiée le 10/01/2019
Une ville, une journée et une caméra qui va de personnage en personnage. L'objectif de Hu Bo est de montrer que la violence se transmet par les mots et que rien ne peut l'empêcher sauf le silence et la résignation. Le propos est fort dans un pays à l'histoire tourmentée où de simples dazibao ont humilié et conduit des millions de personnes à la mort. Le film est très lent, très sombre, à la manière d'un Tarkovski. C'est un choix. On adore ou on déteste. La seule question est de savoir si les 4h sont justifiées et, selon moi, la réponse est non. C'est un film à thèse or les personnages se ressemblent trop : par delà leurs différence physiques, de sexe ou d'âge, ils manquent tous de caractère dans la mesure où ils sont incapables d'échapper à leur environnement et transformer l'histoire. On est loin de la réalité. C'est noir et pessimiste comme du Houellebecq mais il manque l'intelligence et le cynisme. Quoi qu'il en soit, c'est une oeuvre originale et atypique qui mérite d'être vue.
traversay1

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2,5
Publiée le 06/01/2019
Pendant la projection d'An Elephant sitting still, il est impossible d'oublier que son réalisateur, Hu Bo, s'est donné la mort à 29 ans, une fois son film terminé, avant même sa présentation au public et notamment sa première à la Berlinale 2018. Il y a dans ce film dostoïevskien tellement peu d'espoir en l'humanité, à travers la grisaille de ces vies misérables exposées à l'écran ! Ce pessimisme est conforté, si l'on peut dire, par une vision terrible d'une Chine post-industrielle où les relations entre les êtres ne semblent plus pouvoir exister autrement que par la violence. Techniquement parlant, An Elephant sitting still est bluffant de maîtrise, d'autant qu'il s'agit d'un premier long-métrage, Hu Bo ayant adapté son propre roman. Longs travellings et sens inné du cadre, dans des endroits confinés ou des décors de terrains vagues, la noirceur de l'atmosphère est rendue avec une constante vision qui participe à un climat général quasi post-apocalyptique. Le cinéaste privilégie les scènes à deux personnages avec des conversations où de lourds silences marquent l'absence de réelle communication. Ou sinon, ce sont des cris; des injures et de la violence. Grand film, alors ? Peut-être sur la forme mais il a l'inconvénient majeur de durer 3 heures 50, ce qui est beaucoup trop, d'autant que les relations entre les 4 personnages principaux et leur environnement sont parfois opaques. Le récit tourne en rond fatalement, emprisonné, lui aussi, dans cette gangue d'obscurité infinie que rien ne vient contrebalancer si ce n'est ce fantasme irréel qui donne son titre au film. Noir c'est noir et il n'y a plus d'espoir.
Rgxbx

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4,5
Publiée le 22/01/2019
« Son film restera parmi nous pour toujours » déclare Béla Tarr à propos de l’ovni An Elephant Sitting Still. En effet Béla. Avant de m’enfermer dans la petite salle de 34 places du cinéma Lumière Fourmi pendant 3 heures et 50 minutes avec 7 autres personnes pour la seule séance lyonnaise du jour, je lis le petit livret fourni par le distributeur (à film exceptionnel, moyens exceptionnels). On y apprend notamment que le susmentionné Béla Tarr a enseigné sa science filmique à Hu Bo au festival de Xining, on y lit également cette tristement prophétique phrase du réalisateur : « A notre époque, il est de plus en plus difficile d’avoir foi ne serait-ce que dans la plus infime chose qui soit, et la frustration qui en découle est devenue caractéristique de nos sociétés. Le film transforme des vies engluées dans la routine quotidienne en mythes individuels ». Hu-Bo, quelques jours après avoir achevé la post-production du film, se donnera la mort à 29 ans. Le film nous conte les péripéties de quatre provinciaux humiliés dans une Chine post-industrielle plus repoussante que jamais. La seule et unique œuvre de Hu Bo (adaptation de son propre roman) est rare et précieuse. Le film est d’un pessimisme à faire passer Houellebecq pour un optimiste Kevadamsien invétéré. Dans le monde de Hu Bo – et sans doute dans le nôtre – personne ne s’écoute, personne ne se fait confiance, personne ne se voit, personne ne se supporte. La mise en scène léchée de Hu Bo rend service au nihilisme et au pessimisme de chacun des quatre personnages : la mise au point n’est faite que sur eux, le reste est flou et n’importe pas. Il est clair que Hu Bo a vu les films de son professeur Béla Tarr et il est également clair que Hu Bo a bien reçu les enseignements de Béla tant sa maîtrise des plans-séquences, des travellings et de la temporalité (on rappellera ici que Le Tango de Satan du hongrois dure quelques sept heures et trente minutes) est époustouflante. La narration ne s’étale que sur une journée pendant laquelle les quatre protagonistes désirent rejoindre le village de Manzhouli pour voir un éléphant perpétuellement assis qui ignore le monde. La caméra de Hu Bo suit les acteurs au plus près, ne les lâche jamais et entraîne le spectateur dans leur vie qui file entre leurs doigts. « Vous êtes tous des merdes » ; « ce Monde est répugnant » ; « tu peux aller n’importe où, tu ne trouveras rien de différent », « il n’y a que de la souffrance, la vie est comme ça de toute façon ». Voilà dans quel genre de good mood nous plonge Hu Bo mais jamais on ne s’ennuie pendant ces 3h50 de maîtrise technique absolue. Savoir qu’An Elephant Sitting Still est la dernière réalisation d’un réalisateur si talentueux donne une saveur incroyable à un film extraordinaire.
Yves G.

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1,5
Publiée le 19/01/2019
Un adolescent blesse gravement le caïd du lycée qui rackettait son camarade. Sa meilleure amie, qui vit seule avec une mère revêche, entretient une liaison adultère avec le directeur adjoint du même lycée. Son voisin, un militaire veuf et retraité, est expulsé de chez lui par ses enfants qui ne supportent plus la cohabitation. Noir c'est noir. Le cinéma chinois se plait à nous décrire un pays déprimant. "Le Rire de Madame Lin" (2017) : des enfants ingrats se renvoient la responsabilité de veiller sur leur mère vieillissante. "Have a Nice Day" (2017) : dans des paysages urbains sans âme noyés sous la pluie et sur fond de corruption galopante, des personnages sans foi ni loi se disputent un magot. "Les anges portent du blanc" (2017) : l'enfance malheureuse des deux gamines victimes inconscientes de la pédophilie d'un apparatchik sans scrupule. "Fantasia" (2014) : une famille est confrontée à la maladie du père leucémique. "An Elephant Sitting Still" s'inscrit dans cette longue généalogie. Deux éléments l'en distinguent. Le premier est le sort de son réalisateur qui, à vingt-neuf ans seulement, s'est suicidé durant la post-production donnant à son film une écrasante solennité posthume. Le second est sa durée : près de quatre heures à l'aune desquelles les documentaires les plus longs de Wang Bing ("À la folie" sur la déréliction du système de santé ou "Argent amer" sur la déshumanisation des usines textiles) font figure de court métrage. "An Elephant Sitting Still" a la main lourde qui ne laisse guère de lueurs d'espoirs dans la vie si triste de ses protagonistes. Durant l'unique journée où se déroule son action polyphonique, ils sont victimes de toutes les avanies qu'un esprit suicidaire peut concevoir. Si le film avait duré quatre-vingt dix minutes, on l'aurait adoré. Mais, passées les deux-cent trente minutes, abruti par l'ennui que des plans séquences étirés jusqu'à plus soif distillent, écrasé par les drames successifs qui s'abattent sans discontinuer sur les personnages, la meilleure volonté du monde et le respect dû aux jeunes génies suicidés capitulent.
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