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    Filles de joie
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Filles de joie" et de son tournage !

    Naissance du projet

    A l'origine, Anne Paulicevich était tombée sur un article racontant la double vie que ces femmes mènent (s’occupant de leurs enfants le matin avant de partir se prostituer de l’autre côté de la frontière) à quelques kilomètres de chez elles, où les bordels sont légaux. "A l’époque, les premiers plans d’austérité venaient d’être mis en oeuvre et ils frappaient de plein fouet les femmes, toujours plus précaires. Je voyais des amies, des voisines, se battre au quotidien pour s’en sortir, sans jamais baisser la tête. Toutes les pièces du puzzle se sont alors assemblées et, pour moi, tout a fait sens", se rappelle la scénariste et réalisatrice, qui en a ensuite parlé au metteur en scène Frédéric Fonteyne, pour qui l’héroïsme au féminin est un thème qui traverse la plupart de ses longs métrages (Tango libre, La femme de Gilles, etc.).

    Héroïsme au féminin

    Via ces trois femmes qui traversent la frontière, tous les jours, pour aller se prostituer en Belgique, Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich ont voulu raconter une histoire centrée sur l'héroïsme au féminin. La seconde explique : "Lorsque j’ai appris que j’étais enceinte et que j’allais avoir une fille, ça a été un choc : comment mettre une petite fille au monde quand on voit l'étendue des violences faites aux femmes ? Ça m’était d’autant plus insupportable qu’à ce moment là, je sortais moi-même en miettes d’une relation de travail et d’amitié toxique avec un homme. Il m’avait tellement écrasée que j’ai eu, parfois, envie de me jeter par la fenêtre. Mais j’allais devenir mère, alors, plutôt que de me tuer, j’allais donc tuer un homme dans mon scénario."

    Se rendre sur le terrain

    Pour gagner en authenticité, Anne Paulicevich a essayé, avant le tournage, d'entrer dans des bordels, mais la chose n'a pas été rendue possible. Elle en a alors parlé à une amie qui lui a appris que son cousin est le neveu de Dodo la Saumure, célèbre proxénète français. La réalisatrice se souvient :

    "Elle nous présente et, grâce à lui, je rencontre Dodo dans un café de Bruxelles. Deux jours plus tard, il m’emmenait visiter ses bordels. Dans les deux premiers, le contact était compliqué, mais au troisième, la connexion avec les filles a été immédiate. Je me suis installée sur un fauteuil et c’était parti. Pendant neuf mois, j’y suis allée deux à trois fois par semaine. Je n’ai jamais pris aucune note, ni rien enregistré. Je n’ai même pas eu à poser de questions : les réponses venaient, d’elles-mêmes. On fumait des clopes, avec les filles, et elles me racontaient leurs histoires, leur vie, leur quotidien."

    Côté casting

    Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich avaient pensé à prendre de vraies prostituées dans les rôles principaux, ce qui s'est finalement avéré impossible puisque ces femmes cachent leur double vie à leurs proches. La seconde raconte : "On a cherché longtemps et Noémie (Lvovsky), Sara (Forestier) et Annabelle (Lengronne) sont toutes entrées en connexion directe avec leur personnage. Elles aussi sont venues avec moi au bordel. Elles en sont également ressorties assez secouées, mais avec l’envie de porter le film avec la dignité et le courage que ces femmes méritent."

    Changement de titre

    Au départ, le film devait s’appeler "La Frontière" parce qu'il joue sur des frontières à la fois sociales et géographiques. "Frontières des genres, frontières émotionnelles : on est toujours sur le fil, en fait, comme dans un entre-deux, ou sur un point de bascule. Mais l’actualité de la question migratoire aurait pu prêter à confusion. On a donc cherché un nouveau titre et notre distributeur nous a proposé Filles de joie . J’ai trouvé ça très juste. Ça correspondait parfaitement à l’impression que j’avais eu quand j’avais rencontré les filles. Oui, il y a de la joie en elles ! Quand elles se retrouvent dans leur salon, au bordel, elles rient. Parce qu’entre deux clients, c’est le moment où elles peuvent souffler, sans mari ni gamin dont elles devraient s’occuper", précise Frédéric Fonteyne.

    Tournage intense

    Compte tenu du sujet du film et du fait que certaines scènes soient à la limite du supportable, le tournage a été très intense. Anne Paulicevich explique : "C’était d’autant plus dense que nous n’avions que trente jours de tournage et un petit budget. Et puis, la configuration, entre Frédéric et moi, était un peu exceptionnelle : c’est la première fois que l’on avançait en collaboration aussi étroite. En plus du scénario, je m’occupais de la direction artistique. On a toujours travaillé en ping-pong, mais, cette fois, le ping-pong s’est poursuivi sur le plateau. Lui en était le chef, au plus près des actrices et des acteurs, moi j’étais au combo. En outre, parfois, les actrices préféraient s’adresser à moi, pour partager des émotions plus « féminines », disons ! On a préparé le film à deux, on a continué à deux jusqu’au bout."

    Prostitution et solidarité

    Filles de joie est un film politique, Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich ayant un point de vue engagé et assumé sur la réalité de ces prostituées. Mais, au-delà de ces dernières, le long métrage raconte comment la solidarité peut naître, même dans les pires endroits et les pires moments. "Seul dans son coin, on ne peut pas y arriver. En revanche, si on lève un peu le nez, si on se rend compte que le voisin galère aussi pour s’en sortir, alors on peut se bagarrer ensemble. C’est ce qu’il s’est passé dans tous les mouvements de contestation sociale : la solidarité ne s’impose jamais d’emblée. Mais elle est la condition sine qua non pour pouvoir avancer. D’où le choix de trois personnages, plutôt que d’une héroïne qu’on mettrait en avant : seule, elle n’y parviendrait pas. À trois, elles peuvent sortir du rail où elles s’étaient retrouvées coincées", confie le second.
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