Notez des films
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    Monsieur
    note moyenne
    4,2
    629 notes dont 94 critiques
    répartition des 94 critiques par note
    23 critiques
    49 critiques
    18 critiques
    3 critiques
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    1 critique
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    94 critiques spectateurs

    tuco-ramirez
    tuco-ramirez

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    4,0
    Publiée le 20 février 2019
    Une énième histoire d’amour impossible entre un homme et une femme issus de milieux si différents qu’incompatibles ? Oui, bien entendu que l’on peut voir du « Pretty Woman » à la sauce indienne pour les plus sournois ; les plus cinéphiles y verront plutôt une référence à un cinéma moins commercial et plus fin, « In the mood for love ». On est dans une comédie romantique classique et de très bonne tenue qui rappelle le cinéma hollywoodien des grandes heures. Primé à Cannes, Saint-Jean de Luz et Cabourg ; un film du monde à festival ; bien plus que çà, une histoire d’amour universelle traversée par la condition de la femme en Inde et les mutations sociétales à venir dans ce pays. Une jeune femme veuve vient de sa campagne pour faire la servante à Bombay chez un jeune homme de très bonne famille dont les espoirs de mariage viennent de voler en éclat. Dans cette société où les castes n’existent plus officiellement mais où les traditions restent malgré tout bien ancrées, une relation sentimentale n’est tout bonnement même pas envisageable ; et çà ne les traversent nullement. Elle, souhaite profiter de la ville pour se réaliser et s’émanciper : devenir couturière, elle représente les forces combatives de ce pays. Fataliste quant à son statut dans cette société ; mais elle représente à son insu un mouvement de fond qui devrait traverser la société indienne. Lui, perdu dans un monde dans lequel il ne se reconnait plus après un long moment de vie aux EU ; il représente la société des nantis acceptant le changement de donne. Et par de maigres moments succincts dans ce bel appartement dont ils ne partagent que les murs et parfois la cuisine va se nouer un véritable lien, une jolie histoire d’entraide et de soutien qui va se convertir en amour impossible à concrétiser. Un maître ne sort pas avec sa bonne ; c’est acté et conscientisé par les deux jeunes gens ; on comprend qu’il faudra 2-3 générations pour que les choses changent en profondeur dans ce pays. Très fin, tendre ; ce film est aussi bien une romance sentimentale, qu’une peinture sociale juste, qu’une étude des caractères, qu’un drame intime. La jeune réalisatrice dont c’est le premier film, Rohena Gera, n’offre pas un film militant et manichéen ; elle se place juste en observatrice de l’emprise des conventions sur l’intime. Tout cela dans une mise en scène gracieuse. Juste pour faire la fine bouche. Cousu de fil blanc, le final fait du bien malgré tout car il laisse la place à une vision positive du champ des possibles dans cette société cloisonnée ; mais si utopiste. Même si on passe un très bon moment ; on aurait aimé un peu plus d’aspérités pour un projet final entre le subversif « The housemaid » et l’académique « Miss Daisy et son chauffeur ». L’actrice principale, Tillotama Shome, apporte une intensité dans la détermination de cette jeune femme et une tendresse qui rendent ce personnage plus complexe que les bluettes romantiques type « Pretty Woman ». Verdict : on est dans la même mouvance que ce dernier mais le produit final est radicalement différent. A voir absolument, mon dernier fil indien était « The lunchbox » ; une véritable perle. tout-un-cinema.blogspot.com
    islander29
    islander29

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    4,5
    Publiée le 26 décembre 2018
    le film est la fois simple et brillant...Nul doute que la réalisatrice connaisse le cinéma de Satyajit Ray...On en retrouve la sobriété et les principes dans un cinéma réaliste et humaniste……Sur une histoire d'amour, elle brosse la problématique des castes en Inde…..Le film est servi par un rythme qui n'est ni rapide, ni lent, mais sait se poser sur l'instant et le dialogue…..La mise en scène est sobre servie par des cadrages et des plans travaillés….La pudeur des sentiments n'est pas sans rappeler un cinéma néoromantique des années 60 ou 80, avec deux personnages que la société sépare mais qui peinent aussi à se connaitre eux mêmes…..On admirera les plans extérieurs dans une fête religieuse sur le Gange, les plans de Bombay et les intérieurs raffinés parfois…..Attention aussi la musique romantique et originale...bref on est en Inde sous de multiples facettes et cela permet la réalisatrice d'atteindre deux objectifs, critiquer certaines mentalités, et parler d'une belle histoire d'amour...Un film qui s'inscrit quand on sort de la salle et c'est très bon signe….Je conseille……
    circusstar
    circusstar

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    4,0
    Publiée le 18 janvier 2019
    La délicatesse et la pudeur des sentiments aux Indes. C’est un beau film, intéressant, émouvant, gracieux : j’ai beaucoup aimé. C’est vraiment bien.
    Boyau coriace
    Boyau coriace

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    3,0
    Publiée le 31 décembre 2018
    Bon petit film mais qui me laisse, surtout la fin, sur ma faim. La mise en scène est soignée, les cadrages sont bien réalisés, le casting est de bon niveau, le scénario est assez bien ficelé, le rapport des castes est traité sobrement, sans pathos mais l’ensemble reste un peu mièvre. On est loin de ce que Bunuel, Chabrol, Losey ou Renoir ont pu produire sur la même thématique.
    virnoni
    virnoni

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    4,0
    Publiée le 13 janvier 2019
    Belle découverte. Film doux et subtil sur un amour hors des castes dans l'Inde d'aujourd'hui. Les interprètes sont beaux et justes. Leur relation est bien amenée, bien rendue, pleine de pudeur et de délicatesse. La passion se retient et se dit à demi mot. La scène de la déclaration contenue exprime tout le désir entre deux êtres éperdus mais qui doivent lutter contre justement eux-mêmes, coupables aux yeux de leur entourage, des gens en général. L'une des dernières plus belles scènes d'amour vues récemment au cinéma. On découvre également un pays en mouvement qui laisse de côté toute une partie de la société, surtout les femmes. Elles doivent lutter pour exister et trouver leur propre voie, alors même qu'elles sont le ressort d'une société qui se cherche et dépend d'elles et de leur évolution. Il est très dur d'assister à ce système de castes qui créé la honte et pousse à correspondre aux codes culturels, familiaux, sociaux plutôt que de laisser ses sentiments s'exprimer et s'épanouir (joli rôle d'ailleurs de la meilleure amie au fort caractère). Pays de lourds contrastes, entre modernité et replis. C'est surement manichéen parfois et trop doux par rapport à la réalité, mais nous sommes dans une romance. Reste une très belle carte postale pleine de poésie et de lutte aussi d'une femme pour devenir elle-même, d'un homme pour vivre ses propres choix (car si cela parle d'une libération d'une femme, le film parle aussi de celle d'un homme par rapport à ce qu'on attend de lui - famille et société). Et au final d'un couple qui doit choisir son destin. La fin est d'un rare beauté, en un seul prénom...tout est dit. Magnifiquement émouvant.
    Gfa Cro
    Gfa Cro

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    5,0
    Publiée le 8 janvier 2019
    Vu et avis le 30190107 Fin, intelligent et assez original par rapport aux films indiens que j ai pu voir. On retrouve nombre d éléments qui relèvent classiquement de l image que l on a souvent des films de Bollywood. Et pourtant, de moins de vue, ils sont tous décalés. Peu de musique, mais les paroles sont je crois plus fortes que d habitude, un message plus intellectuel (deviens qui tu souhaites être, ne t empêche pas de rêver). La danse sur le parvis de l immeuble : la chorégraphie de Ratma pourrait absolument être dans une scène dansée classique, sauf que là, elle est seule à danser ainsi, le groupe a chacun sa danse. Je n ai pas trop apprécié ce qui se passe après la danse, en rentrant. Le film était original et décalé avant, et devient un peu moins novateur après, heureusement, ratna rejoint chohri ensuite ce qui remet de l originalité. Pour moi, plus que la trame du synopsis, le film parle de l évolution des mentalités en Inde. Un homme qui est partit aux usa et revient ne se sent pas heureux dans la société de son enfance - il a goûté à autre chose et retourne difficilement aux traditions.Je ne connais pas la symbolique des bracelets, mais ratna dit dans le film que c est très étonnant et moderne que sabina les lui fassent porter. Si je me souvient bien, ashwin est présent lorsque Sabina met des bracelets à ratna. D ailleurs ratna explique qu elle ne peut pas les porter dans son village et on la voit les enlever dans le bus pour aller au mariage (et elle les porte à son retour à Bombay). Ashwin est pour moi le représentant de l Inde moderne qui a du mal à se détacher de ses traditions : il travaille sur un immeuble eco responsable, il a étudié aux usa, il est toujours vêtu à l occidentale, il a un grand respect des femmes et nesesent pas supérieur à elles, il ne crois pas (c est ce que laisse entendre la question qu il pose à ratna sur la religion), il fait un cadeau à chori et j imagine que c est inhabituel dans une relation maître domestique, il considère sa domestique -lorsqu elle arrête le tailleur, il se rend compte qu il y a eu quelque chose ; lorsque ratna est surprise dans sa chambre, il la rassure qu elle a sa confiance / qu il la sait sérieuse, ... Mais en même temps, il reste très obéissant par rapport à ses parents (il est dit au début qu il accepte de faire ce qu il fait le premier jour du film par ce que c est ce qu on attend de lui) , il remplace son frère, il met du temps à réaliser que ratna a une personnalité forte, longtemps il la considère à peine (mais est ce à cause de sa « dépression » ?). Ratna est l incarnation de l Inde plus rurale, plus reculée, qui commence à découvrir la modernité. L importance de « la ville » pour chori et que ratna probablement eu avant. Elle est gêné par le couple qui s embrasse à la télé. Elle cuisine des plats traditionnels, elle s habillé traditionel. Elle a peur de la rumeur. Elle ne connaît pas le mot qu ashwin emploie pour brave. Elle obéit à ses beaux parents. Elle n ose pas regarder ses maîtres d ailleurs dans une discussion du début avec son amie domestique aussi, celle-ci taquine ratna en disant je crois que bientôt elle va pouvoir défier la mère de ashwin - qu elle a changé depuis son arrivée du village. C est à peine si l argent qu elle gagne en travaillant lui appartient (ses parents peuvent décider de ce qu ils font de l argent des études de chori). Elle est dans le sacrifice pour permettre à sa sœur d échapper à la condition de ratna. Elle ne semble aucunement remettre en question sa condition ancillaire. Mais en même temps, elle est moderne. C est elle qui veut travailler pour ne pas dépendre de ses beaux parents, elle a des projets, elle est contente de ne plus vivre au village. Je n ai pas bien fait attention, mais je ne suis pas sur qu elle porte le deuil (blanc en Inde, mais aussi noir ; je ne sais pas combien de temps - d après Wikipedia, pas de bijou, c est peut être ça l histoire des bracelets de sabina et ratna). Elle veut que chori étudie, elle ose se défendre face aux amis de son maître si ils s en prennent à elle (un peu). Elle demande à son maître de pouvoir s absenter. Etc D ailleurs, en y pensant, j apprécie qu elle ne participe pas aux ragots du concierge, probablement qu en en ayant été victime (elle a mérité que son mari meure) elle sait comme c’est malsain lorsqu ils sont véhiculés par de mauvaises personnes. Lorsqu ratna va chez chori et que chori lui dit ce qui se dit sur ratna, elle ne répond rien mais on voit bien que ça la touche. C est délicatement fait.
    ATHMOS.ONER
    ATHMOS.ONER

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    4,5
    Publiée le 8 janvier 2019
    A Bombay, ville moderne, les traditions changent et se modernisent peu à peu. Ainsi, lorsqu’un domestique s’adresse à son employeur, il ne dit plus « Monsieur » en Indien, mais « Sir ». C’est avec ce titre le plus concis qu’il soit, Rohena Gera nous livre un film simple, bourré de détails, revendicateur en douceur, à la mise en scène soyeuse et colorée tel le tissu traditionnel des saris. Ratna est domestique chez Ashwin, elle vient d’une caste villageoise très traditionnelle, lui est issu d’une famille aisée. Il vit dans une prison dorée, un bel appartement en hauteur, loin de la foule. La vue de la terrasse est panoramique, l'esprit lui semble ne pas voir très loin car centré sur ses problèmes et omnibulé par la pression des proches. Elle n’a presque rien et pourtant elle espère raisonnablement et voit le verre de thé à moitié plein et toujours chaud. Très respectueuse et tout à son travail, son service est très maniéré et distant comme s’il y avait une barrière symbolique ou réelle entre elle et son patron. Les silences sont lourds de significations, à l'égal des gestes. Elle s’assure qu’il y ait toujours une table, un plateau, un comptoir entre eux. Elle vit dans une petite chambre, mange assise par terre, retire ses chaussures dans l’appartement, lui dispose de tout le luxe occidental, avec une ouverture d’esprit et un modernisme qui contraste avec les coutumes locales. Tillotama Shome est parfaite dans un rôle qui combine à la fois discrétion et détermination farouche. Son visage d’abord totalement neutre fini par être tour à tour lumineux, paré d'un sourire irrésistible ou, au contraire, très fermé et contrarié avec un air si dur que l'on ose s'approcher de trop près. A mesure que Ratna se livre au compte goutte, elle prend de plus en plus d'ampleur au point que l’on s'y attache. De simple domestique fade, on finit par la voir telle une femme hors de toutes classes, mais pas sans classe, dans tous les sens du terme ! Lui a découvert de nouveaux horizons et idéaux en partant à l'étranger mais se retrouve incapable de changer le fonctionnement et les mentalités de son entourage. Pire, même "ceux d'en bas" n'acceptent pas l'évolution des rôles séculaires. Le chemin reste long dans un pays où, bien qu'abolies, les limites des castes sont encore tangibles et acceptées des deux côtés. Tout en retenue, en délicatesse, avec des moments de grâce simples et touchants, l’histoire évolue jusqu’à une scène finale aussi simple que sublime, qui offre une conclusion parfaite à un premier long métrage sans faute. Certes le fil blanc est un peu trop visible mais il ne ruine pas l'étoffe de ce beau film, qui évite l’écueil d’une comédie romantique légère au profit d’une fiction qui dénonciation les injustices. Un film sur l'émancipation, qui donne de l'espoir, sans faire de victimisation. Espérons qu’il fera débat en Inde…
    mat niro
    mat niro

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    3,5
    Publiée le 18 janvier 2019
    La cinéaste Rohena Gera dépeint avec justesse la séparation entre deux mondes, celui d'Ashwin jeune américain fraîchement éconduit avant son mariage et celui de sa bonne, jeune veuve de 19 ans venue trouver du travail à Bombay. Il y a dans ce film une représentation de la société indienne assez saisissante où chacun doit rester à sa place et se méfier des commérages pour ne pas nuire à ses proches. Il y règne une tension sexuelle palpable et le film prend vraiment son essor lors de la deuxième partie quand les masques commencent à tomber. La lenteur de l'œuvre peut sembler rebutante mais c'est pour mieux accentuer la pudeur de la jeune femme et le choix qu'elle va devoir faire. Une bonne surprise.
    cosette2010
    cosette2010

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    5,0
    Publiée le 12 janvier 2019
    Tout en délicatesse. Très joli film qui nous transporte dans l'Inde moderne et traditionnelle à travers l'histoire simple de la naissance d'une connivence, d'une attirance sincère entre 2 êtres que tout oppose. Très rafraîchissant malgré la chaleur de Mumbai.
    Peter Franckson
    Peter Franckson

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    4,0
    Publiée le 6 janvier 2019
    C’est l’histoire de deux solitudes, Ratna et Ashwin, la première étant la servante du second. Un très beau film, doux-amer, tout en nuances (y compris dans le jeu des acteurs, d’un grand naturel) où la réalisatrice dépeint par petites touches l’aliénation engendrée par le système de castes (même s'il a disparu officiellement).
    Marie M.
    Marie M.

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    4,0
    Publiée le 9 juin 2018
    Ancré dans une Inde contemporaine, et au-delà de la simple histoire romantique, "Sir" aborde de nombreux thèmes comme le clivage entre ville et village, les inégalités entre classes sociales ou le poids des traditions à l’image de Ratna, veuve à 19 ans, enfermée par celles-ci dans un statut qui l’empêche d’aimer d’autres hommes. Mais "Sir" est aussi une belle histoire entre deux êtres qui trouvent la force en l’autre d’accomplir leurs rêves malgré ce qui les sépare. Tout en respirations retenues, silences et regards, "Sir" est un film qui dit beaucoup en peu de mots. La réalisatrice indienne Rohena Gena se réapproprie les codes de la comédie romantique pour livrer une histoire d’amour tout en retenue et délicatesse au discours juste et subtil. de chroniques sur mon blog : plumeetpellicule.wordpress
    Jiminou76
    Jiminou76

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    2,5
    Publiée le 25 juin 2019
    l'Inde sans bollywood, c'est chouette mais le scénario téléguidé et déjà vu depuis longtemps, empêchent de marquer l'esprit. l'univers de la couture peut marcher sur certains , pas sur moi.
    Delpha07
    Delpha07

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    4,0
    Publiée le 8 janvier 2019
    Un excellent film qui mérite amplement le succès qu'il connaît actuellement en France. Ayant grandi au Maroc dans une famille bourgeoise, j'ai trouvé ce film particulièrement juste et ai été ému de trouver tant de similitudes entre la condition de femme de ménage dans mon pays d'origine et en Inde. Ce statut ambigu qui vous donne l'impression d'appartenir à une famille, impression régulièrement mise à mal par le fossé qui vous sépare socialement et plus encore par cette asymétrie qu'il y a entre votre implication dans la vie de vos employeurs et l'indifférence qui prévaut en sens inverse. Et en cela, tout a été porté à l'écran avec une justesse et un sens de la nuance remarquables. Aishwari est au demeurant un employeur gentil et respectueux, mais Ratna et lui appartiennent à deux univers diamétralement opposés socialement (au passage, pas une seule seconde dans le film le mot de caste n'a été prononcé, il n'est question que de classe sociale). Les sentiments sont évoqués avec pudeur et le film évite ainsi l'écueil de la guimauve, malgré un scénario des plus risqués. Alors oui, on se prend parfois à vouloir un peu brusquer les choses ( spoiler: et à regretter que la fin n'ait pas été moins suggérée et plus explicite ). Mais c'était sans doute une fois de plus le prix à payer pour la subtilité.
    Yves G.
    Yves G.

    Suivre son activité 463 abonnés Lire ses 1 808 critiques

    2,5
    Publiée le 8 février 2019
    Veuve à dix-neuf ans, Ratna a fui son village pour Bombay. Elle a un rêve : ouvrir un magasin de couture. Mais pour le moment, elle n'a trouvé qu'un poste de domestique dans le "penthouse" luxueux d'Ashwin, un riche fils de famille. Ashwin étouffe : il vient de refuser d'épouser la fiancée que ses parents avaient choisie pour lui et préfèrerait aller aux États-Unis mener une vie de bohème plutôt que de reprendre l'entreprise de BTP de son père. Monsieur nous vient d'Inde mais n'a pas grand-chose à voir avec Bollywood. Ici pas de musiques "filmi", de ballets virevoltants, de bluettes romantiques. Par son scénario, par sa durée, par sa retenue, cette production franco-indienne, tournée par une réalisatrice formée aux États-Unis, respecte les canons du cinéma occidental. Son titre pourrait nous induire en erreur sur l'identité de son héros : c'est moins Ashwin que Ratna qui est au centre du film. Mais ce titre solennel a l'avantage de souligner l'infranchissable fossé social qui sépare ses deux protagonistes. Car c'est des liens de domesticité dont il est ici question. Le sujet est passé de mode en France depuis Octave Mirbeau et son "Journal d'une femme de chambre" où plus grand-monde n'a aujourd'hui de domestique. Il est toujours d'actualité dans les pays en voie de développement où les inégalités de revenus permettent aux plus riches de se payer les services des plus pauvres. C'est d'ailleurs du Chili que nous vient "La Nana" (2009) qui décrit l'ambiguïté de la relation qui unit des "patrons" à leur domestique, associée à l'intimité du foyer, mais toujours infériorisée. "Monsieur" creuse la même veine. Il le fait en imaginant une relation amoureuse entre la servante et son patron auxquels leur histoire personnelle fait partager les mêmes frustrations. Ce ressort scénaristique s'avère décevant. Parce que d'abord, à l'écran, aucune étincelle amoureuse ne jaillit entre les deux protagonistes. On est loin de l'érotisme moite des amours refoulées de "In the Mood for Love" dont se revendique la réalisatrice dans le dossier de presse. Parce qu'ensuite, une fois que l'amour s'est déclaré entre Ratna et Ashwin, il n'y a pas grand-chose à en dire ni à en faire sinon constater l'impasse dans lequel il s'est enferré. Pour décrire les paradoxes de la condition ancillaire, le film brésilien "Une seconde mère" (2015) utilisait une piste plus intéressante : la relation qui unissait la domestique avec les enfants de ses patrons.
    jaggg
    jaggg

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    3,5
    Publiée le 28 décembre 2018
    C’est à se demander si un jour l’Inde sortira de son système de castes. Pour mémoire, contrairement à ce que l’Occident pense, les castes n’ont jamais été abolies en Inde. Le seul geste du gouvernement a été d’affirmer l’égalité entre tous les citoyens dans la Constitution indienne de 1950. D’ailleurs, on ne dit plus « intouchable » mais « dalit » ou opprimé. Ce qui ne change pas grand ’chose pour eux en réalité. Certes il ne s’agit pas précisément de castes dans ce film, mais de rang social et de tradition qui demeurent lourdement omniprésents et incontournables, les mentalités toutes générations confondues restent marquées au fer rouge. Hélas pour nos 2 personnages, Ashwin le patron et Ratna sa domestique dont les relations vont évoluer, discrètement, délicatement, subtilement, dans le regard, le geste retenu. Ces 2 êtres restent sobres, dignes, touchants. Et on aimerait tellement que ça marche pour eux, qu’ils y arrivent.
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