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    Cassandro the exotico !
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Cassandro the exotico !" et de son tournage !

    Catch mexicain

    Marie Losier avait déjà voyagé à plusieurs reprises à Mexico City en tant que programmatrice de films. Lors de ces voyages, son attirance pour la Lucha Libre (le nom général du catch mexicain), qu'elle avait découverte des années auparavant au travers du cinéma, s’était accentuée. La réalisatrice explique :

    "C’est tout ce que j’aime : un monde théâtral excessif et drôle, des « personnages » de cinéma « bigger than life », des costumes multicolores et scintillants, des cris, du suspense, des prouesses acrobatiques spectaculaires et par dessus tout c’est un moment d’allégresse regroupant toutes les classes sociales avec leurs héros du ring ! C’est le deuxième sport le plus populaire au Mexique après le foot et les catcheurs y sont vénérés comme des légendes vivantes par le public en liesse. C’est une véritable religion ! Tout le monde y est réuni et « vit » le jeu à fond, les vieux, les jeunes, c’est merveilleux. Je suis, par ailleurs, comme le public mexicain lui-même, très sensible au mystère de ces hommes musclés et masqués qui ne révèlent jamais leurs identités ni dans la vie ni sur le ring. Il y a là tout un univers de sons et de couleurs qui donne une envie folle de filmer."

    Une rencontre

    Marie Losier s'était rendue à Los Angeles pour la sortie américaine de son précédent long métrage The Ballad of Genesis and Lady Jaye (2011). Un ami l'a alors emmenée voir un spectacle « Lucha Vavoom », une troupe de catch burlesque, dont la star n’était autre que Cassandro lui-même. La cinéaste se souvient :

    "Je ne l’ai pourtant connu réellement que plusieurs mois plus tard, au Mexique, sur un bateau navigant autour d’une étrange île hantée où nous nous étions donné rendez vous. Nous avons parlé des heures, puis bientôt des jours, sans se quitter. Il m’a emmenée voir des matchs dans lesquels il connaissait tout le monde. Nous avons bavé ensemble sur les sublimes corps des athlètes et ri de notre propre béatitude ! Il m’a emmenée chez sa coiffeuse, au fin fond de Mexico City, dans les quartiers très pauvres de la ville, où il s’est fait permanenter les cheveux pendant des heures, au marché des sorcières pour acheter des plantes magiques et médicinales, puis chez ses amis les indiens Aztec avec qui il s’adonne à divers rituels. J’ai tout de suite été impressionnée par sa chaleur, son excentricité, son humour décapant, sa rapidité d’esprit et, évidemment, ses capacités athlétiques (il est ancien Champion du Monde de la National Wrestling Alliance). Autant de paramètres qui contrastent avec sa petite taille, la dureté de sa vie et sa grande sensibilité."

    Pellicule 16mm

    Marie Losier a fait le choix d'utiliser la pellicule 16mm, un ingrédient fondamental dans son travail. La réalisatrice justifie ce choix : "C’est un rapport aux choses, une texture, un rituel, une histoire aussi. D’amour et de cinéma. J’aime les trucages caméra, les filtres, les optiques différentes et même kaléidoscopiques. J’aime les techniques du début du cinéma, des Méliès, des Cocteau, des Jack Smith. Le choix de la pellicule est un travail sur la matière - film, sur la mythologie - film aussi. Mais c’est avant tout un rapport à l’autre, car c’est le plus souvent sans son synchrone, juste l’image et par ailleurs j’aime aussi l’attente avant de voir la pellicule tirée. C’est pour moi le vecteur, le liant entre moi et la personne que je filme, par là que tout passe, l’émotion, la beauté, le jeu aussi. Le goût du jeu est d’ailleurs une composante importante de ma relation à Cassandro, que l’on pourrait appeler aussi pudeur tant ces jeux sont le plus souvent des révélateurs d’émotions profondes ou des occasions de passer une étape douloureuse par la joie. C’est typiquement le cas quand il évoque sa mort dans une sorte de tableau-vivant poétique."

    Fin de carrière

    Cassandro a récemment survécu à une crise cardiaque et, après les fractures, traumatismes crâniens et autres blessures en tout genre, son corps sonne l’alarme et le pousse à se questionner. Au delà de l’opération, des mois voire des années de repos seront nécessaires, et, à son âge, même s’il ne veut pas l’entendre, il est fort peu probable qu’il puisse remonter sur le ring de façon durable. Marie Losier raconte : "Cette prise de conscience le rend parfois un peu amer, et lui si affable, souriant et aimant, peut soudainement se montrer sec ou un peu cassant. Tout cela le ronge. C’est un moment difficile pour lui, très clairement. Je le comprends d’autant mieux qu’il y a des douleurs qui se font écho dans nos parcours. J’étais athlète à l’adolescence, gymnaste de compétition et trapéziste, et j’ai du arrêter suite à un accident. Comme lui, j’ai du passer par ce moment où tout ce qui constitue ta colonne vertébrale, t’es soudainement enlevé. C’est un moment charnière."

    La cinéaste Marie Losier

    Après une jeunesse passée dans la gymnastique acrobatique (trapèze, poutres, barres parallèles…) puis la danse contemporaine et les claquettes, Marie Losier étudie la littérature à l’Université de Nanterre et la peinture aux Beaux Arts à New York. Elle réalise ensuite ses nombreux portraits avant-gardistes, intimes, poétiques et ludiques de cinéastes, de musiciens et de compositeurs hors normes tels que Alan Vega, Jonas Mekas ou Genesis P.Orridge. Autant de films réalisés les week-ends, sur son seul temps libre et avec ses économies. Mais c’est son premier long métrage The Ballad of Genesis and Lady Jaye qui la fait réellement connaître. Après avoir été présenté dans plus de 200 festivals, le film sort en salles en 2011 en France, aux États Unis, au Canada, en Allemagne et au Mexique. Il gagne au passage une dizaine de prix. Régulièrement présentés dans de prestigieux festivals (Berlin, Rotterdam, Tribeca, CPH:DOX, Bafici, Cinéma du Réel, Hors Pistes, etc.), Ballad et ses autres films sont également souvent projetés dans des musées tels que la Tate Modern (Londres), le MoMA (NYC), le Centre Pompidou, ou encore la Cinémathèque Française (Paris) et la Whitney Biennale (NYC)... Elle fera l’objet d’une rétrospective complète au MoMA en Novembre 2018.
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