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Teret
note moyenne
2,9
18 notes dont 5 critiques
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5 critiques spectateurs

islander29
islander29

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3,5
Publiée le 16/03/2019
Voilà un film qui peut marquer les esprits….Par son message plus que par son côté formel, qui est lui assez commun...N'exagérons rien, ça n'a rien d'un thriller (comme le salaire de la peur ou L'intemporel DUEL de Spielberg)..Pourquoi ces deux références ? Parce qu'ils s'agit de l'histoire d'un camion et de son camionneur...Sauf qu'ici on est pendant la guerre de 1999 au KOSOVO…..Le film a ceci de fort, que l'on ne reste pas indifférent à ce chauffeur, même si le scénario nous épargne pendant bien une heure sur sa "cargaison" (plutôt que "charge", messieurs les producteurs)….Ne vous faites pas d'illusions, c'est la guerre, on ne transporte pas des caramels….Mais l'histoire est fort convaincante, et le chauffeur presque comme dans un "road" movie traverse la Serbie pour se rendre Belgrade….Paysages de guerre, ciel gris, routes barrées, il va embarquer un jeune qui va lui attirer beaucoup d'ennuis….S'il avait su...Le film est fait de dialogues, de peu d'actions, de petits faits insignifiants, et qui pourtant vont résonner très fort pour le chauffeur, et donc le spectateur...Car les petits détails nous apprennent la grande Histoire...Celle que vit le pays depuis la guerre depuis 1940, et laquelle ( lettre du père, portrait de Tito ??? bombardements, batteries antiaériennes que l'on voit comme des chapelets dans le ciel) a détruit un peuple….Le film est très habile, je m'en rend compte en écrivant ce commentaire, car il dit plein de choses avec des petits riens….C'est donc du bon cinéma, à partager, pour comprendre un peu mieux ce qui se passe , s'est passé en Europe, il y a peine une ou deux décennies….On épiloguera pas sur cette "cargaison"... Un film à voir assurément…. Même si formellement j'émettrai quelques doutes….
Jmartine
Jmartine

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4,0
Publiée le 19/03/2019
D’aucun ont voulu voir dans ce film une version serbo-croate du Salaire de la Peur d’Henri Georges Clouzot…peut être parce que le contenu du camion reste mystérieux jusqu'au bout et à ce que les spectateurs se fassent leur propre idée…Teret est le premier long métrage du jeune réalisateur serbe Ognjen Glavonic…Teret peut se traduire par charge, mais aussi chargement au sens de fardeau…Nous sommes en 1999, la Serbie est bombardée par l’OTAN, on ne voit pas la guerre mais on entend des bruits de fusillades et d’explosions dans les lointains, on voit des bâtiments et des véhicules en feu… On suit Vlada, ouvrier d’usine qui a perdu son emploi, homme ordinaire, au physique de colosse, plutôt revêche qui ayant son permis poids lourds, qui s’est vu confier la mission de conduire un camion contenant une mystérieuse cargaison du Kosovo à Belgrade. Les portes sont verrouillées, il ne peut savoir ni ne veut savoir la nature de cette cargaison…Peu avenant, Vlada se présente comme un homme aussi mystérieux que sa cargaison. On traverse des régions semi-montagneuses, plongée dans la grisaille Paysages gris, routes boueuses, silhouettes mangées par un destin sinistre, tout se conjugue pour transformer ce voyage en odyssée glauque. On y croise des personnages énigmatiques dont on ne saisit pas bien les ressorts …Le réalisateur se gardant bien de fournir à chaque situation un contexte et instille tout au long du film le sentiment d’un réel brumeux, oppressant…que l’on ne pourra jamais complètement fixer ni voir en entier. Comme le camion est soumis à des détours du fait de la destruction de certains axes, le temps semble lui aussi serpenter et s’étirer dans le huis clos de la cabine... Sur le chemin, il s'arrête pour téléphoner à sa femme, pour répondre à la police à qui il présente un mystérieux laissez-passer qui le dispense de tout contrôle…Il prendra, un peu forcé, un auto stoppeur qui veut fuir le pays et rejoindre l’Allemagne…A son contact, Vlada devient plus chaleureux et pense à son fils, grand adolescent, à peine plus jeune que l’auto-stoppeur et qui ne veut plus lui parler…Le jeune homme représente l’avenir du pays… Le passé, lui, s’incarne notamment dans le briquet fétiche de Vlada, légué par son père. L’objet, qui commémore une victoire contre les nazis, à Sutjeska., où son père et son oncle ont combattu et où son oncle a perdu la vie…ce qui donne l’occasion à Vlada de raconter à son fils une belle histoire…son oncle avait l’habitude de transporter dans ses poches des noix… le père retrouvera la dépouille de son frère, sous un noyer…le briquet sera dérobé en route par un enfant, dont on ne voit pas trop ce qu’il fait là….Il ne se passe finalement peu de chose dans ce film, mais la réalisation très maitrisée, jouant sur le hors-champ , sur ce danger qui peut surgir de n’importe qui et n’importe où dans ces terres hostiles renforce cette ambiance angoissante...et l’atrocité n’est jamais loin…mais elle n’est que suggérée au spectateur attentif …c’est fascinant mais aussi étouffant …
chas
chas

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3,5
Publiée le 16/03/2019
L’OTAN avait bombardé la Serbie en 99 pendant le conflit avec le Kosovo. Pour une poignée de dinars, un conducteur de camion serbe doit convoyer un chargement dont il ne doit pas dévoiler le contenu, pendant ce conflit qu’il perçoit comme une vidéo bien différente de la guerre de son père 60 ans auparavant. Pourtant il doit dévier de sa route barrée par des véhicules en flammes. Et que transporte-t-il ? Sombre film où un autostoppeur apporte une vision moins fataliste, quand un mariage entrevu ne constitue même pas une ponctuation légère. Les invités jouent avec le feu, les chiens aboient. Une fois enlevées les chaînes de la porte arrière, le chauffeur doit nettoyer à grande eau la soute puante, il découvre une bille de verre qui n’avait cessé de cogner sur les tôles, pendant tout le trajet sur des routes défoncées. Le chargement était plus explosif que celui du « Salaire de la peur » : cette petite sphère dérisoire est celle de l’innocence perdue qui se rappellerait à nos mémoires délavées.
velocio
velocio

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4,5
Publiée le 14/03/2019
999, le Kosovo cherche à devenir indépendant. Les forces de l'Otan bombardent la Serbie. Vlada est camionneur et il a été chargé par l'armée serbe de transporter une charge (Teret = charge en serbo-croate) vers Belgrade. Il ne sait pas en quoi consiste ce chargement, il ne peut pas le savoir, les portes arrières du camion étant verrouillées, il ne veut pas le savoir. Un pont sur la route de Belgrade ayant été bombardé, Vlada doit chercher un autre itinéraire. Cela va l'amener à rencontrer de nombreuses personnes, toutes plus jeunes que lui, dont un jeune rocker de 19 ans qu'il va prendre comme passager et auquel il va parler de son fils, à peu près du même âge et avec lequel les rapports sont difficiles. Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes en mai dernier, "Teret" impressionne par sa construction, par les choix esthétiques du réalisateur, par le charge émotionnelle, la tension qu'il dégage du début jusqu'à la fin, par les questions qu'il pousse les spectateurs à se poser, et, ce d'autant plus lorsqu'on apprend que le réalisateur, qui vient du documentaire, n'a que 33 ans et que "Teret" est son premier long métrage de fiction. C'est ainsi que Ognjen Glavonic choisit de ne pas quitter brutalement les personnes rencontrées au cours du trajet : il préfère, très intelligemment, les accompagner pendant 2 ou 3 minutes lorsqu'ils quittent le camion pour retourner vaquer à leurs propres occupations. Dans ce film à l'image volontairement blafarde (noirceur de la situation !), le son est très important : si on ne voit jamais de combat, on sait que la guerre est proche, grâce à des bruits de bombardement et aux sons des sirènes. Une guerre, une salle guerre que le réalisateur compare, lors d'une scène magnifique où il est question du père et du frère de Vlada, ainsi que d'un noyer qui a poussé sur une tombe, à la "vraie guerre", celle des partisans yougoslaves contre les nazis lors de la seconde guerre mondiale. Mais au fait, que transporte ce camion, quelle est la charge évoquée dans le titre ? Attendez la fin de ce très beau film pour le savoir !
Cinéphiles 44
Cinéphiles 44

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4,5
Publiée le 12/06/2018
« La Charge », c’est ce que doit transporter un conducteur de poids lourd au travers de la Serbie bombardée par l’OTAN en 1999. L’histoire démarre au Kosovo et Vlada doit rouler jusqu’à Belgrade. On ne sait pas ce qu’il transporte et le chauffeur a interdiction de s’arrêter et d’ouvrir l’arrière du camion. Vu le contexte, il ne préfère pas savoir et il ne tient le volant que pour le salaire. La caméra ne lâche jamais Vlada du regard, sauf quand il s’arrête quand même pour prendre une auto-stoppeuse en route pour l’Allemagne. Le comédien principal trouve le ton juste pour nous embarquer dans la peur et la perplexité permanente de cette mission. Mis à part quelques missiles au loin, la guerre n’est jamais montrée. Pourtant il y réside sans cesse ce sentiment oppressant de danger sur la route. Au-delà de la plongée dans l’obscure et la tension, « Teret – La Charge » nous renvoi à nos propres sentiments. Que ferions-nous face à une telle situation. Doit-on participer à l’inacceptable pour sauver nos yeux ? Doit-on fermer les yeux en sachant très bien que nous devenons coupables ? Un film vibrant d’humilité. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
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