La Lettre du Kremlin
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inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

93 abonnés 4 268 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 janvier 2026
A l'heure où les jamesbonderies formalisent et caricaturent l'espionnage, le film de John Huston est, peut-être, une réaction, en tout cas une alternative, à ces aventures débridées et fantaisistes popularisées principalement par 007.
"La Lettre du Kremlin" est un témoignage apparemment rigoureux (quoique non dépourvu de l'irone d'Huston) et par conséquent crédible de l'activité des agents secrets, ces soldats-mercenaires de l'ombre souvent sacrifiés, jamais reconnus.
Ce qui intéresse Huston dans ce film n'est pas tant l'intrigue en elle-même -d'ailleurs un peu complexe dans sa seconde partie, une fois qu'ayant réuni son équipe, le dénommé Ward œuvre au cœur de Moscou- que les comportements et nécessités inhérents à la profession d'espion. La suspicion et l'individualisme, la duplicité et le chantage et, plus surprenant, la férocité, caractérisent ici l'action des nombreux protagonistes mêlés à l'affaire de la fameuse lettre du Kremlin compromettant les relations sino-soviétiques.
Il est quelques scènes au cœur du film qui sont d'une intensité dramatique inattendue, précisément parce qu'elles dévoilent une cruauté parfois gratuite dont sont coupables ou victimes les espions de tous bords dans un milieu où il n'est pas de règles, où la blonde et sensuelle Bibi Anderson, maitresse d'espions tenue à l'écart, semble figurer la victime expiatoire et une idée du bonheur ou du plaisir dont l'agent secret a fait le sacrifice.
marc sillard
marc sillard

10 abonnés 199 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 septembre 2025
Comme souvent, la réalité dépasse la fiction. Ici les américains et les soviétiques se méfient des chinois. De nos jours l'impression est différente. Ces films d'espionnage sont difficiles à rendre crédibles. Hitchcock s'y est essayé, avec une réussite mitigée. John Huston ne sait pas exploiter son Mac Guffin. Il choisit un parti pris de film noir, sordide, avec une foultitude de personnages tous plus médiocres les uns que les autres. Le héros, si on peut l'appeler ainsi, n'a aucune personnalité. George Sanders est chargé de détendre l'atmosphère, mais il est trop caricatural pour nous faire rire. Le péché mignon de Huston c'est le bavardage, et on a droit à des monologues interminables. Il a dit qu'il voulait faire là un anti James Bond. Pas si anti que cela à mon sens. On y retrouve certains ingrédients : le chef militaire qui définit sa mission à son subordonné, la secrétaire éprise du pseudo James, la femme fatale qui pratique l'amour vache, les agents doubles qui se font démasquer, les gros manitous qui fument de gros cigares, les gadgets électroniques, les explosifs, ... Hélas, tout cela manque de charme, d'originalité et d'humour. On préfère Sean Connery à Patrick O'Neal et Ursula Andress à Bibi Anderson. C'est comme ça, passez votre chemin !
Patjob
Patjob

43 abonnés 757 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 décembre 2024
On sait que le monde de l’espionnage est un monde, par nature, obscur. Était-il besoin pour y faire pénétrer le spectateur de l’être tout autant ? Le fameux papier donnant le titre au film n’a que peu de place dans son déroulement et John Huston, en multipliant les personnages et les péripéties, nous égare petit à petit dans cet univers de duplicité qu’il démystifie parallèlement. Avec ce parti-pris, même sans vrai fil conducteur narratif, les scènes qui se succèdent sont intéressantes, parfois fascinantes, grâce à plusieurs idées originales. Un film à part sur un monde à part.
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 avril 2023
Avec « The Kremlin Letter » Huston voulait réaliser un anti « James Bond » d’école. Sur la forme les décors exotiques et les hotels luxueux sont remplacés par les rues pluvieuses de Moscou (filmé à Helsinki) et les intérieurs poussiéreux des hauts fonctionnaires soviétiques. De même, la myriades de jolies filles se limite à deux : Bibi Anderson (qui forme avec Max Von Sydow un couple de dégénérés bien frappé) et la falote Barbara Parkins. Ainsi, la bataille poussiéreuse dans le bordel de Nigel Green se veut aussi anti sexy que possible, les prostiuées tenant plus de la mégère débraillée en benouze, que de l’appateuse aux dessous affriolants. De même pas de scène de bravoure, ni de prouesses visuelles, la réalisation étant des plus classiques. A la place une intrigue très complexe (il faut au moins eux visions pour bien suivre) qui étale un cynisme de tous les instants, permettant à Max Van Sydow et Orson Welles quelques grands numéros d’acteur, le premier sur la dureté et la faiblesse, le second sur l’ambiguïté. Si Bibi Anderson, Richard Boone, Nigel Green et George Sanders sont parfaits, le “héros” principal est interprété par Patrick O ‘Neal avec une platitude évidente, alors qu’ironie et distanciation semblent nécessaires. Donc cette intrigue tarabiscotée peine d’autant plus à intéresser, qu’aucune identification ne soit possible. Malgré une musique originale de Robert Drasnin, l’austérité assumée de la photographie et des décors empêche encore un peu plus le spectateur d’entrer dans le film. N’en déplaise aux inconditionnels de John Huston, dans les anti James Bond, “Icpress, danger immédiat” (The Ipcress File) que Sidney J. Furie réalisa cinq ans plus tôt avec le génial Michael Caine et, déjà, Nigel Green, semble nettement plus convaincant et plus moderne. Reste le fond. Une descente en règle de ce monde finalement sans héros, mais remplis de salauds, du haut au bas de l’échelle, que John Huston (dans le rôle de l’amiral) résume parfaitement : « … les officiers de carrières n'aiment pas ces organisations bâtardes dont je ne veux même plus connaître l'existence. ». Globalement un bon film, pas obligatoirement passionnant, mais qui offre une persistence certaine.
Bruno François-Boucher
Bruno François-Boucher

125 abonnés 164 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 septembre 2020
Peut-être le film d'espionnage le plus pervers, le plus manipulateur et le plus inhumain qui ait jamais existé. D'un scénario implacable Huston tire une œuvre d'une richesse exceptionnelle avec des acteurs prodigieux: Richard Boone, Max Von Sydow, Bibi Andersson, George Sanders, Orson Welles, Lila Kedrova, pour ne citer qu'eux.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 17 juillet 2019
LA LETTRE DU KREMLIN DE John Huston est un excellent film d'espionnage se déroulant durant la guerre froide.
Un officier de la Marine américaine rejoint un groupe d'espions devant s'infiltrer en Russie en 1969 pour y dérober un précieux document : La Lettre Du Kremlin !!!!!
Oubliez d'ores et déjà le côté romantique et exotique de l'espion ! Ici, tout n'est que fourberie, double ou triple jeu, manipulations, assassinat, tortures et sadisme ! Et dans les deux camps !
Pour s'en prouver, il suffit de voir ce que son réalisateur en pense au début du film : John Huston incarne briévement un commandant de la Marine qui n'a qu'aversion et dégoût envers tous les services secrets et leurs méthodes inavouables. Le ton est donné d'emblée.
Et deux heures durant et de manière passionnante, le spectateur est plongé dans ce monde souterrain où tous les coups sont permis. Personne n'en sortira indemne !
Côté casting, on extirpera dans des seconds rôles Max Von Sydow (163 films au compteur en 2019 !!!!!!) et Orson Welles.
Le reste étant constitué de gueules bien burinées et millimétrées pour le job mais peu connues du grand public.
A sauter dessus pour qui veut se faire une bonne soirée espionnage !!!!
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 316 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 9 mai 2019
Je ne suis pas un spécialiste du cinéma John Huston. Cependant, de ce que j'ai pu voir jusqu'à maintenant, il y a un vrai talent qui se dégage. Mais là, je me demande bien où est passé ce talent. L'histoire, qui paraissait si simple et prometteuse d'un film d'espionnage bien nerveux se complexifie au fur et à mesure et finit par être complètement décousue. On s'ennuie à mourir. Au final, on s'aperçoit que Huston a juste filmé quelques unes de ses obsessions et rien d'autre. De temps à autre, on a bien quelques éclairs nous rappelant à notre bon souvenir que Huston n'était pas un cinéaste du dimanche, mais ça ne suffit pas. Même les acteurs ne sauvent pas ça. Pourtant, il y a quand même du lourd. Que ce soit Bibi Andersson, Orson Welles ou Max Von Sydow, aucun ne tire son épingle du jeu. Aucun. Et O'Neale n'est juste pas taillé et crédible pour ce genre de rôle. Pour aller dans le sens d'une ressemblance physique existante, y aurait eu James Coburn, ça aurait eu plus d'allure. J'en suis certain. Voilà des années que je voulais la voir cette "Lettre du Kremlin". Des années d'attente qui se soldent par un rejet franc.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 septembre 2018
Oh, un contrepied à James Bond. Un film d'espionnage bien coincé dans son époque qui préfère se baser sur le texte que sur l'action, sur la sériosité que sur l'autodérision BCBG, et sur un script compliqué à l'extrême sans nécessité aucune. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas ramé à ce point ; pour être parfaitement honnête, je n'ai rien compris. Les noms de code virevoltent au rythme d'une gigue globe-trottante insoutenable, et les langues suivent à peine le rythme avec la gestion outrancière qui leur échoit, à savoir le semi-doublage à la slave (doubleur en voix off) à qui les personnages substituent rapidement la langue anglaise pour ne pas plonger le spectateur dans la confusion.

Mais il y a un problème : le spectateur ne comprend déjà plus rien de toute manière, et cette petite attention ne fera que l'enrager un peu plus contre cet ersatz de film d'espionnage alimenté comme un avion en plein vol par les clichés qui faisaient les choux gras d'Hollywood en ce temps où Von Sydow se mettait au cinéma anglophone : les espions, tout le monde sait que ce sont des gens qui vivent une vie dangereuse, où le meurtre et la trahison sont présents à chaque coin de rue !

Bref, il n'y a pas grand chose à retirer de cette œuvre qui fait peu vaillamment passer la petite Helsinki pour une grande Moscou et où les tentatives de mises en abyme se résument à ensevelir les protagonistes sous une paperasse bavarde et soporifique.

septiemeartetdemi.com
Benjamin A

809 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 mai 2017
Alors en pleine guerre froide, un groupe d'espions américains un envoyé à Moscou pour tenter de récupérer "La Lettre du Kremlin", un document d'une immense importance.

Dès les premières minutes, John Huston nous immerge totalement au cœur de l'histoire et met en scène une atmosphère ambiguë, glaciale et pessimiste. Peu à peu il dévoile ses cartes et tire les ficelles entre les différents personnages, le tout avec cynisme et mystère, le protagoniste se retrouve peu à peu perdu et ne peut jamais avoir confiance en quiconque, tant chez ses supposés alliés que les ennemis. Bénéficiant d'une excellente qualité d'écriture, tant dans les personnages que les dialogues ou l'avancement de l'histoire (certes, assez complexe), il en tire le meilleur pour dresser le portrait d'une galerie de personnages aussi mystérieuse qu'intéressante.

Là où Huston se montre particulièrement ambitieux, c'est dans le traitement des thématiques et de l'espionnage en général. On est loin du romantisme et excès à la Bond, ou d'un patriotisme (et propagande) fort, souvent présent en ces temps de guerre Froide. Ici, il est le plus réaliste possible, loin d'un mépris pour une nation ennemie et montre clairement la peur constante qui plane sur les agents, la façon dont ils vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Il décrit un monde pourri, notamment par la corruption et aborde de nombreux thèmes délicats sans aucune retenue, allant de la drogue à l'homosexualité.

La façon dont Huston retranscrit tout cela est là aussi remarquable, que ce soit via la construction du récit où, malgré la complexité de l'affaire, on y est totalement immergé ou de brillamment jouer avec sa caméra (les contre champs surtout) pour décrire les pires des horreurs. Plusieurs scènes en deviennent mémorables, notamment l'introduction mais surtout la finalité qui fait vraiment froid dans le dos. Devant la caméra, les interprètes se fondent totalement dans leurs rôles bien compliqués, mention à Bibi Andersson, Patrick O'Neal et George Sanders.

Une oeuvre qui est loin de laisser indifférent où, à nouveau, John Huston montre tout son savoir-faire et La Lettre du Kremlin est aussi ambitieux que réussi, nous emmenant avec ambiguïté et réalisme dans un monde d'espionnage qui fait froid dans le dos...
JR Les Iffs
JR Les Iffs

101 abonnés 1 151 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 janvier 2016
Film d'espionnage de bonne facture, traditionnel dans sa forme, même assez vieillot pour l'époque (1969), mais très intéressant dans le fond : complexité de l'intrigue, intérêt du sujet à l'époque de la guerre froide, le monde de l'espionnage est montré sans concession aucune, il n'y a pas de vraiment bons, tout le monde ment, et tue sans émotion.
Les dernières secondes, terribles, résument la dureté du monde de l'espionnage.
C'est un film très bien réalisé, comme d'habitude chez Huston, mais d'une manière très classique, sans effet de style, mais efficace. Les acteurs sont tous bons, bien que l'acteur principal aurait pu être plus convaincant dans son rôle, il paraît un peu raide et froid.
(Sur le DVD : 2 bonus très intéressants)
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 18 juillet 2014
En plus d'une réalisation moyenne le film est assez déplaisant à suivre car Huston mélange les invraisemblances à un scénario déjà assez peu clair avec ses personnages qu'on a du mal à cerner et qui finissent pas nous laisser froid à part peut être Bibi Anderson ...
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 mai 2014
Tout simplement génial et d'une efficacité redoutable (voire perverse). Huston ne nous fait pas un film d'espionnage mais un film sur le milieu de l'espionnage, ce qui n'est pas la même chose. L'intrigue n'a que peu d'importance, d'ailleurs elle est incompréhensible, ce qui importe ce sont les individus qui nous apparaissent comme des pantins déshumanisés. Ça fait froid dans le dos, et Huston a eu l'intelligence de parsemer son film de quelques incongruités voulant montrer par-là que décidément c'est d'un monde à part qu'il nous parle (on n'est pas près d'oublier Sanders en train de tricoter, ou la fille qui ouvre un coffre avec ses orteils). Et puis il y a cette fin qui n'en finit pas de se retourner… et alors qu'on croit que le rideau va se terminer sur un happy-end, on reçoit la dernière image comme une véritable baffe. Il n'y a pas de happy-end dans le monde de l'espionnage. Chef d'œuvre !
loulou451
loulou451

146 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 août 2012
"La lettre du Kremlin" fait partie sans conteste des plus grandes œuvres de John Huston. Il est surtout l'un des meilleurs films d'espionnage jamais tournés, par la grâce d'un scénario, qui, une fois n'est pas coutume, permet d'y voir clair au milieu des situations compliquées, des agents doubles, des espions et des trahisons. Car il ne manque rien à la panoplie du parfait film d'espionnage. Les femmes sont belles, courageuses, trahies et parfois lâches, les hommes sont retords, sadiques, sentimentaux à souhait, héroïques, faibles, forts ou couards. Au milieu de ce bal des humains, John Huston fait office de parfait chef d'orchestre, sinuant entre toutes ces âmes, trouvant son équilibre entre l'histoire et les sentiments qui la portent. L’œuvre d'un grand réalisateur qui confie les clés de son oeuvre à un Richard Boone tout simplement exceptionnel. Magique.
belo28
belo28

85 abonnés 1 130 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 juillet 2012
Décidément les meilleurs films d'espionnage sont lents, complexes et quasiment sans armes! En effet, voici le prédécesseur de La Taupe! Et il s'attaque au même sujet: les relations USA/URSS pendant la guerre froide! Et les deux règles cela comme une partie d'échecs! Sans jamais d'affrontements directs! Une fourmilière de bonnes idées de mise en scène et scénaristique! Un casting grandiose faisant la part belle à chacun (Von Sydow éblouissant!)! Une complexité formidable qui permet un nombre de lectures ahurissant! Bref le chef d'oeuvre absolue du genre!
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 9 juin 2012
14/20
Un film un peu trop compliqué a comprendre tant qu'il y a des personnage secondaires qui ont des roles très important ! On ne peut absolument pas zapper si ce n'est une scène tellement qu'elle sont toute importante...
Les américain ne sont ni gentil ni méchant tout comme les russes...au moins on a pas de propagante ridicule !
L'un des meilleurs film sur la guerre froide !
Pas le plus connu des film de John Huston mais un des meilleurs qu'il est réalisé dans les années 70.
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