Plume231
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4 - Très bien
J'étais angoissé par le résultat que vous pouvez donner l'adaptation du très captivant (et le mot est faible, croyez la parole de quelqu'un qui s'est surpris à lire à 4 heures du matin les yeux gonflés de fatigue ce bouquin qu'on n'a pas du tout envie de lâcher) chef d'oeuvre littéraire de Charlotte Bronte en seulement 100 minutes. Et bien sans être parfait, l'oeuvre a été parfaitement respectée. Inévitablement, certains épisodes sont soit condensés soit supprimés pareil pour certains personnages. Mais l'essentiel est là et l'atmosphère gothique à souhait est très respectueuse de celle de l'oeuvre. Seul petit regret : que la scène du roman où Rochester se fait passer pour une vieille femme n'est pas été mise dans le film. Orson Welles y aurait été hallucinant. Autrement, on sent un véritable travail aux niveaux des décors, de la musique du grand Bernard Herrmann et des éclairages qui ne sont pas sans évoquer l'expressionnisme et la technique unique sur certains plans du père Welles. Car bien que ce dernier n'est pas réalisé ce film, il ne serait pas étonnant qu'il est parfois un peu aidé. Justement le génial Orson Welles en tant qu'acteur cabotine à mort avec sa voix incroyablement caverneuse mais on lui pardonne très facilement car il est l'idée que l'on se fait vraiment du mystérieux Mr. Rochester et parce qu'il donne aussi une véritable stature et une véritable ambiguïté à son personnage. Et puis l'alchimie avec sa partenaire fonctionne parfaitement. La très charmante Joan Fontaine est l'interprète idéale du rôle-titre et prouve une fois de plus que pour incarner les personnages romanesques c'est définitivement elle la Boss. Les seconds rôles ne sont pas en reste non plus : Agnes Moorehead se montre totalement détestable en un seul plan dans le rôle d'une garce, Henry Daniell donne des fortes envies de meurtre dans celui d'un salaud hypocritement religieux et les comédiens enfants sont tous excellents que ce soit Peggy Ann Garner, dans le rôle de l'héroïne jeune, Margaret O'Brien, touchante dans celui de la fille rejetée de Rochester, et Elizabeth Taylor, dans celui (non créditée) de l'amie d'infortune. Le très honorable artisan qu'était Robert Stevenson, futur réalisateur de "Mary Poppins", mène le tout avec beaucoup d'efficacité ce qui fait que l'on reste accroché du début jusqu'à la fin pour ce qui est sûrement la meilleure adaptation du chef d'oeuvre de Charlotte Bronte.
Ajoutée le 14 août 2010 à 15h48
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