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    Waves
    note moyenne
    3,9
    99 notes dont 10 critiques
    répartition des 10 critiques par note
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    10 critiques spectateurs

    Jorik V
    Jorik V

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    4,5
    Publiée le 7 décembre 2019
    On sort de la projection les yeux mouillés. Submergé. Par un arc-en-ciel d’émotions. Par un arc-en-ciel de réflexions. Par un arc-en-ciel de sensations. « Waves » fait partie de ces films qu’on n’attend pas forcément mais qui vous marquent profondément, qui vous touchent en plein cœur. Ces films qui vous caressent comme une douce lumière d’été durant un instant et vous glacent le sang celui d’après. Ces films que l’on aimerait garder rien que pour soi tant ils sont uniques et particuliers. Ces films qui réveillent un florilège de choses en nous, des sentiments parfois endormis. Ces films qui touchent à l’universel parce qu’ils convoquent tout ce qui fait que la vie est belle, mais parfois horrible aussi. Ces films qui vous envoûtent dès les premières minutes et vous absorbent la rétine pour ne plus vous lâcher. « Waves » c’est tout ça et bien plus encore. Difficile à résumer alors que son histoire est d’une simplicité qui confine à l’ascétisme. Pourtant, il nous passionne plus de deux heures par sa beauté formelle et les émotions intenses qu’il procure. D’ailleurs, le long-métrage s’ouvre sur un rayon de soleil, symbole du prisme des couleurs de l’arc-en-ciel, et se referme sur sensiblement la même image. Entre temps, on aura justement traversé tout le prisme des images et des couleurs dans notre cœur, dans notre esprit et au plaisir de nos yeux. En passant par tout un panel d’émotions en tous genres. Le cheminement et le message en filigrane sont simples et beaux. Et par un habile tour de passe-passe de scénario, un revirement de script très risqué qui voit le film changer de personnage principal en cours de route, « Waves » nous montre que tout ce que la vie peut nous offrir de belles choses, elle peut le reprendre en un instant, que tout ne tient qu’à un fil. Que le bonheur peut voler en éclat à n’importe quel moment. Mais également que du pire des malheur peut renaître le bonheur à nouveau. Ce sublime long-métrage nous parle tout simplement de la vie dans ce qu’elle peut avoir de plus classique, dans toute sa simplicité et sa complexité. Il suit narrativement une courbe émotionnelle basique mais intelligente qui couve une note d’intention positive puisqu’elle nous amène de l’expression du bonheur le plus simple à un cauchemar réaliste pour remonter vers l’apaisement et la lumière retrouvés. Le trauma central au milieu du film est aussi puissant, réaliste et éprouvant que pouvaient l’être, par exemple, ceux de « Requiem for a dream » ou « Irréversible ». En néanmoins bien plus terre-à-terre, trivial dira-t-on, et surtout l’aspect sensationnel en moins. Alors que durant les vingt premières minutes, le réalisateur nous fait une synthèse parfaite et évanescente de la réussite à l’américaine, le drame qui va se nouer petit à petit montre qu’en un instant tout peut voler en éclats. Mais par la force de sa mise en scène, de son script et d’un changement inattendu de point de vue, il conclut son film avec la plus belle des notes d’espoir. C’est beau à en pleurer et difficile à plusieurs instants de contenir ses larmes devant la charge émotionnelle de certaines scènes où des acteurs en tous points parfaits rivalisent de vérité dans leur jeu et de justesse pour nous étreindre le cœur. Que ce soit une sœur qui vient en aide à un frère qui va mal, un père sévère et désemparé qui décide de se confier à sa fille ou encore un adolescent qui pardonne à son père malade, « Waves » entrechoque les destins et les moments déchirants sans jamais forcer le trait mais en nous touchant toujours droit au cœur. C’est fort, c’est beau et ça sonne vrai. Au-delà des émotions et réflexions profondes qu’elle procure, cette œuvre à la fois dure et douce nous met KO par la beauté de ses images. Dès le début où la caméra tourbillonne autour de son personnage principal enchaînant les séquences anodines pour en dresser le portrait, on est captivé par la magnificence de ses plans. C’est seulement le second long-métrage de Trey Edward Shults après le très remarqué et réussi film d’horreur indépendant « It comes at night », déjà visuellement très pertinent et impressionnant. Il réussit ici peut-être la plus belle mise en scène de l’année. Esthétique sans être prétentieuse ou tape-à-l’œil, elle convoque donc les couleurs de l’arc-en-ciel, des plus sombres aux plus lumineuses selon la tonalité des scènes. Le cinéaste ose aussi rétrécir l’écran en largeur ou en longueur pour coller avec ce qui se passe à l’écran, de manière discrète mais probante et en adéquation avec le propos. Il maîtrise des séquences éthérées à la « Virgin Suicides » ou d’autres tellement envoûtantes que Terence Malick lui-même pourrait les lui envier. Tout en les signant de sa patte personnelle, sans singer personne. Il réussit même à faire la synthèse, que dis-je le grand écart, entre l’imagerie de l’univers du clip (aidé par le fait que le film se situe à Miami) et celle du cinéma indépendant américain typique. Un bel ouvrage, un ouvrage d’orfèvre qui participe à la réussite d’un film qui approche le chef-d’œuvre. Ou quand la maestria visuelle se marie à la perfection du propos pour un film juste, fort, jamais prétentieux et tout simplement inoubliable. « Waves » est une chronique de la vie, une tranche de vie(s) qui sera une des perles, si ce n’est la perle de cette année cinéma. De la trempe de « Moonlight » en bien plus fort encore. A ne manquer sous aucun prétexte. Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.
    dejihem
    dejihem

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    2,0
    Publiée le 29 janvier 2020
    C'est un film vraiment trop long pour si peu de choses. Ce film est typiquement chrétien américain avec une histoire idiote d'adolescents. Encore un film surcoté qui ne sert à rien !
    ffred
    ffred

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    3,0
    Publiée le 2 février 2020
    Nouveau film de Trey Edward Shults qui nous avait bien stressé avec It comes at night. Changement radical de genre et de style pour ce Waves. Sa mise en scène si dépouillée et si maitrisée s'est transformée en un exercice de style aux images léchées et à la bande-son branchouille où l'émotion ne fait jamais vraiment surface. C'est bien tout le problème à mon goût car l'histoire, construite en deux parties bien distinctes, est plutôt intéressante et (parfois) sans concession. Mais aussi plus politiquement correcte qu'elle ne le parait. L'interprétation est de qualité, on s'attache assez bien aux personnages mais il manque quelque chose pour vraiment nous faire vibrer. Que tout soit fait avec beaucoup plus de simplicité très certainement. Quelques jolis moments tout de même, d'autres très durs et d'autres plus (un peu trop ?) pathos. Au final, cela se laisse regarder sans ennui mais cela sera aussi très vite oublié. Pour moi, le réalisateur ne confirme donc pas vraiment les espoirs mis en lui avec son précédent film mais on attend tout de même la suite...
    Naughty Dog
    Naughty Dog

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    4,0
    Publiée le 29 janvier 2020
    Après Krisha et It Comes at Night, Trey Edward Shults revient chez A24 pour un film plus personnel. Waves se veut être une chronique familiale à la structure singulière. Autant le dire tout de suite, c'est une nouvelle réussite du studio ! Waves commence telle une coming-of-age story. A l'instar de 90's, autre production A24, le métrage nous invite au plus près d'une vie adolescente en pleine mutation. Mais contrairement aux attentes, Trey Edward Shults scinde son récit en 2, inspiré par le travail de Wong Kar-wai sur Chungkin Express. Telle une vague donc, on assistera avec Waves à une histoire faite de hauts et de bas, avec 2 énergies bien distinctes. On suit dans un premier temps Trey (joué par un Kelvin Harrison Jr confirmant une fois de plus son talent après It Comes at Night), ado au comportement plutôt sanguin, toujours poussé plus loin par son père (un Sterling K. Brown excellent). Désireux d'être un sportif de haut niveau mais également écrasé par un modèle paternel imposé, cette première partie nous immerge dans une anxiété adolescente palpable. Son duo avec Alexa Demie apporte par ailleurs une des grandes forces du film, plein d'authenticité. Quand à sa sœur Emily (la révélation Taylor Russell), c'est une ado plus réservée et sensible, qui découvrira également son premier amour (un Lucas Hedges qui fait toujours office de valeur sûre) dans une seconde partie à l'énergie plus lancinante et moins électrique. En prenant ces 2 points de vue à tour de rôle, le réalisateur dresse une chronique familiale orchestrée comme une symphonie. Waves nous balade constamment via de multiples émotions, et si le risque d'avoir un récit balisé est là, Trey Edwards Shults court-circuite tout cela via une maîtrise dingue de sa narration et sa mise en scène. L'influence à la Malick sur Tree of Life n'est pas loin ! C'est simple, le plaisir pour les yeux est immédiat. La fluidité des mouvements de caméra est par ailleurs sublimée par la photographie magnifique et colorée de Drew Daniels (Euphoria). Et cela tombe bien, car à l'image de la série HBO, on y suivra donc 2 ados perdus, dans 2 histoires d'amour aux issues distinctes, tentant de naviguer entre leurs émotions ou les pressions extérieures. Des thématiques communes avec une grammaire visuelle similaire. Et l'arrivée d'un drame terrible en milieu de film changera le point de vue, amenant une vraie résurrection en 2e partie. Si justement cette dernière sera peut-être moins forte et marquante, Waves reste un film d'une sincérité, d'une force et d'une tendresse rare. Abordant à la fois des sujets complexes tels que la famille, l'avortement, la culpabilité ou le pardon, le réalisateur use de tous les outils à sa disposition. Que ce soient des explosions de couleur et de mouvements variés, le format de l'image (comme dans un Mommy de Dolan) ou le son, Waves s'attaque littéralement à nos sens pour véhiculer ses émotions. A ce titre, citons une OST atmosphérique par Trent Reznor & Atticus Ross (Watchmen , Mid 90's), comme toujours d'excellent acabit. Trey Edward Shults avait par ailleurs une idée précise des sons qu'il voulait pour la soundtrack de Waves. La playlist, allant de Frank Ocean à Tame Impala en passant par SZA, amène un réel spleen existentiel, où les paroles sont en lien avec les évènements et émotions du film. Preuve de plus que Waves est une œuvre à la composition exemplaire. Ne perdant jamais de vue ses personnages et le cœur émotionnel de son récit, Trey Edward Shults livre un film souvent puissant ! On regrettera peut-être une seconde partie un peu plus programmatique s'attardant un peu trop sur un personnage secondaire, mais là encore le réalisateur use de foreshadowing à la signification précise, sans jamais dévier de ce qu'il souhaite raconter. Un casting excellent, une réalisation aux petits oignons…Waves est une nouvelle très bonne pioche de A24. Si l'issue du voyage pourra être attendue, le voyage en vaut la peine, nous proposant 2 tranches de vie capturant des sentiments complexes, avec une grâce admirable !
    Yves G.
    Yves G.

    Suivre son activité 451 abonnés Lire ses 1 808 critiques

    3,5
    Publiée le 3 février 2020
    Tyler et Emily sont deux rejetons de la classe moyenne supérieure. La vie pour eux sous le soleil de Floride, dans la splendide maison de leurs parents, pendant les dernières années de lycée, ressemblent à un rêve éveillé. Coaché par son père qui lui impose une discipline de fer, Tyler est un des meilleurs éléments de l'équipe de lutte. Il vie une idylle avec Alexis, l'une des plus jolies filles du collège. Mais une ombre pèse sur la carrière sportive de Tyler : une douleur persistante à l'épaule dont il ne réussit pas à se débarrasser. Il est difficile de présenter "Waves" dont les quelques lignes ci-dessus ne donnent qu'un aperçu très partiel. Le film réserve bien des surprises et j'invite les spectateurs qui souhaiteraient qu'elles ne leur soient pas dévoilées à passer directement au paragraphe suivant. spoiler: "Waves" est en effet la lente descente en enfer de Tyler qui, par la faute de sa blessure, devra interrompre la pratique du sport et qui, apprenant la grossesse d'Alexis, refusant la décision de la jeune fille de ne pas l'interrompre puis de rompre avec lui, la tuera dans un moment d'hystérie. Le film pourrait s'arrêter à sa condamnation à perpétuité qui laisse derrière elle une famille en miettes ; mais un second film, plus doux, commence, avec Emily, la sœur cadette comme héroïne. On la voit tomber amoureuse de Luke, un camarade de Taylor, et l'accompagner au Missouri pour une dernière visite à son père mourant. On comprend alors le vrai sujet de Waves, qui était déjà celui des deux précédents films de Trey Edward Shults ("Krisha", inédit en salles quoique couvert de prix, et "It Comes at Night") : la famille, les poisons qui rongent les membres qui la composent et sa capacité unique à les aider à y faire face ensemble. Cette thématique, me direz-vous, n'est pas nouvelle. Elle est terriblement américaine. Et ses relents chrétiens ne peuvent qu'inspirer méfiance aux dangereux laïcards que nous sommes de ce côté-ci de l'Atlantique, plus prompts à vanter les joies de l'adultère que la concorde familiale autour de la dinde de Thanksgiving. Certes. Mais ce sujet, aussi banal et horripilant soit-il, est ici servi par une mise en scène hors normes. Les premières minutes du film suffisent à s'en convaincre qui voient le réalisateur nous démontrer toute sa maîtrise avec un panoramique à 360° tourné à l'intérieur de la voiture de Tyler et Emily roulant toutes fenêtres ouvertes, la radio hurlante, face à la skyline de Miami. Le reste du film est au diapason, très stylisé, parfois aux limites de l'ostentation, qui nous emporte néanmoins par son panache. Mystère de la distribution, "Waves" sort dans cinq salles parisiennes et n'est pas visible en province : une salle à Marseille, une autre près de Lille, aucune dans la métropole lyonnaise. Quand on sait le triomphe critique et public de "Moonlight", Oscar du meilleur film 2017, auquel "Waves" fait penser par bien des aspects, cette omerta est incompréhensible.
    Ufuk K
    Ufuk K

    Suivre son activité 191 abonnés Lire ses 773 critiques

    4,0
    Publiée le 2 février 2020
    " Waves" qui a reçu un avis mitigé de la presse et quasi sortie d'une manière anonyme en France est un drame social envoûtant. En effet la première partie est très réussit avec une superbe photographie et bande sonore géniale décrivant comme une famille américaine peut vaciller en abordant des thématique dense et importante, la seconde partie est moins prenante celle ci se suit comme une romance avec des thématiques sociale intéressante. Belle prestation des jeunes acteurs du film en devenir pour le futur.
    L'Info Tout Court
    L'Info Tout Court

    Suivre son activité 268 abonnés Lire ses 845 critiques

    3,5
    Publiée le 23 mars 2020
    Waves est une nouvelle très bonne pioche de A24. Si l’issue du voyage pourra être attendue, le voyage en vaut la peine, nous proposant 2 tranches de vie capturant des sentiments complexes, avec une grâce admirable !
    Loukas123
    Loukas123

    Suivre son activité 12 abonnés Lire ses 156 critiques

    3,5
    Publiée le 16 avril 2020
    Après It comes at night, Trey Edward Shults revient avec un film totalement différent sur la forme et le genre. Son obsession de mettre en avant l'humain est toujours présente. On suit les péripéties d'une famille aisé aux Etats-unis. Trey Edward Shults se concentre sur l'intime de ses personnages et arrive à tous les faire exister. Il met au centre des différents personnages l'amour dans ce qui y'a de plus fort mais aussi de destructeur. On retrouve aussi la thématique du pardon. Le film prend son temps et sa structure narrative originale et sa durée de 2h14 font qu'on peut décrocher parfois, et qu'on ressente des longueurs. Pour raconter cette histoire, le réalisateur américain nous livre une mise en scène parfois planante, élégante (dont certains mouvements de caméras rappelle Malick). Il aligne les idées de mise en scène et de montage et retranscrit l'état psychologique de ses personnages avec aussi une photo extrêmement soignée. Pas toujours maîtrisé dans son rythme et sa structure, Waves est un film fort et puissant sur l'amour dans tous ses aspects avec des acteurs sensationnel. Trey Edward Shults est un réalisateur vraiment surprenant et à suivre.
    romain31000
    romain31000

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    3,0
    Publiée le 23 décembre 2019
    La bande annonce est vraiment intense et prenante. Malheureusement le film n'est pas totalement à ma hauteur ou alors que pendant la première heure.
    léo P
    léo P

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    2,5
    Publiée le 4 février 2020
    Des films qui parlent d’amour au cinéma il y en a plein, étant un sentiment qui a priori touche tout le monde, son interprétation, sa mise en image sous différentes formes a été travaillé encore et encore jusqu’à devenir dans beaucoup de films une intrigue secondaire, tant il est parfois devenu normal d’amener ce sentiment dans chaque univers, étant convenu que ce sujet touche absolument tout le monde. Alors on peut se demander pourquoi continuer de le filmer et persister à vouloir transmettre ces émotions ? toutefois dans son nouveau film « Waves » sortie il y a peu, le réalisateur Trey Edward Shults s’est plutôt demandé comment réinventer cette manière de filmer le sentiment amoureux partagé par deux êtres et rendre tout l’enjeu qui en découle captivant. Celui-ci avance alors dans ce nouveau drame une proposition, ou plutôt deux propositions, drastiquement différentes chacune de l’autre, avec un récit contenant deux histoires, deux manières d’expression de ce sentiment à travers deux contextes différents qui justifieront les choix de mise en scène adoptées tout au long de la projection. Le réalisateur choisi en effet dans un premier temps une histoire dévoilant petit à petit l’impact d’une pression sociale très importante sur deux adolescents en pleine construction identitaire, la seconde se concentrant sur les conséquences d’un passé très lourd sur un couple du même âge, lié avec la première histoire bien qu’elle puisse toutefois se suivre à part. Ainsi, on n’observe pas ici la volonté de filmer une vision figée de l’amour mais bien au contraire d’en explorer les recoins les plus fous à travers l’adolescence, l’innocence et l’inconscience de la jeunesse qui se voit d’ailleurs au travers de sa mise en scène dès le départ de la projection, avec une caméra complètement virevoltante au milieu de la multitude de couleur qui habitent le sud des Etats-Unis, une caméra qui tourne sans cesse sur elle-même, prémonitoire toutefois d’un monde qui renferme ces adolescents dans une monotonie auquel ils sont déjà soumis, refoulant leur quête d’évasion et d’aventures qui leur pèsera plus tard. Le couple que l’on découvre donc assez rapidement va en effet recevoir quelques coups durs, des tensions parfaitement orchestrés par une réalisation qui met l’accent sur l’oppression, la gêne du spectateur sur ce qu’il voit défiler sous ses yeux de manière à ce qu’il ressente ce qu’il se passe, mais surtout à ce qu’il vive quelque chose, qu’il soit pris au cœur par ce déchirement qu’il observe impuissant. Il est en effet plus facile d’oppresser au cinéma et moins commun également que d’en faire ressentir l’émotion que procure le vrai amour si ce n’est par la compassion qui tombe souvent dans le mélodrame trop artificiel. Ainsi, tout ce partit pris du conflit est parfaitement organisé notamment par les jeux de couleurs qu’on observait auparavant dans l’environnement naturelle, mais étant ici poussées à l’extrême, presque épileptiques, la gêne amplifiée par des cris, des bruits et même des surréactions des personnages très subtiles mais qui nous captive étant donné l’attachement que l’on éprouve déjà pour eux, tout ceci nous fait prendre conscience alors à quel point ils s’aimaient auparavant et rend leur séparation d’autant plus touchante. Ce sentiment de malaise a d’autant plus d’impact que le modèle familiale et social du personnage principal était particulièrement enviable, très bien amené par de l’humour bien écrit qui rend la tournure des évènements d’autant plus difficile à accepter et détruit brusquement l’idéal de réussite américaine avancé jusque-là. La deuxième partie contraste énormément avec la première dans une quête cette fois d’écouler le temps bien au contraire, laisser place à une certaine poésie des images, du temps qui passe, seul remède pour cicatriser le passé. C’est cependant sur cette partie que le film se perd complètement, le contraste est trop grand, trop brusque, justifiable et bien amené mais qui déçoit dans la forme par laquelle il est tourné. En effet, l’histoire n’est plus assez rythmée, l’émotion recherché dans chaque plan est étirée encore et encore où l’influence de Terrence Malick se fait grandement sentir sans toutefois n’y voir ni sa justesse ni son inventivité. Ainsi, outre le fait que le message du film se perd complètement dans ce flux de réflexion métaphysique, la réalisation devient de plus en plus redondante, entre plans très longs qui baissent notre attention par leurs multiples successions, une caméra tremblante pour se sentir à côté des personnages mais qui par sa répétition annihilent sur la longueur tout immersion, avec en plus une multitude de scènes sur fond de musique dépressive pour pousser l’émotion artificielle à son paroxysme, ce qui dessert clairement le propos du film. Les réflexions et bouleversements moraux se succèdent à n’en plus finir, le manque d’inventivités de beaucoup de scènes à ce moment du film, que ce soit de détresse des personnages ou de complicités, n’aident clairement pas non plus à élever notre complaisance et dénotent ainsi une œuvre aux bonnes idées mais n’arrivant pas toutefois à conclure un discours qui se perd au fur et à mesure. On voit donc que même ici pour ce réalisateur il est plus facile d’aborder le conflit et la rupture par l’oppression et le malaise dans le sentiment amoureux plutôt que par l’amour profond et le renouveau. On ne peut toutefois qu’admettre de grandes qualités pour le troisième long-métrage de Trey Edward Shults qui n’hésite pas à nous proposer une fraîcheur extrêmement plaisante dans sa mise en scène. En effet celui-ci innove par toutes les possibilités que lui offre le cinéma pour créer son univers propre jusqu’à jouer avec le format de projection, passant du 16/9 au 4/3 lorsqu’il est nécessaire de recentrer toute l’attention sur les personnages en question lors de moment cruciaux. Ainsi, malgré une volonté d’immersion au sein de relations sociales et amoureuses donnant un résultat en dent de scie mais qui reste toutefois, grâce à de brillants jeunes acteurs et une esthétique touchante et cohérente, une œuvre clairement à aller voir en salle.
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