Mon AlloCiné
    Le Déserteur
    note moyenne
    2,7
    22 notes dont 7 critiques
    43% (3 critiques)
    29% (2 critiques)
    0% (0 critique)
    14% (1 critique)
    0% (0 critique)
    14% (1 critique)
    Votre avis sur Le Déserteur ?

    7 critiques spectateurs

    Catherine K.
    Catherine K.

    Suivre son activité 3 abonnés

    4,0
    Publiée le 23 août 2019
    Une critique de ce que l'homme est capable faire subir à l'Homme; du pire au meilleur, de la soumission à la biberation, l'expression de dualités sans limites. C'est un film très déstabilisant, qui ne peut pas vous laisser indifférent. Bravo !
    Kevin B.
    Kevin B.

    Suivre son activité 12 abonnés

    5,0
    Publiée le 24 août 2019
    Un peu plus de quatre ans après le tendre Félix & Meira, voilà que Maxime Giroux revient en France avec un film situé à l’extrême opposé du précédent. Toujours accompagné par Martin Dubreuil, son acteur fétiche, et Sara Mishara, sa directrice de la photo, il nous propose cette fois ci une allégorie filmique aussi belle et poétique que violente et déroutante. Fuyant la guerre qui fait rage au Canada, Philippe erre dans le désert américain et gagne sa vie en participant à des concours d’imitation de Chaplin. Voilà pour le synopsis un peu grossier du film qui pourrait presque passer pour une fable humaniste et un brin comique. Cependant, à partir de là, tout (absolument tout) est fait pour déstabiliser le spectateur, à commencer par l’époque et la guerre en question. Quand certains éléments de la déco laissent penser qu’il s’agit de la première guerre, une quantité d’anachronismes viennent figurer la seconde. Puis très vite, alors qu’on se familiarise à peine avec le personnage principal et le décor dans lequel ce-dernier évolue, les premières notes du tube de R.E.M. Everybody Hurts finissent par nous décourager complètement. De son propre aveu, l’histoire que Maxime Giroux raconte ici se veut intemporelle, comme s’il s’agissait d’une boucle se répétant infiniment. Lors de la première du film à Lille, quelqu’un a d’ailleurs émis l’hypothèse que le film se déroulerait dans un futur probable, post-effondrement. « Ca se pourrait bien » lui a simplement répondu le réalisateur, un sourire aux lèvres. Mais ce récit presque universel donc, n’est pas celui d’un simple vagabond. Cherchant à se détacher le plus possible d’une narration « netflixienne » où tout est fait pour que le spectateur abandonne son cerveau et se laisse simplement guider par quelques effets de mise en scène, le cinéaste nous offre ici une plongée directe dans ses pensées et sa propre manière d’aborder notre système socio-économique destructeur. En réalité, le personnage de Philippe avance chaque jour dans l’immensité de l’Amérique profonde avec un but précis, celui de retourner chez lui auprès de sa mère. Sans carte ni guide, il rencontre sur son chemin une flopée de personnages, tous plus inquiétants les uns que les autres, qui forment à eux tous le système – n’ayons pas peur des mots – capitaliste. Les petits délinquants, les victimes, les bourreaux, les intéressés, tous répondent à l’appel, jusqu’au vendeur de cigarettes que d’autres ont parfois dépeints comme le diable incarné. Plus ou moins déshumanisés, chacun semble survivre à sa manière, ne s’entourant de camarades que par sécurité. Poussée par un casting impressionnant et une direction d’acteurs juste et précise, c’est finalement cette nécessité désespérée de survie qui insuffle une violence incroyable au film. Très loin des bains de sang que propose aujourd’hui le cinéma américain et qui banalisent l’ultra-violence au point de la rendre parfois comique, Le Déserteur choque forcément, heurtant au passage l’enfant naïf et innocent qui sommeille en chacun de nous. Aux côtés de Martin Dubreuil et Sarah Gadon, moins connus en France mais tout aussi talentueux, Romain Duris, Reda Kateb et Soko livrent ici une performance remarquable et semblent s’affranchir de tout jugement sur leurs personnages respectifs. Cependant, au-delà de tout ce que porte l’œuvre sur le plan intellectuel, et qui nécessiterait un texte bien plus long que celui-ci pour vraiment creuser et tenter de définir le sujet, c’est son esthétique formelle qui frappe dès l’affiche et reste constamment l’un des points forts du film. Le travail sur la lumière et les couleurs est splendide, magnifiant des décors naturels qui feraient fureur sur Instagram. De son côté la direction artistique est irréprochable et il parait inconcevable qu’une seule personne ait pu gérer la déco, les costumes et le maquillage/coiffure. Puis se glissant en douceur sur l’image comme un chat face à sa proie, la musique vient alors sublimer le tout et apporte son lot d’inquiétudes au spectateur. L’influence d’une œuvre comme le There will be blood de Paul Thomas Anderson est palpable mais Le Déseteur réponds toutefois à ses propres références, à ses propres codes. Car pour illustrer cette idée d’une humanité vouée à disparaitre peu à peu face à la toute puissance du capitalisme, idée qu’il décrit lui-même comme étant fataliste, Maxime Giroux va directement pêcher dans l’industrie Hollywoodienne. Il y a bien sûr dès les premières secondes le discours de Chaplin dans Le Dictateur mais il y a aussi une multitude de plans calqués directement sur les œuvres d’Hitchcock. Soucieux de ces points de détails, le cinéaste va jusqu’à tourner dans l’exact même bar que John Huston dans The Misfits. Et puis finalement, entre ce que l’on voit et ce que l’on croit voir, il y a toutes ces références involontaires qui émeuvent. Alors que le dernier plan du film n’était pas initialement prévu, il semble répondre directement à l’ouverture de l’un des plus grands chefs-d’œuvre de John Ford, terminant ainsi la critique poignante que fait Le Déserteur du mythe américain et plus largement de notre société. En signant La Grande Noirceur (titre original du film et ultime référence historique) qu'il tourne en moins de vingt jours avec une équipe de douze personnes (casting inclus), Maxime Giroux envoie ici un message clair. Le cinéma est un art et, comme tous les arts, il devrait toujours chercher à surprendre son spectateur, à créer quelque chose de nouveau. Il réalise ainsi un film à partir d’une idée originale et en se permettant toutes les libertés possibles dans le seul but de transcrire sa propre opinion et elle seule, qu’elle plaise ou non. Maintenant ou plus tard, il faut voir Le Déserteur. Ne passez pas à côté.
    Timothée D
    Timothée D

    Suivre son activité 1 abonné

    5,0
    Publiée le 22 août 2019
    Une œuvre détonnante et sublime, porté par des acteurs à leur meilleur : Romain Duris et Soko comme on ne les a jamais vus, Reda Kateb dans un jeu très juste, et le merveilleux Martin Dubreuil tout en subtilité. La photographie de Sara Mishara est époustouflante, des paysages désertiques sublimés. Le dernier film de Maxime Giroux avance comme un rêve, ou un cauchemar, qui questionne et qui envoûte...
    Ju&Jim
    Ju&Jim

    Suivre son activité 17 abonnés Lire sa critique

    5,0
    Publiée le 22 août 2019
    Le réalisateur Maxime Giroux retrouve son alter-ego Martin Dubreuil pour une conquête de l'ouest atemporelle et envoûtante : paysages grandioses et cadres resserrés en clair-obscur, galerie de personnages inquiétants et fascinants (Romain Duris, Reda Kateb, Soko, Sarah Gadon...), habile mélange des genres... Tout est réuni pour faire vivre au spectateur une expérience intellectuelle et sensorielle dont il se souviendra longtemps.
    kinophil
    kinophil

    Suivre son activité 14 abonnés Lire ses 243 critiques

    0,5
    Publiée le 17 août 2019
    Vu en avant première au festival de La Rochelle, sans avoir vu de critique auparavant. Une guerre fait rage. un québécois a déserté et erre dans des déserts non situés (genre Arizona) Il y fait des rencontres de gens bizarres, pervers, violents C’est malsain, poisseux, gratuitement violent
    velocio
    velocio

    Suivre son activité 345 abonnés Lire ses 1 161 critiques

    4,0
    Publiée le 21 août 2019
    Après deux longs métrages jamais sortis en salles, le réalisateur québécois Maxime Giroux nous avait offert, il y a 4 ans, le très beau "Felix et Meira". Le voici qui revient dans nos salles, avec un film tourné dans l’urgence, un film ambitieux, très différent du précédent mais tout aussi réussi. C’est sous la forme d’un conte plein de mystères et de symboles, mi road-movie, mi western, que Maxime Giroux nous montre une peinture pessimiste de la face cachée du rêve américain. Il en profite pour pointer du doigt les dérives dans lesquelles nous mêne l’hégémonie économique et, surtout, culturelle, des Etats-Unis. Comme le réalisateur a décidé de ne pas adopter une démarche « création d’un label Maxime Giroux » dans lequel il referait encore et toujours, peu ou prou le même film, il est impossible de deviner vers quoi s’orientera sa prochaine œuvre. Par contre, une certitude : on l’attendra avec impatience.
    traversay1
    traversay1

    Suivre son activité 533 abonnés Lire ses 1 390 critiques

    2,0
    Publiée le 23 août 2019
    Ainsi donc Le déserteur est une fable allégorique qui se voudrait odyssée poétique. Cela, ce sont les intentions. Elles sont assez claires d'ailleurs, contrairement au récit, beaucoup plus aléatoire, censé décrire l'errance d'un homme qui gagne sa vie dans les concours d'imitateurs de Chaplin, après avoir fui son pays, le Canada, pour son voisin du sud. Sur l'air de la guerre, c'est moche mais le capitalisme n'est pas beau non plus, le film laisse notre héros désorienté aux prises avec une humanité inhumaine au fil de rencontres qui se passent en général très mal. Les paysages américains, façon western, sont très beaux mais nulle émotion ne perce dans cette dérive aux visées très démonstratives qui se marient laborieusement avec des péripéties dont le but semble d'infliger le plus de sévices possibles au personnage principal, seule lumière dans ce sinistre théâtre d'ombres. Maxime Giroux, qui avait signé un très joli Félix et Meira, brouille les repères spatiaux et surtout temporels pour apparemment mieux parler de notre époque, ce qui est son droit, mais si c'est pour nous affirmer que l'homme est un loup pour l'homme, notamment en Amérique, merci à lui mais tout individu socialement intégré en a la démonstration chaque jour. La subtilité de ce Déserteur n'est pas vraiment sa qualité première avec par ailleurs des acteurs français dans les seconds rôles dont on se demande ce qu'ils sont venus faire dans cette galère. On plaint surtout Soko dont le rôle canin est assez dégradant. Moyennant quoi, elle disparait assez vite (comme le personnage vague incarné par Reda Kateb) sans que cela semble perturber le héros du film ou ses auteurs du susdit. Le spectateur, lui, hélas, n'en peut mais. Le cinéma auteurisant, quand il a cette prétention, peut vraiment être horripilant.
    Les meilleurs films de tous les temps
    • Les meilleurs films de tous les temps selon les spectateurs
    • Les meilleurs films de tous les temps selon la presse
    Back to Top