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Un havre de paix
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Un havre de paix" et de son tournage !

Naissance du projet

Alors que Yona Rozenkier présentait son court métrage Raz et Raja au festival de Venise, son producteur lui a conseillé de ne pas mettre dix ans à faire son premier long métrage... Cela a provoqué un déclic en lui, et a aussitôt téléphoné à son frère cadet en lui disant : « On va faire un film sur trois frères à la veille de la guerre du Liban et entraîner notre petit frère Micha dans l’aventure ! ». Le réalisateur a donc écrit un film très personnel dans lequel lui et ses deux frères jouent les trois rôles principaux. Il se rappelle :

"Je savais que notre grand frère architecte ne pourrait pas se joindre à nous, mais les personnages sont également inspirés par lui. En Israël, il y a des « petites guerres » tous les deux ans. En réalité, la guerre ne s’arrête jamais. Il y a juste de brefs moments de répit pendant lesquels on attend le retour de la guerre. Ce climat très lourd est notre quotidien, un quotidien révoltant car on ne comprend jamais vraiment le pourquoi de ces guerres. Quand on t’appelle, tu dois y aller, les questions se précipitent alors : est-ce que ça va durer, est-ce que je vais mourir, est-ce que mon frère va mourir ? Ces pensées noires sont récurrentes. Quand j’étais soldat, ma peur était permanente : la peur avant d’y aller, la peur du combat, quand tu ne sais pas quoi et quand ça va arriver. Dans Un havre de paix, j’exprime le poids du devoir qui pèse sur ces jeunes soldats qui risquent leur vie et obéissent à une injonction de masculinité de plus en plus toxique qui se transmet de père en fils."

Lieux personnels

Pour son premier film, Yona Rozenkier voulait tourner dans le kibboutz de son enfance, où il a adoré vivre. Il se souvient d'avoir vécu une enfance très étrange, "un peu folle" : il grandi au milieu d’autres enfants, ne voyant ses parents que deux heures par jour. Le metteur en scène confie : "Le kibboutz donne un sens des responsabilités, de l’indépendance et de la liberté très fort. Mais une fois adulte, j’ai préféré partir et ne pas subir la pression de devoir exercer une profession virile, d’être fermier. J’aime le kibboutz, je rends régulièrement visite à ma mère, j’y vais pour écrire, mais j’éprouve toujours un sentiment assez ambivalent envers ce mode de vie."

Guerre hors-champ

Hormis le bruit des hélicoptères et des bombes qui explosent quelques kilomètres plus loin, la guerre reste hors-champ dans Un havre de paix. Yona Rozenkier raconte : "Ce n’est pas un film sur la guerre… Je ramène la guerre à la maison avec les retrouvailles de ces trois frères et ces bruits de guerre au loin. Je pense qu’entendre les bruits de la guerre sans la voir est très particulier. Chaque explosion qu’on entend a peut-être tué une, cinq ou dix personnes. On ne sait pas, on imagine et l’imagination fait encore plus peur. Notamment pour Avishaï qui ne connait pas encore le combat… A l’armée, on te montre des films de guerre comme 300 de Zack Snyder, avec des personnages exceptionnels. Mais la guerre ce n’est pas ça. Dans le film, Yoav accuse Clint Eastwood d’être responsable de tous leurs maux. Je pense qu’il faut arrêter de montrer uniquement des soldats intouchables au coeur du combat. Je préfère aborder la virilité avec une autre iconographie, d’autres protagonistes."

Humour burlesque et drame

Un havre de paix oscille entre un humour presque burlesque et le drame, à l’image de ce père qui blague alors que son fils s’apprête à partir à la guerre… Yona Rozenkier précise : "Cette blague fait rire, mais elle fait aussi couler les larmes. Il était important pour moi de créer des bulles d’humour dans ce monde violent. L’humour est un outil de narration fort, surtout quand tu abordes des sujets graves. Je voulais amener le spectateur à baisser un peu la garde grâce au rire et au ton décalé pour l’entraîner ensuite dans plus d’émotions."

Yona Rozenkier

Yona Rozenkier est né en 1981 au kibboutz Yehiam au nord d’Israël. Il y a grandi et y a travaillé comme fermier, avant d’étudier le cinéma à l’université de Tel Aviv. Il a réalisé plusieurs courts-métrages multi-primés dans les festivals internationaux, dont Bug on a Helmet en 2011 et Raz and Radja en 2012. Il a également participé au projet Water, programme de courts-métrages réalisés par des cinéastes israéliens et palestiniens dans la volonté de repenser les relations. Un havre de paix est son premier long-métrage, primé notamment aux festivals de Locarno et Jérusalem. Il développe actuellement son deuxième long-métrage, Décompression, dont le scénario a remporté le premier prix du Sam Spiegel Lab et été développé dans le cadre de l’Atelier du Festival de Cannes.
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