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    L'Etat Sauvage
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "L'Etat Sauvage" et de son tournage !

    Naissance du projet

    A l'origine, David Perrault (II) voulait mettre en scène un western centré sur un groupe de femmes dans un univers clos se retrouvant ensuite dans de grands espaces. Le réalisateur explique : "Une façon de les voir fuir un modèle qui les corsète dans un ample mouvement d'émancipation. Mon imagination est avant tout musicale et visuelle. Quand je commence à travailler, j'accumule beaucoup de sons, d’images. Pour L'Etat sauvage, je suis tombé sur une photo datant du XIXème siècle montrant une femme au bord d'un précipice dans le parc Yosemite, avec un horizon immense s'étendant devant elle. L'image exprime une sensation de grande liberté, on a l'impression que le monde appartient à cette femme. Et en même temps, il suffirait d'un pas de trop en avant pour qu'elle tombe… Tout le film s'est déployé autour de ce sentiment paradoxal."

    Western atypique

    La présence de personnages de colons français durant la guerre de Sécession donne d’emblée une couleur singulière au très cinématographique genre du western. David Perrault (II) raconte : "Souvent le western raconte le passage de l’état sauvage à la civilisation. Là, c’est le mouvement inverse. Et ce n’est pas le rêve de l’Amérique mais le rêve du retour en Europe qui habite les personnages. Le film, par sa facture fantastique et gothique, est aussi très européen. Quand la diligence avance dans le brouillard au début, on est davantage du côté de Mario Bava que d’un western américain. Le cinéma italien d'ailleurs, de Visconti à Dario Argento, m’a beaucoup inspiré dans son rapport sensuel aux costumes, à la couleur, à la lumière. Le cinéma américain est plus sec, plus droit, plus strictement narratif. Ici, la démarche est plus sensorielle, le récit fait des arabesques, on passe par différentes humeurs."

    Pas de westerns !

    Pendant l'écriture et la préparation du film, David Perrault (II) s'est interdit de voir des westerns pour mieux se réapproprier le genre. "Je voulais, de façon un peu candide, comme repartir à zéro, tenter le moins possible de reproduire les passages obligés du genre, me réapproprier le western avec ma sensibilité, mes préoccupations actuelles", se rappelle-t-il.

    Film féministe

    L'Etat Sauvage montre une jeune femme aux aspirations à la fois romantiques et féministes, ce qui est plutôt original pour un personnage de western. David Perrault (II) explique : "J’aime beaucoup le romantisme – Esther puise une partie de sa force en lisant et relisant « Le Lys dans la Vallée » de Balzac – mais je sais aussi qu’il cache une illusion. Il y a un double mouvement chez Esther : son romantisme la libère car il lui donne le désir de s’enfuir mais en même temps il la fait tomber dans un piège... Victor est avant tout un fantasme sur lequel elle projette son désir d’aventure, il ne se passe finalement pas grand-chose entre eux. Leur histoire est une histoire de désir, non pas une histoire d’amour, et tant qu’Esther restera obsédée par Victor, elle ne pourra pas s’émanciper complètement. D’où l’exorcisme amoureux auquel elle s’adonne avec Layla à la fin."

    Les costumes

    L’important, pour David Perrault (II), n’était pas de coller à la réalité historique mais de tenir une direction artistique précise et homogène, avec des idées assez simples, comme les costumes blancs des femmes qui prennent des couleurs quand elles se retrouvent en extérieurs. "Je tenais aussi à ce que la facture du film soit résolument moderne. Par exemple, Esther porte une chainette à la taille, ce qui ne se faisait pas du tout à l’époque, mais ce genre de détails nous fait sortir du film en costumes classique. Pareil avec la musique, composée de nappes électroniques... Je voulais un son très actuel, pas du tout symphonique mais entêtant, comme une ritournelle hypnotique", précise le metteur en scène.

    Kevin Janssens

    A noter la présence de Kevin Janssens dans le rôle de Victor. Ce comédien flamand s'est surtout fait connaître pour avoir joué des personnages particulièrement méchants, comme dans les violents thrillers Les Ardennes et Revenge.

    Mise en scène

    Avec L'Etat Sauvage, David Perrault (II) avait envie d’une mise en scène très chorégraphiée qui donne une sensation de tension permanente. Lorsqu'il tourne, le cinéaste a la plupart des plans en tête mais laisse aussi beaucoup de liberté aux comédiens. Il confie :

    "Je ne veux pas les enfermer dans quelque chose de trop concerté. Je regarde comment ils évoluent dans le décor, j’écoute leurs propositions, je bouge avec eux et ce mouvement se répercute sur la mise en scène. Avec le chef opérateur Christophe Duchange, qui avait déjà fait mon premier film, nous aimons que les personnages puissent passer dans l’ombre, être à contrejour, ne pas forcément être bien éclairés au sens académique du terme. Cela crée une beauté particulière. Je crois profondément au tournage et je n'aime pas trop remanier l'image en post-production. Tout se fait sur le plateau : le travail sur la couleur, la lumière, le feu... Cela plonge directement les comédiens dans l'atmosphère de la scène et leur donne la tonalité pour jouer. Il m'arrive de diffuser de la musique aussi pour les accompagner."

    Signification du titre

    Le titre du film possède un double sens : l’état au sens de territoire et au sens plus personnel. "L’État sauvage est un film d’aventure intime, le voyage y est plus intérieur que dans un film d’aventure classique", note David Perrault (II).

    Tournage aventureux

    Convaincu qu’un film raconte aussi son tournage, David Perrault (II) a posé sa caméra dans des décors naturels. Contrairement au plan de travail qui prévoyait de commencer par les extérieurs pour éviter la période des grands froids, le réalisateur a également tourné dans l'ordre chronologique. Il se rappelle :

    "On a tourné au Canada par moins 37 degrés. Le moindre plan devient compliqué à mettre en place. Surtout lorsqu'on implique des chevaux, des armes à feu... Mais avoir froid et un peu peur dans ces lieux éloignés de toute civilisation, ça se sent à l’écran, ça se voit sur le visage des comédiens, leurs manières de jouer, leurs peaux, leurs corps fatigués… J'aime ce genre de défi. Cela rend le voyage organique, sort tout le monde de sa zone de confort. On est obligé de rebondir, de se réinventer en permanence. Cela crée de la solidarité aussi, entre l'équipe, les comédiens. La nature se fiche de la mise en scène, elle est par essence incontrôlable, pleine de bonnes ou de mauvaises surprises. Le film s'est transformé avec elle. Et tant mieux, je ne voulais pas que ce voyage ressemble à un voyage organisé."
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