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    Tijuana Bible
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Tijuana Bible" et de son tournage !

    Naissance du projet

    Après deux films avec la famille Dorkel chez les yéniches (La BM du seigneur et Mange tes morts), Jean-Charles Hue voulait tourner un long métrage à Tijuana. Le cinéaste a découvert cette ville en 2008 et y a d'abord filmé des portraits. Il y a ensuite tourné Carne viva en 2009, son premier véritable long métrage pour le cinéma (mais qui n’est jamais sorti pour des raisons de droits). Le metteur en scène se rappelle :

    "Je n’ai pas cessé d’y retourner depuis. J’y ai fait cinq films, des courts métrages documentaires comme Tijuana Tales ou Topo Y Wera. Tijuana Bible, je le préparais depuis 2016 environ, en écrivant, en faisant des repérages à chaque voyage. Mais malgré sa situation géographique différente, il s’inscrit pour moi dans la même continuité que mes deux films précédents tournés dans le monde voyageur. Ils sont tous les témoignages d’une expérience humaine et cinématographique ainsi que quelques pages arrachées au journal intime de ma propre vie."

    Faire tourner des gens du coin

    Hormis les trois rôles principaux (Paul Anderson, Adriana Paz, Noé Hernandez), les acteurs de Tijuana Bible sont des proches et des amis de Jean-Charles Hue qui jouent leurs propres rôles. "Comme pour la famille Dorkel, leur vie est pleine de danger à la vie comme à l’écran : Peanut (Roulette) et sa compagne, Marie, ainsi que mon ami, Gordo, tous présents dans le film dans leur propre rôle ont été assassinés depuis par le narcotrafic. Tijuana Bible leur rend hommage, à eux qui n’ont même pas leur nom inscrit au-dessus de leur tombe à la fosse commune de Tijuana", précise le réalisateur.

    Signification du titre

    Les "Tijuana bibles" sont des petits flipbooks de bande dessinée pornographique, avec Popeye ou Betty Boop, qui se vendent sous le manteau. Pour Jean-Charles Hue, ce titre parle déjà de Tijuana et de son ambiguïté permanente. Il explique :

    "C’est aussi l’histoire du film, avec l’éternel penchant d’un côté - le personnage de Nick qui vient s’oublier dans la came - et le bon pasteur de l’autre, Ricardo, inspiré de l’authentique récit d’un ancien marine déporté des Etats-Unis tombé dans la drogue à Tijuana, qui, après la rencontre d’évangélistes, est devenu ce pasteur un peu étrange, en uniforme de cérémonie et a fondé sa propre église. Je pensais le faire intervenir en personne, mais la mort de sa fille dans un accident de voiture l’a totalement isolé. L’homme que j’ai filmé et qu’on voit sur le téléphone portable est un des ses amis, un vétéran lui aussi."

    Authenticité

    Jean-Charles Hue a, comme a son habitude, raconté une histoire nourrie de faits et de témoignages réels. "J’ai essayé de rester au plus près... Dans ce scénario, tout est vrai : les histoires sont soit des histoires qu’on m’a racontées, soit des choses que j’ai pu voir", confie le cinéaste.

    Mesures de précaution

    Avant de poser leur caméra, Jean-Charles Hue et son équipe ont déclaré à la ville de Tijuana qu’il y avait un tournage, en masquant tout ce qui avait trait au narcotrafic dans le scénario (l’interdit est global sur ce point, même pour de la fiction). Il raconte : "C’est en effet très dangereux, car si jamais tu commences à filmer un camp plus que l’autre, l’adversaire peut venir te flinguer rien que pour ça. C’est ce qui est arrivé au réalisateur de La Vida Loca, Christian Poveda. On a fait nos repérages et trouvé nos lieux mais jusqu’au dernier moment on ne savait pas si ça allait être possible. Quant aux prostituées, elles refusaient les photos et les caméras tout simplement parce qu’elles ne voulaient pas que leurs parents découvrent leur activité."

    La Zona Norte

    La chose du tournage dont Jean-Charles Hue est le plus fier est d’avoir réussi, avec une équipe de 50 personnes, à tourner dans la Zona Norte, un endroit extrêmement dangereux. "Sur Topo Y Wera, ça avait mal tourné et j’avais dû arrêter le tournage, pourtant très discret. Là, on s’est retrouvés avec une caméra imposante et dix à quinze personnes derrière, à filmer Paul Anderson, comme si de rien n’était ! C’était un grand moment. C’était une période de grande violence à Tijuana, hélas comme toujours j’ai envie de dire. Paul est arrivé un jour sur le plateau en disant qu’on venait de tuer quelqu’un à 30 mètres de lui. Heureusement qu’il n’avait pas froid aux yeux. Avec un autre acteur, le tournage n’aurait simplement pas été possible", se souvient le metteur en scène.

    Arthur Shelby de la partie !

    Dans le rôle principal de ce vétéran américain blessé en Irak qui vit dans la Zona Norte, nous retrouvons Paul Anderson, connu pour sa prestation du violent Arthur Shelby, le frère aîné de Thomas Shelby (Cillian Murphy) dans la série à succès Peaky BlindersJean-Charles Hue explique à son sujet :

    "Paul avait ce côté un peu maladif, juste ce qu’il fallait pour être crédible, avec une présence incroyable. Il est très photogénique, son corps est même parfois un peu drôle, comme à la plage où il forme un couple improbable avec Adriana Paz. Quand tu as le corps qu’il faut, tu envoies la bonne énergie, elle est captée et ça fonctionne, c’est magique. Paul possède non seulement le corps mais la démarche, un peu comme John Wayne a la sienne. Je ne connaissais pas la série Peaky Blinders qu’il interprète, c’est en le découvrant sur photo qu’il m’a renvoyé physiquement à l’image première que j’avais de mon GI américain perdu à Tijuana."
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