Ce baron de l'écluse aux dialogues exceptionnels signé Audiard et interprété par Jean Gabin et Micheline Presle se laisse savourer avec grand plaisir. Du vrai cinéma français... Du grand cinéma. Et puis le Deauville des années 60 y est très bien dépeint et ce canal donne envie d'y rester. Que demander de plus, pas grand chose.
Loin des monuments du grand Gabin tels que "Mélodie en sous-sol", "Le clan des Siciliens" ou "Le Cave se rebiffe", "Le Baron de l’Ecluse" ne bénéficie aujourd’hui que d’une notoriété très confidentielle. Et il faut admettre que cette carence de popularité n’est pas sans explication. Car, bien que le film soit plutôt réussi, il lui manque une chose essentielle : un sujet fort. Et il faut reconnaître que cette histoire de baron désargenté arpentant les canaux avec son bateau fraîchement acquis ressemble davantage à un épisode de "L’Homme de Picardie" qu’à un grand moment de cinéma. On ne s’étonnera donc pas que les années aient rapidement fait oublier ce film au rythme assez lent et à l’intrigue minimaliste. Autre reproche : l’histoire a un peu tendance à être trop centré sur la relation ambiguë entre le vieux baron et sa jeune maîtresse, ce qui empêche un peu les autres personnages de bénéficier d’une réelle consistance (il faut attendre l’arrivée tardive du prétendant de Perle pour s’intéresser vraiment à un second rôle). Mais surtout, l’exceptionnel Jean Gabin a beau être, comme toujours, irréprochable, on a du mal à ne pas faire la comparaison avec l’excellent "Gentleman d’Epsom" où il tenait un rôle très similaire d’aristocrate désargenté s’en sortant toujours grâce à ses magouilles. Il faut croire que les champs de courses et les grands restaurants sont un cadre qui a mieux su résister aux affres du temps que les rivières françaises. Et pourtant, difficile, 50 ans après, de ne pas se laisser porter par la nostalgie de ces bords de Marne et de leur guinguettes peuplés de clients venant taper le carton. Comme toujours, c’est ce petit air désuet (renforcée par l’image en noir et blanc, le montage très sage et la lenteur de la mise en scène) qui viendra ravir les amateurs mais qui fera également fuir les récalcitrants. Faisant plutôt partie de la première catégorie et restant un fervent admirateur de Gabin, je serai donc plutôt indulgent avec "Le Baron de l’Ecluse", souvenir émouvant d’une époque révolue qui bénéficie de solides seconds rôles parmi lesquels on retiendra surtout l’exquise Micheline Presle et le propret Jean Desailly. Et puis, un film bénéficiant des dialogues de Michel Audiard (avec quelques fulgurances, certes passées mais tellement fines, comme "Montbernont, c'est net, c'est propre ! Ca se fait tuer quand y'a une guerre et ça fait des enfants pour la prochaine", "Je me demande si ils sont mariés? - Oh, sûrement. Sinon pourquoi voudrais tu qu'ils s'engueulent ?"…) a toujours un intérêt.
Un film qui repose uniquement sur l'interprétation de Jean Gabin. Celui-ci s'impose grâce à son charisme imposant. Ce n'est pas un incontournable dans la filmographie de Gabin mais tout de même un bon petit film destiné à tous ceux qui sont apprécient le personnage.
“Le Baron de l’écluse” n’est pas un polar et pourtant il est inspiré d’une nouvelle de Georges Simenon datant de 1940. Jean Gabin, fidèle à lui-même, fait du Gabin, et c’est très bien comme ça ! Son charisme et son talent brillent dans le rôle du baron, et on ne se lasse jamais de le voir à l’écran. À ses côtés, Micheline Presle incarne avec brio la complice du baron.
Cette œuvre se révèle être une petite comédie plaisante, agrémentée de dialogues savoureux signés Michel Audiard, qui ajoutent indéniablement une touche d’esprit à la réalisation de Jean Delannoy. En somme, “Le Baron de l’écluse” est un film charmant qui mérite d’être découvert ou redécouvert. 7/10
"Le Baron de l'écluse", film franco-italien de Jean Delannoy, sorti en 1960. Un scénario de Maurice Druon d'après la nouvelle de Georges Simenon parue dans le recueil "Le Bateau d'Émile", en 1954. Un bon vieux noir et blanc, avec Jean Gabin, Micheline Presle, Blanchette Brunoy, Jean Desailly et les splendides dialogues de Michel Audiard. Une réalisation propre et soignée, comme on savait le faire à l'époque. Nous retrouvons ici Jean Gabin, dans son registre de vieil aristocrate fauché vivant de petites "magouilles" dans le milieu de la haute société, maintenant les apparences et se faufilant entre les dettes. Un rôle sur mesure comme souvent pour Gabin. Quelques longueurs, mais un beau film avec de bons acteurs, de bons dialogues, bien réalisé et bien agréable à revoir.
Ce film se déguste comme pendant une croisière sur un long fleuve tranquille ! Mort centenaire, Jean Delannoy qui l'a réalisé n'a pas regardé à la dépense : un scénario de Maurice Druon, des dialogues de Michel Audiard, et une distribution qui ressemble à une constellation d'étoiles du 7° art de l'époque ! Avec notamment Micheline Presle qui semble bien être la seule survivante en 2015 de cette aventure, mais aussi Jacques Castelot qui a joué dans plus de 80 films et presque autant de rôles au théâtre avant de quitter définitivement la scène en 1989. Le tout dans une "ambiance Maigret" : Pas étonnant, Jean Delannoy a fait plusieurs films dont l'"Affaire Saint Fiacre" avec Gabin. Quant à ce scénario excellent et amusant à défaut d'être palpitant, il est inspiré d'une nouvelle éponyme de Simenon. On se souvient de cet intérêt que portait l'écrivain au monde marinier d'eau douce, certaines aventures du célèbre commissaire ayant pour cadre les écluses ! On regarde cette histoire comme on feuilletterait un album-photos de souvenirs (elles aussi en noir et blanc) Nostalgie ! willycopresto
Que dire encore de Gabin qui ne cesse de ne pas se renouveler dans une fin de carrière interminable où ses rôles toujours plus grandioses et divers sont éclairés par la plume magique d'Audiard ?
Un petit film avec un grand monsieur. Mais il n'est pas seul.... Gabin est bien entouré. Bons acteurs, bons dialoguistes. Gentille comédie agréable et sympathique. On n'est pas non plus toujours obligé de voir Gabin en gangster bien habillé!! Ici c'est plutôt le retraité qui se balade en France. C'est bucolique et drôle "à défaut de principes moraux, j'ai de pauvres appétits physiques!!!" -"Je me demande s'ils sont mariés? -"ben sûrement, sinon pourquoi voudrais-tu qu'ils s'engueulent!!!" Ça devient tendre dans la dernière partie. C'est même un peu émouvant.
Avec « Archimède le clochard » réalisé par son plus fidèle réalisateur, Gilles Grangier, Jean Gabin a commencé à roder ses personnages de vieux truands, aigrefins, légionnaires ou commandants en retraite au comportement à mi-chemin entre le grand bourgeois et l’anarchiste incontrôlable qui peupleront toute sa dernière partie de carrière. Pour le plus grand plaisir de ceux qui se délectent des dialogues de Michel Audiard que Gabin maîtrisant sa langue comme personne, échange avec toute la panoplie des grands seconds rôles de l’époque. Pour le plus grand dépit aussi de ceux qui ne pardonnent pas au Gabin d’avant-guerre d’avoir trahi l’image du prolétaire rebelle et symbole du Front Populaire qu’il représentait avant son départ pour Hollywood. Ces films sont le symbole pour ceux-là de la décadence d’un acteur qui ne sait plus que tourner avec une poignée de réalisateurs à sa botte, lui taillant des rôles sur mesure où son investissement personnel serait réduit à portion congrue. Ce point de vue oublie un peu vite que dans sa période dorée, Gabin avec Julien Duvivier, Jean Renoir, Marcel Carné et Jean Grémillon n’était pas beaucoup plus volage concernant ses collaborations. Déjà très jeune, l’acteur avait besoin d’un cadre rassurant pour livrer le meilleur de lui-même. Dans cette deuxième partie de carrière, les films de très haute tenue n’ont pas manqué, « La vérité sur Bébé Donge », « Touchez- pas au grisbi », « French cancan », « Razzia sur la chnouf », « Voici le temps des assassins », « La traversée de Paris », « Le rouge est mis », « Le désordre et la nuit », « Le Président », « En cas de malheur », « Un singe en hiver », « Le chat ». Une douzaine de réussites majeures pour un acteur soi-disant sur le déclin qui en contenterait beaucoup appartenant aux générations suivantes. Pour ce qui est de cette dizaine de comédies honnies, la comparaison avec ce qui sort sur les écrans actuels dans le genre en question participe à réévaluer les prestations des Gabin, Blier, Frankeur, Marin, Rosay et consorts sous la plume acérée mais jamais vraiment méchante de Michel Audiard. « Le baron de l’écluse » réalisé par Jean Delannoy arrive après que les deux hommes ont tourné ensemble deux Maigret. Jean Gabin pensant avoir fait le tour du personnage, Jean Delannoy cherche dans l’œuvre de Simenon qu’il apprécie particulièrement une histoire qui pourrait convenir à son acteur. Il tombe sur une nouvelle peu connue nommée « Le baron de l’écluse ». Maurice Druon se charge de l’adapter pour étoffer le rôle du baron désargenté, ancien as de l’aviation reconverti en joueur invétéré, promenant sa faconde et sa réputation tout au long des stations balnéaires où il tente de soutirer à ses anciennes conquêtes quelques subsides lui permettant de se maintenir en équilibre sur un fil dont il confesse lui-même qu’il est de plus en plus fin alors que l’acrobate, lui, est de plus en plus lourd. Les dialogues d’Audiard font merveille pour brosser un portrait haut en couleur du baron Jérôme Napoléon Antoine qui faisant preuve d’une assurance sans limite parviendrait presque à convaincre ses créanciers de le remercier de ne pas les rembourser. Du grand art assurément qui montre un Gabin au pas certes de plus en plus lourd à seulement 55 ans mais toujours aussi alerte pour débiter ses dialogues et faire jouer les muscles de son visage si expressif. Maurice Druon parfait connaisseur des mœurs de la haute bourgeoisie, en profite pour tirer à boulet rouge sur cette caste qui se pavane sans gêne d’aucune sorte parmi le petit personnel de Deauville qu’elle ne remarque même pas. La deuxième, plus tendre, s’attarde sur un baron qui n’est pas dupe de sa personne et tout-à-fait conscient de l’horloge qui tourne. S’échouer pour un temps sur un quai de la Marne à bord d’un yacht gagné au jeu en compagnie d’une Micheline Presle toujours au sommet de sa beauté marque pour le séducteur vieillissant une période qui s’achève alors que sa belle encore jeune va vite rebondir dans les bras d’un riche viticulteur champenois (Jean Desailly) après s’être fait passée pour la nièce de son ancien amant. Se recaser auprès d’une aubergiste (Blanchette Brunoy) énamourée par la faconde et les belles manières du commandant de bord est un temps envisagé mais dès que la roue tourne, ceux qui ont la vie de bohème ancrée dans le cœur ne peuvent résister à l’appel d’un jour nouveau. Joli film dont l’intrigue n’est certes pas renversante mais qui se tient parfaitement grâce à tous les merveilleux acteurs qui la soutiennent. « C’est bath, les acteurs !! » comme disait Gabin qui savait de quoi il parlait.
Une jolie petite comédie qui nous emmène dans les hautes sphères de la société, pour nous en faire redescendre rapidement vers le petit peuple, de celui qui ne fait pas de chichi, et qui nous prouve qu'en bas, c'est bien plus beau qu'en haut. Que les sentiments y sont plus purs. Les dialogues sont bien d'Audiard, il ne faut pas attendre longtemps pour en avoir confirmation. Jean Gabin nous montre tout son talent à jouer un grand bourgeois qui sait se tenir en toutes circonstances. Néanmoins cette bourgeoisie nous est présentée sous son meilleur profil alors qu'on aurait pu très facilement glisser vers l'outrecuidance. C'est bien fait, le scénario est simple, on écoute, on admire les talents et on passe un bon moment. A voir par les amateurs de comédie, mais surtout par les fans de Jean Gabin.
Un film où il y a jean gabin comme acteur principale dont je voue une très grande admiration, à.la réalisation jean delannoy dont j ai apprécié la série des maigrets avec gabin et surtout les dialogues de michel Audiard est assuré d être bon. Et c est le cas, l histoire narre un Baron désargenté à la limite escroc retrouvé une ancienne conquête dans les bras d un prince,lors d une partie de baccara il déleste a ce fameux prince de quelques millions et décide après cela d enlever son ex amie et de voguer vers monte carlo et les ennuis commence. Une bonne petite comédie