20 abonnés | Lire ses 1147 critiques |
Le super parrain selon Rosi est une sorte de notable homme d’affaire terne, opaque, vieillissant, discrètement sardonique et cardiaque (parfaitement interprété par G. M. Volonte). Le gangstérisme avec ses règlements de comptes ne sont qu’un préliminaire dans sa carrière : sa véritable ascension il la doit à la corruption des politiques américains, à l’exploitation des circonstances historiques, qui permettent à la mafia italo-américaine de prendre une part du gâteau du pouvoir en Italie, dans le sillages des armées alliées à la fin de la Seconde guerre mondiale, puis, de cette base, de contrôler le trafic d’héroïne entre l’Europe et l’Amérique. Comme d’habitude chez Rosi, le scénario a une construction complexe, avec d’incessantes circulations dans le temps et des digressions. La compréhension demande une attention soutenue. Il s’agit bien d’un film engagé, mais d’une manière assez inhabituelle. Plus que d’une dénonciation indignée, on a le sentiment d’un constat tristement écoeuré et sans illusion. La fin de Luciano est à son image donné dans le film. Il meurt banalement d’une crise cardiaque. En frustrant les enquêteurs d’une victoire qui se dessinait. Une ultime défaite de la justice en quelque sorte. Le film ne cède qu’une seule fois à une forme de lyrisme spectaculaire, lorsque sont filmées les « Vêpres siciliennes », qui virent l’exécution de toutes les têtes de la mafia italo-américaine, au bénéfice de Lucky Luciano.
Ajoutée le 03 juil. à 00h41 Signaler un abus
En cours...

