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    Les Misérables
    note moyenne
    4,1
    3081 notes dont 475 critiques
    répartition des 475 critiques par note
    163 critiques
    172 critiques
    40 critiques
    33 critiques
    21 critiques
    46 critiques
    Votre avis sur Les Misérables ?

    475 critiques spectateurs

    christophe d
    christophe d

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    3,5
    Publiée le 22 novembre 2019
    Alors bon...que dire...c est un bon film oui, mais pas le truc de dingue dont les médias nous rabâchent les oreilles depuis 15 jours! En fait avec le recul je me dis que toutes les critiques dithyrambique sont le fait d un microcosme parisien qui s amuse a s s'encanailler en faisant mine d avoir decouvert le nouveau Spike Lee alors qu'au fond ben la problématique d origine ils s en foutent!!!! Le film est bon je le répète, même agréable à regarder mais il nous délivre quoi comme message que nous ne connaissions déjà? ( a moins d etre en hibernation depuis 30 ans )...Envoyé Spéciale ferait la même. Ce film ne traite pas des causes, apporte encore moins de solutions et ce n est pas son but. C est un focus sur une bavure banale dans une vie devenue normale...qui montre les conséquences de 50 ans d d'immobilisme des pouvoirs publics...et le pire et c est pas moi qui le dit ben c'est que....On s en fout...tout le monde s en fout! Bon film.
    benoitG80
    benoitG80

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    3,0
    Publiée le 24 novembre 2019
    « Les Misérables » est à coup sûr un reflet très réaliste des conditions de vie des cités et des banlieues, ici celle de Montfermeil en l’occurrence, ce qui ne sera pas un secret ou une découverte pour celui qui l’a déjà connu ou côtoyé, ou encore pour celui qui le vit au quotidien, rien que par le fait d’y habiter ou d’y travailler ! Un film qui a donc déjà le grand mérite de nous ouvrir les yeux sur un monde que beaucoup d’entre nous préfèrent éviter et même occulter, par peur, par confort et par égoïsme... À ce sujet, plusieurs réalisateurs ont eu le courage de s’y frotter, on pense évidemment à « La Haine » de Mathieu Kassovitz ou encore au bouleversant « Divines » de Houda Benyamina. Si Ladj Ly qui a vécu là-bas nous plonge littéralement dans cette véritable bombe à retardement, il le fait en connaissance de cause et donc avec un réalisme à couper le souffle, sans qu’aucun cliché d’aucune sorte n’apparaisse, tant les situations et les personnages reflètent exactement ce qui se passe dans ces zones de non-droit. L’image de ces trois flics de la BAC pourra sembler excessive pour certains et cependant, là aussi, trop de faits récents depuis un an nous prouve la bêtise et la soumission des hommes, rien que dans la volonté de nos dirigeants à vouloir brimer et à faire taire par tous les moyens toute forme de contestation. Le fameux LBD en est ici très judicieusement l’illustration en étant par définition le fameux et célèbre instrument qui nous le prouve de manière inquiétante à travers cette bavure policière ! Et pourtant, la démarche du cinéaste semble pour autant manquer d’une certaine vue d’ensemble pour se concentrer sur ce jeune adolescent Issa et ceux qui vont être en relation avec lui, tout en montrant les rapports de force complexes qui se jouent autour de ce dernier... Ce sera évidemment l’instant T, celui de la bavure en question, qui mettra le feu aux poudres et fera basculer encore davantage tous ces individus dans une descente aux enfers dans laquelle les comportements et intérêts personnels seront parfaitement décryptés et analysés, jusqu’à un final franchement explosif dans tous les sens du terme. Malgré tout et curieusement, on ne ressent pas la même émotion que dans les quelques autres réalisations de la même teneur, comme dans le magnifique « Polisse » de Maïwenn, à la facture également très documentaire. L’explication tient peut-être à ce que la misère et le désespoir sont en effet visibles dans les yeux de chaque personnage, tous d'ailleurs trop schématisés et laissés à l'état d'ébauche, sans qu’à aucun moment le cinéaste n’arrive à donner ou à insuffler une infime lueur d’espoir, ne serait-ce que pour ouvrir l’horizon, si ce n’est heureusement la belle phrase de Victor Hugo qui apparaît au générique de fin, phrase pourtant o combien évidente et essentielle, que devrait méditer tous ces gouvernants qui ont la capacité et les moyens de changer radicalement ce monde en perte totale de repères, en prenant enfin grand soin de l’ensemble de nos sociétés, tel un bon jardinier qui respecte avec amour toutes ses plantations !
    Pierre M
    Pierre M

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    0,5
    Publiée le 24 novembre 2019
    Le film mérite plutôt 3 ou 4 étoiles mais après avoir lu les critiques dans cette section et après avoir VU le film, je souhaitais simplement adresser un message à ceux qui comme moi consultent les critiques négatives avant de voir un film pour se faire une idée. Et bien, je peux vous assurer que la plupart de ceux qui ont écrit un commentaire ici n'ont en réalité tout simplement PAS VU le film et ne font que relayer le même message fallacieux. Quand je lis par exemple que "la fin est affligeante : la pacification passe par les imams" c'est totalement faux, la fin n'est absolument pas celle-ci, il suffit de se rendre en salle. Je ne vois pas en quoi les gamins ou la population de cette banlieue sont "victimisés" comme autant se prennent à le répéter. Au contraire ce ne sont clairement pas des anges, beaucoup sont agressifs et violents et les policiers sont autant dépeints comme des victimes (insultés et méprisés sans arrêt...) que faisant un usage excessif de la force. Je n'ai vu ici ni des bons ni des mauvais, simplement des gens, dans une logique de haine et d'affrontement permanent, certains se montrant plus bêtes (au sens animal et stupide) que d'autres et si vous y voyez du manichéisme c'est probablement à travers le prisme de vos propres pensées. A cause de toutes vos inepties et de la bande annonce qui est plutôt mauvaise, j'ai bien failli ne pas aller le voir ! Cinématographiquement ce n'est pas un chef d'oeuvre et je ne le défendrai pas corps et âme mais il mérite tout à fait d'être vu. Chacun peut ensuite en penser ce qu'il veut évidemment, mais la moindre des choses pour parler d'un film c'est de l'avoir VU...
    ffred
    ffred

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    4,0
    Publiée le 22 novembre 2019
    Prix du jury au dernier festival de Cannes, en course pour les Oscar, annoncé comme le film de l'année, Les misérables n'est pas, à mes yeux, le chef d’œuvre annoncé. Certes, le tout est très bien fait. La mise en scène est solide, serrée, puissante. Les acteurs, professionnels comme amateurs, sont tous très biens. Damien Bonnard, que l'on voit de plus en plus, est très convaincant. Le sujet est fort et d'actualité. Les faits sont inspirés du vécu du réalisateur. Mais je trouve qu'il manque quelque chose. Les personnages ne sont pas vraiment attachants, certains sont très caricaturaux. Certaines scènes sont très fortes mais d'autres tournent parfois en rond, avant que l'action ne monte véritablement crescendo pour un final très prenant. Mais on ne s'ennuie pas, c'est souvent très drôle et pas aussi manichéen que ce que j'attendais, il n'y a aucun jugement. Au final, pas le choc annoncé malgré un terrible constat sur l'état des banlieues. Pour un premier film, Ladj Jy frappe tout de même fort. A suivre.
    Bib38.
    Bib38.

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    2,0
    Publiée le 26 novembre 2019
    Je m'attendais à beaucoup mieux en voyant la note, je suis déçue, c'est plat jusqu'à la scène finale qui crispe un peu, mais que retenir? que y'a des mauvais et des bons flics, que y'a des gamins délinquants paumés et mal barrés? je n'ai rien appris, le malaise de nos sociétés c'est le même depuis + de 20 piges, "laisse pas trainer ton fils" c'est de 1998.... ici on nous met juste les pieds dedans comme avec un casque virtuel finalement...
    poet75
    poet75

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    4,0
    Publiée le 20 novembre 2019
    Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, a énormément changé, bien évidemment, depuis le temps de Victor Hugo qui y avait situé l’auberge des Thénardier, exploiteurs sans scrupules de la petite Cosette. Aujourd’hui se dresse un quartier sensible, comme on dit, mais, ce qui n’a pas changé, c’est la misère et ce qu’elle provoque en fait de frustrations et de désir de révolte. Ladj Ly, qui a lui-même vécu dans cette cité des Bosquets de Montfermeil, a été bien inspiré en plaçant son film sous l’égide du grand écrivain, tout en mettant en scène des réalités qui sont des spécificités de notre temps, à commencer par la facilité avec laquelle on peut, aujourd’hui, enregistrer des images volées sur la voie publique. Contrairement à tant d’autres films qui ont eu pour ambition de montrer la réalité des quartiers sensibles mais sans réussir à se défaire de toutes sortes de clichés, Ladj Ly, faisant preuve de beaucoup de finesse, parvient à échapper à tous les pièges inhérents au sujet. Dans son film, sont présents des musulmans radicaux, des faux repentis, des caïds ayant pour chef un faux maire et, surtout, des bandes d’enfants désoeuvrés. Tous ces protagonistes semblent comme filmés sur le vif, au point qu’on n’a quasiment pas l’impression d’avoir affaire à des acteurs. La crédibilité des scènes n’est jamais prise en défaut. Il en est de même avec les trois policiers de la brigade anticriminalité sur qui se concentre une bonne partie du film. C’est une des audaces de Ladj Ly qui, ayant lui-même passé son adolescence dans cette cité, pourrait être saturé de préjugés à l’égard de la police. Or il choisit délibérément d’adopter, dans de nombreuses scènes, le point de vue d’un des trois policiers, nouveau venu dans cette brigade et, de ce fait, découvrant des méthodes qui ne peuvent le laisser de marbre. Le réalisateur décortique avec minutie l’enchaînement de circonstances qui conduisent finalement à un débordement de violence extrême. Tout commence par l’irruption, dans le quartier, de gitans en colère parce qu’un gamin, qu’ils supposent être de la cité, leur a dérobé un lionceau. C’est à partir de cet événement que les policiers sont amenés à intervenir auprès des enfants et c’est au cours d’une intervention musclée qu’a lieu une « bavure », un tir de flashball qui ravage le visage d’un garçon. Or, le policier qui s’est rendu coupable de ce tir se rend aussitôt compte que la scène a été filmé par un drone. Pour lui, dès lors, une seule chose compte : trouver celui qui manipule l’engin et qui, par conséquent, détient la preuve en images de la « bavure ». Le gamin blessé, lui, peut attendre avant de se faire soigner, ce qui choque celui des trois policiers qui est nouvellement arrivé dans l’équipe. Mais la peur des images est plus forte que tout. Elle avait d’ailleurs déjà été signifiée dès le début du film à l’occasion d’un contrôle auprès d’adolescentes à un arrêt de bus. Cette peur-là annihile toute possibilité d’apitoiement. Un enfant blessé au visage compte moins que la nécessité de se protéger des images en les retrouvant et en les détruisant. La colère n’a pas besoin d’autre chose pour surgir et se manifester sous des formes très violentes. L’affrontement a lieu, il est inévitable, mais, même sur ce terrain-là, Ladj Ly réussit, in fine, à échapper aux conventions. spoiler: Il suspend le temps, en quelque sorte, il nous laisse imaginer jusqu’où peut aller la révolte, mais sans éprouver le besoin de montrer le pire. Dans un film qui s’interroge avec pertinence sur le pouvoir des images, il était plus que judicieux, en effet, de ne pas filmer le plus épouvantable.
    yeepee
    yeepee

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    1,5
    Publiée le 1 décembre 2019
    D'un point de vue cinématographique, ce premier film est immanquablement réussi. Rythmé sans être trop nerveux ou rapide, il déroule son intrigue de western des temps modernes, avec le bon tempo: de la belle ouvrage. Comme dans tout western, il y a les méchants: spoiler: les flics qui jouent aux cow-boys avec la bénédiction lâche de leur capitaine qui se lave les mains de tous les trafics, les albanais (qui dealent), les gitans (il bruto), et les nigérians (qui s’occupent de prostitution). Et puis il y a les gentils, autochtones, français nés en France de parents ou grand-parents nés en Afrique du nord (Pays du Maghreb, Afrique noire francophone), victimes d'une justice colonialiste (dixit interview de Ladj Ly) : ce sont les misérables. Les misérables ne dealent pas de drogue, ils ne font rien de mal et ne sont pas responsables. Les misérables de sexe féminin sont jolies et jouent au basket, elles ne portent pas de foulard islamique. Les religieux que l’on voit, frères musulmans, ont apporté paix et amour dans un esprit républicain d'intégration et de partage de valeurs universelles. Merci Ladj Ly, moi qui ai passé mon enfance en banlieue, j'avais pas bien vu ou pas bien compris…
    Steph S
    Steph S

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    2,0
    Publiée le 27 novembre 2019
    Ce n'est pas un film qui arrange les choses de notre société.. On fait passer les flics pour des méchants, certes il y en a, comme les délinquants.. Tout le monde a ses torts.. Si tout le monde mettrais du sien on ferait changé les choses.. Bref triste réalité.
    Dany Eloys
    Dany Eloys

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    1,0
    Publiée le 30 novembre 2019
    Clicher sur clicher sur la police sur la banlieue bofff déjà vu revu et revu ! Les acteurs sont pathétiques tout est long lourd et sans importance
    Christoblog
    Christoblog

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    5,0
    Publiée le 19 novembre 2019
    C'est peu dire que Ladj Ly, pour son entrée dans la confrérie des cinéastes de longs-métrages, frappe un grand coup. Les misérables coche en effet toutes les cases de la réussite miraculeuse : un scénario extrêmement brillant qui évite tous les écueils (on y retrouve la complexité de The wire), une mise en scène hyper-efficace (qui m'a fait penser au meilleur de Spielberg), un casting hors normes, une attention au détail comme on en voit peu, des idées à la pelle. Le film commence comme une agréable pagnolade à la sauce de banlieue : accent, personnalités truculentes, dialogues ciselés, récit d'initiation. La manière dont l'histoire se durcit progressivement est exceptionnelle, Ladj Ly et son scénariste Giordano Gederlini parvenant à multiplier les fausses pistes avec une habileté confondante. Le récit du film renvoie beaucoup des protagonistes dos à dos, en veillant à ne jamais perdre son spectateur, jusqu'à un plan final d'anthologie, qui résume toutes les qualités du film. Les misérables, en plus de son intérêt dramatique et de sa capacité à captiver, parvient à donner un sentiment de réalité extrême. On a en effet rarement eu cette impression de vivre la vie quotidienne des quartiers, que ce soit dans les jeux des enfants, au cirque, chez les salafistes ou dans le club aux lumières rouges. La capacité que manifeste Ladj Ly à mettre en place une ambiance avec quelques éléments est la marque d'un futur très grand réalisateur. Une oeuvre d'exception, à ne rater sous aucun prétexte !
    Eve D
    Eve D

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    2,5
    Publiée le 22 novembre 2019
    Enième film sur les cités.. Bons acteurs.. Je vis dans une cité HLM, ce n'est pas à ce point, mais malheureusement s'en est pas loin. Là, ça fait un peu 'Ouest Terne' . Clichy-sous-Bois et ses alentours étaient des copropriétés construites dans les années 60/70, pour les travailleurs Parisiens aux revenus modestes. Qui sont devenues depuis pas mal années le 'refuge' des marchands de sommeils et des squatteurs.
    Jorik V
    Jorik V

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    4,0
    Publiée le 10 novembre 2019
    Le Prix du jury à Cannes cette année qui va représenter à juste titre la France aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger est un film coup de poing, sans que ce terme soit ici galvaudé. Un film qui fait réfléchir, qui frappe là où ça fait mal et du genre qui vous hante longtemps après la projection. Forcément comparé à « La Haine » de Matthieu Kassovitz, mais actualisé à notre époque, par le contexte des banlieues françaises en ébullition, c’est pourtant réducteur tant « Les Misérables » vaut bien plus que ça. Il commence par une scène de liesse durant la victoire de la France à la dernière Coupe du monde de football (où donc le peuple français est soudé le temps d’un événement fédérateur) pour se terminer par l’opposé complet (c’est-à-dire par une fracture totale entre deux mondes, entre deux France). Le dernier plan, suivi d’une citation de Victor Hugo qui éclaire davantage la pensée principale du film, est éloquent comme jamais. Il lui donne un sens encore plus profond qu’espéré. Ni note d’espoir, ni condamnation manichéenne, ils agissent comme des motivateurs de réflexion et pose cette question simple : va-t-on aller jusqu’au point de non-retour dans ce microcosme faisant partie intégrante de la France que sont les banlieues ou l’espoir est-il encore possible ? « Les Misérables » nous convie littéralement à une plongée dans une cité à risques de la banlieue parisienne. Ce genre d’endroit devenu une zone de non droit. On pense un peu à « Training Day » au départ dans cet aspect d’une journée de flics de la BAC jetés dans l’enfer des cités dangereuses. Mais la comparaison s’arrête là tant le film flirte un peu avec le polar (sans le côté hollywoodien bien sûr) pour ensuite s’en démarquer et verser dans quelque chose que l’on pourrait allègrement qualifier de film d’horreur sociale. On ne va pas rentrer dans les débats stériles sur la délinquance, les policiers pourris et les banlieusards désœuvrés et/ou jugés comme des racailles, ce n’est pas le but d’une critique même si le film pose intelligemment des questions et tente d’éviter toute prise de position empreinte de manichéisme de mauvais aloi. Il y parvient même s’il est souvent sur le fil et que l’on sent tout de même légèrement un parti pris de Ladj Ly pour cet endroit d’où il vient et qu’il connait mieux que personne. Mais on sent le film constat avant le pamphlet démagogique, il n’y a pas vraiment de rage, juste un cri d’alerte. Et « Les Misérables » est plus intelligent et mature que ça, bien plus. Quant à sa bande d’acteurs, professionnels ou amateurs, elle est criante de vérité. Le léger goût de déjà-vu ou de sujet polémique traité maintes fois est vite écarté par le traitement choc du cinéaste et sa vision des choses en forme d’état des lieux baigné dans la fiction. Et on ne pourra que le féliciter de tenter de mettre les spectateurs le nez dans une merde que beaucoup ne veulent pas ou plus voir. A la lisière du documentaire immersif pour le sujet et le propos tout comme dans la manière dont il est traité, « Les Misérables » a la judicieuse idée d’éviter le côté caméra à l’épaule et l’image sale pour nous proposer une réalisation propre et racée assortie de plans ingénieux, presque beaux, qui le tirent clairement vers le cinéma avec un grand C. Et du bon cinéma. C’est donc formellement réussi et une belle mise en scène ne nous éloigne ici aucunement du cœur du propos prouvant que sujet social et politique peuvent faire bon ménage avec forme agréable à l’œil. « Les Misérables » est tout autant une chronique sociétale qu’un drame social et ce premier long-métrage nous prend aux tripes comme jamais dès ses premières images pour ne plus jamais lâcher nous jusqu’à un final tétanisant. On est immergés avec ces policiers de la BAC, en totale plongée dans ce monde où les lois sont différentes. Un véritable western urbain. On embarque avec eux, stressés, les mains crispées sur les accoudoirs. Lady Ladj nous claque la réalité en face et on se la prend en pleine tête sans jamais chercher le sensationnalisme ou le misérabilisme, il convoque juste une représentation édifiante de la réalité. A partir d’un scénario carré qui met bien en place tous les protagonistes et intervenants ainsi que des enjeux permettant de soutenir le propos général avec logique, il pointe du doigt et dénonce. Aussi bien ces jeunes délinquants sans morale ni respect que certains flics pourris et racistes. Tout autant les immams de pacotille prônant un islam détourné nocif que des pseudo-médiateurs qui profitent des tensions de la cité. « Les Misérables » questionne notre esprit et nos valeurs intelligemment et il fait froid dans le dos. Avec un minimum de réflexion, c’est le genre d’œuvres qui peut interpeller beaucoup de monde et (re)mettre le débat à l’ordre du jour. Mais, vu sans recul, c’est aussi un film qui peut être dangereux et faire la lie de mouvements extrémistes. Dans tous les cas, c’est une œuvre politique et polémique nécessaire, forte et qui ne peut laisser indifférent. Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook CIné Ma Passion.
    Frédéric M.
    Frédéric M.

    Suivre son activité 27 abonnés Lire ses 101 critiques

    3,0
    Publiée le 24 octobre 2019
    Très bien joué et réalisé. Le sujet est purement d'actualité, et aide à réfléchir. La fin est bien pensée. Mais est ce que ça fera avancer les choses ? La police y est très négativement décrite. Au final, aucun vrai "héro", ni personnage suffisament positif à qui s'identifier.
    traversay1
    traversay1

    Suivre son activité 582 abonnés Lire ses 1 408 critiques

    4,0
    Publiée le 19 novembre 2019
    Il est toujours difficile de prédire le succès d'un film mais Les misérables a vraiment toutes les cartes en mains pour en devenir un de grande ampleur. Parce qu'il est très efficace, tendu comme un arc et finalement consensuel, dans la bonne acception du terme, à savoir qu'il ne condamne personne a priori et fait preuve d'une certaine bienveillance. De là à dire qu'il ménage la chèvre et le chou est un peu excessif mais il est vrai qu'il ne s'attarde pas sur certains sujets que les journaux ont l'habitude de relier à la banlieue, à tort ou à raison : la radicalisation religieuse et les trafics en tous genres, par exemple. Ceci énoncé et si l'on oublie quelques blagues à deux balles, Les qualités de ces Misérables dépassent de loin ses quelques défauts. Comme dans un bon thriller, nous découvrons l'univers de Montfermeil en même temps qu'un policier novice en ces lieux et qui sera l'élément raisonnable et équilibré du film (excellent Damien Bonnard). Non dépourvu d'humour, le film de Ladj Ly parvient à portraiturer des personnages représentatifs sans tomber dans les clichés, en les humanisant, même sans avoir le temps de creuser davantage. Mais c'est dans la maîtrise des scènes d'action, jusqu'à la toute dernière, que Les misérables convainc le plus, ayant montré par ailleurs qu'une simple étincelle pouvait déclencher un engrenage de violence inextinguible. Ce n'est pas nouveau mais c'est diablement percutant. Son Prix du Jury à Cannes va permettre au film de toucher un public plus large que celui qu'il pouvait déjà viser. Son réalisme social, sa pertinence narrative et sa morale acceptable devraient faire le reste. Le carton commercial, s'il arrive, sera largement mérité.
    velocio
    velocio

    Suivre son activité 358 abonnés Lire ses 1 174 critiques

    2,0
    Publiée le 13 novembre 2019
    Voilà un film qui a obtenu le Prix du Jury au Festival de Cannes 2019, un film qui va recueillir une palanquée de louanges dans la presse, un film qui, peut-être, sans doute, va beaucoup vous plaire mais auquel je trouve beaucoup plus de défauts que de qualités. Commençons par ces dernières : sur un sujet scabreux, les relations entre la police et les "jeunes des quartiers", un sujet très fort et, a priori, très intéressant, le réalisateur a réussi à ne pas se montrer manichéen. Les défauts, maintenant : ce sujet a déjà été traité dans de nombreux films et, souvent, de façon plus réussie. En fait, le traitement des scènes est si souvent excessif, tellement forcé, qu'on arrive vite à ne pas croire à ce qu'on voit alors que la réalité de ce quartier de Montfermeil (Victor Hugo a écrit "Les Misérables" à Montfermeil, d'où le titre) est sans doute très proche, voire pire !
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