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    Les Misérables
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Les Misérables" et de son tournage !

    Expériences passées

    Ladj Ly est à l'origine un membre du collectif Kourtrajmé créé en 1994 par Kim Chapiron, Toumani Sangaré et Romain Gavras. Il a par le passé réalisé des web-documentaires qui ont été remarqués comme 365 jours à Clichy-Montfermeil, tourné pendant les émeutes de 2005, et 365 jours au Mali, où il s'est immergé dans ce pays pendant un an. Ladj Ly a aussi mis en scène le docu-fiction sur la banlieue Go Fast Connexion et le documentaire sur l'éloquence A voix haute (co-réalisé avec Stéphane De Freitas). Il impressionne par la suite avec sa première fiction, un court métrage intitulé Les Misérables, qui suit le parcours difficile d'un membre de la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil (déjà avec Damien Bonnard, Djebril Didier Zonga et Alexis Manenti). Une oeuvre choc nommée au César du Meilleur court métrage en 2018 que le cinéaste a décidé d'adapter sur grand écran.

    100% authentique

    Les Misérables est le premier long métrage de fiction de Ladj Ly, produit dans le système classique. Avec ce film, le réalisateur raconte un peu sa vie, ses expériences, celles de ses proches. Il explique : "Tout ce qui est dedans est basé sur des choses vécues : la liesse de la Coupe du monde évidemment, l’arrivée du nouveau flic dans le quartier, l’histoire du drone... Pendant cinq ans, avec ma caméra, je filmais tout ce qui se passait dans le quartier, et surtout les flics, je faisais du copwatch. Dès qu’ils débarquaient, je prenais ma caméra et je les filmais, jusqu’au jour où j’ai capté une vraie bavure. Dans le film, l’histoire du vol du lionceau déclenchant la colère des Gitans propriétaires du cirque est également vécue... J’ai voulu montrer toute la diversité incroyable qui fait la vie des quartiers. J’habite toujours ces quartiers, ils sont ma vie et j’aime y tourner. C’est mon plateau de tournage !"

    Films sur la banlieue en France

    Les Misérables fait partie des nombreux films français sur la banlieue. Parmi les plus connus, nous pouvons compter La Haine (1995), Raï (id.), Divines (2016), Chouf (id.), De bruit et de fureur (1988), Dheepan (2015), La Cité rose (2013), Ma 6-T va crack-er (1997), Bande de filles (2014), Qu'Allah bénisse la France (id.) ou encore le récent Banlieusards (2019).

    Pas de manichéisme

    Avec Les MisérablesLadj Ly n'a pas voulu montrer de "gentils jeunes contre les méchants flics" ou le contraire. Il a ainsi essayé de filmer chaque personnage sans porter de jugement. "« Le Maire » a un côté éducateur et en même temps un peu crapuleux, les flics pareils, ils sont tour à tour sympas, dégueulasses, humains... On navigue dans un monde tellement complexe que c’est difficile de porter des jugements brefs et définitifs. Les quartiers sont des poudrières, il y a des clans, et malgré tout, on essaye de tous vivre ensemble et on fait en sorte que ça ne parte pas en vrille. Je montre ça dans le film, les petits arrangements quotidiens de chacun pour s’en sortir", confie-t-il.

    Immersion dans les quartiers

    Côté mise en scène, Ladj Ly a cherché à éviter certaines constantes du film de banlieue, comme le montage clip ou le rap en BO obligatoire. Le metteur en scène souhaitait que les 40 premières minutes du film constituent une immersion tranquille dans le quartier. "Je voulais d’abord amener le spectateur dans mon univers, et ensuite seulement, entrer dans l’action. Mais avant, on se balade, c’est une chronique, on se familiarise avec les personnages et le tissu du quartier... J’ai expurgé des clichés comme la drogue, les armes, et en effet, la musique est plus électro que rap. Même dans la façon de parler, j’ai voulu éviter les poncifs du film-banlieue", précise-t-il.

    En Compétition à Cannes

    Les Misérables a été présenté en Compétition du 72e Festival de Cannes.

    Djebril Zonga

    Djebril Zonga, qui joue Gwada, est un ami de Ladj Ly venant de Clichy-sous-Bois. A l'origine, il faisait une carrière de mannequin et le cinéaste ne savait pas qu’il était acteur. Il se rappelle : "Je cherchais un « renoi », j’avais du mal à trouver, les acteurs noirs ne courent pas les rues, sorti de Omar Sy ou Jacky Ido, on les compte sur les doigts d’une main. Quand il a su que je faisais un casting, Djebril m’a appelé. Non seulement j’ignorais qu’il était comédien mais en plus, il est beau, alors que je cherchais plutôt un type à sale tronche pour faire le flic de la BAC. Je lui ai quand même proposé de faire des essais sans trop y croire, et là, wouah !"

    Alexis Manenti de Kourtrajmé

    Alexis Manenti, qui a le mauvais rôle du flic beauf et raciste, fait partie de la bande Kourtrajmé et connaît donc Ladj Ly depuis longtemps. Le réalisateur explique au sujet de son personnage : "C’est vrai que le rôle n’est pas facile, son personnage est un gros connard, mais avec quand même sa part d’humanité qu’on essaye de montrer aussi. Il porte super bien le rôle et malgré son côté détestable, les spectateurs s’attachent quand même à lui."

    Un film sur la France

    Avec des marqueurs évidents comme son titre (qui fait référence au roman de Victor Hugo) ou encore les drapeaux français le soir de la Coupe du monde, Ladj Ly a voulu faire un film non seulement sur les banlieues mais aussi sur la France. Il raconte : "Nous, on est nés ici, on a toujours vécu ici... À certains moments, certains nous ont dit que nous n’étions peut-être pas français, mais nous, on s’est toujours senti français. Je suis un peu plus vieux que les « microbes » du film et le 12 juillet 98 m’a marqué à vie. Je m’en souviens encore, j’avais 18 ans, c’était magique ! Le foot était parvenu à tous nous réunir, il n’y avait plus de couleur de peau, plus de classes sociales, on était juste tous français. On a ressenti ça à nouveau lors de la dernière Coupe du monde, comme si seul le foot parvenait à nous rassembler. C’est dommage qu’il n’y ait pas d’autres ciments du peuple mais en même temps, ces moments sont géniaux à vivre, et à filmer."

    Film humaniste et politique

    Les Misérables est un film humaniste et politique au sens où Ladj Ly ne juge pas ses personnages et dénonce implicitement un système dont tout le monde finit par être victime. Le réalisateur explique : "La responsabilité première incombe aux politiques. Depuis trente ou quarante ans, ils ont laissé pourrir la situation, ils nous ont baratinés avec des dizaines de paroles et de plans - plan banlieue, plan politique de la ville, plan ceci, plan cela, et le résultat, c’est que je n’ai jamais rien vu changer en trente ans. Seule petite exception, le plan Borloo : la rénovation de l’habitat est le seul résultat concret que j’ai remarqué. Ça, ça a changé notre vie quotidienne. Donc merci à lui, mais à part ça, je n’ai jamais vu de réelle avancée et même à la limite, c’est de pire en pire. Malgré tout, on a appris à vivre ensemble dans ces quartiers où coexistent trente nationalités différentes."
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