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    De Gaulle
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "De Gaulle" et de son tournage !

    Idée de départ

    Dans le cadre de son travail de cinéaste, que ce soit dans le documentaire ou la fiction, Gabriel Le Bomin a souvent rencontré ou croisé Charles de Gaulle. Il a notamment réalisé une série documentaire sur la France Libre et il s'était dit que c’était une période qu'il connaissait finalement assez mal. "J’avais évidement des connaissances sur la Résistance intérieure mais rien de très complet sur cette Résistance extérieure… De Gaulle était également présent dans mes documentaires sur la collaboration, sur la guerre d’Algérie, sur la Ve République dernièrement et quand nous avons commencé à réfléchir à un sujet de film sur ce personnage historique avec Valérie Ranson-Enguiale ma coscénariste, nous sommes vite tombés d’accord sur le fait que nous ne pouvions pas raconter toute sa vie car il y a plusieurs de Gaulle en un. Alors, par où l’aborder ? Ce qui nous a intéressé c’est le de Gaulle « illégitime » : l’homme de juin 1940, celui qui dit « non ». C’est sans doute le moment de sa vie où il est le plus fragile, le plus intéressant donc le plus humain… Car sous tendu à ce projet, il y avait l’ambition d’accéder à l’intime."

    Qui est De Gaulle en 1940 ?

    En 1940, De Gaulle est un homme de 50 ans dont la carrière militaire plafonne au grade de colonel. Ses théories ou ses écrits sur une guerre offensive face à l’Allemagne sont considérés avec condescendance voire mépris par l’ensemble de ses pairs, en dehors de Paul Reynaud qui devient Président du Conseil au printemps 1940, qui lui y est très attentif. C’est donc un homme qui ne parvient pas à faire aboutir ses idées et qui porte en plus la souffrance de la guerre de 14-18 durant laquelle il a été blessé et prisonnier plus de deux ans, donc peu glorieux à ses yeux. C’est à ce moment qu’il va tenter ce que lui-même décrit dans ses mémoires comme « le saut dans l’inconnu » : il choisit la clandestinité en quittant sa vie d’avant, laissant tout derrière lui et entrainant sa famille dans l’aventure, prenant tous les risques et assumant son bannissement (déchu de la nationalité, dégradé, condamné à mort par le gouvernement français). "C’est ce moment de choix, d’engagement et donc d’extrême solitude que nous avons trouvé très romanesque. Ce qu’il y a de fascinant dans ces quelques semaines c’est qu’elles vont déterminer toute sa vision politique future, notamment quand il conçoit la Constitution de la Vème République en donnant au président de la République un pouvoir direct sur les armées", analyse Gabriel Le Bomin.

    L'histoire d'un couple

    De Gaulle est aussi l’histoire d’un couple. Yvonne et Charles de Gaulle. Ils avaient une relation forte, très construite et on le voit bien dans les lettres qu’ils s’échangent à cette époque ou dans ses « Mémoires de guerre », qu’il lui dédie « pour vous Yvonne, sans qui rien ne se serait fait ». "Yvonne est très présente dans les choix qu’il fait, notamment dans ces moments où il est fragile. C’est elle qui lui donne alors la force de continuer… En caricaturant, on pourrait voir Yvonne de Gaulle comme la coach d’un boxeur qui lui dirait : « n’oublie pas qui tu es » !", confie Gabriel Le Bomin.

    Anne De Gaulle

    La petite fille trisomique du couple de Gaulle, Anne, est très présente dans le film. "De Gaulle a écrit des lignes magnifiques sur cet enfant : « Anne était aussi une grâce, elle m’a aidé à dépasser tous les échecs et tous les hommes, à voir plus haut » Avec cette enfant handicapée, il a été un père exemplaire en assumant un état dont alors on ne parlait pas, qui n’était pas identifié. On montre d’ailleurs dans le film comment l’annonce leur en est faite et comment Charles et Yvonne décident de garder leur fille avec eux. Dans l’autre flash-back, nous avons imaginé que c’était Yvonne qui avait pris la célèbre photo de son mari avec sa fille dans les bras sur une plage. C’était difficile, on pouvait basculer dans le pathos mais au final je trouve que ça éclaire très bien la dimension personnelle, intime du personnage avec ses proches", précise Gabriel Le Bomin.

    Entre fiction et rigueur historique

    Pour réaliser le film, Gabriel Le Bomin et son équipe sont partis des « Mémoires de guerre », des témoignages de Philippe de Gaulle et de ce que Charles et Yvonne s’étaient écrit, avec des lettres parfois très émouvantes basées sur des considérations très quotidiennes et personnelles. "Puis nous nous sommes en effet posé la question d’approcher la famille de Gaulle. Mais nous voulions conserver notre libre-arbitre d’auteurs avec un point de vue critique si nécessaire. Le film ne devait pas être une hagiographie ou se placer sur une tutelle quelconque, qu’elle soit familiale ou institutionnelle. Nous ne sommes donc pas allés voir la Fondation Charles de Gaulle ou la famille de Gaulle. Mais nous les avons informés dès le début en prenant contact avec les petits-enfants, Yves de Gaulle et Anne de La Roullière. Faire un film historique c’est emprunter un chemin de crête, un passage délicat, entre le vraisemblable, le réel, le juste. Il faut trouver et assumer l’espace de la fiction à l’intérieur de la rigueur historique."

    De Gaulle au cinéma, première fois

    Malgré sa stature de figure historique, De Gaulle n'avait encore jamais eu droit à son biopic au cinéma. Seule la télévision a mis en scène le personnage, notamment sous les traits de Bernard Farcy dans Le Grand Charles, Patrick Chesnais dans Je vous ai compris et Michel Vuillermoz dans Ce jour-là, tout a changé.

    Pourquoi le cinéma a boudé De Gaulle ?

    Selon Gabriel Le Bomin, il est très étrange que le cinéma français n'ait encore jamais sorti de film sur De Gaulle. "Les anglo-saxons eux ont sorti rien que l’année dernière deux films sur Churchill qui, lui, apparait dans 18 films et séries au total depuis les années 60. Je ne vous parle pas des américains qui ont maintes fois traité le sujet de leurs présidents et hauts dirigeants, de Lincoln à Obama en passant par JFK, Nixon, Bush et les autres… Ils ont la capacité à s’emparer de cette matière-là. Pas nous ! Alors devions nous y aller ? Etait-ce de l’inconscience ? En avions-nous la légitimité ? Nous avons finalement décidé de ne pas trop nous poser ces questions et de suivre notre envie, à partir du moment où cette histoire nous touchait et nous intéressait, en espérant qu’elle toucherait et intéresserait donc aussi les spectateurs. C’est quand même un moment assez incroyable de notre Histoire que nous montrons."

    Lambert Wilson, une évidence ?

    Pour Gabriel Le BominLambert Wilson en De Gaulle était une évidence. "Quand vous commencez à réfléchir aux acteurs qui peuvent incarner le personnage à cette époque-là, (un homme de 50 ans, grand, avec de l’allure, de l’autorité et de la présence), les choses vont assez vite ! Ajoutez-y la notoriété du comédien qui doit rassurer les investisseurs et la liste se raccourcit encore. Lambert a fait la différence d’autant qu’il a le goût de jouer des personnages romanesques et des figures de l’Histoire comme l’Abbé Pierre ou le Commandant Cousteau. C’est un acteur qui ne recherche pas forcément le naturalisme, il aime construire un rôle. Etant nourrit de cette tradition anglo-saxonne, il n’a pas peur de jouer avec son corps, avec les artifices. Lambert a beaucoup aimé chercher « l’incarnation » et collaborer avec les prothésistes et les maquilleurs durant les longues heures quotidiennes de sa transformation."

    Une voix inimitable

    Gabriel Le Bomin a dit à Lambert Wilson qu'il ne fallait pas aller sur le terrain de l’imitation très maîtrisée concernant la voix de De Gaulle. "Avec un coach, il en aurait été capable mais cela à mon sens aurait empêché toute émotion. Il a bien entendu beaucoup écouté de Gaulle mais en cherchant son prononcé plutôt que son phrasé, notamment dans la scène du fameux discours du 18 juin 40."

    Yvonne De Gaulle

    Yvonne De Gaulle est un personnage dont les traces historiques sont plus diffuses. Ce sont souvent des images qui datent des années 60. Or, à l’époque du film, "c’est une femme qui a 40 ans, assez belle, assez féminine. Elle est caustique, piquante : on imagine bien les joutes avec Charles ! La caricature de Tante Yvonne assise docilement et silencieusement au coin du feu à l’Elysée est une fixation médiatique qui ne correspond pas à la réalité. À la mort de Charles, Yvonne a fait en sorte que peu de chose reste du personnage privé : seule l’oeuvre de l’homme d’Etat devait lui survivre. Yvonne s’est ensuite retirée dans une institution religieuse du 7e arrondissement de Paris où elle a vécu dans une minuscule cellule jusqu’à sa mort en 1979. Pour ce personnage, nous étions plus libres. La sensibilité et le talent d’Isabelle Carré nous ont déterminé à lui proposer le rôle", confie Gabriel Le Bomin.
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