Derniers Avis : Ascenseur pour l'échafaud - Page 3
Ascenseur pour l'échafaud
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Un visiteur
3,5
Publiée le 12 décembre 2024
Cela faisait de nombreuses années que je voulais voir ce film et ce pour une unique raison, sa bande originale composée par l'un de mes musiciens préférés l'immense Miles DAVIS, que j'ai eu la chance de voir en concert et à propos duquel je ne peux que vous encourager à découvrir le documentaire disponible sur Netflix "Miles Davis : Birth Of The Cool" qui fera réaliser à nombre de spectateurs en quoi ce mec a révolutionné non seulement la façon de composer ou de jouer, mais aussi de penser la musique et même de l'incarner.
C'est donc assez enthousiaste que je lançais la lecture du DVD et découvrais enfin ce film, si à partir d'un postulat de départ assez simple, un amant et sa maîtresse planifient l'assassinat du mari de madame, mais comme on peut l'imaginer un grain de sable dans le rouage viendra gripper le mécanisme.
Louis MALLE déploie une mise en scène d'un très grand classicisme, néanmoins il m'a semblé qu'à aucun moment il ne tombait dans l'académisme et offrait une grammaire de cinéma, non seulement d'une maîtrise absolue, mais s'évertuant de façon sans doute timide, mais présente à bousculer les codes alors en vigueur.
D'abord il y a le montage parallèle entre les deux principaux protagonistes, lui bloqué dans son ascenseur, incapable de signaler sa présence ou de prévenir celle qui l'attendait, l'image et le cadre l'enferment tout autant que sa situation dramatique. Elle bloquée dans ses interrogations, troublée par un quiproquo quasiment vaudevillesque jouit d'une mise en scène et d'un cadrage plus aéré, bien qu'en même temps on parvienne a ressentir l'enfermement psychologique dans lequel elle semble s'enfermer au fur et à mesure que la nuit, l'attente et l'envie de comprendre la font s'isoler du reste du monde.
Ce sont ensuite de longs plans séquences, des travelings toujours signifiants, et d'autres artifices de réalisation que je vous laisse découvrir, qui me font penser que sans doute inconsciemment Louis Malle posait avec presque 15 ans d'avance les fondations d'un cinéma encore inexistant en théorie que l'on nommera "la nouvelle vague", ce cinéma du mouvement, ce cinéma qui sort des studios pour embrasser les décors naturels et même dans certains dialogues ou pensées des protagonistes il me semble déceler cette idée.
Mais là où le film m'a paru absolument grandiose, c'est par son scénario, sa construction tient à la fois de l'école de la tragédie racinienne et du film de dialogues. C'est un film dont l'écriture est exemplaire, où chaque personnage, y compris ceux qui semblent secondaires en raison d'une présence à l'écran assez réduite, finissent par être les pièces d'un puzzle dont on connaîtra l'absolu à la fin. Les différents éléments qui jalonnent le film ont l'intelligence et je dirai même la politesse, de créer un suspens et des pistes de réflexion qui nous tiennent en haleine sans chercher à nous embrouiller plus que de raison, ce n'est pas un film à "twist", c'est au contraire un film où tout s'emboîte parfaitement pour au final nous amener à une conclusion finalement attendue mais néanmoins troublante car alors qu'on s'était pris d'une forme d'empathie envers ces deux êtres, le film vient briser nos espoirs tout simplement en nous rappelant la dure réalité.
Je conclus en évoquant la fameuse bande originale que je connaissais depuis longtemps pour dire qu'en plus d'être brillante de façon individuelle est également fascinante dans son rôle d'illustration et que d'avoir enfin pu mettre des images sur ces notes m'a grandement réjouit.
Il y a d'ailleurs un bonus sur mon DVD "Souvenirs du pianiste René Urtreger sur l'enregistrement de la musique de Miles Davis".
Une nouvelle fois, c'est via les projections de films cultes, à l'UGC Ciné Atlantis que j'ai pu voir sur grand écran, ce classique du film français en N&B.
Bien entendu, il ne faut pas regarder ce film avec les codes cinématographiques d'aujourd'hui. Il faut se replacer dans le contexte de l'époque juste avant l'arrivée de la Nouvelle Vague avec en figure de proue François Truffaut et Jean-Luc Godard.
Louis Malle était un maître parmi les maîtres durant les années 50. Décennie qui l'a vu recevoir la consécration suprême en 1956 : la palme d'or au festival de Cannes pour le "Le monde du silence". Un documentaire aux images incroyables coréalisé avec le commandant Jacques-Yves Cousteau !
Avec "Ascenseur pour l'échafaud", Louis Malle retrouve la terre ferme loin des profondeurs abyssales. Et c'est un autre monde du silence qu'il va décrire avec un scénario simple et efficace. Comme dans nombre de vaudevilles (au théâtre comme au cinéma), c'est le trio "mari, épouse et amant" qui sert de base au film. Rien de bien original à priori mais pour atteindre le succès rien de tel qu'un bon casting et bonne B.O. Côté casting : Jeanne Moreau, Maurice Ronet, Georges Poujouly, Lino Ventura, Charles Denner, Hubert Deschamps... Coté musique : le Maestro Miles Davis et sa trompette !
Polar sauce film noir / Hitchcock à la française, bien ancré dans sa décennie, captivant, remarquablement interprété et brillamment mis en scène. Rajoutez à cela un noir et blanc impeccable et la musique signée Miles Davis, résultat on obtient un incontournable petit bijou de qualité.
Quel film! Un pionnier de la nouvelle vague qui n’a pas pris une ride aussi bien sur sa forme que dans son récit parfaitement rythmé. C’est plus inventif et ambitieux en terme de mise en scène que beaucoup de films qui sortent maintenant. C’est d’une fluidité et ça se regarde vraiment très facilement grâce notamment à une certaine maîtrise du non-dit et de la tension sur ce qui pourrait avoir lieu ou non. Grosse mention spéciale pour le mixage son et pour l’incroyable bande originale de Miles Davis!
Florence (Jeanne Moreau) est amoureuse de Julien (Maurice Ronet). Celui-ci est l’employé de M. Carala, un riche homme d’affaires, qui est le mari de Florence. Ils construisent un plan pour que Julien tue M. Carala mais après avoir commis son crime, il est coincé dans l'ascenseur. En parallèle, il se fait voler sa voiture par des jeunes gens qui commettent eux-mêmes un crime dont Julien devient accusé. C’est une histoire prenante, pleine de rebondissements, on est vite pris dedans, c’est malin et assez plaisant dans l’ensemble.
Un film sur la passion amoureuse , avec une musique éternelle et des acteurs formidables dans un Paris d’après guerre qui n’existe plus. Un grand Louis Malle avec un excellent Maurice Ronéo et des personnages féminins en avance sur leur époque, car très libres.
Le premier long-métrage de Louis Malle, sorti en 1958, est considéré comme l’une des œuvres pionnières de la Nouvelle Vague. Pourtant cette intrigue policière découpée en trois histoires parallèles (le cloisonnement, la déambulation nocturne et la fuite en avant) ne bénéficie pas d’une mise en scène homogène. Si certains passages sont plutôt recherchés avec un travail soigné sur la lumière et les ombres, le reste fait preuve d’un académisme pâlichon. Comme le scénario ne présente guère d’intensité, en raison notamment d’un dénouement hâtif voire bâclé malgré la présence de Lino Ventura, on se retrouve face à un polar sans suspense. Heureusement, la trompette de Miles Davis (qui a spécialement composé la musique pour le film) apporte quelques étincelles. Bref, un premier essai soufflant le chaud mais surtout le froid.
Julien commet le crime parfait... ou presque. Ayant omis un détail, il retourne au bureau où il a assassiné son patron... et se retrouve coincé dans l'ascenseur. Pendant ce temps-là, entre un couple malfaisant qui a volé sa voiture, et son amante victime d'un quiproquo, de sinistres événements vont se dérouler. Un scénario juteux, pour un film qui reste en fait assez sage dans on acte central. Dommage car il y avait moyen de bien exploiter la cage de fer de Julien. Au lieu de cela, il passe en second plan, devant les pérégrinations son amante (Jeanne Moreau) dans le Paris nocturne. Certains s'extasieront devant la musique composée et jouée par Miles Davis (tout de même !), qui il est vrai donne une atmosphère brumeuse. Mais n'étant pas amateur de jazz, j'avoue que cela ne m'a pas fait grand effet. Les activités du couple criminel sont également mises en avant, et honnêtement ça pêche un peu. Il faut dire que les tourtereaux ne sont ni bien joués ni très attachants. Mais alors pourquoi une aussi bonne note ? D'abord parce que Louis Malle sait injecter avec sa mise en scène une ambiance aussi étrange qu'intrigante. Le film est d'ailleurs considéré comme l'un des précurseurs de la Nouvelle Vague, avec sa forme moderne. Ensuite parce que le scénario devient assez génial dans le dernier tiers, qui vaut allègrement son pesant de cacahuètes et exploite vraiment le postulat de départ. Et qui est soutenu par de solides seconds rôles. Dont Lino Ventura en commissaire malicieux, ou Charles Denner en adjoint motivé. En résulte un polar dramatique filmé avec caractère, qui peut encore marquer près de 70 ans après sa sortie.
Un très beau film, surprenant, déroutant et plein de puissance , surtout pour un 1er film d&rs;un jeune débutant de 25 ans . Revu en 2024 le film garde toute sa puissance de fascination. spoiler: Tout d’abord le scénario très astucieux, bon polar, assez classique mais dont le montage, très moderne, très nouvelle vague, révolutionne le sens du récit, avec des rebondissements en cascade. Même si Louis Malle ne s’est jamais revendiqué « Nouvelle vague » , ce film-là est probablement le plus proche , le plus représentatif du mouvement initié par Godard et Truffaut , on est en 1958 et le récit est là aussi dynamité, avec des séquences en extérieur , etspoiler: tout particulièrement les déambulations nocturnes de Jeanne Moreau dans les rues de Paris, tout bonnement formidable, d’une beauté fascinant e, si bien filmée, on retrouve avespoiler: c grand plaisir des lieux , des établissements de nuit , avec plein de naturel et de nostalgie . Il y a bien sûr cette musique de Miles Davis, bande son originale, qui colle tellement , bien à l’esprit noir du film . Ce désespoir latent qui envahit tout, le héros, sa maîtresse, les petites frappes en blouson noir qui volent sa voituspoiler: re, le riche allemand et sa superbe Mercedes , ex nazi, arrogant, non repent i . On comprend que la vie va se compliquer pour tous, et probablement spoiler: mal finir. Sans être aussi noir, voir suicidaire que le chef d’œuvre « le Feu follet », on assiste plus à un couple maudit qui se dilute , qu’à un amour heureux. Un très grand moment de cinéma.
Le récit se scinde en deux, une intrigue principale avec le couple adultère et son crime parfait, et la sous-intrigue du jeune couple à la Bonnie and Clyde. Mais en vérité les deux intrigues se retrouvent sur un pied d'égalité en présence et importance à l'écran, voir même la sous-intrigue des Bonnie and Clyde à la française vole ou parasite la vedette à l'intrigue principale. Ainsi, le jeune couple est étonnamment plus fouillé, mais ouvre aussi la voie à un jeune voyou aussi insupportable qu'irritant, tête à claque qui ne permet aucune empathie tandis que la partie avec les allemands prend beaucoup de place. Il y a la partie très bavarde des jeunes, celle plus mutique de l'autre couple. Par contre, niveau mise en scène la partie des adultérins est beaucoup plus travaillés, avec le judicieux parallèle entre l'errance de madame/Moreau et le huis clos solitaire de monsieur/Ronet. Les rues de Paris sous la nuit pluvieuse impose un charme certain teinté d'une espérance vaine qui aurait pu gagné en valeur avec un suspense plus travaillé, biaisé par les aventures du jeune couple. Néanmoins, le scénario fonctionne bien, le travail sur la photographie et le Noir et Blanc associé au jazz de Miles Davis reste un must dans le genre, et sert d'écrin magnifique à une histoire de destins scellés par le mauvais coup du hasard. Site : Selenie.fr
Pour un début de carrière, Louis Malle marquait les esprits d'entrée avec cette œuvre noire, sublimée par son ambiance jazzy et portée par des acteurs emblématiques et inspirés. La roublardise du scénario n'a d'égale que la finesse de la mise en scène, tout est réglé au millimètre et, si ce n'est un bémol pour les jeunes acteurs (pas forcément convaincants) et des lignes de texte par moments trop hors sol, la réussite est quasi complète.
Le premier film de Louis Malle est resté dans l'histoire du cinéma français et pourtant sa vision a été décevante. Il commence très bien, l'histoire est bonne, mais c'est plutôt du côté des acteurs que ça ne fonctionne pas. C'est assez curieux, ceux qui deviendront célèbres - Jeanne Moreau, Maurice Ronnet, Lino Ventura, Charles Denner - n'ont pas grand chose à faire, alors que les deux jeunes acteurs - qui eux n'ont pas connu une grande carrière - qui ont le plus de scènes et de lignes de dialogues sont assez mauvais. Déception aussi côté musique puisque les compositions du grand Miles Davis restent anecdotiques et ne sublimes en rien le résultat final.
Le Plan était magistralement parfait…. Une erreur et c’est le début des problèmes. Magistrale l’œuvre de Louis Malle, je me suis imprégné au fil des minutes assez aisément au récit, 3 récits bien distincts avec les points de vues de chacun qui se relient à la fin pour conclure une intrigue plus qu’alléchante et brillante. Jeanne Moreau m’a crevé mon être, voilà c’est dit, quand on vous dit que le charisme prime sur tout, elle est l’exemple parfait en plus d’être belle pour incarner son personnage. La mise en scène et la BO de Miles Davis… peut être que ça devrait être interdit de composer des diamants pareils.
Je n'ai pas été transcendé par cette oeuvre. L'impression de tourner un peu en rond autour d'une histoire assez bizarre. Tout est relativement moyen, cloîtré, sombre, mais heureusement que le film est court, il reste tout à fait digeste. Je n'en retiendrai toutefois pas grand chose.
L'anecdote est connue mais, pour moi, elle aide à y voir clair sur qui était Louis Malle en tant qu'artiste. Quand il sollicita Miles Davis (alors en pleine période cool-jazz) pour faire la musique du film, pas une seule fois il ne lui imposa de partitions (Miles n'aimait pas ça), il lui a simplement demandé d'improviser en fonction de ce que les scènes qui lui étaient montrées lui inspiraient. Bon, il est bien évident que j'ignore comment cet "Ascenseur pour l'échafaud" a été décrit en son temps mais, ce dont je suis sûr, c'est que si l'on peut parler de grand classique de notre cinéma, il me paraît, en revanche, bien difficile de parler d'oeuvre majeure. Tout le long du film, on a l'impression qu'il manque quelque chose à cette histoire, pourtant fabuleuse sur le papier. Et aussi, et surtout, à part Lino Ventura et Charles Denner (qui n'apparaissent que dans les 20 dernières minutes), l'interprétation de seconds rôles est défaillante. Notamment Poujouly et sa partenaire de jeu, dont j'ai déjà oublié le nom....Restent donc Maurice Ronet ici très bien employé, ce qui n'a pas toujours été le cas et la belle Jeanne Moreau avec son regard triste et sa voix cristalline. S'il y a beaucoup de belles choses là-dedans (la musique de Davis en fait partie, elle se déguste même sans images), il y a aussi des promesses non tenues.