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Bernard Winter
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2,5
Publiée le 8 juin 2026
Après un démarrage lent, le film tourne au drame social, poignant, bien interprèté, puis débouche sur une vengeance qui se traîne et s'achève par un final totalement incompréhensible. Dommage d'avoir réuni Benoît Magimel et Nathalie Baye pour un résultat aussi pitoyable
Pas inintéressant mais, malgré un scénario co-signé par Catherine Breillat, insuffisamment osé pour emporter l'adhésion. De fait, on a l'impression d'avoir été confronté de nombreuses fois à un tel sujet, que Beauvois traite de manière superficielle, en usant de certains poncifs et d'une fin cousue de fil blanc. De même, certains personnages ne trouvent jamais vraiment leur place (par exemple, Eric, interprété par le trop rare Antoine Chappey). Si Magimel et Baye sont convaincants, Matthieu et Claire manquent du venin dont Chabrol les aurait affublés. En effet, on ne peut s'empêcher de penser à ce que le réalisateur de "La Fleur du Mal" aurait fait d'une telle histoire...
Cette relation restera terne et peu sulfureuse. La vengeance n'y prend jamais sa place et on est forcément déçu par cette mise en scène où d'évidence rien ne fonctionne. Seule reste une relation père-fils gâchée et une amourette peu trépidante, mais rendue sincère par ses seuls interprètes.
Intrigue morne, les scènes pour faire vrai (au bar, lors d'un mariage, à la chasse...) échouent complètement, la complicité entre les personnages est absolument inexistante, malgré les efforts de Magimel et Baye... j'ai échoué à 10minutes de la fin.
Matthieu est ouvrier dans une usine de Normandie. Traumatisé par le licenciement de son père pour faute grave (il a fumé dans les ateliers), puis par la mort de ce dernier, Matthieu décide de se venger en séduisant la femme du patron... "Selon Matthieu" bénéficie en premier lieu de ses très bons interprètes. Dont Benoît Magimel en beau prolétaire au coeur noir et aux intentions troubles. Que veut-il au juste, se payer la tête du patron, ou a-t-il un plan plus sournois ? Face à lui, Nathalie Baye en épouse oisive qui a tendance à flirter avec l'égoïsme. Il y a également de bonnes idées. Dans la relation entre deux personnes issues de catégorie sociales opposées. Dans la peinture de l'industrie de la fin des années 90. Où les délocalisations ont commencé, et s'apprêtent à déferler. Et où les règles de sécurité paraissent bien laxistes : tout le monde travaille dans l'atelier en T-shirt, sans gants ni lunettes, et l'on se plaint de l'interdiction récente de fumer ! Xavier Beauvois ancre par ailleurs son portrait dans la Normandie, mettant à l'honneur Etretat à plusieurs reprises. Sa mise en scène reste toutefois sage, à part peut-être une séquence amusante de rêve de chasse (la meilleure du film ?). Je serai en revanche davantage mesuré sur le scénario. Le trouble autour des intentions de Matthieu semble surtout servir à éviter d'avoir à les développer (que voulait-il au juste ?). Jusqu'à un final pas très convaincant.
L'idée de cette vengeance ouvrière met un certain temps à se dessiner, Beauvois faisant traîner l'affaire sans que l'on sache toujours bien quelle sera la destination. Appuyé sur un casting sérieux où Benoît Magimel prend quand même le dessus, le film explore une question sensible avec un certain doigté, même s'il n'est pas exempt de caricatures.
Film ennuyeux au rythme mou, avec de nombreuses séquences sans intérêt, malgré la présence de Nathalie Baye et de Benoît Magimel. L’approche de la lutte des classes est infantile, sans argumentaire et invraisemblable. N’est pas Ken Loach qui veut !
Certes nous sommes loin de la maitrise future Des hommes et des dieux, ce film donne l'occasion d'apprécier la performance sombre du jeune Magimel, face à la belle bourgeoise Baye. Son regard par instant rappelle le De Niro de Taxi driver! Dommage que le scénario lui ne soit pas à la hauteur, mélange mal maitrisé d'affrontement social (sans préciser la temporalité de l'action, spoiler: du coup la manière de licencier brutalement pour un motif futile n'est pas crédible) , de délocalisation, d'affrontement de classe interposé, et par-dessus, une lutte fratricide! Beauvois s'entraine à la mise en scène, cela se voit, et les jolies vues des falaises d'Étretat ne suffisent pas à nous emballer. TV - février 2026
On a du mal à adhérer car trop caricatural : des syndicalistes avec une âme de perdant un frère licencie juste parce que c est le frère de : c est bien sûr impossible et ça ne se passe pas comme cela ! D autre part les sentiments exacts de Claire pour Mathieu et de Mathieu pour Claire sont loin d être détaillés. Restent les relations entre les deux frères et le père , formidable trio et la beauté des falaises d Etretat : c est peu quand même
Film plutot sympa, bien portés par les acteurs et actrices du film. Benoit Magimel en révolté, pour aider, puis venger son père. Prechant seul dans le désert contre vents et marées.
Près d’Etretat, sur fond de lutte des classes, une chronique à la fois familiale, provinciale et sociale qui sonne juste, et un désir de vengeance compliqué par le biais d’une liaison improbable. Un film sombre, sérieux, à la fois nuancé et assez fort.
un film qui a bien vieilli, des thèmes encore d'actualité, la délocalisation, le profit, l'absence d'humanité dans les entreprises - et aussi l'amour, la famille