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Madame de...
note moyenne
4,0
223 notes dont 38 critiques
39% (15 critiques)
24% (9 critiques)
16% (6 critiques)
18% (7 critiques)
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Votre avis sur Madame de... ?

38 critiques spectateurs

TTNOUGAT

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 03/05/2010

Un joyau de l'art cinématographique, un des 100 plus beaux films du monde, une perfection de mise en scène, un hymne à l'amour puisqu'il n'est question que de lui à travers toutes les conventions de l'époque. ''Je ne t'aime pas, je ne t'aime pas '',''Je ne suis plus avec vous Louise '',''On n'est pas bête à ce point là'' Comment oublier ce dialogue issu de 3 bouches différentes qui résume une passion parfaite qui ne pourra jamais aboutir et s'éteindre doucement comme la nature le prévoit? Comment oublier ce film et puis pourquoi l'oublier si ce n'est pour mieux le revoir encore et encore? Darrieux, de Sicca et Boyer y sont à leur meilleur niveau comme tout le reste. Il m'est absolument impossible d'y trouver un défaut comme de mémoire un seul plan fixe. L'émotion ne quitte plus l'écran à partir du moment ou l'amour s'éveille et quand Madame de... meurt nous mourrons tous avec elle...Nous attendrons toujours le deuxième coup de feu. Louise de Vilmorin, une des dernières dames à tenir salon au vingtième siècle dans les années 60, à vu ainsi son nom associé de la plus belle façon qui soit au septième art, car c'est pour nous tous un film six étoiles à jamais.

Docteur Jivago

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4,0Très bien
Publiée le 28/07/2014

Paris - Constantinople - Paris… Voilà le parcours d’une paire de boucle d’oreilles que Madame de…. a revendu, suite à une dette de jeu, mais qui revient entre les mains de son mari, un général, qui les offre à sa maitresse qui part à Constantinople où elle les vend à un baron qui revient sur Paris et s’éprend de Madame de… C’est avec une rare finesse, élégance, sensibilité et grâce que Max Ophuls nous fait suivre le parcours de cette femme qui passera par plusieurs émotions et étapes. De sa coquetterie, ses bals, son insouciance et ses nombreuses dépenses jusqu’à son malheur, sa spirale de mensonge révélée, sa découverte de l’amour et ce qui s’en suit… Plusieurs scènes illustrent à merveille ses sentiments allant des très belle scènes de bals, jusqu’à celle de dépressions. A l’image de son héroïne, Ophuls nous fait passer d’un sentiment à l’autre et ce avec brio. L’écriture est d’une grande justesse, que ce soit dans les dialogues, les personnages ou le scénario. A travers ces boucles d’oreilles qui vont voyager entre différentes villes, mains et lieux mais qui seront toujours au cœur de l’action, Ophuls va évoquer le chagrin, le désespoir, l’amour, la vie ou encore le mensonge, notamment à travers cette scène où l’héroïne répète « Je ne vous aime pas, je ne vous aime pas… » pour se cacher la vérité alors qu’elle nage en plein mensonge. Il jette aussi un regard sur la société aristocratique où la moralité n’est qu’une façade. Sa réalisation est fabuleuse, fluide et totalement maîtrise, chaque plan est un régal, tout comme ses travellings lorsqu'ils suivent les personnages. Il utilise les liens entre l’instabilité matérielle représentée par les boucles d’oreilles et celle sentimentale. La reconstitution d’époque est aussi une réussite, le réalisateur allemand nous emmène dans cette bourgeoisie de belle manière, avec des décors et des costumes adéquats et dont il se sert à merveille. Danielle Darieux est aussi belle que talentueuse, c’est dire. Elle est d’une justesse et d’une grâce incroyable et Ophul met toutes ses qualités en valeur. Charles Boyer et Vittorio de Sica sont aussi très bien dirigés. Equilibre parfait entre émotion, justesse, élégance, ironie et sensibilité, le tout servi par une maîtrise derrière la caméra et d’excellentes interprétations devant.

Maitre Kurosawa

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3,0Pas mal
Publiée le 15/01/2015

"Madame de..." a une grande ambition, celle de créer un souffle romanesque ample à partir d'une intrigue minimaliste. Sur ce point, je suis moyennement convaincu. La mise en scène d'Ophüls parvient seulement par à-coups à réaliser ce mouvement, notamment lors de la soirée où Louise (superbe Danielle Darrieux) dansera successivement avec son amant, puis son mari. Mais là où le film est pleinement réussi, c'est dans le passage d'une société aristocrate moquée à la focalisation sur trois personnages qui vont gagner en consistance et en humanité. Un film globalement intéressant et parfois même brillant.

Stephenballade

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2,5Moyen
Publiée le 22/05/2016

"Madame de…" est l’adaptation du roman éponyme de Louise de Vilmorin, avec pour personnage principal la comtesse Louise qui, pour compenser un profond ennui, dépense plus que de raison. Et c’est ainsi que nous est présentée la chose : "Madame de… était une femme très élégante, très brillante, très fêtée. Elle semblait promise à une jolie vie sans histoire. Rien ne serait probablement arrivé sans ce bijou…" Ce fameux bijou va devenir le pivot dramatique d’une narration circulaire, donnant ainsi au scénario des airs de carrousel. Un scénario finalement minimaliste, qui fait tourner en rond une dame et en bourrique tous ceux qui gravitent autour d'elle. Car cette dame a certes beaucoup de charme, mais elle paraît en même temps bien vide. Non pas parce que la très belle Danielle Darrieux est mauvaise dans son interprétation, au contraire : elle est convaincante en femme séduisante et qui se laisse séduire, avec une expression scénique corporelle de haut acabit : entre les yeux mi-clos, les moments de faiblesse, de légers mouvements d’épaule emplis de tendresse... il n’y a rien à redire sur sa performance. Mais en réalité, elle interprète le genre de personne qui m’horripile au plus haut point : des personnes vides qui misent tout sur leur beauté et leur élégance et qui aspirent à une vie plus que confortable afin d'assouvir tous leurs caprices. Une personne bling-bling, quoi. Cela dit, j’y vois un message comme quoi on a beau avoir tout ce qu’on veut du fait de faire partie intégrante de la haute société, ce ne sont pas la fortune et les diamants qui font le bonheur. Quant à Charles Boyer, le comédien parait bien raide. Ceci n’est pas une critique, puisque son personnage occupe un rang qui lui dicte une telle prestance, en plus de la formation militaire qu’il a reçue, et non des moindres puisqu’il est général. Quant à Vittorio De Sica, il n’est guère exceptionnel, ni mauvais pour autant. Il a fait ce qu’il avait à faire, avec beaucoup de simplicité et d’humilité. Après visionnage et avec un peu de recul, l’histoire de ce fameux bijou peut faire sourire, bien que rien ne soit vraiment marrant, bien au contraire. Ce drame au doux parfum de romance parait bien vieux aujourd’hui. La mise en scène fait parfois penser à des scènes de théâtre dramatique, avec de longs plans sur les personnages comme s’ils débitaient de longues tirades. Mais si on regarde "Madame de…" avec des yeux de 1953, on ne peut que s’émerveiller devant l’énorme qualité du cadrage. Le cinéaste maîtrise à merveille la caméra, et sa mise en scène contribue à nous faire tourner en rond au même titre que les protagonistes. L’écriture semble bonne, avec des dialogues d’une grande justesse dans leur teneur, tant et si bien que les personnages passent d’un sentiment à un autre sans difficulté, et avec une logique implacable au gré des événements. La reconstitution est également une réussite, malgré des décors que j’attendais plus luxueux. En revanche, les accessoires (comme les calèches, pour ne citer qu'elles) et les costumes sont fabuleux, et pour ceux qui aiment les habits d’époque, ils vont en avoir pour le plaisir de leurs yeux. C’est qu’ils savaient s’habiller à cette époque-là ! Alors pourquoi je donne tout juste la moyenne à ce film, me demanderez-vous ? Tout simplement parce que je n’adhère pas vraiment à ce genre de cinéma et que j’attendais des dialogues au vocabulaire plus soutenu. De ce fait, je n’ai jamais réussi à rentrer vraiment dans ce long métrage. Autant dire que "Madame de…" ne m’a guère intéressé. Car au fond, pour reprendre le tableau de présentation donné en début de film, rien ne serait arrivé sans la coquetterie infernale, sans la propension à dépenser et sans les dettes de jeu de Madame la comtesse.

B-Lyndon

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4,0Très bien
Publiée le 27/12/2011

Le cœur, dans ce film, est partout à la fois. Sur des boucles d'oreilles, tout d'abord. Et chez Madame de..., qui, d'une certaine façon, le découvrira, petit à petit, au fil de ses mensonges et de ses valses costumées. La mise en scène d'Ophüls, toute de grâce, de lumière, de douceur est de légèreté, à toute l'inestimable valeur de ces boucles d'oreilles. Se baladant, de villes en villes, de pays en pays, de mains en mains, de cœurs en cœurs. Elles attisent le trouble, captent la vie, celle de Madame de...Comment s'appelle-elle déjà ? On ne le sera jamais. Le visage de Darrieux, au vide se reflétant dans les nombreux miroirs ornant la salle où elle aura tant dansé, ne nous le dévoilera pas non plus. Mais, l'insolite quiproquo tournant (encore !) sur ces deux bijoux, nous éclaircira. Plus d'une fois. Et ce plan final, au cœur d'une église où Madame de... aura tant prié, clôturera cette histoire d'une douleur absolue. Celle d'une femme enveloppé dans la couverture dure et douce à la fois d'une vie luxueuse, certes, morose et insignifiante surtout ; emportée soudain dans un tourbillon de sentiments qu'elle n'avait guère ressenti auparavant. L'amour, d'abord. Le chagrin, aussi. Le désespoir, malheureusement. La vie, également. Et la mort, pour finir. Tragique et splendide, le film vacille autour de cette dissuasion que Louise se forcera à prononcer envers l'homme qui la passionnera : "Je ne vous aime pas, je ne vous aime pas, je ne vous aime pas..." Comme pour se cacher, au milieu de ses nombreux mensonges, de cette vérité trop dure à porter qui la révélera et qui la tuera. 16/20

Kasthor

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 27/03/2011

Ce film, qui est presque le dernier film français de Max Ophüls, est l'archétype du chef d’œuvre, parce que c’est le chef d’œuvre absolu. Je l’ai vu et revu vingt fois, parfois du jour au lendemain. Sa perfection est telle qu’il n’y a pas une seule scène qu’on ne puisse revoir sans plaisir. Il n’y a pas une seule seconde du film qu’on ne se délecte de revoir. Quand on relit la nouvelle, insignifiante, de Louise de Vilmorin, dont on a fait un téléfilm encore plus insignifiant avec Marielle dans le rôle du général, on se demande comment Ophüls a pu la transformer en ce chef d’œuvre. Les décors, les costumes, les dialogues de Marcel Achard, les scènes, les acteurs, Danielle Darrieux sublime, Charles Boyer, le général, Vittorio de Sica, l’ambassadeur, et jusqu’aux seconds rôles, la gouvernante, Jean Debucourt, le bijoutier, sont tous si parfaitement exacts, chacun dans son rôle, qu’ils l’épousent comme un gant. A quoi tient-elle donc la magie de ce film qui envoûte à ce point ? Elle tient à « Libelei », le premier film allemand de Max Ophüls, qui est parfaitement bouleversant et qui était comme le premier jet de « Madame de… ». L’histoire est à peu près la même, sauf que, dans « Madame de », elle a atteint la maturité absolue. Les trois protagonistes principaux y sont d’ailleurs, comme Ophüls lui-même, plus mûrs, alors que dans « Libelei », le jeune lieutenant et la jeune fille sont de très jeunes gens. Mais, grâce à Vilmorin, s’y est ajoutée — comme une sorte de signe pansémiotique — l’épisode des bijoux, les cœurs de diamant, qui poursuivent, non sans humour et comique, comme un maléfice le couple du général et de Madame de… et le baron Donati. Ces diamants, c’est le Diable lui-même qui s’introduit comme l’arbre de la connaissance dans le jardin d’Eden pour transformer en drame ce qui n’aurait pu être qu’un vaudeville — mais, Dieu merci, ne l’a pas été. Max Ophüls, nom qu’il avait choisi pour ne pas gêner le commerce de son père Oppenheimer, avait fui en France, après l’incendie du Reichstag, en 1933, y adoptant la nationalité française en 1938, puis, via la Suisse et l’Italie, aux Etats-Unis en 1940. Il était rentré en Europe après la guerre pour tourner plusieurs films comme « La Ronde », « Le Plaisir » et son avant-dernier film « Madame de… » en 1953 — le dernier fut, en 1955, « Lola Montès ». Ophüls est mort prématurément, à 54 ans, n’ayant tourné que vingt films.

gimliamideselfes

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 29/11/2009

J'ai l'impression qu'Ophuls livre un film drôle et cynique sur la futilité d'une femme, jusqu'au final magnifique évitant magnifiquement les habituels clichés. Et puis la photographie du film est juste parfaite, des plans beaux (justex beaux, on ne peut rien dire de plus). Vraiment un très grand film.

vince.vt

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1,0Très mauvais
Publiée le 15/02/2009

Une comédie ringarde qui ne décolle pas. Le tout alourdi par le manque de talent du trop encombrant Marcel Achard, auteur ici de dialogues ineptes et plats. Mondanités et parisianisme revisité sans aucune distance pour narrer les périples mondialisés d’un bijou. Dans ce film les hommes tombent dans le piège du maniérisme, la femme ne vibre qu’à l’éclat du bijou. Bref, un petit monde enrichi par le cinéma se distrait dans une comédie reçue par le même monde affable. On a plutôt envie que ça tourne au drame...

Tomoco Nagahori

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4,0Très bien
Publiée le 02/07/2015

Ce film est très beau. On parle le français très jolie. Mais je trouve que cette histoire est bonheur ou malheur. C'est difficile;-)

nekourouh

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4,5Excellent
Publiée le 03/04/2011

Image cristal d'une grande beauté, avec beaucoup d'ingéniosité.

tomPSGcinema

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3,5Bien
Publiée le 14/06/2010

Cette co-production franco-italienne possède un excellent trio formé de Danielle Darrieux, Charles Boyer et de Vittorio de Sica. L'histoire - qui tourne autour d'une paire de boucles d'oreillle - est somme toute assez émouvante, la mise en scène du réalisateur de " La Ronde " est d'une réelle beauté, grandement aidé aussi par des décors absolument magnifique. Bref, il s'agit d'un bien joli film des années 50 que tout le monde se doit de découvrir.

Teresa L.

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4,0Très bien
Publiée le 30/03/2014

On peut ne pas être touché par la grâce surannée de ce film. On peut trouver l'histoire banale, et sa chute, convenue. Il y a dans cet Ophuls tout ce que je n'aime pas chez Visconti; Ophuls montre plus qu'il ne démontre. On pourrait le croire "sans opinion". Il n'est pas de son ressort de juger des agissements de Louise. Sa caméra toujours mobile l'accompagne au long de son calvaire. J'ai trouvé ce film merveilleux, au delà des drames mondains surfaits. Le dialogue est plein d'esprit, les acteurs au sommet de leur forme.

Antoine D.

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 29/04/2018

La caméra d’Ophüls n’est jamais fixe. Comme à son habitude, il multiplie les longs plans-séquences et les travellings. Il utilise aussi des miroirs qui démultiplient, des portes et des fenêtres qui prolongent chaque plan, sans oublier les descentes et les montées d’escalier, pour des mouvements perpétuels. La paire de boucles d’oreilles devient l’objet d’échanges incessants. Elles sont en forme de cœur et deviennent le symbole du sentiment amoureux, elles sont données en cadeau puis sont vendues mais peuvent redevenir un trésor. Louise de Vilmorin avait écrit ce roman, les scénaristes et la mise en scène d’Ophüls en font un chef d’œuvre de tragédie.

tixou0

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2,0Pas terrible
Publiée le 04/06/2017

Cette sorte de "ronde" bijoutière a très mal vieilli. Sujet hautement romantique pourtant.... mais dramaturgie poussive. DD, dans sa trentaine rayonnante, déçoit - comme De Sica, en bellâtre quinqua. Seul Charles Boyer tire son épingle d'un jeu bien daté.

tuco-ramirez

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3,5Bien
Publiée le 10/04/2017

La comtesse Louise s’ennuie et comble le vide de son existence d’accessoires et de parures qui finiront par lui coûter bien plus cher qu’elle ne l’imagine. Pour compenser ses dettes, elle vend une paire de boucles d’oreilles offertes au lendemain de leurs noces par son mari (Charles Boyer). Elle lui dira les avoir perdues, s’enfonçant dans une spirale de mensonges qui n’épargnera pas le baron Donati (Vittorio De Sica) dont elle s’est violemment éprise. Les boucles passent alors de mains en mains, chaque fois lestées d’un peu plus de passion et de tromperie. Mais la frivole aristocrate n’a visiblement pas retenu la leçon et emporte avec elle les hommes de sa vie dans la valse fatale des apparences qu’elle aura tenté de sauver en vain. L’accessoire anodin s’extraie du décor pour devenir le pivot dramatique d’une narration circulaire, si chère au cinéaste, que seule la ligne droite du duel pourra funestement briser. Le rôle central que joue l’objet témoigne de l’importance de l’artifice dans le cinéma ophulsien. Bien au-delà du goût pour le décorum, il atteste de la primauté du paraître dans une société du vide qui conduit les hommes à leur perte. Le film n’achève-t-il pas sa valse exténuante sur les boucles d’oreilles, enfin immobiles, dans un plan déserté de l’humain ? Le premier plan-séquence, d’une éblouissante maîtrise, donnait corps à son héroïne à travers les artifices. Tandis qu’elle soliloque sur la nécessité de vendre l’un de ses biens, ses mains manipulent des bijoux, caressent des fourrures où se dessine peu à peu son ombre avant que son visage n’apparaisse enfin dans le miroir. Ombre, reflet d’elle-même, Louise est un personnage, un masque bavard qui ne vit qu’en représentation perpétuelle pour séduire à défaut de vivre. Elle n’existe qu’à travers ses fanfreluches et voilettes. Mais Ophuls, homme de théâtre, connaît bien l’importance du verbe et du costume qui, dans la trilogie de la passion qu’il réalise avec Darrieux, menacent à tout moment de révéler le néant ontologique de ses personnages. Darrieux, l’ingénue du cinéma français, la star des comédies romantiques, incarne une prise de conscience de sa vacuité existentielle. Découvrant que sa vie, futilement, ne tourne plus qu’autour d’un malheureux bijou, Louise se laisse gagner par l’inertie. Ses évanouissements ne sont plus la coquetterie de celle qui aime à se donner en spectacle ; ils annoncent la fin tragique d’une existence qui tourne à vide. Et la fin d’une collaboration magnifique entre un « magicien », comme Darrieux appelait Ophuls, et son actrice fétiche, petite fiancée de Paris écervelée à laquelle le cinéaste a donné la consistance du mythe. La mise en scène d’Ophuls vient renforcer son propos. Les mouvements d’appareil, tout en courbe, sont magnifiques de fluidité. Le jeu avec les décors (rideaux, escaliers,…) est au service d’une idée récurrente chez le réalisateur allemand/ la vie est un théâtre, mais un théâtre réel. Qui l’oublie s’y brule les ailes. En conclusion : c’est le récit d’un drame intime autour d’une personnalité frivole, légère et inconséquente qui apprend à ses dépends qu’il est risqué de prendre le monde pour un terrain de jeu… d’où cette parole de Louise : « La femme que j’étais a fait le malheur de celle que je suis devenue ».

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