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Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Madame de..." et de son tournage !

Ophüls sur Darrieux

Après son retour des Etats-Unis, Max Ophüls dirige Danielle Darrieux dans La Ronde en 1950, Le Plaisir en 1952 et Madame de... en 1953. À propos de sa performance magistrale dans ce dernier film, le cinéaste confie : " Quelle sublime comédienne ! regardez ce tendre mouvement de l'épaule ! Regardez ses yeux mi-fermés ! Et son sourire... oui, son sourire qui ne sourit pas, mais qui pleure ou qui fait pleurer. Comme c'est drôle : un sourire peut faire pleurer, et d'autre part, une chose toute triste peut provoquer un rire insouciant !... Danielle, c'est la vie... J'adore travailler avec elle ! Elle sait parfaitement s'imbiber de mes convictions, comme une idéale éponge intellectuelle, pour les faire égoutter où, s'il le faut, les déverser dans les scènes à jouer, avec une précision de mathématicien... Je l'adore ! ".

Une répétition en compagnie de Max Ophüls

Avant de préparer techniquement un plan, Ophüls qui fut acteur dans sa jeunesse à Sarrebruck, puis metteur en scène de deux cents pièces et opérettes en Allemagne, Suisse et Autriche, aime répéter dans l'espace du décor avec les comédiens de ses films. Non pas comme au théâtre, mais d'une façon sensorielle, organique. La prise de pouvoir d'une aire de représentation par un corps est un phénomène animal. Chez lui, ce sont les mouvements des corps et la musique des timbres de voix qui décident de la chorégraphie de la caméra. Particulièrement sur le plateau de Madame De où le cinéaste aime s'éloigner dans les coins déserts pour y chuchoter des monologues à son égérie, Danielle Darrieux.

L'action tel un carrousel

Madame de... est l'avant-dernier film de Max Ophüls qui n'en tournera plus après que Lola Montès avec Martine Carol. Max Ophüls avouait à Georges Annenkoff qu'il lui a consacré ce qu'il le tentait le plus dans cette adaptation du roman de Louise de Vilmorin : " Madame de... qui a beaucoup de charme est avec cela une dame bien vide, n'est ce pas ? Seule chose qui me tente dans ce mince au sens direct roman, c'est sa construction, il y'a toujours le même axe autour duquel l'action tourne sans cesse tel un carrousel, un axe minuscule à peine visible, une paire de boucle d'oreille. Mais ce petit détail de la toilette féminine s'agrandit, apparaît en gros plan s'impose, domine les destins du héros du livre et les dirige finalement vers la tragédie. Si je ne considère pas Madame de comme un grand roman, je le tiens néanmoins pour une belle astuce littéraire et cette astuce est la forme, cela me rappelle dans un tout autre domaine Boléro de Maurice Ravel, là encore autour d'un minime axe mélodique tourne et se développe, se complique constamment l'action ou plus exactement la matière harmonique."

Adapté de l'oeuvre de Louise de Vilmorin

Le scénario est tiré de l'oeuvre de Louise de Vilmorin, écrivain français réputée ayant aussi écrit des poèmes, mariée à Antoine de Saint-Exupéry et un temps compagne de Andre Malraux. Ses oeuvres ont aussi fait l'objet d'un opéra de Jean-Michel Damase sur un livret de Jean Anouilh créé en 1970 ainsi que d'autres adaptations comme La Française et l'amour, Amélie ou le temps d'aimer.

Vers une désertion des danseurs

Dans Liebeleï (1933), le premier grand succès cinématographique du cinéaste tourné en Allemagne, un couple danse une valse tantôt dans un costume, tantôt dans un autre. Ce procédé trouve son aboutissement dans la succession de bals qui unissent Madame De au baron Donati. Premier bal en plan large : Entouré de figurants, Danielle Darrieux et Vittorio De Sica valsent et rient. Leur conversation futile est inaudible. Second bal en plan moyen : Leurs costumes changent. Le couple parle encore, mais ne sourit plus. De rares silhouettes évoluent autour d'eux. Troisième bal en plan américain : Autres costumes. Les deux danseurs parlent, mais de longs silences séparent leurs rares propos. Aucun danseur ne les entoure. Quatrième bal en gros plan : Nouveaux costumes. Le couple valse toujours, mais se tait. Il se regarde intensément, très grave. La salle est désertée. Par le mouvement de l'image et les différents cadrages, l'intimité des amants se resserre. Mais leur isolement au fil des plans traduit que la gravité de la passion gagne dangereusement sur la frivolité des mondanités. Au final, la désertion des danseurs symbolise le rejet des sentiments adultérins de Madame De par la société tout entière. L'évolution des sentiments et la progression mentale de l'héroïne se morcellent en instants à la fois séparés et unis.

Jean-Luc Douin, journaliste, nous décrit la scène de la danse

Voici ce qu'écrit Jean-Lun Douin à propos du film dans son livre Histoire(s) du film, français: "Le brio des cinq séquences de bal, enchaînées comme dans un même ensemble, est devenu légendaire. Mais au-delà de leur extrême sophistication formelle, on peut y mesurer toute une progression sentimentale à travers un dialogue cette fois encore basé sur la litote, que ce soit pour souligner le temps et son accélération (successivement : "Quatre jours sans vous voir !", "Deux jours sans vous voir !", "Vingt-quatre heures sans vous voir") ou le passage progressif des jeux de séduction mondains à l'amour véritable (Donati prenant de moins en moins de nouvelles du général absent)."

Des thèmes récurrents

Max Ophüls a modifié la fin du roman de Louise de Vilmorin. Dans le roman, Madame de... mourait en présence de son mari et de son amant en offrant une boucle à chacun... Ophüls a délaissé le mélodrame pour en faire une tragédie conforme à ses thèmes favoris : le plaisir est triste, et l'amour rencontre la mort. On remarque également l'obsession d'Ophüls pour les glaces et les escaliers.

Un rôle incarnant "le vide absolu"

Avant de tourner, Max Ophüls donna quelques conseils à Danielle Darrieux concernant son rôle: "Votre tâche sera dure. Vous devrez, armée de votre beauté, votre charme et votre élégance, incarner le vide absolu, l'inexistence. Vous deviendrez sur l'écran le symbole même de la futilité passagère dénuée d'intérêt. Et il faudra que les spectateurs soient épris, séduits et profondément émus par cette image."

Une nomination aux Oscars

Le film a reçu une nomination aux Oscars de 1954 dans la catégorie de la meilleure création de costumes pour Georges Annenkov et Rosine Delamare
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