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Le Facteur sonne toujours deux fois
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marc sillard
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3,5
Publiée le 29 septembre 2024
"Le dernier tournant" (1939), "Ossessione" (1943), "le facteur sonne toujours deux fois" (1946) sont tous les trois tirés du même roman américain. Il y a aussi un remake américain que je n'ai pas vu. Le premier de ces films, français, a un côté naturaliste et ne cherche pas particulièrement les effets dramatiques ou esthétiques. Le deuxième, italien, est classé néo-réaliste, et décrit un petit peuple laborieux. Le troisième, américain, est dans la ligne du film noir de cette époque, ambiance dramatisée, passions exacerbées, érotisme. Lana Turner, qui joue le rôle de l'inspiratrice maléfique, est devenue le symbole de la femme fatale. Contrairement à ses consoeurs française ou italienne, elle soigne beaucoup son apparence physique, l'élégance de son habillement, et ses poses étudiées. Un de ses jeux de scène préférés consiste à repeindre ses lèvres avec son bâton de rouge. Toutes proportions gardées, et nonobstant ses réelles qualités d'actrice, elle me fait penser à la Pamela Anderson d'Alerte à Malibu. La scène où elle plonge dans les vagues de l'océan au clair de lune, en compagnie de son partenaire de crime, fait penser à son équivalent dans "Tant qu'il y aura des hommes" avec Deborah Kerr et Burt Lancaster, sept ans après. Sinon, les scénarios se ressemblent d'un film à l'autre et respectent l'histoire originale. J'ai un faible pour la version française, mais l'américaine est impressionnante et fait référence.
Alors que l'évolution du premier procès semble peu crédible et que certaine coïncidence manque de finesse, pour le reste ce film noir se révèle brillamment pensé! Tant par la personnalité des amants, passionnément amoureux et avides de réussite personnelle, que par l'interprétation de tous les protagonistes - du retors Hume Cronyn au veule John Garfield en passant par la fascinante Lana Turner - ou l'atmosphère dramatique culminant en une tragique ironie. Dans une mise en scène soignée (géniale scène d'assassinat avec le bruit de l'écho!) se déroule une dynamique intrigue fort cynique sur les relations sociales et sur la nature humaine. Dommage d'en passer par une ultime tirade inutilement didactique et moralisatrice...
C'est la version du " facteur sonne toujours deux fois" que je préfère des quatre réalisées. Il faut dire que la distribution est exceptionnelle : John Garfield et Lana Turner sont tous deux exceptionnels et on se laisse entraîner dans leurs aventures et dans ce classique du film noir parfaitement réalisé. Tay Garnett met en image le meilleur film de sa filmographie. Je vais citer Lana Turner, actrice splendide ( selon moi une des plus explosives de cette période) qui eut une carrière prestigieuse à Hollywood pendant deux décennies. Elle se maria 7 fois et tint un jour ces propos " un homme qui a réussi est un homme qui gagne plus d'argent que sa femme n'en dépense. Une femme qui a réussi est un femme qui a rencontré cet homme ". Bref, elle avait un sens de l'humour développé et elle en eut bien besoin compte tenu de certains épisodes de sa vie. Les amateurs de cinéma du patrimoine ne le rateront surtout pas.
Il aura fallu dix ans pour que la MGM, détentrice des droits du roman de James Cain paru en 1934, mette en chantier son projet d’adaptation du « Facteur sonne toujours deux fois ». En effet la MGM se refusait à affronter le code de censure en lui présentant cette histoire de passion sexuelle conduisant un couple adultérin à tuer froidement, en s’y prenant à deux reprises, le mari devenu gênant. Le succès d’« Assurance sur la mort » de Billy Wilder, sorti par la Paramount en 1944 , empruntant le même thème avec une Barbara Stanwyck incendiaire en mante religieuse se jouant d’un Fred McMurray devenu un jouet entre ses mains, incitera le studio le plus « honorable » d’Hollywood à se risquer dans la réalisation du projet. Entre temps, c’est en Europe qu’avaient vu le jour deux adaptations « non autorisées » pour des raisons de droits évidentes : « Le dernier tournant » de Pierre Chenal en 1939 et « Ossessione » de Luchino Visconti en 1942. Tay Garnett, réalisateur reconnu et passé assez récemment à la MGM se charge de la mise en scène. Lana Turner, vedette montante de la MGM, sera Cora Smith. John Garfield, prêté par la Warner, sera Frank Chambers, le vagabond qui débarque un beau matin à l’auberge des « Deux chênes » pour prêter main forte au patron interprété par Cecil Kellaway. En moins de cinq minutes, l’enjeu du film est clairement exposé par Tay Garnett. Le vieux patron débonnaire, le dos à peine tourné, débarque dans l’encadrement d’une porte, la sublime Cora, tout de blanc, vêtue qui enflamme le regard d’un Frank ahuri, se demandant d’où sort cette vision céleste. Comme une réponse à l’entrée en scène de Barbra Stanwyck ceinte dans sa robe noire et juchée sur un escalier pour mieux surplomber un Fred McMurray comme hypnotisé, Tay Garnett livre l’une des entrées en matière des plus somptueuses et sensuelles qui soient. Une fois le choc passé, le spectateur comme Frank peut s’étonner de la présence d’une telle créature dans un endroit si quelconque aux côtés d’un homme tout aussi terne. La réponse est apportée quand le premier baiser est très rapidement échangé entre deux déshérités qui cherchent, chacun avec les moyens qui sont les siens, à sortir de sa condition. Une autre question primordiale reste pourtant à poser. Comment se fait-il qu’un homme vieillissant accompagné d’une si belle et jeune épouse qui n’est sans doute pas là par amour, fasse entrer avec tant d’entrain le loup dans la bergerie ? Les deux versions précédentes n’apportaient pas de réelle réponse à cette question pourtant primordiale pour expliquer l’enchaînement dramatique d’une situation dès le départ inflammable. L’interprétation excellente de Cecil Kellaway livre la seule raison plausible. Très conscient d’une situation qui chaque jour le dévalorise un peu plus et l’enferme dans un alcoolisme suicidaire, l’aubergiste a sans doute pensé que la présence d’un homme jeune en déshérence sous son toit, permettrait à sa jeune femme de satisfaire un aspect de leur relation qu’il ne se sent pas capable d’accomplir et d’éviter par l’instauration d’un ménage à trois ne portant pas son nom qu’elle ne quitte le nid. La mise en scène de Garnett pose clairement cet état de fait qui éclaire sous un autre angle la relation passionnelle mais aussi hautement toxique qui s’installe entre Cora et Frank. La tension montre crescendo et malgré les tentatives de chacun des deux amants pour sortir d’un engrenage pressenti comme fatal, tout les ramène à leur attirance physique indépassable. La partie policière qui suit semble en revanche un peu plus faible car moins crédible malgré l’affrontement à fleurets mouchetés entre Hume Cronyn et Leon Ames, tous deux excellents. Malgré cette petite faiblesse, le film offre sans aucun doute avec celle de Bob Rafelson (1981), plus rurale et plus charnelle, la meilleure adaptation du roman de James Cain. John Garfield apporte sa virilité prolétaire à ce « homeless » qui ne pourra pas se sortir d’une relation que trop sûr de lui, il pensait pouvoir dominer. Enfin Lana Turner dont c’était le rôle préféré, parvient au fur et à mesure de l’intrigue à donner une humanité parfois touchante à la figure de top model que lui avait collée son entrée en scène ravageuse. Un excellent film noir qu’il faut absolument avoir vu pour approcher un genre à son meilleur dans les années 1940.
« Le facteur sonne toujours deux fois » de Tay Garnett (1947) adapté du roman éponyme de James M. Cain, démarre très fort mais s’enlise quand on rentre dans les arcades du système judiciaire américain et les services d’un avocat véreux … puis dans les états d’âme de Cora ! Dommage.
Film tiré du roman homonyme de James M.Cain de 1934 . C'est l'histoire de Franck Chambers, un vagabond qui fait une halte , dans un café - restaurant de Californie afin d'y prendre un repas .celui ci est géré par la belle Cora et son mari . Un poste est vacant et il finit par y travailler.L'attirance est immédiate entre eux et ils tombent rapidement amoureux.son mari est vieux et riche et semble être un fardeau pour elle qui est ambitieuse et rêve de prospérité avec leur commerce .ils décident alors d'éliminer le mari gênant. Commence alors un drame passionnel et machiavélique car ils échouent dans leur tentative de meurtre et ils finissent par tomber dans une certaine paranoïa.Ce polar psychologique, a plusieurs atouts intéressants, avec premièrement une atmosphère tout au long du film ,torride et tragique ,entre les personnages.Puis il y'a le jeu des acteurs, avec un john garfield époustouflant de sincérité et de loyauté envers la femme qu'il aime , il est sous emprise ,il semble dépassé et subit les événements .Lana Turner en femme fatale est captivante, envoûtante, émouvante et sensuelle .Puis je trouve que ce film en noir et blanc, a su conserver un charme de l'époque.ce polar classique ,est à voir et revoir sans modération.
Un bon polar psychologique avec une pointe d’immoralité (pas trop non plus on est dans les années 40). Une pointe d immoralité car les deux amants criminels décidés à se débarrasser du mari encombrant sont souvent montrés comme des victimes. Des victimes de leur passion, victimes de la vie qui les a conduit dans une impasse, des maîtres chanteurs, des aléas... Alors que oui se sont tout de même deux beaux degeulasses. On peut aussi voir un avocat certes doué mais absolument immonde dans son attitude et ses pratiques. C’est bien mis en scène, bien joué, souvent surprenant pour un film de l’époque, même s’il retombe par moment dans une forme de classicisme c’est un très bon film.
Troisième adaptation du roman de James M.Cain, un film noir sulfureux à la mise en scène brillante, à l'intrigue tirée par les cheveux mais magnifiée par l'interprétation d'une des plus sensuelles femmes fatales du cinéma, Lana Turner. Grand classique ! 3,75
Adaptation du roman célèbre de James M. Cain réalisé en 1947 par le cinéaste Tay Garnett qui a un Remake avec Jessica Lange et Jack Nicholson que je n'ai pas vu, ici c'est le duo Lana Turner en femme fatale et John Garfield en homme possédé à ses pieds. Ces deux derniers veulent se débarrasser du mari riche et agé de madame qui a un restaurant de type Américain mais avec deux tentatives de meurtres, la police est plus malin que les deux personnages principaux en les inculpant avec plusieurs jugements pénales avec libérations et autres. Le réalisateur Tay Garnett signe une mise en scène correcte voir parfois intéressante comme la scène ou la voiture tombe dans le ravin ou celles de la plage. Le scénario est très malin, bien écrit et offre la part belle à Lana Turner, beauté démoniaque et manipulatrice auquel le role fera sa légende, et John Garfield amoureux prèt a tout pour elle. Les seconds roles sont excellents aussi. Un classique du cinéma Américain plutot pas mal.
LE FACTEUR SONNE TOUJOURS DEUX FOIS est la première adaptation du livre de James M. Cain, également auteur de MILDRED PIERCE, spécialiste donc, des histoires noires avec en leur centre des femmes fortes et indépendantes. LE FACTEUR tourne autour du trio classique de la femme, du mari et de l'amant, avec beaucoup de simplicité et de classe. Lana Turner est majestueuse en femme froide et vénéneuse qui rêve d'indépendance. Un classique à voir absolument.
Ce film réalisé par Tay Garnett et sorti en 1946 est très bon ! Le film est adapté du roman homonyme de James M. Cain mais ne l'ayant pas lu, je ne pourrais pas comparer le film à ce dernier. C'est l'histoire de deux amants qui tombent amoureux l'un de l'autre mais dont la femme est déjà mariée. Refusant de s'enfuir pour ne pas perdre une sécurité financière, elle demande à son amant de tuer son mari. Nous avons là le scénario type du film noir, ce qui n'en fait pas au premier abord quelque chose de fortement original et pourtant, il nous réserve de nombreuses surprises ! Au début, quelque peu réticent à le regarder et ayant eu un peu de mal à réellement rentrer dans l'histoire, je me suis finalement vite laissé prendre par l'histoire tellement elle en devient captivante pour ne plus nous lâcher jusqu'à la fin ! Je trouve en effet la trame très bien faite et la fin pas si clichée que cela. D'ailleurs, la fin est porteuse d'un message assez intéressant bien qu'assez ancrée dans une époque alors bien pensante. On ne s'ennuie donc pas tellement nous sommes emporté dans cette histoire. J'ai en effet beaucoup aimé la façon dont les choses évoluent et notamment au niveau de la relation qui est fusionnelle au début et qui tombe petit à petit dans la paranoïa, emportant le spectateur avec elle. Sans avoir de scènes réellement stressantes, on se prend d'affection pour les personnages, ce qui peut donner à lieu à quelques scènes de tension. La réalisation est quant à elle très classique des studios américains de cette époque mais malgré tout, j'aime beaucoup ce style même si je ne le trouve donc pas spécialement originale. En ce qui concerne les acteurs, nous avons principalement Lana Turner et John Garfield qui jouent très bien et dont l'alchimie fonctionne très bien. "Le Facteur sonne toujours deux fois" est donc, pour ma part, une très bonne surprise et reste un grand classique du film noir !
Une sale affaire. Deux amoureux qui veulent se débarrasser d’un mari gênant. J’ai du mal à croire à leur amour mais le scénario est intéressant et réserve du suspense. Belle scène du procès où les antagonistes sont les jouets des avocats. LT est sublime.
Ce film noir a déjà 70 ans mais plus le temps passe et plus sa valeur s’accroit comme celle d’un tableau de Maitre. Ses défauts apparaissaient beaucoup plus dans les années 60. Aujourd’hui, fixés par le temps ils prennent un aspect artistique. Personne n’ose plus filmer aussi simplement de peur de perdre du réalisme. Il ne faut pas aussi oublier qu’il s’agit d’abord d’un roman, qu’il se situe au moment du tournage, que le réalisateur s’attache à le sublimer par un romantisme macabre empreint parfois de lyrisme. Paradoxalement ,c’est aussi un beau film d’amour passion, malsain certes puisqu’il sème le malheur mais puni à la deuxième sonnerie par le destin. Lana Turner et John Garfield, aux sommets de leurs talents et indissociables ici méritent d’être vus ensemble par tous les cinéphiles passés et à venir. Quant à Tay Garnett, lui aussi fait partie des cinéastes trop oubliés.
Un classique très intéressant sur les thématiques de la fidélité et du meurtre. Le duo d'acteur (Lana Turner et John Garfield) est très bon. Cecil Kallaway également. L'intrigue est très intéressante, on suit avec attention l'évolution des personnages, leur rapprochement et leur distance. On se sent aussi mal à l'aise qu'eux dans cette relation ambigüe. Le film est en revanche un peu long (notamment par rapport aux autres films de l'époque dépassant rarement l'heure et demie), et il y a tout de même quelques longueurs qui se font sentir vers la fin. Un bon classique.
Franchement déçu par ce film, qui je trouve manque de rythme et de suspens. Jamais je n'ai vraiment été captive par l'action du film, et je ne me suis pas attaché aux personnages. Heureusement quelques scènes telles celles de meurtres sont réussies et m'ont aidé à tenir jusqu'au bout. Un film auquel je n'ai pas adhéré.