stillpop
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3.5 - Bien
Bien moins art et essai que "L'emploi du temps", mais ô combien plus désespéré !
On part d'un sosie de Claude François qui va apprendre à écraser ses beaux sentiments et sa (toute petite) part d'innocence au profit d'une pensée unique et lénifiante du capitalisme heureux et aveugle. Puisque vu le nombre de faillites, on ne peut pas dire que les boîtes d'audit ou de consulting ont inventé l'art et la manière de survivre en eaux troubles, malgré les très jolies théories de son chef, Lucas, toujours parfait.
A part lui, on a utilisé toute la crème des séries B et des téléfilms français, pub comprise, pour, finalement, sans doute grâce à la direction d'acteurs, donner une vraie tranche de vie d'une entreprise, de l'intérieur, de l'extérieur et jusqu'au point de vue de la mondialisation.
On évite les clichés des extrêmes, on nage dans un angélisme qui se lézarde suffisamment pour se faire son idée non partisane, mais on nous donne surtout un état des lieux qui fait froid dans le dos. Plus personne n'a les idées ou le courage de se battre.
C'est surtout ce constat qui laisse terriblement déprimé à la fin de ce film absolument parfait et courageux dans sa pose, par rapport à son message et à ses moyens.
Puisque, comparé à certains autres sur le même sujet, on sent la confrontation des solitudes qui cherchent juste un mieux vivre mais plus du tout d'idéal. Sauf peut-être la secrétaire, qui est la seule héroïne, au sens tragique, du film.
On sort avec l'impression d'avoir vu un vrai film sur un sujet peu propice aux effets faciles, alors que le réalisateur aurait pu tomber dans le documentaire ou le film TV.
Sans doute grâce au vraisemblable des situations mais également à la multitude de personnages qui étaye d'autant mieux le constat d'échec d'une société libérale. Qui a de plus en plus de mal à créer du rêve ou de la valeur ajoutée. Sauf évidemment pour quelques Happy Few et d'autres intoxiqués de télévision.
Ajoutée le 02 févr. 2012 à 23h57
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