Adieu poulet
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Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juin 2022
« Adieu poulet » de Pierre Granier-Deferre (1975) est adapté du roman éponyme de Raf Vallet lui-même inspiré d’un fait réel survenu en 1971 à Puteaux. Nous sommes à Rouen en pleine campagne électorale avec Pierre Lardatte (Victor Lanoux) défenseur de l'ordre et de la morale. Ses colleurs d’affiche tabassent celui d’un candidat de gauche et un inspecteur de police alerté et arrivé sur place, est tué par Portor, un des gorilles de Lardatte. C’est le commissaire principal Verjeat (Lino Ventura) et l'inspecteur Lefèvre (Patrick Dewaere) qui mènent l’enquête… bien délicate vu le contexte et le contrôleur général Ledoux (Julien Guiomar), supérieur de Verjeat, lui conseillera « amicalement » de se concentrer sur Portor, lui s'occupant de Lardatte. Après un coup d’éclat de Verjeat devant la mairie où par haut-parleur Lardatte est accusé d’être un assassin, le commissaire aura une « promotion » (contrôleur à Montpellier) et l’enquête sera confiée au placide commissaire Pignol (Pierre Tornade). Mais Lefèvre trouvera une astuce pour bloquer le départ imminent de Verjeat et de fait ils vont pouvoir poursuivre tous les 2 leur enquête. Portor est localisé mais arrive à s’enfuir et va prendre Lardatte en otage chez lui mais là le commissaire Verjeat…
Un film haletant bien mené où le duo Lino Ventura en « vieux » commissaire intègre apolitique musclé et blasé devant la « corruption » de la police et de la justice (Claude Rich est superbe en tant que juge d'instruction obstiné contre la corruption de la police), et Patrick Dewaere en « jeune » inspecteur fougueux et aux idées anticonformistes (cf. le lit électrique dans le bordel lors de la première scène, le hareng « ferré » par un chewing-gum…) fonctionne à merveille. La filmique est classique mais avec à l’époque – sous Giscard - un scénario réellement innovant. Un film politico-policier qui reste singulier car basé sur le tandem Ventura / Dewaere avec une relation de père et à fils cf. pourquoi es-tu rentré dans la police et la fameuse derrière phrase « Adieu Poulet » !
Lieven Lechat
Lieven Lechat

6 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 mars 2022
Un Lino Ventura comme on aime voir, notamment dans la peau d'un policier droit combattant le mal. (il en est de même pour Delon, Belmondo,...) Les meilleurs films de leur (longue) carrière ont toujours été les films de "flic". Un bon scénario, un bon casting et un policier dur mais droit, un peu brute, mais assez charismatique pour se sentir en sécurité.
Dommage que Lino n'en aie pas fait plusieurs de ce calibre! (Sans domicile fixe et le clan des Siciliens s'en rapproche mais n'a pas la solidité du film en question.)
vivaBFG
vivaBFG

23 abonnés 1 627 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 octobre 2021
Classé par allociné comme un drame, ce film est avant tout un polar, un bon polar, que dis-je un excellent polar. Certes, des drames s'y déroulent, mais normal, c'est un polar! Le scénario est finement ciselé et ne laisse rien à l'approximation. On pourra juste déplorer une fin qui n'en est pas vraiment une, qui laisse à chacun le soin de la deviner. Les acteurs sont aussi très bien même ceux au début de leur carrière.
A voir par tous les amateurs de polar, mais les autres aussi, tant ce film est juste impeccable.
Marjolaine A.
Marjolaine A.

160 abonnés 520 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 décembre 2020
Très bon film policier typique des années 70, Adieu Poulet bénéficie en outre d'un casting incroyable (Lino + Dewaere + la crème des seconds rôles du cinéma de ces années là).
La réalisation de Granier-Deferre, un de nos grands réalisateurs souvent trop sous-estimé, est au niveau de l'excellent scénario de Francis Veber.
Choublane4
Choublane4

4 abonnés 33 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 décembre 2020
spoiler: Alors que la campagne électorale bat son plein à Rouen, le commissaire Verjeat et les inspecteurs Lefèvre et Moitrier enquêtent dans une maison close : l'un des clients est mort en pleine extase. Avant que Verjeat ne décide quel tour faire prendre à son enquête, la tenancière de la maison le prévient qu'elle connaît nombre de personnalités importantes. Le commissaire comprend que cette enquête n'ira jamais très loin. Après avoir déposé Verjeat à son domicile et Lefèvre sur la route, Moitrier s'apprête à rentrer chez lui, quand un message du central le prévient d'un délit en cours : des colleurs d'affiche sont en train de se faire agresser, et l'un d'eux est battu à mort par un voyou. Lorsque Moitrier arrive, il tente de les arrêter, mais le voyou lui tire une balle à bout portant. Arrivé à l'hôpital, Moitrier confie à Lefèvre qu'il a reconnu dans son agresseur Antoine Portor, l'un des hommes de Pierre Lardatte, candidat à l'élection. Peu après, Moitrier meurt. Verjeat se rend accompagné à l'une des permanences de Lardatte, où il trouve Roger Portor, le frère d'Antoine. Il le prévient que son frère a intérêt à se rendre rapidement. Puis il se rend à un meeting de Lardatte : celui-ci dit être attristé par la nouvelle, mais ne pas connaître personnellement les membres de son service de sécurité. De retour au central, le contrôleur général Ledoux, supérieur de Verjeat, lui conseille « amicalement » de se concentrer sur Portor, lui s'occupant de Lardatte. Quelques jours après, Mercier, le père du colleur d'affiches, fait irruption dans le bureau de Lardatte, à la mairie, et prend en otage avec deux autres hommes les employés qui s'y trouvent. Verjeat, sous la surveillance de Ledoux et de Lardatte, est chargé de le ramener à la raison de façon pacifique : pour ce faire, il lui propose par téléphone de profiter du haut-parleur de la police pour faire passer son message. Mercier s'adresse alors violemment à Lardatte, le traitant d'assassin ; la foule alentour ne perd pas une miette du discours. Puis Verjeat se rend dans la mairie et convainc de manière un peu brusque Mercier et ses complices de se rendre. Mais Lardatte est bien décidé à faire payer cette humiliation au commissaire : grâce à ses relations, il parvient à le faire nommer contrôleur général à Montpellier. Il doit partir la semaine suivante, en laissant l'affaire en cours à son successeur, le commissaire Pignol, plus adepte des méthodes de cow-boy que de celles réclamant de la subtilité. Après son pot de départ, Verjeat explique à Lefèvre qu'il ne peut refuser une telle promotion mais qu'il a bien l'intention de s'amuser un peu avant de s'en aller. Pendant ce temps, les bureaux de Lardatte sont cambriolés par des complices d'Antoine Portor, aidés de sa femme. Mais à un barrage de gendarmerie, leur voiture part en tonneau : les deux hommes sont tués, la femme grièvement blessée. Verjeat apprend de la bouche de Roger Portor que le cambriolage était destiné à mettre la main sur la comptabilité de Lardatte, pour qu'il aide son frère à quitter la France. La comptabilité a brûlé dans l'accident mais le commissaire cache la vérité aux journalistes. Puis Verjeat met en place à l'hôpital une surveillance de la blessée, dans l'espoir de coincer son mari : en fait, c'est l'un de ses inspecteurs qui est dans le lit, Marie Portor étant décédée. Ledoux et Pignol sont laissés dans l'ignorance de la supercherie. Alors qu'il doit être de surveillance à l'hôpital, Lefèvre passe à la maison close pour informer la patronne de la teneur de son rapport. Il lui explique que Verjeat, frustré d'être obligé de partir de Rouen, lui a demandé de la charger au maximum : ses protections ne pourront rien contre un fonctionnaire sur le point d'être muté. Après avoir refusé de coucher avec lui, la tenancière de l'établissement lui propose de l'argent. Le soir même, trois complices de Portor tentent d'enlever sa femme à l'hôpital : l'un d'eux est blessé, les deux autres tués par les inspecteurs en embuscade. Le lendemain, Lefèvre est sommé par Verjeat de s'expliquer sur son absence de la nuit. Il lui répond qu'il s'était endormi puis lui remet le rapport sur le décès à la maison close. Verjeat est furieux, et lui demande de revoir le rapport ; Lefèvre appelle la patronne pour lui avouer son échec. Celle-ci se rue au tribunal, où elle est reçue par le juge Delmesse pour répondre d'une accusation de proxénétisme. Très calme, elle lui répond qu'il faut ajouter la corruption de fonctionnaire à cet acte d'accusation puisqu'elle a donné de l'argent à Lefèvre. Celui-ci se défend mal devant le juge, qui apprécie fortement les affaires de corruption ; l'inspecteur poussé à bout finit par dire qu'il n'est pas le seul corrompu dans cette affaire. De retour au central, il est reçu par une gifle magistrale de Verjeat : pour se sauver, il a accusé son supérieur d'avoir reçu des pots-de-vin bien supérieurs à ceux qui lui sont reprochés. Devant Ledoux, Verjeat clame son innocence, mais cette nouvelle fait le tour de la ville : les indicateurs de police, puis les détenus de la prison de Rouen, le traitent rapidement comme un pourri et refusent de traiter avec lui. Devant Delmesse, le commissaire se défend mais le juge semble convaincu de sa culpabilité. Le temps de l'enquête, le magistrat lui demande de ne pas quitter Rouen mais lui permet de continuer l'enquête sur Portor. Puis Verjeat se rend au domicile de Lefèvre et fête avec lui cette première réussite : il n'est plus obligé de partir pour Montpellier et peut récupérer l'enquête que Ledoux avait fini par confier à Pignol. En fait, les deux policiers avaient organisé cette mise en scène de corruption afin de permettre à Verjeat de pouvoir rester à Rouen par ordonnance judiciaire. Cerise sur le gâteau : Lardatte lui a téléphoné. Lorsqu'il le rencontre, le candidat lui explique qu'il pourrait l'aider dans cette affaire avec Delmesse, en échange de quoi Verjeat pourrait aider Lardatte à son tour. Le jour suivant, les deux policiers apprennent que Portor a été « logé ». En dépit des précautions prises, celui-ci arrive tout de même à s'enfuir. De retour au central, Ledoux les convoque et leur apprend que Pignol est passé voir « Madame Portor » à l'hôpital. Verjeat et Lefèvre sont obligés de lui avouer que l'affaire de corruption n'était qu'un plan monté par le commissaire pour pouvoir continuer l'enquête et coffrer à la fois Portor et Lardatte ; l'argent extorqué à la tenancière du lupanar a été déposé chez un huissier, il n'y a donc pas d'affaire. Sans Portor, impossible de s'occuper de Lardatte ; le plan a échoué. Ledoux, furieux, lui ordonne de partir dès le lendemain pour Montpellier ; il expliquera au juge Delmesse de quoi il retourne dans son affaire, mais prévient Verjeat qu'il n'empêchera pas le juge de l'accuser d'outrage à magistrat si Delmesse le souhaite. Pignol apprend à ce moment que Portor est dans la maison de Lardatte et l'a pris en otage. Le criminel réclame Verjeat et refuse de discuter tant avec Pignol qu'avec Ledoux. Le contrôleur demande alors à Verjeat de parlementer avec Portor ; le commissaire se saisit du haut-parleur et dit : « Verjeat, il est à Montpellier, Verjeat ! » Puis il se tourne vers Lefèvre et le salue : « Adieu poulet… »
chrischambers86

16 171 abonnés 13 133 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 juillet 2020
"Adieu poulet" (1975) restera avec "Le chat" (1971) la plus belle rèussite de Pierre Granier-Deferre! Un film dans lequel le duo de flics Lino Ventura / Patrick Dewaere abordaient avec les mèthodes de leurs gènèrations respectives des affaires très complexes d'une ville de province (Rouen). Entre le vieux briscard Ventura qui parle peu mais agit sans rèflèchir et le jeune chien fou Dewaere jetè en pâture dans le mètier de policier se construit une relation quasi-filiale! Une très belle complicitè se noue alors, pour un polar qui a gardè son humour (cf. les tèmoins de Shiva). C'est bidonnage et bidouillage! Un style toujours probant, une crèativitè de tous les instants ; des oeuvres sans conteste à la charpente solide! Voilà le secret du succès de Granier-Deferre! Le ton y est juste, sans cesse plus proche de la vèritè que jamais! Les seconds rôles y sont remarquables avec une mention pour Victor Lanoux et Julien Guiomar! En somme, un excellent policier de la France giscardienne qui s'est bonifiè avec le temps! Et un tandem de flics complices qui fait toujours autant d'ètincelles...
DanDan
DanDan

97 abonnés 272 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 avril 2020
Un peu vieillit .. le duo Patrick Dewaere / Lino Ventura est exceptionnel mais l'histoire est confuse et le script de Francis Veber qui pour une fois n'est pas une comédie s'essouffle..film donc des années 80 pour les années 80..à revoir si on aime Patrick Dewaere et Lino Ventura ..La fin est surprenante...
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 20 février 2019
Excellent film de poulet rôti, la cuisson est succulente par le réalisateur de comédie qui me revient à l’esprit, son scénario est un drame sérieux avec le boss Lino Ventura, commissaire aux méthodes dissuasives peu orthodoxes. spoiler:
Il frôlera le grade de contrôleur général à sa portée, empêtré dans des affaires de corruption, bavures, c’est le flic des années 70 à la française, rien à envier aux américains du « Police District ». En ces temps de la présidence de Valérie Giscard d’Estaing spoiler:
l’intrigue d’enquête à mener pour ces poulets cuisinés, coincer les chauds bouillants membres du parti politique, l’ordre et la morale. Tout est comme une belle rose dans ce slogan, une représentation de meeting démagogue à coup de baffe et claque, l’époque ne criait pas trop fort. spoiler:
A remarquer qu’il n’y eu pas un seul membre féminin représentatif dans les forces de l’ordre, l’intégration intégrale ne se fera qu’à la fin de la décennie, l’ère compétitive guerre des polices gendarmes. spoiler:
spoiler:
La dernière phrase d’adieu à son collègue décédé dans des circonstances dramatiques précipitées, il a beaucoup souffert de son vivant, paix à l’âme partie très tôt, l’hommage pré-mortem dans cet « Adieu mon poulet ». spoiler:
joevebulle
joevebulle

4 abonnés 528 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 janvier 2019
Un polar des années 70 ? Oui, le film a plus de 40 ans et la façon de jouer a évolué. Cependant, ce film construit autour d'un scénario intéressant (faisant suite à des faits réels) et hélas toujours d'actualité, fait mouche. D'abord le duo d'acteurs Ventura/Dewaere dans le rôle des flics intègres et dans une position de professeur/élève ou même père/fils fonctionne à merveille. Ensuite les seconds rôles ont leur personnalité et enfin le rythme est parfait. Certes un moment de nostalgie mais à voir ou revoir.
rocky6
rocky6

47 abonnés 1 867 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 novembre 2018
Un solide film policier porté par un duo Ventura - Dewaere qui fait merveille. Leur caractère opposé rend leur équipe plus performante encore. Confrontés à un milieu politique qui tente d'étouffer leur enquête ils sont décidés à aller jusqu'au bout. Le fim n'a pas vieilli et ce qu'il dénonce est toujours d'actualité.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 781 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 octobre 2018
Deweare/Ventura comme duo de choc dans ce polar pur jus des 70’s, l’affiche est alléchante surtout si on ajoute une pléiade de seconds rôles phares de cette décennie. Mais quelle déception !!! Le scénario assez lisible s’enlise pourtant dans des circonvolutions ; çà se complexifie sans raison. Reste la charge sur la politique et les liens entre police et politique qui font écho avec l’affaire du moment : Benalla. Après Granier Deferre est un piètre réalisateur de son époque : le montage est approximatif et uniquement guidé par l’ambition de garder du rythme. La mise en scène est minimaliste et bourrée de cuts. Et parlons aussi de la direction d’acteur ; fan de Deweare ; ici, il est insupportable à en faire des caisses. Ca fait penser aux plus mauvaises comédies de De Funès ou aux plus mauvais films de Depardieu ; au sein desquels ils étaient embauchés pour faire le job, se donner en représentation. Au final, un film assez médiocre à tout point de vue.
tout-un-cinema.blogspot.com
selenie

7 446 abonnés 6 661 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 octobre 2024
Plus qu'un simple polar le scénario s'attache à dénoncer les corruptions et dessous de tables mais surtout le pouvoir des politiciens. Le sujet semble essentiel à tel point que le récit se focalise sur ce point et délaisse un peu trop le côté enquête policière. Le film s'ouvre sur une affaire aussi vite délaissée avec pourtant un "message subliminal" d'une tenancière qui aurait dû ouvrir quelques portes intriguantes. Le scénario manque sans doute un peu de finesse mais le film est imprégné de son époque, de cet univers de politique rance des seventies. Granier-Deferre signe un polar de facture classique mais qui se démarque par quelques idées solides dont une dernière scène aussi pessimiste que fataliste.
Site : Selenie
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 888 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 juin 2018
Adieu Poulet est film policier "à la française" du milieu des années.
On passe un bon moment mais le film n'est sauvé que par le binôme Ventura-Dewaere qui fonctionne bien.
Un vieux et un jeune qui s'entendent à merveille, l’expérimenté et le déjanté, qui enquêtent suite à la mort d'un policier en pleine campagne politique. Sont décrits les magouilles policières ou comment faire son boulot de flic alors que c'est la machine politique qui gouverne. Bien épaulés par de bons seconds rôles le film porté par Ventura est pas mal mais les scènes d'actions, voire le scénario un peu mou, ne permettent pas d'aller vers une meilleure note. A noter que la fin, pleine de cynisme est très bien et résume à elle seule la position du film.
Stephenballade

455 abonnés 1 241 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juin 2018
Aujourd’hui, ce qui interpelle quand on regarde "Adieu poulet", c’est la grande quantité de noms bien connus qui sont énumérés à l’occasion du générique de début. Pierre Granier-Deferre à la baguette, Francis Veber au scénario, Philippe Sarde à la musique, Jean Ravel au montage, Alexandre Mnouchkine à la production, et ce n’est pas tout. Regardez donc du côté de la distribution : Lino Ventura, Patrick Dewaere, Victor Lanoux, Julien Guiomar, Pierre Tornade, Claude Brosset, Claude Rich et même une courte apparition de Valérie Mairesse avec sa voix unique. Mais parmi tous ces grands noms, ne trouvez-vous pas qu’il en manque un ? Mmm ? Celui de Michel Audiard par exemple… non ? Eh bien je serai tenté de dire que le célèbre dialoguiste n’est effectivement pas le grand absent de cette production. Pourquoi ? Parce qu’on a tout de même de bonnes répliques, la plupart étant prononcées par les deux acteurs vedettes. Du genre « tu t’es recyclé ? » en s’adressant à Michel Peyrelon dans le rôle de Roger, frère du suspect poursuivi. Les poubelles… recyclé… pour sûr qu’aujourd’hui cette réplique a une saveur supplémentaire synonyme de double sens. Du genre aussi quand il est expliqué où on trouve les indics… Le fait est qu’avec des acteurs comme Lino Ventura et Patrick Dewaere qui n’ont pas leur langue dans la poche, les services de Michel Audiard n’avaient pas forcément besoin d’être requis. D’ailleurs l’entente entre les deux acteurs est évidente dès le départ. Il n’y a qu’à voir comment ils se regardent ! Ils sont pourtant si différents. L’un est plus vieux, plus posé, mais se laisse parfois déborder par une sourde colère, et le spectateur est même gratifié de la fameuse et formidable baffe venturienne. L’autre est plus jeune, plus insouciant (quoique ici…), plus volubile, plus survolté, moins encombré de manières. Comme toujours, Patrick Dewaere s’investit à fond et met une énergie folle dans son personnage pour en faire un électron libre (ou presque). Toujours est-il que les deux hommes sont réunis pour former un duo que Francis Veber a imaginé en créateur du buddy movie. Et déjà dans leurs échanges, on sent la patte du scénariste par des répliques pas loin d’être cultes. Quoiqu'il en soit, les deux acteurs s'entendent à merveille, l'un au travers de son rôle cachant mal l'admiration quasi pudique qu'il a envers son équipier expérimenté, qu'on pourrait voir comme une symbolique du passage de témoin en tant qu'acteurs. Sous la direction de Pierre Granier-Deferre, les deux personnages principaux se laissent engloutir dans une enquête qui vire au polar politique. Les pressions, les magouilles et la corruption sont mises sur le devant de la scène dans cette enquête où il faut composer avec les convenances politiquement correctes sous peine d’être envoyé ailleurs. D’où le titre. "Adieu poulet" a beau avoir été tourné en 1975, force est de reconnaître que plus de quarante ans plus tard rien n’a véritablement changé malgré les piques corrosives distillées. Comme quoi le pouvoir ouvre bien des perspectives… Lino Ventura est parfaitement crédible en flic intègre qui sait qu’il ne craint plus grand-chose. Et en bon flic intègre, il met tout son honneur à mener une enquête somme toute casse-pipe jusqu’au point final, quitte à prendre des risques (calculés) à piéger sa (ses) cible(s) dans son (leur) propre jeu. C’est parfois savoureux, en particulier lors de l’usage du haut-parleur. Rien n’est surfait, aussi on croit aisément au récit qui nous est proposé. Sans compter que ça fait plaisir de revoir deux monstres sacrés du cinéma hexagonal ! Et ce qui fait plaisir, c’est de voir aussi toute cette belle collection de tout ce qui a fait les beaux jours de l’industrie automobile française : des R16, des DS, des 2CV fourgonnette, des 404, des dauphines, des 504 et j’en passe… de quoi faire blêmir d’envie tous les collectionneurs nostalgiques. Aussi, le spectateur n’a aucun mal à se plonger au cœur des années 70, du temps où Giscard était Président de la République et dont on apercevra le portrait. Alors on pourrait s’attendre à un film qui a pris un coup de vieux. Même pas : comme dit un peu plus tôt, rien n’a été surfait, mis à part peut-être la scène du brancard que je trouve un peu ridicule. Le jeu des acteurs correspond à la vie bien réelle en mettant en scène des personnages à la psychologie très différente les unes des autres. Une sorte de sobriété en quelque sorte. La sobriété est surtout dans la réalisation. Là non plus, il n’y a rien de surfait. Mieux : le timing est très bon entre les coups de feu et l’impact des balles. Mais avant de découvrir ou de redécouvrir ce long métrage, on pourrait s’attendre au coup de vieux dans l’image. Même pas ! Et pour cause, ce film a été restauré en 4K. Alors certes ce n’est pas le film du siècle, mais il reste néanmoins un polar de très bonne facture, sans compter que c’est toujours un plaisir de revoir les regrettés Ventura et Dewaere. Et en plus, ça se termine sur un joli pied-de-nez absolument jouissif, assez inattendu quoique conforme à la psychologie du commissaire Verjeat, qui a décidément plus d’un tour dans son sac.
Madjet L
Madjet L

4 abonnés 131 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 juin 2018
Bien qu'inspiré d'un fait réel, Adieu Poulet se distingue clairement par sa réalisation remarquablement improvisée et spontanée. Dans la manière de tourner ses scènes, Pierre Granier Deferre donne l'agréable impression d'orienter ses acteurs tout en leur laissant une très grande liberté dans leur jeu. En dépit de quelques incohérences et certains défauts de raccords de montage, le casting semble s'amuser, improviser son jeu d'acteur et s'amuser dans le film grâce à cette sensation de liberté de tournage. Rares sont les films aujourd'hui où plus de la moitié du film est improvisé souvent confis dans des scripts pensés de A à Z bien avant leur tournage. Si le titre dit de faire ses Adieux au Poulet, il faudrait surtout saluer le travail du réalisateur et ses acteurs.
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