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Woody Allen n'a pas son pareil lorsqu'il s'agit de de dépeindre la société dans laquelle nous vivons, avec humour et amour. 1969, année érotique ... année du burlesque aussi avec "Prends l'oseille et tire-toi". De la à prétendre qu'il s'agisse ici e plus comique des films de notre bien aimé Woody, il n'y a qu'un pas à franchir. Toujours est-il que le film s'encre parfaitement dans la période la plus farfelue et folle du cinéaste, et donc la plus chargée en humour. Autant dire que c'est du bon, voir du très bon. Certes, les situations ne sont pas toujours poilantes et certains gags tombent parfois à l'eau, mais la plupart du temps on rira à gorge déployée face aux mésaventures du héros. Un parfait pauvre type cherchant à donner un sens à sa vie en essayant de se la jouer "voyou et braqueur". Un voleur qui ne vaut pas un sous et qui sera partagé entre sa vie de malfrat minable et son amour pour une jeune femme assez naïve et cruche, Louise (interprétée par la méconnue mais sympathique Janet Margolin que Woody retrouvera d'ailleurs dans son fameux "Annie Hall"). On se laisse facilement embobiner par les entourloupes du pitoyable Virgil, toutes aussi foireuses les unes que les autres, sur fond d'interviews de ses parents et personnes l'ayant fréquenter ... Un système de narration ingénieux! Prison, évasion douteuse, braquage raté, vols minables, travaux forcés hilarants, amour fugace mais problématique... le film se plaît à revisiter tous ces tableaux avec un humour cocasse et parodique presque surréaliste. Le plat est épicé et signé "Woody Allen", encore une fois irrésistiblement doué dans son rôle de gringalet complexé et totalement déphasé. Cela se sent davantage encore lorsque l'intrigue laisse place à la réflexion philosophie et psychanalyste de l'existence et de l'amour. Quelques passages quasi dramatiques pointent le bout de leur nez par ci par la, sans jamais empiéter sur l'aspect comique qui monopolise la quasi totalité des scènes. Certains passages font diablement pensés à de l'humour à la "Charlot" (l'excellent passage du violoncelle et de l'enfance de Virgil) ou à la "Laurel et Hardy" (le coup des travailleurs prisonniers enchainés les uns aux autres), et Woody Allen signe ici un bel hommage au cinéma loufoque d'avant guerre, tout en y apportant sa touche intellectuelle et idyllique. Si ce piètre avis peine encore à vous convaincre des qualités inestimables de cette bonne vieille comédie romantique... bah tant pis! Le chef cuistot Woody nous régale une fois de plus de sa spécialité locale et malheureusement trop éphémère. Bon appétit! 16/20
Ajoutée le 15 déc. à 09h52 Signaler un abus
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