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Norbert Sautelles
19 abonnés
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5,0
Publiée le 19 avril 2026
Scénario, très original, de Burt Kennedy. Plus qu'original, c'est que tous les personnages secondaires sont bien incarnés, écrits, existent en quelques secondes. Que ce soit Pernell Roberts et James Coburn (dans un premier rôle) qui discutent sur la signification du mot "amnestie" ou de leur volonté de devenir éleveurs ; mais, pour cela, ils doivent éliminer Randolph Scott. Que ce soit les méchants, James Best dans le rôle du frère demeuré qui est formidable dans tous ses plans, ou Lee Van Cleef, son frère, dans un petit rôle, mais très important pour l'arc dramatique, qui comprend ce qui se trame. Que ce soit Karen Steele dans le personnage féminin, qui sait manier les armes tout en ayant une belle plastique. Avec en personnage principal, Randolph Scott, plutôt mutique, qui a des intentions non déclarées, que nous découvrons progressivement, mais qui attire tout le monde (pour le tuer). Le titre français divulgache déjà des choses. Le titre original est standard et conforme au personnage du solitaire. Et tout ceci en 73 minutes : images sublimes et inoubliables (le plan final !), histoire au cordeau sans temps morts, mais avec des temps calmes importants. Sur le plan de la mise en scène, la scène d'ouverture est sublime : la grue (le film est en Cinémascope et en décors naturels) qui recadre Randolph Scott vers James Best en train de prendre le café. Et le plan final est extraordinaire avec l'arbre en feu d'une couleur orange, très symbolique et hyper interprétable. Avec une superbe musique, plutôt enjouée de Heinz Roemheld sur les plans de transitions lorsque les personnages se déplacent d'un point à l'autre. Musique enjouée qui semble célébrer les décors, tout en étant en décalage avec le drame qui se trame. Le principal défaut serait l'attaque des Mescaleros, séquences d'action typique avec les Indiens, assez mollassonne et sans brio. C'est quand même un chef-d'œuvre de Budd Boetticher.
Débutant in medias res, ce western saura exploiter ses codes génériques : de lointains points d'horizon (en Technicolor et format CinémaScope), des personnages qui tout en répondant à des stéréotypes (le vieux briscard désabusé, le veule cadet, le frère malfrat à la rescousse, le mystérieux et charmeur bandit en quête de rédemption, l'associé pas très futé...) sont très justement dessinés, des scènes de cavalcade ou d'échanges de tirs, une femme forte nécessitant toutefois une protection en ces terres hostiles, un trio sentimental et une vengeance viscérale. Outre une réalisation efficace et un rythme soutenu, on appréciera l'importance accordée à la psychologie puisque le héros est humanisé par son respect de l'animal tandis que les protagonistes savent exprimer leurs ressentis, évoluer au contact des envies ou cheminements des autres et faire fonctionner leurs neurones! Un récit d'optimisme et de résilience qui surprend aussi par sa concision et par sa maitrise!
Encore un western efficace de Budd Boetticher avec Randolph Scott, accompagné (comme dans "La prisonnière des Comanches") par des hors-la-loi qu'il est difficile de détester (notamment Pernell Roberts que l'on sent vraiment sincère). Le road movie est très agréable à suivre avec une multitude de moments forts et les paysages sont filmés avec des mouvements de caméra majestueux, notamment le dernier sur l'arbre aux pendus, travelling vertical particulièrement réussi. On pourra juste regretter que Lee Van Cleef soit si peu present alors qu'il est censé être au centre de l'intrigue.
Sacré Budd Boetticher !!! Pas vraiment mon réalisateur de western préféré, mais il arrive parfois à me surprendre agréablement. Son avant-dernier film, « Comanche Station » (1960), était très bon ; son dernier, « Qui tire le premier ? » (1968), une véritable bouse. Donc mention spéciale à cette « Chevauchée de la vengeance », une histoire de vendetta extrêmement habile qui met en scène une petite troupe « dirigée » par l’excellent Randolph Scott qu’on ne présente plus et encadrée par Pernell Roberts (un des « Bonanzas » de mon enfance) et la très électrisante Karen Steele filmée de façon très subjective par le réalisateur. « La chevauchée de la vengeance » possède une AOP « western série B » qui sent bon la sueur, le sang et la poudre. Suivre le petit groupe progresser de relai en relai est une expérience plaisante. Les « must » du film restant la scène d’ouverture et celle de fermeture avec la force de la symbolique (l’arbre). Pas un vraiment un chef d’œuvre, mais une très belle découverte.
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Difficile de faire plus banal que cette petite série B sans intérêt. Aucune originalité,: les gentils, les méchants, une blonde, des indiens, une histoire de vengeance quelconque, les grands espaces filmés de loin, une bande son ordinaire et soporifique à la longue. Il y a tout, mais surtout il n'y a rien de piquant dans ce western d'un ennui total et sans saveur. Même SCott semble s'ennuyer et être au bout du rouleau
Avant dernier film.de la collaboration Boetticher/Scott, et troisième et dernier scénarisé par Burt Kennedy, "la chevauchée de la vengeance " est un excellent western taillé au cordeau. Pas un plan de trop, le film est un modèle de montage. Un chasseur de prime capture un hors la loi. Il croise deux hommes qui veulent lui racheter le hors la loi, car sa capture leur procurerait une amnistie. Pendant ce temps le frère du hors la loi essaye de le délivrer. On s'aperçoit que le chasseur de prime cherche en réalité le frère du hors la loi pour se venger. Le film nous permet de découvrir Karen Steel, actrice très sexy qui fut à la ville l'épouse de Boetticher. Elle ne fit pas une grande carrière au cinéma. Les aficionados du western ne le manqueront surtout pas. C'est un film vraiment formidable.
Randolph Scott serre la mâchoire, Karen Steele bombe la poitrine et Lee Van Cleef est vraiment très méchant (comme souvent , me direz-vous). C'est bien , mais est-ce suffisant pour faire un bon film? Même en passant sur la vision manichéenne des Mescaleros et des hors-la-loi, ceci ressemble à une série B mineure. A sauver: les derniers très beaux plans, qui, pour le coup, donnent une dimension tragique à l'ensemble et au personnage de Brigade. N'est-ce pas un peu tard?
Comme a son habitude BUDD BOETICHER va droit au but dans sa naration. Pas de blabla et de scène inutile qui ralentis l'action. C'est court comme dans tout ces films. Une très bonne serie B
Un groupe de Mescaleros qui convoitent une Blanche esseulée dans la ferme de son mari probablement mort ; La jeune femme, partagée entre la recherche de son époux avec une bande d’outlaws qui atterrissent chez elle et la fuite loin de ce pays d’enragés ; Un jeune tueur relativement sympathique qui cherche à échapper à son impitoyable cerbère ; Celui-ci, intraitable chasseur de primes qui circule bien trop ostensiblement et sans être pressé pour qu’il n’y ait pas anguille sous roche ; Deux bandits repentis tentant de lui racheter son prisonnier pour bénéficier d’une amnistie mais dont le très récent bon cœur n’entame pas leur propension à la violence ; Le grand frère du captif, impitoyable chef de gang, faisant pourtant preuve d’empathie et de conscience, sur les talons de son geôlier, avec qui un compte à régler reste en suspens… Ride lonesome (Titré « La chevauchée de la vengeance », en ce chronique concours de traduction du titre le plus crétin possible, encore qu’à l’époque ils se servaient encore du français pour traduire en français, ce qui n’est même plus le cas) est une surprenante chronique du far-West de 1959, pour une époque où les westerns rivalisaient de manichéisme simplet. Il présente tout le périple évolutif d’un véritable panier de crabes, néanmoins très humanisés, dont les intentions plus ou moins véreuses révèlent un jeu d’apparences et d’enjeux difficiles et multiples, se contrecarrant ou s’imbriquant à mesure que se révèlent les ambigüités. Cet original western à l’ancienne nous montre en prime un Lee van Cleef d’avant sa renommée permise par Sergio Leone ou un amateur nommé James Coburn un an avant qu’il n’incarne l’un des Sept mercenaires.
Rien à dire : Budd Boetticher maîtrisait à fond ses réalisations, donnant une vraie cohérence à cette série B dotée par ailleurs d'un scénario d'excellente qualité. Sur un sujet qui aurait pu être au fond d'une grande banalité (un criminel à remettre à la justice sur fond de vengeance personnelle), le réalisateur installe un climat très bien rendu, entre décontraction « virile » et tension, où chaque personnage (enfin, certains plus que d'autres) a un rôle à jouer, où la qualité des dialogues et des relations entre chacun est également à souligner, même le plus médiocre des protagonistes (fort bien campé par James Best) trouvant parfois une forme d'humanité assez touchante. Dommage alors que la vision du cinéaste soit aussi machiste et rétrograde sur les femmes (certes, c'était l'époque, mais bon!), le grand méchant interprété par Lee Van Cleef apparaissant trop brièvement pour vraiment se faire une place au soleil, à l'image d'un duel final expédié et assez décevant. Reste qu'à défaut de ressentir l'ampleur et la jubilation provoquées par les grands classiques du genre, « La Chevauchée de la vengeance », forte de son histoire et d'une mise en scène inspirée, s'impose comme un western de qualité, confirmant le talent du cinéaste pour ce qui était manifestement son registre de prédilection.
Je poursuis mon exploration de la collaboration Boetticher-Scott-Kennedy avec donc cet avant-dernière collaboration entre les 3 hommes. Il en résulte un film court, dense et prenant qui leur permet de développer quelques personnages, nous faisant vivre leurs tourments, leurs hésitations et leurs rêves. Scott compose admirablement ce personnage de cavalier solitaire qui écume l'Ouest et qui va fomenter un plan audacieux pour solder ses comptes. Il trouve sur son chemin quelques partenaires qui vont l'accompagner sur cette périlleuse aventure et qui ont tous des raisons d'être là. Peu d'acteurs donc (10 rôles parlants, à peine plus de figurants) mais une densité dans l'écriture qui en fait un modèle du genre. Ensuite, Boetticher nous sert le grand jeu au niveau de la mise en scène, exploitant son format Scope avec une rare maîtrise, surtout qu'il s'agissait de sa 1ère dans ce format. Les paysages naturels sont sublimes et bien mis en valeur, les péripéties s'enchaînent bien, les persos nous accrochent et quelques plans sont vraiment splendides. C'est du beau et grand travail d'artisan, un film palpitant et riche qui nous tient en haleine. D'autres critiques sur
...Et bien je me suis terriblement ennuyé devant ce film. Bon public et amateur de ce genre cinématographique je n'ai pas accroché. Le scénario était là, les acteurs aussi.Alors , je suis assez embêté, car les nombreuses critiques sont favorables,mais j'ai trouvé que la mise en scène n'est pas à la hauteur du propos. Certes le format est très court ,pratiquement la durée d'un épisode tv ; c'est peut être cela, les scènes s'enchaînent comme les wagons d'un train fumant son trop plein de vapeur.De plus, les seconds rôles ( Lee Van Cleef,James Coburn) ne sont pas assez représentés et sombrent dans un complexe d'anonymat écrasé forcément par le charisme d'un Randolp Scott vieillissant mais toujours auréolé d'une certaine notoriété artistique et d'une forte complicité avec le réalisateur.
Excellent western, la crème de Boetticher, le pic de Kennedy à l'écriture. Le style épuré de l'ensemble permet d'aller à l'essentiel, une histoire simple, un environnement aride et inquiétant, une distribution soignée et des personnages ambigus font la recette gagnante de ce western qui demeure probablement l'oeuvre la plus aboutie du duo Scott-Boetticher, refermée sur un plan exceptionnel.