Accusé d'avoir plagié "Le Prix du danger", le film est en réalité l'adaptation que très peu fidèle du roman éponyme de Richard Bachman alias Stephen King qui possède quant à lui beaucoup plus de similitudes avec "Le Prix du danger" mais publié un an avant ce dernier ; en revanche la nouvelle "Le Prix du danger" est sortie dans les années 50, donc bien avant le livre de King. Qui a plagié sur qui, on ne le saura pas, toujours est-il que le film est finalement plus proche de "Rollerball" que de toutes les œuvres précédemment citées. En effet, il y est également question d'un jeu télévisé mortel financé par le gouvernement pour calmer et amuser les masses dans lequel les participants sont dupés, le tout dans une très grande arène. Sauf qu'ici, il n'est pas question de jouer au Rollerball (sorte de mélange entre le football américain et la crosse où les participants sont sur des rollers ou des motos) mais d'affronter divers ennemis tout droits sortis de "Batman & Robin". Effectivement, on est bien loin du roman de King qui était quant à lui assez violent psychologiquement et très pessimiste, on est finalement dans ce que le film cherche à dénoncer : du divertissement de masse avec de la violence gratuite. Car oui, le film s'adapte finalement à son acteur principal, Arnold Schwarzenegger, en lui faisant faire diverses cascades dans des costumes moulants bien kitchs et en glissant des clins d’œil à ses précédents succès comme "Terminator" (très peu subtil d'ailleurs d'autant plus que c'est très appuyé). Mais le film accuse également son époque, censé se dérouler en 2017 et 2019 (il est amusant de constater que "Rollerball" se déroulait en 2018), il est bien plus ancré dans son époque que dans un futur dystopique. On a en effet l'impression de voir sous les yeux les années Reagan qui auraient très mal tournées en exagérant tout ce qui était à la mode aux États-Unis à l'époque, à savoir le culte de la télévision (c'est d'ailleurs le présentateur de "Family Feud" qui joue également le rôle du présentateur ici, si ça c'est pas satirique) et des corps parfaitement sculptés, la mise en avant de l'argent et de la réussite sociale, les costumes moulants multicolores, l'aérobic sur des chorégraphies de Paula Abdul (mais si, la chanteuse de "Straight Up" dans un super clip de David Fincher) qui aura d'ailleurs créé un style de danse portant le nom du film, plus tard notamment popularisé par Janet Jackson et son moyen-métrage "Rhythm Nation" et puis bien-sûr le style des fringues, des coiffures etc. vraiment propres aux années 80. Il y a aussi la présence du leader de Fleetwood Mac et puis bon le réalisateur, Paul Michael Glaser, est quand même l'interprète de Starsky de "Starsky et Hutch". Bref, tout ça pour dire que c'est un film bien kitschouille, de plus très manichéen et ainsi bien loin, encore une fois, du bouquin de King, qui n'a pas très bien vieilli. Le rythme n'est pas très bon non plus, le film comportant pas mal de scènes un peu longuettes. "Running Man" est donc un divertissement que trop profond et bien gentillet par rapport à l’œuvre de base.