Une photographie sensible et réaliste de la Pologne du début des années 80 avec le mouvement Solidarnosc, vu de l'intérieur. Wajda filme des personnages dans leur luttes, leur utopies, leur solidarité (évidemment !) mais aussi leur contradiction et leur divergence... Cela donne un fim choral d'ou émerge trois personnages (l'ouvrier, le journaliste, la photographe...) et la figure furtive mais tutélaire de Lech Walesa en personne. Le leader syndical apparait d'abord dans des images d'archives judicieusement intégrées au montage puis dans la scène du mariage ou, dans son propre rôle, il est un des témoins qui partage les roses blanches... Bon, alors, j'avoue avoir été un peu largué la première heure car ça part un peu dans tous les sens, entres revendications, jeu de piste entre représentants du régime et ouvriers et focus sur les luttes syndicales précédentes... On regarde sa montre. Et puis, le film devient plus fluide avec l'arrivée de Agnieszka et le couple qu'elle forme avec Maciek, on est alors davantage dans un thriller politique, plus haletant. A ce stade, la réussite du film est d'être en prise directe avec les événements, en arrivant à créer un espace fictif qui complète au mieux le réel, en l'amorçant ou en le concluant. Wajda réussi assez bien cela, avec une technique maîtrisée (lumières froides, cadrages en 4/3 façon reportage...) et tout un réseau de plans ou les personnages s'observent ou attendent entre angoisse et fièvre, ce qui crée un semblant de tension constante et maintien l'intérêt. A l'arrivée, un document, certes long, mais passionnant sur un morceau d'histoire.