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3,5
Publiée le 18 octobre 2013
Monsieur Batignole est sans conteste le meilleur film du Gérard Jugnot réalisateur. Un peu plus grave que dans ses autres films, il incarne à nouveau ce personnage de beauf très vite dépassé par les événements. La période du film est celle de l'Occupation où Jugnot nous montre le comportement de français en temps de guerre. Comme il a pu le dire à l'époque dans une interview, il y avait 5% de pourris, 5% de héros et 90% qui attendaient. Lui est Monsieur Batignole, un charcutier-traiteur, qui justement faisait partie de ces 90% et qui va faire partie des 5% de héros en prenant sous son aile 3 juifs pour les faire passer en Suisse. Le film est truffé de rebondissements, parfois improbables où ils s'en sortent de justesse. Ils vont croiser des gens qui vont les aider, d'autres qui vont les trahir. Le film ressemble beaucoup à Un sac de billes, le roman de Joseph Joffo. Bien qu'ils soient entourés d'un adulte, ces gosses sont livrés à eux-même et vont tenter de s'en sortir grâce à leur débrouillardise. Le film est émouvant, humain et on ne mesure pas assez notre chance que de ne plus vivre cette époque de haine, de peur et de délation.
Plonger dans la guerre ce français moyen voit avec l’expulsion de ses voisins le moyen de récupérer un appartement plus grand. Seulement derrière son petit confort se trouve une histoire dramatique,que l'homme ne veut pas voir dans un premier temps. Jugnot arrive à parler d'un thème lourd de l’histoire de la France la collaboration, il ne fait de son personnage ni un héros,ni un fasciste,mais il explore la palette humaine des sentiments.
Un film simple et touchant qui repose sur une histoire qui a déjà été traité au cinéma mais qui est revisité à sa manière par Gérard Jugnot qui apporte ici un point de vue intéressant, celui du français moyen neutre. Ce monsieur Batignole n'est en effet ni un franc collabo ni un résistant à l'occupant. Il est comme la plupart des français sous l'occupation ( ce qui rappelle malheureusement, même si ce n'est pas une découverte, que le slogan des « français tous résistants» est un mythe...). Tout le film tient sur cet équilibre et l'évolution de ce personnage qui évolue du fait des circonstances ( bien qu'on ne sache pas vraiment s'il évolue de manière forcé et quel est sa part de volonté dans cet acte altruiste ). Il en résulte au passage une réflexion pertinente sur l'héroisme, concept qui en prend un coup au passage car résulterait d'une grande part de hasard. L'équilibre du film repose aussi sur le ton partagé entre la comédie ( presque de boulevard ) et des moments plus dramatiques. La partie comédie est indéniablement réussie avec des passages vraiment très drôles. La partie dramatique est très subtil et Gérard Jugnot suscite ainsi l'émotion avec beaucoup de pudeur, sans en faire trop. Devant et derrière la caméra, celui-ci délivre une œuvre cohérente, émouvante et sincère. Comme dans « Une épôque formidable » ( son meilleur film pour moi ), il affirme sa capacité à tirer de sujets difficiles des films à la fois drôles et touchants. Un joli moment de cinéma, simple mais d'une grande justesse.
Comme dans ses précédents films, Gérard Jugnot incarne le personnage d’un lâche qui fait preuve de courage sous la pression des événements. Monsieur Batignole, boucher de son état, est comme la majorité des français sous l’occupation allemande : pas collabo ni résistant mais râleur, traînant des pieds, courbant le dos. Rien d’honteux à cela. Le jour où il aide un enfant juif (de mauvaise grâce au début), sa vie change du tout au tout. Bien qu’intéressant, le film n’est pas suffisamment dramatique ou au contraire drôle pour toucher le spectateur. Chez l’acteur/réalisateur, on est toujours le cul entre deux chaises. Certains passages sont trop larmoyants pour être honnête. La fin est languissante. Bref, c’est du Jugnot pur jus. Heureusement, ici, le film bénéficie d’un scénario plus consistant que d’habitude.
Quels personnages attachants! Je dois admettre que j'ai un petit faible pour ces films qui gravitent autour de leurs personnages et de leurs histoires/ personnalités. Ici, on découvre un boucher qui, a priori, vit sa petite vie sans se soucier du drame qui a lieu alors, en France, en 1942. Il ne veut rien savoir. Mais quand Simon, petit garçon juif, apparaît devant sa porte en lui demandant de l'aide, il s'engage dans un long périple qu'on est amenés à suivre et qui le mènera à accompagner cet enfant en terre neutre ( la Suisse).Le garçon est étonnamment intelligent, espiègle mais attachant au possible, révèlera un nouvel Edmond, altruiste et solidaire envers ces martyrs que sont les juifs en ce temps-là. Gérard Jugnot livre là l'une de ses meilleurs prestations en montrant qu'il peut aussi donner dans le drame. Je trouve que c'est une jolie façon de dénoncer le nazisme et la collaboration ( pourtant dénoncé encore et encore): un film drôle, léger, touchant, sublime de sincérité.
La résistance a été très souvent raconté au cinéma mais cette fois on établit quelques différences qui font tout le charme du film avec des petits comédiens notamment le petit Simon époustouflant de justesse et de sincérité!
Monsieur Batignole, c'est le comble de ces contradictions françaises qui donnent tantôt des histoires pour rire, et tantôt des histoires pourries. En mettant le doigt sur son grand sujet, Jugnot reste finalement fidèle au meilleur de lui-même.
Un film très classique, aux rebondissements attendus et au scénario peu ambitieux.
Et malgré tout ça fonctionne bien. Il y a un sens discret du détail qui rend l'atmosphère et le film agréables à suivre. La trame est simple et caricaturale mais les acteurs sont crédibles.
Réalisation de Gerard Jugnot ou un charcutier se retrouve malgré lui à cacher des enfants juifs sous l'occupation et ce malgré qu'il organise des récéptions pour l'ennemi et que son futur gendre soit collabo. Une aventure qui le mènera la où il ne pensait pas aller. Jugnot ne montre qu'il est aussi performant dans un registre dramatique
Une belle histoire et un très beau film. Un trés bon Gérard Jugnot devant et derrière la caméra, Jules Sitruk est très émouvant, et Jean-Paul Rouve est prodigieux !
Un film un peu en deux parties : la première dans Paris et la deuxième, la fuite. Le film est émouvant à voir et très intéressant. Le casting est très bien choisi. Une très belle aventure durant l'Occupation.
Comédie dramatique sous fond d’Occupation et de Collaboration durant la 2nde Guerre Mondiale très bien interprétée par Gérard Jugnot et Jean-Paul Rouve.