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    Accatone
    note moyenne
    3,9
    158 notes dont 17 critiques
    répartition des 17 critiques par note
    2 critiques
    6 critiques
    5 critiques
    1 critique
    2 critiques
    1 critique
    Votre avis sur Accatone ?

    17 critiques spectateurs

    stebbins
    stebbins

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    5,0
    Publiée le 21 mars 2011
    La vérité comme une éclaboussure... C'est peut-être par cette violence fondamentale que s'exprime la beauté du cinéma de Pier Paolo Pasolini. Sans doute au travers d'une caméra placant l'Homme au centre du Monde, laissant Dieu bavarder seul avec les cordes de Jean-Sébastien Bach ; ou peut-être au détour d'une banlieue aride, vétuste, décor de fortune d'un premier long métrage unique, tragique, irrécupérable : le bien-nommé Accatone. Rares sont les films ayant abordé le thème du proxénétisme avec autant de passion, autant de poésie, autant de dignité. Pasolini, avec les moyens du bord, burine le visage anguleux de Franco Citti d'un soleil écrasant, sculpte le cadre dans son plus simple appareil. Son oeuvre est modeste sans être chiche, précieuse sans être riche. Car si le luxe peut-être un leurre pour le cinéaste la pauvreté lui permet de dévoiler l'âme humaine, de la mettre à nu aux yeux du spectateur. Violent, lyrique, flamboyant même, Accatone est un petit chef d'oeuvre désarmé sur un Homme en quête d'absolu : recherche existentielle mêlée de fatigue, de brutalité mais aussi de douceur et de pureté, le chemin d'Accatone est un poème en prose, trace éventuelle de tous les laissés-pour-compte de notre petit Monde. Evident et déchirant.
    chrischambers86
    chrischambers86

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    4,0
    Publiée le 7 novembre 2008
    Premier long-mètrage de Pier Paolo Pasolini qui dècrit la misère de ces jeunes gens qui se dèroule dans la banlieue pauvre de Rome mais dèja force et maîtrise pour conter la pitoyable existence d'un jeune et misèreux maquereau sans avenir! D'après son roman "Una vita violenta", le cinèaste italien montre son goût pour le prolètariat urbain vu dans une perspective ou il mêle christianisme et marxisme! L'interprètation admirable de Franco Citti, faites de gaiètès et de cruautès, montre bien ici une existence vouée à l'échec! Une oeuvre âpre et pessimiste qui montre dèja une violence impressionnante et un engagement total de Pasolini...
    anonyme
    Un visiteur
    3,5
    Publiée le 11 juin 2019
    Âpreté est le mot qui me reste à l’esprit après avoir visionné le premier long métrage de Pier Paolo Pasolini. Tout est rugueux, aride dans ce film : les décors, le propos, les dialogues. Il y a une violence qui traverse le film de bout en bout : Dans la condition de vie des femmes, dans l’amitié masculine, dans le cœur du personnage d’Accatone. Comme si la dureté de la vie rendait insensible et ne laissait pas de place aux sentiments. En regardant ce film, j’y voyais la source de la culture mafieuse italienne et en même temps de tout le pan du cinéma qui s’y est consacré. Accatone incarne cette âme de barbare qui fait fie de la souffrance de l’autre en autant qu’elle rapporte. Jusqu’au jour où son cœur semble atteint par la pureté de Stella, une jeune femme vulnérable et sans malice. L’amour qui semble naître en lui est de courte durée. Son passé de proxénète le rattrape par le biais de la dénonciation à la police de Maddalena sa protégée qui n’accepte pas qu’une autre fille entre dans le portrait. Il est pris en filature et sa fuite le mène vers la mort. En général, Franco Citti joue la désinvolture avec un bon fond d’authenticité, mais son manque de remord nous refroidit. Là réside le génie de Pasolini. La vérité crue. Pas de flagornerie ou de demi-mesure. La camera est là pour capter la vie tel qu’elle est et la poésie parvient à se faufiler à travers toute la cruauté qui s’en dégage. Un bon botté d’envoi pour celui qui saura se démarquer par sa manière d’aborder la dualité humaine partagée entre l’animalité et la conscience.
    anonyme
    Un visiteur
    4,5
    Publiée le 11 juin 2012
    Rares sont les réalisateurs à proposer une oeuvre aussi forte et aussi magistrale dès leur premier film. En 1960, année durant laquel Pier Paolo Pasolini a rédigé le script d'"Accattone", ce dernier avait déjà acquis une certaine notoriété dans le monde cinématographique notamment pour sa collaboration avec Federico Fellini sur le film "Les Nuits de Cabiria". Pour des problèmes de production, "Accattone" ne sera tourné que l'année suivante, en 1961, pour des problèmes de production, avant de sortir finalement en 1962 provoquant une certaine polémique auprès de la critique italienne. Dès les premières minutes, on reconnaît aisément le style de Pasolini, cette fabuleuse mise en scène, ces personnage authentiques, ce zeste d'esprit rebelle avec toutefois une grande humanité. Car "Accattone" est avant tout une histoire de rédemption, celle d'un petit proxénète de la banlieue de Rome, le bien nommé Accattone (mandiant en italien) qui envoye sa compagne, Magdalena, sur le trotoir afin de subvenir à aux besoins de la maison. Il y a une certaine cruauté dans cette histoire, une forme d'égoisme. Accattone ne ressent aucun remords, aucune honte quant à envoyer sa femme se prostituer. Par cette image, Pasolini plonge dans le vif du néo-réalisme italien en présentant une déshumanisation liée à la pauvreté et ou la survie est la seule chose qui occupe l'esprit de ces "banlieusards", tout en plongeant dans la petite criminalité. C'est dans les rues de la banlieue de Rome qu'on été tournées les scènes d'"Accattone", lieu que fréquentait beaucoup Pasolini durant les années 50. Ainsi, c'est le regard d'un spectateur qui est mis en scène, le réalisateur italien étant témoin de ces évenements tragiques qui représentent le thème principal du film. On ressent la tourmentation du réalisateur, son esprit rebelle mais aussi sa volonté de rédemption. Car dans tout ce décor emprunt de malsainité, une lumière apparaîtra lorsque le personnage principal rencontrera une femme, Stella. Premièrement, il lui fera la cour dans l'espoir de l'envoyer elle aussi se prostituer, suite à l'arrestation de sa femme Magdalena, mais petit à petit, il tombera réellement amoureux de la personne et cette affection sera plus forte. Amour qui sauvera Accattone de son égoisme et de sa fainéantise. Pour le bien de sa femme, il se décidera à changer et à souffrir lui même, en échange de tout ce qu'il a fait endurer à ses compagnes, l'ensemble reliant à la rédemption donc. Sans langue de bois, Pasolini filme la délinquance avec une sincérité rare, et les tournants que prend le scénario renvoie à la même volonté de Pasolini de se pardonner de quelque chose. Cette sincérité, omniprésente, fait de "Accattone" un film fort, pessimiste et beau en tout point de vue, que de soit dans ses images, dans son traitement de l'histoire, dans sa mise en scène, etc... Pour un premier film, Pier Paolo Pasolini envoie un uppercut au spectateur, coups qui s'enchaineront avec ses films suivants, "Théorème" ou encore le chef d'oeuvre "L'Evangile selon Saint Matthieu".
    NicoMyers
    NicoMyers

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    4,0
    Publiée le 28 septembre 2009
    Pour son premier film, Pier Paolo Pasolini livre une oeuvre encore très proche du néoréalisme, d'une part pour ses décors, essentiellement des bidonvilles italiens, écrasés par le soleil qui donne au film une ambiance amer, comme une odeur de souffre. D'autre part, il y a le personnage central et éponyme, Accattone, dont le regard noir qu'il porte sur la vie donne le ton du film. Enfin, il y a l'histoire racontée, d'une impossible rédemption dans une société cruelle. Les propos de Pasolini après une arrestation de police qu'il a subit l'année du tournage du film peuvent résument parfaitement le message du film : « Celui qui se trouve frappé est pris d'une profonde douleur ; cela lui donne l'impression d'un monde totalement incompréhensible où il est inutile de parler, de se passionner pour quelque chose, de discuter ; cela lui donne l'impression d'une société où, pour survivre, on ne peut que devenir cruel, répondre à la cruauté par de la cruauté…» Du côté de la forme, on peut dire que la mise en scène de Pasolini est excellente, notamment quand on sait qu'Accattone est son premier long-métrage. Sans être un chef d'oeuvre ultime, c'est une oeuvre puissante et desespérée qui prend aux tripes. Les scènes accompagnée par la musique de Bach (La passion selon Saint Matthieu) ou bien celle du rêve sont particulièrement remarquables.
    l_atelier_des_songes
    l_atelier_des_songes

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    5,0
    Publiée le 3 mars 2007
    Premier film de Pasolini mais déjà on y retrouve tout son génie. Dans les limbes de Rome, les vicissitudes d'un jeune malfrat, sorte de proxénète de son état, qui exploite des femmes mais qui pourtant essuie des échecs permanents. D'ailleurs, l'existence du personnage d'Accatone se résume à une errance et une précarité de tous les instants, en proie à des solutions désespérées - le proxénétisme, le vol, ou autres magouilles - qui systématiquement le ramènent au même point. Ainsi, la moindre lueur consume en réalité et rapidement ses joies initiales, si bien qu'il doit se raccrocher constamment à d'autres ficelles pour cheminer toujours. Las, sa déréliction le rattrape, si bien que ses prétendus amis font figure de spectres qui le hantent par spasmes. La symbolique y est omniprésente, particulièrement lorsque que le personnage d'Accatone en vient au pugilat, scène très représentative de toute cette absurdité s'il en est. En somme, ici nous est dépeinte la vie d'un être qui n'est rien, et que la pauvreté ronge invariablement. Pasolini souligne éminemment le caractère vain de la vie, que l'existence sociale, dans un monde foncièrement vicié, ne manque pas de pourfendre ; un monde inique et cynique. Parmi ses thèmes de prédilection, Pasolini balaye d'un revers de main la prétendue rédemption qu'est censée procurer le travail, qui ici ne sauve en rien le personnage central, de même que des valeurs comme l’intégrité et l’honnêteté, qui n’ont pas droit de cité dans la société qui nous est décrite. Ce tableau chaotique est renforcé par une B.O. qui reprend largement - et déjà - un extrait de l'Évangile selon Saint-Matthieu de Bach, qui imprègne une pesanteur, une profondeur et résolument une dimension tragique à cette trame. En outre, la fin du film est sensiblement intense et à le mérite de la singularité, comble de l‘absurde et de l‘évanescence. Tout Pasolini y est.
    DarkWolf_co
    DarkWolf_co

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    4,5
    Publiée le 25 mai 2014
    Avec Accattone, Pasolini nous signe là déjà un excellent film, d'autant plus impressionant lorsqu'on sait que c'est son premier long-métrage. C'est un film marquant, interprété par de très bons acteurs, et qui nous donne déjà un aperçu des thèmes favoris du réalisateur. On ne ressort pas totalement indemne du réalisme de l'oeuvre et de la manière de filmer la misère des quartiers pauvres de Rome dans les années 60.
    kekev
    kekev

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    4,0
    Publiée le 29 septembre 2006
    le premier film de pasolini nous prouve deja son talent,tourné en noir et blanc ce film nous décrit le quotidien d'accatone un jeune proxénete romain qui lorsque sa source de revenue la prostitué maddalena ce fait aggresser dans un térrain vague puis jetée en prison pour faux témoignage,ce rend compte de sa triste situation,il essayera alors de changer de vie,tombera amoureux mais tout cela finira mal... Franco citti dans son premier role est tres émouvant et est soutenu par des seconds roles de qualité,le theme musicale de bach convient très bien au sujet. D'une histoire apparament sordide pasolini nous fait un film réaliste très beau et poétique,a noter les debuts de bertolucci en tant que assistant de pasolini.
    benoitparis
    benoitparis

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    3,5
    Publiée le 15 décembre 2011
    Pasolini filme sans détour la vie du sous prolétariat romain dans ce qu’elle a de plus sordide tout en la sanctifiant par la musique de Bach et en faisant finir son personnage central comme un martyre (ça rappelle un peu de loin l‘univers de Genet). L’histoire de ce maquereau englué dans une impossible rédemption est suffisamment forte pour émouvoir, mais comme souvent chez Pasolini, sa réalisation n’est pas à la hauteur. Le jeu des acteurs est maladroit et démonstratif, la mise en scène raide et illustrative. On reproche souvent à Pasolini d’être un intellectuel faisant du cinéma : c’est assez vrai avec « Accatone ». Mais heureusement, le sujet est fort…
    scorsesejunior54
    scorsesejunior54

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    1,0
    Publiée le 1 septembre 2008
    Première mise en scène Pasolinienne, "Accatone" fut réalisé à une époque charnière pour un cinéma Italien qui croyait avoir rompu avec les influences néoréalistes et voyait alors émerger de nombreux auteurs de talents et de styles très divers. Daté de 1961, ce long-métrage est donc synonyme des premiers pas audiovisuels effectués par un poète qui n'allait pas tarder à se reconvertir cinéaste, cherchant de nouvelles techniques dans l'objectif de pouvoir s'exprimer aussi librement mais autrement que par le passé. A la fois marqué par l'éducation chrétienne qu'il reçut au cours de sa plus tendre enfance et raccroché à l'idéologie marxiste-léniniste qui était alors devenue la sienne, P.P.P. organise une drôle de rencontre entre ces deux cultures différentes, la démarche étant annonciatrice du très marquant "Evangile selon Saint-Matthieu" réalisé deux ans plus tard. C'est ainsi que des figures bibliques à peine réinventées se rencontrent dans la banlieue pauvre de Rome, muées en membres d'un "sous-prolétariat" (selon Pasolini, il s'agit de cette classe sociale désoeuvrée et oubliée de tous, faite de prolétaires qui ne travaillent pas dans des usines puisqu'elles sont ici inexistantes) qui s'est formé dans l'exacerbation du capitalisme et ses dérives. Le message révolutionnaire sort finalement de manière assez manichéenne (contrairement à plus tard), "Accatone" s'assumant comme une sorte de continuation des oeuvres de Rossellini, De Sica and co, mais orientée politiquement jusqu'à en devenir militante (de façon assez caricaturale). Les intentions de départ, louables (intéressant choc des cultures) ne font pas tout et malgré quelques séquences superbes, l'utilisation maladroite et mélodramatique de Bach plombe petit à petit un film pesant, plus convenu que ce que l'on aurait pu imaginer et paradoxalement bien-pensant. Pasolini allait consacrer le reste de sa filmographie à combattre le conformisme : il le fera admirablement dès l'année suivante avec "Mamma Roma". Pas ici.
    hpjvswzm5
    hpjvswzm5

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    3,5
    Publiée le 24 juillet 2014
    Si je reconnaîs des qualités au début du film, j'ai eu un peu de mal à accrocher. En effet, si l'ambiance du quotidien de ces jeunes voyous des rues m'a plu, parce que forcément le film est attaché au réel et donc vrai, il manquait quelque chose à mon goût, un point d'accroche. Je l'ai presque trouvé lors d'une scène au commissariat, lorsque la femme d'Accattone, remarquablement filmée, est interrogée pour reconnaître ses agresseurs. Mais là encore, il me fallait un truc. Ce truc, j'ai fini par le trouver. Car par la suite je me suis pris au jeu, et je crois que je préfère la deuxième partie du film, lorsque notre héros n'a plus vraiment de foyer, cela est d'ailleurs amené par une très belle scène où il essaye de rentrer chez lui retrouver sa femme et son gosse et se fait virer. On voit, on peut ressentir sur son visage sa solitude, et bien qu'il fasse volte-face, son désespoir. Et ça durera un temps, malgré les potes, jusqu'à ce qu'il rencontre Stella, et le film m'intéresse au plus haut point désormais. Parce que c'est vrai, subtile, beau. Parce que la façon dont Pasolini montre les gens est extrêmement juste. Parce le dernier quart d'heure et la fin sont vraiment biens, certes assez pessimistes, mais c'est la vie, en y réfléchissant ça ne pouvait pas finir autrement. Du coup je suis un peu partagé, parce que j'ai eu du mal à accrocher au début, et que c'est moins bien que Ucellaci e ucellini que j'avais adoré, mais en même temps le film, un premier en plus, est vraiment réussi et arrive à plus que m'intéresser, il m'émeut. Et ça c'est bien. Du coup je le recommanderait aux gens qui aiment le réalisateur, et éventuellement à ceux qui commenceraient son oeuvre (pas que je sois un grand connaisseur, j'en ai vu deux, en comptant celui-là...).
    Alexcherbourg
    Alexcherbourg

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    2,5
    Publiée le 22 mai 2012
    Dans la lignée du néoréalisme le film est malheureusement assez plat (mauvais jeu des acteurs, mise en scène un peu molle avec la musique lancinante de Bach du début à la fin), bien que s'appuyant sur les bas fonds de la société romaine, et ne trouve un peu relief que dans le final grâce à un montage audacieux.
    Attila de Blois
    Attila de Blois

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    3,5
    Publiée le 5 juin 2017
    Pour son premier long métrage, Pier Paolo Pasolini se penche sur un sujet qui lui tient à coeur et qu'il a déjà traité dans plusieurs de ses écrits antèrieurs (lire par exemple son roman "Une vie violente"). Ce sujet, c'est la banlieue romaine et sa population prolétaire au sein de laquelle règne la misère et le crime, sans oublier la camaraderie et des spécificités culturelles. Ayant habité dans ce type de zone urbaine, le cinéaste sait de quoi il parle et c'est sans manichéisme qu'il nous dresse ce portrait du quartier et de ses habitants. En tant que premier film, "Accatone" se veut plus classique dans sa forme et son fond que les autres réalisations de Pasolini, loin des délires mystiques d'un "Théorème", des histoires salaces de sa trilogie de la vie ou du caractère "choc" de "Salo ou les 120 journées de Sodome". Ce film est plus accessible au grand public et rappelle même, sous certains aspects, le néo-réalisme de la décennie précédente. Moi qui ne suis habituellement pas fan de sa mise en scène et plus largement de son travail cinématographique, je dois admettre que "Accatone" m'a séduit. Ma principale réserve (et elle est importante), concerne le jeu maladroit voire franchement mauvais des acteurs, tous amateurs au moment du tournage. Certes, ces comédiens en herbe ont tous une "gueule" mais ils n'arrivent pas à faire vivre leurs personnages et leur apporter le naturel nécessaire. Cela nuit beaucoup au film qui demeure néanmoins passionnant.
    Ricco92
    Ricco92

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    4,0
    Publiée le 9 mars 2018
    En 1961, le miracle économique italien fait oublier, depuis une dizaine d’années, la misère de l’immédiat après-guerre. Toutefois, s’extasier devant cette situation fait oublier que celui-ci possède néanmoins ses laissés-pour-compte. C’est à ceux-ci que le poète-écrivain-scénariste Pier Paolo Pasolini décide de consacrer son premier film en tant que réalisateur : Accattone. Pasolini, fortement marqué par le néo-réalisme ici, se concentre sur un être assez détestable : fainéant spoiler: (s’il travaille sur la fin, c’est par orgueil mais il présente cela comme de l’esclavage et comme une déchéance) , proxénète, machiste, voleur spoiler: (ce qui l’amènera vers la mort) même envers un enfant … En bref : un minable. Pasolini n’hésite pas à accentuer le pathos de ces bas-fonds, aspect renforcé par la musique de Jean-Sébastien Bach (l’utilisation de La Passion selon saint Matthieu, dès le générique, donne même un aspect christique au parcours du personnage) et par le jeu très marqué (chose habituelle dans le cinéma italien) des comédiens et en particuliers de Franco Citti. La vie pour son personnage est, en fin de compte, insupportable, ce qui le pousse à dire au moment où il sent la mort arriver : "Maintenant, je me sens bien". Il faut d’ailleurs noter que la violence que montre Pasolini est un peu prophétique puisque l’agression de Maddalena sur un terrain vague fait penser, avec le recul, à celle qui tuera Pasolini le 2 novembre 1975. Ce film spoiler: (qui reste, à l’exception de la séquence du rêve, assez réaliste) ouvre donc une œuvre souvent revendicatrice et provocatrice qui marqua l’histoire du cinéma italien.
    LALALALALERE
    LALALALALERE

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    0,5
    Publiée le 15 septembre 2019
    Long, pénible, sans véritable mise en scène, Pasolini cinéaste surclassé utilise du Bach sur son drame social qui s'étire. C'est très ennuyeux et très affligeant.
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