Maniac cop premier du nom est un film moyen. S’il est juste correct sur la forme, il n’est surtout pas terrible sur le fond et son écriture est clairement mal faite. Je vais commencer par le casting. Il est assez fade. Bruce Campbell livre une prestation juste honorable, loin de ses meilleurs, Laurene Landon est très inégale, Richard Roundtree semble engager mais joue un rôle très secondaire. Les meilleurs restent indéniablement Tom Atkins, et Robert Z’Dar. Ce-dernier fait preuve d’un vrai charisme, dans un rôle pourtant muet et incarnant un personnage dont on ne voit que rarement visage. Il sait être inquiétant lors de ses apparitions, et si on peut regretter un maquillage pas terrible par moment il en impose. Coté scénario c’est malheureusement la déroute. Mince comme du papier à cigarette, il a fait le choix de la simplicité maximale. Meurtres en pagaille, scènes d’action, enquête franchement expédié, suspens très peu entretenu, bref il ne se complique pas la vie. Cela aurait pu être un choix, mais il faut tout de même un minimum d’écriture, et surtout il faut mener la barque avec un très grand talent. Lustig se débrouille comme il peut mais le film reste haché, le début est pratiquement une succession de meurtres et d’attaques, et donne l’impression d’être une accumulation de scénettes sans vraiment de rapports entre elles. Ensuite les choses s’améliorent un peu, mais clairement Maniac cop n’est pas au niveau. Par ailleurs les personnages ne sont pas très épais, et c’est dommageable. Le déroulement de l’histoire est donc saccadé, il y a par moment un gros manque de fluidité. Sur le plan formel le film se rattrape un peu. Sans être exceptionnel non plus, il dispose d’atouts. D’abord sa mise en scène. Lustig crée de très bon plans, les cadrages sont bien choisis, les scènes d’action sont très bien valorisées. C’est particulièrement vrai pour l’attaque de la voiture au feu rouge, et à la fin dans la course poursuite. La photographie a aussi ses bons cotés. Si les scènes de jours sont quelconques, il y a de beaux plans nocturnes. L’atmosphère est elle aussi bien restituée. Il y a un vrai travail d’ambiance (la musique l’enrichit d’ailleurs très bien), et celle-ci peut rappeler par moment Robocop sorti un an avant. D’ailleurs l’esthétique, les décors, la violence brut est très proche du film de Verhoeven. A propos de violence Maniac cop offre de bonnes scènes, malgré tout il n’est pas outrageusement sanglant. Lustig se concentre sur l’aspect cru de la mise à mort plutôt que sur les effets gores qui peuvent en découler.
Le problème majeur de ce film est de souffrir évidemment de la comparaison avec des modèles carrément plus aboutis, surtout à son époque. Pas transcendant sur la forme malgré quelques bonnes scènes et un niveau général correct, il manque surtout énormément de substance. Partant d’un postulat intéressant, Lustig développe une histoire sans aucun relief, très mal conduite, qui ne creuse strictement rien. Sans forcément avoir devant soi un film psychologique, il aurait été pas mal de comprendre un peu les motivations du personnage (à la limite qu’il tue des criminels à la Darkman, pourquoi pas, mais pourquoi des innocents puisqu’ils ne lui ont rien fait ?). Il y a des trous, des invraisemblances. Voilà un métrage mal dégrossi. La moyenne malgré tout, mais surtout pour ses qualités formelles.