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    Huit et demi
    note moyenne
    3,9
    873 notes dont 88 critiques
    41% (36 critiques)
    26% (23 critiques)
    11% (10 critiques)
    11% (10 critiques)
    6% (5 critiques)
    5% (4 critiques)
    Votre avis sur Huit et demi ?

    88 critiques spectateurs

    chrischambers86
    chrischambers86

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    5,0
    Publiée le 5 octobre 2014
    C'est un pur chef d'oeuvre, l'un des plus beaux du cinèma italien, où le talent de Federico Fellini apparait encore mieux que ses prècèdents films! il faudra attendre jusqu'à ce "Otto e mezzo" pour que la charge onirique de l'univers de Fellini soit enfin totalement explicite! Pourtant, bien des sèquences de son oeuvre antèrieure - l'obsèdant grenier de l'enfant malade dans "La strada" ou l'ètrange poisson pêchè au petit matin sur une plage dèserte dans "La dolce vita" - la contenaient dèjà! Le cinèaste explore le monde de son adolescence ; il èvoque ègalement le personnage d'une "sorcière" dont les danses èrotiques attiraient ses camarades! Les images du passè se mêlent du coup aux fantasmes de son hèros, qui rêve de harems somptueux! Convient-il d'analyser les voyages au centre de cet univers trouble, à mi-chemin entre le souvenir et l'imaginaire, qui constitue l'univers gènial de Fellini et qu'il traite en parlant aussi bien de lui-même et de la nèvrose du cinèaste Guido Anselmi ? il ne fallait pas un acteur, il fallait Marcello Mastroianni, comèdien qui s'impose dès le premier plan! Un Marcello tout en sèduction, qui affronte les fantômes de son adolescence! Et Claudia Cardinale est tellement belle dans ce film qu'elle èclipse Anouk Aimèe, Barbara Steele et Sandra Milo, pourtant excellentes! Musique extraordinaire de Nino Rota...
    anonyme
    Un visiteur
    4,0
    Publiée le 13 novembre 2013
    Abandonnant le néo-réalisme italien pour des films un poil plus onirique, Federico Fellini signe avec "Huit et demi" une sorte d'autobiographie dans laquelle il traite à la fois de son métier de cinéaste en mettant en rapport des événements de son enfance. Ainsi, en plus de séquences nostalgiques quant au temps qui passe, on a le droit à une vive critique de la société cinématographique italienne, un peu à contre courant de la critique des soirées mondaines de "La Dolce Vita". Quoi que la véritable puissance du film réside surtout dans son ambiance nostalgique, dans laquelle le personnage de Guido, interprété par Marcello Mastroianni et alter-ego de Fellini, erre sur les plateau de tournage, dans l'hôtel de la station balnéaire ou il est censé travailler sur son film, entouré de ses producteurs, acteurs, de sa femme, sans but précis. "Huit et demi" est un film sur la dépression. La dépression d'un cinéaste las et fatigué de remplir les mêmes conditions pour réaliser ses films, en côtoyant des êtres pingres, soucieux de leur popularité au sein du business. C'est un véritable coup de gueule que lance Fellini avec ce "Huit et demi", dans lequel il clame son dégoût concernant les liens sociaux effectués dans l'industrie cinématographique, et la capacité d'autodestruction qu'il procure. Toutefois, les plus belles scènes sont celles des souvenirs de Guido, qui possèdent une véritable âme et un grand sentiment nostalgique qui touche directement le spectateur. Du moins, c'est à ces scènes que j'ai été le plus sensible, dans lesquelles la réalité côtoie le rêve. Car "Huit et demi" fonctionne comme un rêve éveillé, dans lequel le spectateur se promène et suit les états d'âme du personnage principal, tandis que la comédie humaine bat son plein aux alentours. "Huit et demi" est une oeuvre majeure de Fellini, sorte d'oeuvre testamentaire, de plaidoyer, et de coffre à souvenirs. Un film poétique et nostalgique réalisé par une main de maître.
    Caine78
    Caine78

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    5,0
    Publiée le 27 novembre 2011
    Hors-norme, gigantesque, hallucinant... Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire ce standard de Fellini que certains continuent pourtant à mépriser. Au-delà de l'éblouissante technique déployée par le maestro, c'est l'univers qu'il construit autour de ce réalisateur, joué de façon étonnante par l'immense Marcello Mastroianni, bien entouré par des actrices aussi magnifiques qu'Anouk Aimée et Claudia Cardinale. A la fois d'une élégance rare et d'une sensualité toute Fellinienne, le tout plongé dans un monde de rêve et de fantasme qui laisse sans voix, « 8 1/2 » est de ces oeuvres difficile à évoquer avec les mots tant tout est dans le ressenti, dans l'émotion que quasiment toutes les scènes dégagent, capable de passer du plus grand sérieux à quelque chose de lunaire, d'extravagant (le fameux plateau de tournage d'un film de science-fiction, peut-être le plus beau moment du film) ou de carrément jouissif (le fameux harem, réveillant de la plus directe des manières nos sens et nos fantasmes, sans jamais tomber dans le vulgaire ou le graveleux). Mais ces quelques pistes ne sont au fond qu'un extrême concentré de cette véritable source des miracles qu'est cette oeuvre unique et majestueuse : un chef d'oeuvre, tout simplement.
    Maqroll
    Maqroll

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    5,0
    Publiée le 10 septembre 2010
    Après un premier essai de libéralisation de la forme dans La Dolce Vita, Fellini renonce ici totalement à la forme classique du récit pour passer à l’autobiographie, un peu à la manière, en littérature du Nouveau roman français. À l’instar de Claude Simon, Fellini se dit peut-être à ce moment de sa carrière qu’il est tout aussi intéressant de raconter sa propre histoire qu’une histoire inventée. En partant d’une trame similaire à celle de La Dolce Vita et pour bien montrer ses intentions, Fellini remplace ici le journaliste par un metteur en scène (toujours interprété par Marcello Mastroianni, plus que jamais double et complice de l’auteur) en proie au vertige de la page blanche (la référence mallarméenne est clairement indiquée en toute fin du film). Pour marquer d’ailleurs la similitude entre les deux films, le rôle du père est tenu par le même acteur, Annibale Ninchi. Comme dans La Dolce Vita également, Mastroianni est entouré par un parterre de jolies femmes, Anouk Aimée encore, mais aussi Sandra Milo, Rossella Falk et surtout Claudia Cardinale dont l’apparition dans la scène finale est radieuse. Le film alterne séquences du présent et du passé dans une construction de visionnaire et avec la part d’onirisme habituelle. Le dernier quart d’heure est un moment de cinéma inoubliable : après avoir disparu sous la table dans son face à face avec la presse et le public, le metteur en scène retrouve dignité et créativité perdues et se met à expulser de lui un credo bouleversant d’humanité : « Tout est confus, mais cette confusion, c’est moi… Je n’ai plus peur… La vie est une fête, vivons-la… Parlez-vous, parlez ensemble…Tous sur le manège… » Et comme toujours, le film s’achève par une parade de cirque, des clowns qui jouent de la musique, musique encore et toujours du grand Nino Rota, simple et profonde. Même si l’on n’est pas obligé d’être d’accord avec la démarche fellinienne de remplacer la fiction par la l’histoire personnelle, on ne peut qu’être admiratif devant ce monumental travail et cette nouvelle leçon de cinéma et de vie.
    streptocock
    streptocock

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    5,0
    Publiée le 8 novembre 2009
    1963 : Fellini présente 8 1/2. Le tournage lui offre une grande liberté grâce au succès critique de La Dolce Vita. Fellini peut donc laisser libre court à cette imagination débridée et baroque qui fit la patte de son cinéma post-néoréaliste. Résultat : Huit et Demi laissa beaucoup de monde sur le carreau, peu à l'aise avec un film si radical que cette oeuvre. On en a souvent parlé comme une sorte d'Art Poétique fellinien, de mise en oeuvre théorique des moyens immenses de ce génie qu'était Fellini. C'est en quelque sorte vrai, mais le film ne doit pas être réduit à cela. Huit et Demi est une expérience incroyable, proche d'une sorte de cinéma total. Il convoie dans ses projections, ses fantasmes un sens plastique, une harmonie musicale, un sens du rythme, de la poésie, de l'emphase lyrique. Déclaration d'amour au cinéma, à la création, à l'art, aux femmes (il dirige ici l'un des plus beaux castings féminins qu'on ait pu voir), 8 1/2 est un chef-d'oeuvre intemporel malgré ses 46 ans, et l'une des expériences cinématographiques les plus marquantes qui aient jamais été offertes.
    educomix@bluewin.ch
    educomix@bluewin.ch

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    5,0
    Publiée le 8 avril 2008
    Il y a des grands films, des chefs d'oeuvres, et enfin une catégorie à part, des exceptions qui ont parsemé l'histoire du cinéma, des miracles de créativité Huit et Demi fait partie de ces films dont qui laissent pantois parce que supérieur à ce que l'on pouvait attendre de mieux. Comment entrer de plus belle manière dans l'onirisme caractéristique de la période qui suivra ce film que de cette manière? Une telle entrée place la barre très haut pour la suite, et si beaucoup fleurtent avec cette qualité, aucun ne l'atteindra véritablement! Je ne connais pas les rapport que Tarkovski entretenais avec le cinéma de Fellini, mais il est un des seul réalisateur post-Felliniens à avoir maintenu la barre aussi haute (lui, dans tous ses films) que Fellini avec Huit et demi et La Dolce Vita. N'oublions pas Antonioni, Bergman, Bresson et peut-être Orson Welles. Pour les contemporains, Lars Von Trier plane une croche au dessus de ses pairs. Simple échelle de valeur au dépend d'une véritable analyse
    ygor parizel
    ygor parizel

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    5,0
    Publiée le 10 décembre 2012
    La première demi-heure est fantastique, ensuite petit coup de mou et on est reparti pour une dernière partie incroyable. Les scènes rêvées, fantasmées ou de souvenirs sont filmés de manière géniale avec une frénésie de mouvements, de paroles et de musiques (en plus je trouve que le cinéma de Fellini est mieux en noir et blanc). Une oeuvre drôle et profonde en même temps. Mastroianni est sobre et les vrais stars du film sont les actrices.
    velvet-touch
    velvet-touch

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    5,0
    Publiée le 27 décembre 2007
    On peut reprocher tout ce qu'on veut à Fellini: lourdeur, égocentrisme, clichés... Mais ce film reste un film unique, une aventure orinique dure et fantastique dès la première, claustrophobique, saississante séquence. La perfection (tout en restant dans un style absolument surfait, il est clair) n'est pas loin... L'univers de Fellini, de clin d'oeil à la mechanceté inarrivables aux folies, aux fantasmes d'une époque particulière, éblouit. Un film à voir cent million de fois pour saisir toutes ces nuances grisonnantes, tous ces demis-tons, ces chefs-d'oeuvre filmiques et de sens. La forme sans le fond n'est rien, le fond sans la forme encore moins... Mais quand on trouve les deux maniés avec tant de perfection, on ne peut que s'incliner... un film mythique qui mérite toute reconnaissance.
    bloodsimple
    bloodsimple

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    5,0
    Publiée le 12 avril 2013
    Puisqu'il est si difficile de définir ce que sont les choses, on ne peut que commencer à les définir par ce qu'elles ne sont pas. 8 1/2 n'est pas un film du parfait cinéphile, ni un film hermétique sur le cinéma, ni un film bourgeois. 8 1/2 n'est rien d'autre qu'un film sur un homme à la plus simple des quêtes, mais aussi la plus difficile, celle de redevenir familier à lui même. Éloge de la fuite, des désirs en devenir, 8 1/2 est aussi une digression mélancolique sur le passage de l'enfance au monde des adultes, montrant ô combien il est difficile dans ce monde de lutter contre la superficialité, le sérieux de la norme, et pouvoir exprimer sa personnalité sans avoir le sentiment de se trahir soi même et de trahir les autres. On ne peut enfermer le propos du film dans la création. Bien plus que cela, 8 1/2 est un acte de sincérité mis en mouvement par le silence, bien avant les films de Kubrick (2001, Barry Lyndon, Shining, Eyes Wide Shut) qui consacreront ce silence en un maître à penser du spectateur, objectivant ainsi le questionnement intérieur de Guido en une véritable expérimentation sur le langage cinématographique. Pour finir, 8 1/2 n'est pas un film de la caricature mais de la nuance, pas un film sur la dépression mais sur l'amusement, pas un film sur l'inspiration mais sur la respiration, pas un film sur le silence mais sur la musique. Un film qui parait complexe car il est sur la simplicité. La grâce avec laquelle Fellini introduit le rêve dans son art n'a pas son pareil dans le petit univers du grand écran. Le mystère avec lequel il filme la beauté est envoûtant; l'originalité et malice avec lesquelles il raconte, essentielles.
    ronny1
    ronny1

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    5,0
    Publiée le 29 septembre 2006
    Dés le début, prisonnier dans sa voiture au milieu d’un embouteillage monstre, Guido (Mastroianni) s’évade dans le monde du rêve pour mieux aller à l’essentiel. Son entourage lui parle sans cesse du film de science fiction qu’il ne sait pas comment terminer, car en panne d’inspiration créatrice. Alors Guido flotte entre le réel où il veut se retrouver avec sa femme sans perdre sa maîtresse, le passé avec l’éveil sexuel auprès d’une énorme matronne revêche et l’imaginaire où il est maître d’un harem. Fellini circus (les personnages de son imaginaire) et son entourage (les personnages du réel) seront conviés à une gigantesque ronde finale…Avec son style foisonnant et cumulatif, Fellini signe le plus grand film consacré à la création artistique. 8 ½ est son chef d’œuvre et certainement un des grands films du vingtième siècle. Chaque vision apporte des touches supplémentaires à cette lecture multiforme (religieuse, psychanalytique, artistique). La légende dit que Fellini ne trouvant pas de titre l’appela ainsi car il avait déjà réalisé 7 longs métrages et un sketch (un demi). En tous les cas voici un film qui appartient déjà à l’histoire du cinéma.
    soniadidierkmurgia
    soniadidierkmurgia

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    4,0
    Publiée le 7 août 2012
    C’est un voyage dans son cerveau de metteur en scène que nous propose Frederico Fellini. Ce voyage nous est proposé dans son style bien particulier où se mélangent réalité et onirisme. Tout à la fois démiurge et marionnette Fellini nous livre les tourments qui l’envahissent quand il doit faire face à toutes ses obligations alors que l’inspiration lui fait défaut. Son univers déstructuré fait appel à l’imaginaire du spectateur qui doit être un minimum en phase avec le sien pour être agréable. Tout le décorum du cinéma italien est convoqué , du producteur éternellement insatisfait jusqu’aux starlettes en quête de rôle en passant par le critique intellectuel démoralisant un Frederico qui n’en a pas besoin. Face à tous ses problèmes liés aux affres de la création, Fellini fait appel à ses parents morts ou à l’édredon douillet de son enfance quand il était encore le centre de l’attention des femmes chargées de son éducation. Double de Fellini, Mastroianni apporte à ce rôle très lourd sa candeur teintée d’une sensualité nonchalante. Le procédé de narration est un peu difficile à suivre sur deux heures ce qui n’enlève rien au génie de l’auteur qui entend aller jusqu’au bout de ses fantasmes.
    dillinger0508
    dillinger0508

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    5,0
    Publiée le 27 octobre 2010
    Téléobjectif omniprésent, travelling nombreux, la réalisation de Huit et demi nous fait vivre un sacré manège. Les acteurs sont tous plus beaux les uns que les autres. S'enchainent sans discontinuer les scènes cultes, j'entends par là ces moment de cinéma dont les extrêmes fraicheur et imprévisibilité vous font vous agiter sur votre chaise, presque coupablement. Un film en noir et blanc qui grise incroyablement.
    Moorhuhn
    Moorhuhn

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    4,5
    Publiée le 15 janvier 2011
    8 1/2 est un film qui, dès les premières minutes, nous montre que nous aurons droit à une grande oeuvre tout au long des presque 2h30 qui la compose. A commencer par une mise en scène des plus soignées et une photographie à tomber. Fellini a pris le parti de soigner son esthéthique, d'offrir quelque chose d'agréable pour la rétine, ce film est juste beau. Le rythme ne tombe jamais, le cineaste n'offre aucun répit à son spectateur, la camera est presque sans cesse en mouvement pour souligner le désespoir et le caractère dépressif de Guido, un réalisateur entre deux âges qui semble prisonnier de ce monde particulier qu'est le monde du cinéma. Guido interprété par un Marcello Mastroianni qui me comble vraiment. Je l'ai vu dans peu de films mais cet acteur dégage un certain magnétisme, il imprègne l'écran de sa classe, je le trouve sensationnel. Le reste du casting vaut également son pesant d'or avec une Anouk Aimée que je découvrais, qui en plus d'être belle a un talent certain et un jeu tout en retenue remarquable. A noter également la présence de la sublime Claudia Cardinale, qui apparait peu mais qui nous transporte, nous fait rêver comme elle fait rêver Guido. Un autre grand point du film c'est son scenario. L'histoire est fascinante, tout comme l'ambiance du film en général. Une histoire mêlant réalité et fantasmes, cet onirisme est savoureux. Je pense que Fellini a voulu donner un côté autobiographique à son oeuvre mais je ne connais pas assez bien ce cinéaste pour m'avancer là-dessus. Un film tout aussi inventif visuellement que fou et subtil dans son scenario, un grand film à n'en pas douter.
    bardamule
    bardamule

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    3,5
    Publiée le 21 mai 2011
    "Je n'ai vraiment rien à dire, mais j'ai envie de le dire". Fellini donne dans le grandiloquent (le rêve et les fantasmes) et la caricature (ou pas) des personnages qui entourent Guido. Entre intellectualisme, superficialité et marginalité maladive mais vivante (le personnage de Gloria est pour moi le plus riche) dans les mots et dans les attitudes de cette fourmilière qui gravite autour notre cinéaste, Fellini nous dresse un portrait peu flatteur de l'univers du spectacle, et de lui-même, "Est-ce la fin d'un menteur sans génie?". Univers du spectacle, dont l'absurde est représenté par ce décor gigantesque et une improbable trame de science fiction, oui notre Guido perd substance et tombe, sous l'oppression des projets basés sur le rien de sa créativité, dans une autre dimension. "Huit et demi" part dans tous les sens (les portraits, le réel et le fictif...), c'est la fatale loi du retour aux fantasmes les plus primaires, du cowboy fantasque maître du harem (fantasme enfantin de toute puissance) aux doutes sombres qui l'accablent. Fellini a voulu mettre tout et tous dans un même sac (ses femmes, ses curés, ses parents ses gens du cinéma), et du coup signe un témoignage lourd à digérer. Passer de l'état de paradis, de l'omnipotence, à du néant existentiel... ça n'est pas passé facilement pour moi. Une boulimie, une voracité qui s'accorde parfois assez mal au tragique. Je suis également déçue que le pessimisme l'emporte... même si les clowns sont là.
    Akamaru
    Akamaru

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    3,0
    Publiée le 18 avril 2011
    Film-fleuve et introspectif de Federico Fellini,"Huit et demi"(1963)marque un tournant dans la carrière du baroque réalisateur italien,entre ses oeuvres néoréalistes,et celles autobiographiques.Dans un noir et blanc limpide,Fellini projette ses angoisses sur le processus de création.Marcello Mastroianni y joue son alter-ego.En préparation de son nouveau film,Guido Anselmi a tellement la peur panique de la page blanche,que ses fantasmes et ses hallucinations vampirisent sa vie réelle.Il revoit son enfance catholique,les nombreuses femmes ayant marqué sa vie et se perd entre mensonge et déni.Visiblement,la psychanalyse passionne Fellini,en particulier celle de Carl Jung.Mastroianni,vieilli pour l'occasion,y est parfait en séducteur narcissique et tourmenté.Fellini y déploie différentes images de la femme moderne:l'épouse indépendante(Anouk Aimée),la maîtresse encombrante(Sandra Milo),la conscience fantasmée(Claudia Cardinale)ou encore la pseudo-intello à la vie vacante(Barbara Steel).La démarche artistique est sincère,et vraiment virtuose,surtout avec la composition musicale singulière de Nina Rota.Mais trop souvent,Fellini s'échine à trop délibérément complexifier sa mise en scène,et à déstructurer sa narration.On perd le fil quelquefois.Il s'agit toutefois d'une oeuvre,toujours en mouvement,incarnant à elle-seule le dynamisme et la vitalité de l'imaginaire individuel.
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