ichlo
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4 - Très bien
Augustin Diaz Yanes fait partie de ces cinéastes un peu loufoque, extraordinairement drôle, ironisant souvent dans une pointe de surréalisme en créant à partir d’un univers des plus simple un théâtre de subtiles cocasseries.
Autour d’un supermarché il greffe toute une structure hiérarchique entichée de stéréotypes hallucinants. Dans un style wendersien des Galeries Lafayette, peut-être parfois godardien lorsqu’il approche la métaphore en identifiant l’existence de chacun des protagonistes aux champs symboliques de la terre, de l’enfer et du ciel se rapportant à une translation de l’amour, de la mort et de la naissance («tu viens d’où, changeras-tu de secteur ?»). Le ciel pour la direction, l’enfer pour des boulots harassants du genre de celui de Carmen (serveuse dans un snack). Pour ce qui est de la terre ils la cherchent un petit peu tous au milieu de leur existence chaotique. Lola une ancienne chanteuse parfois convoquée par le ciel rejoint son mari, un boxeur sur le point de raccrocher par avis médical. Entre eux s’établit des relations sexuelles routinières, la force de se donner étant quotidienne. Entre le ring, les caisses du supermarché et les chefs qu’il faut subir, Diaz Yanes parodie et ironise à souhait comme bon lui chante et traduit une volonté politique en s’attaquant directement à la hiérarchie et à ses dirigeants qui ont sur leurs employés des effets secondaires ainsi que toutes ces appréhensions de bassesse vis-à-vis d’une main d’œuvre licenciable et fautive de tous les maux, par nécessité économique. Quelque chose leur échappe. Des impayés et les voilà plongés dans un gangstérisme de loi. Puis ce sont autour des gérants de la grande surface d’y placer l’écoulement de leurs faux billets et la manière qui va avec de considérer ceux qui voudraient les voler.
Continuellement burlesque, Augustin Diaz Yanes décrypte l’envers de la supériorité hiérarchique au point qu’on y verrait presque une critique de la société madrilène secouée par un retour à une politique plus franquiste (officiellement «populaire») pour tirer le portrait de gros bonnets en truands. Flicage de l’individu et tentative d’échapper aux brutes autrement que par le ring seront la hantise pour se sauver de l’embarras mais Diaz Yanes n’y parvient pas vraiment renvoyant ses anges dans le métro jusqu’à une prochaine.
Ajoutée le 14 juil. à 20h11
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